La manifestation « Catalunya nou estat d'Europa » (« Catalogne, nouvel État d'Europe ») s'est déroulée à Barcelone, la capitale de la Catalogne, pendant la fête nationale de la Catalogne le . Cette manifestation est organisée par l'Assemblée nationale catalane dont la présidente, Carme Forcadell, déclare que .
L'affluence de manifestants a été massive, puisque les estimations varient de d'après la Guàrdia Urbana et le Département de l'Intérieur à d'après les organisateurs. La délégation du gouvernement en Catalogne a baissé ce chiffre à . Les deux autres manifestations les plus massives de l'histoire de Catalogne ont été la manifestation pour le statut en 1977 ( de participants) et la manifestation sous la devise « Som una nació. Nosaltres decidim » (« Nous sommes une nation. C'est nous qui décidons ») en 2010 ( d'après la Guàrdia Urbana et d'après les organisateurs).
Contexte Antécédents thumb|left|230px|Début de la manifestation de 2010 dans le carrefour de Passeig de Gràcia et la rue Aragó. La multitude de manifestants qui occupait le pas au-delà du commencement a provoqué sa dissolution quelques mètres plus bas.
Le statut d'autonomie de la Catalogne, adopté par référendum le , est en vigueur depuis le de la même année. Quelques mois après, une cinquantaine de députés du Parti populaire, le défenseur du peuple et les gouvernements de cinq communautés autonomes présentent des recours contre le nouveau statut de la Catalogne à la Cour constitutionnelle. Le , la Cour prononce la sentence qui est publiée le , en tirant au clair que le préambule est « inefficace juridiquement », un préambule qui avait pour base le terme nation pour faire référence à Catalogne. Cependant, le verdict maintient la définition de la Catalogne comme nation et déclare quatorze articles inconstitutionnels, dont un entièrement et treize partiellement, cependant qu'il en réinterprète vingt-sept autres. Le changement le plus remarquable dresse le constat que le catalan n'est pas la langue préférentielle de l'administration ni celle du système éducatif.
La Cour affirme qu'il y a seulement une nation, l'Espagne, en insistant à quatorze occasions sur « l'indissoluble unité de la Nation espagnole ». Enfin, elle annule la plupart des articles relatifs au pouvoir judiciaire catalan.
En réponse, le lendemain, , Òmnium Cultural organise la manifestation « Som una nació. Nosaltres decidim » (aussi appelée « 10-J »). Elle est alors la plus massive de l'histoire de la Catalogne en rassemblant entre d'après la Guàrdia Urbana et de personnes d'après Òmnium Cultural.
Le jour suivant la manifestation, le gouvernement espagnol considère que cet événement n'aura aucun effet sur la sentence de la Cour constitutionnelle, et poursuit en déclarant que la manifestation n'amènera aucun « point d'inflexion » sur les relations entre la Catalogne et l'Espagne.
Changements de gouvernement Quelques analystes considèrent la manifestation du comme un point d'inflexion dans les relations entre la Catalogne et l'Espagne. Plus de trois mois après, le , ont lieu les élections parlementaires en Catalogne, au cours desquelles Convergence et Union (CiU), avec Artur Mas comme président, remporte le plus grand nombre de suffrages.
L'année suivante, aux élections générales en Espagne, le Parti populaire obtient la majorité absolue, avec 187 sièges sur 350. Son candidat, Mariano Rajoy, est investi président du gouvernement.
Réponse des citoyens thumb|En vert, les villes où le « oui » a gagné aux référendums sur l'indépendance de la Catalogne.
Entre le et , les Catalans participent à des consultations sur l'indépendance de la Catalogne partout dans le pays, avec des résultats clairement favorables.
Pendant les années 2011 et 2012, des citoyens lancent des initiatives en réponse aux agressions ou manquements de l'Espagne. Un exemple clair est la campagne (en français : « Je ne veux pas payer ») contre les péages amortis en territoire catalan. Cette campagne commence en en Catalogne, et un mois après, elle s'étend à la Communauté valencienne et aux Îles Baléares. Un autre collectif dénonce le déficit fiscal catalan avec la campagne Diem prou (en français : « On dit ça suffit »)Campanya Diem Prou.
thumb|left|Territoire adhéré à l'Associació de Municipis per la Independència en date de 29 août 2012.
En ce qui concerne les municipalités, quelques mairies de Catalogne ont créé l'Associació de Municipis per la Independència, une organisation constituée officiellement le à Vic, qui regroupe différentes collectivités locales pour défendre les droits nationaux de la Catalogne et ayant pour but de promouvoir le droit à l'autodétermination.
Le a eu lieu l'assemblée constituante de l'Assemblea Nacional Catalana au Palau Sant Jordi de Barcelone et les statuts y ont été approuvés, ainsi que le règlement interne et le plan de route vers l'indépendance. Il s'agit d'une organisation populaire, unitaire, plurielle et démocratique avec le but de récupérer l'indépendance politique de la Catalogne moyennant la constitution d'un état de droit, démocratique et social. La marche s'est achevée le à Barcelone avec la manifestation Catalunya nou estat d'Europa, après avoir réalisé plusieurs fêtes, symboliques et revendicatives partout dans le pays.
Support à l'indépendance En ce qui concerne l'évolution de l'indépendantisme catalan, on peut comparer les résultats d'une enquête du Centre de recherches sociologiques (CIS) en 1996 dans laquelle on demandait « Êtes-vous en faveur ou opposé à l'indépendance de la Catalogne ? » avec les enquêtes réalisées en 2011 et 2012; l'évolution sur les intentions de vote dans un hypothétique référendum pour l'indépendance de Catalogne y est montrée :
+ Centres d'études Institution Date Favorable (%) Défavorable (%) Abstention (%) Autres réponses (%) Ne se prononce pas (%) Ne répond pas (%) Centre de recherches sociologiques 1996 33,6 53,5 10,8 2,2 Institut de Ciències Polítiques i Socials 2011 41,4 22,9 25,5 1,0 8,3 0,9 Centre d'Estudis d'Opinió 44,6 24,7 24,2 1,0 4,6 0,9 Centre d'Estudis d'Opinió 51,1 21,1 21,1 1,0 4,7 1,1
+ Média Journal Date Oui (%) Non (%) Autres réponses (%) El Periódico de Catalunya 53,6 32,0 - Ara 50,4 23,8 25,7
Avant la manifestation
Vidéo promotionnelle
À la fin du mois d'août, Lluís Danés a dirigé une vidéo de promotion de la manifestation à Verges, où dix-sept personnalités apparaissent pour réciter un passage du poème XXXVIII de « La pell de brau » de Salvador Espriu. Le lancement du spot, intitulé « Els homes no poden ser si no són lliures » (traduit en français : Les hommes ne peuvent pas être s'ils ne sont pas libres) a eu lieu le à Arenys de Mar (Barcelone).
Dans la vidéo apparaissent les ex-présidents du Parlement de Catalogne: Joan Rigol et Ernest Benach, l'ex-président d'ERC, Jordi Carbonell, les journalistes Jordi Basté et Rita Marzoa, le célèbre auteur-interprète Lluís Llach, la présidente d'Òmnium Cultural Muriel Casals i Couturier, les philosophes Josep Maria Terricabras et Xavier Rubert de Ventós, les actrices Montserrat Carulla, Sílvia Bel et Txe Arana, le dramaturge Josep Maria Benet i Jornet, les directeurs Oriol Broggi et Joel Joan, les musiciens Gerard Quintana et Joan Reig, le professeur d'université Ferran Requejo et la présidente de l'Assemblea Nacional Catalana Carme Forcadell i Lluís. Toutes ces personnalités récitent un passage de l'œuvre « La pell de brau » (en français : La peau de taureau) du poète Salvador Espriu.
Polémiques Le , le Gouvernement de Catalogne a souhaité accéder aux fonds de liquidité espagnols pour pouvoir faire face aux échéances de la dette, et il a prévenu Mariano Rajoy qu'il n'accepterait aucune condition politique. Face à ces événements, plusieurs politiciens espagnols ont fait des déclarations polémiques sur ce sujet. Un exemple: le président de La Rioja, Pedro Sanz a dit que « on doit être gonflé pour demander après télévisions et ambassades communes ». La présidente de la Communauté de Madrid, Esperanza Aguirre, a déclaré que « la Catalogne reçoit plus d'argent que Madrid » et le président de la Junte de Galice, Alberto Núñez Feijóo, explique que . Le , José Manuel Durão Barroso, président de la Commission européenne a admis que
Le , Albert Rivera, président du parti espagnol Citoyens - Parti de la Citoyenneté, a demandé la démission des maires de Gérone et Figueres pour leurs, en invoquant « le coût total d'argent public pour la propagande, divulgation et financement des trains que les maires de Gérone et Figueres ont loués pour aller à la manifestation sécessionniste le prochain ». Il a aussi déploré que . Le des citoyens de toute la Catalogne ont changé le nom de plusieurs Places d'Espagne pour celui de Place de l'Indépendance et ceci dans 40 villes, dont Mataró, Torroella de Montgrí, Roda de Ter ou Tàrrega. Le , les municipalités de Sant Pere de Torelló et Calldetenes ont approuvé une motion en faveur de l'indépendance de la Catalogne, en se proclamant « Territoire libre catalan ». Le but de cet acte fut de faire pression sur le Gouvernement et le Parlement de Catalogne pour qu'ils assurent leur souveraineté nationale sur le territoire catalan. Quelques jours auparavant, Francisco Alamán Castro, colonel de l'armée espagnole, a dit que « la base du nationalisme catalan est la haine vers l'Espagne » et a mis en garde: « on ne doit pas éveiller le lion, parce qu'il a déjà fait preuve de sa férocité ». À propos de l'acte de Sant Pere de Torelló, il a déclaré que: Dans la même interview, il a dit
left|thumb|Drapeau catalan sur le balcon des manifestants.
Le , Citoyens - Parti de la Citoyenneté a annoncé qu'ils convoqueraient un acte: le même Onze Septembre pour défendre l'unité de l'Espagne, sous la devise « Millor units » (en français : « Ensemble, c'est meilleur »), très semblable à celui du Gouvernement de Londres pour faire référence à l'indépendantisme écossais. Le rassemblement a été convoqué pour 11h30 au carrefour entre la rue Josep Tarradellas et Entença de Barcelona. Le parti d'extrême-droite Regeneración a annoncé le même jour qu'il voulait organiser une autre manifestation rendant hommage au colonel Alamán à Barcelone pour le soutenir face aux plaintes présentées par Solidaritat Catalana per la Independència au ministère public juridique et militaire de Barcelone. Le le président de la Junte d'Estrémadure, José Antonio Monago, dans le discours officiel de la Journée d'Estrémadure, il s'est opposé au pacte fiscal catalan en confortant que , il a aussi ajouté Le , Pere Navarro, dirigeant du Parti socialiste catalan, a fait des déclarations pour nier que la marche du Onze Septembre est indépendantiste et il a raffermi que les socialistes y iraient pour freiner « ceux qui veulent diviser ». Navarro a assuré que Le , la secrétaire générale du PP, María Dolores de Cospedal, a dit que la manifestation en faveur de l'indépendance qui allait être célébrée à Barcelone, se trouvait en opposition à la Constitution espagnole et de ce que tous les Espagnols et tous les Catalans ont décidé quand ils ont voté en faveur de la Grande Charte.
Actes précédents Le , dans le Parlement de Catalogne s'est célébrée la restitution du blason de la façade, il a remplacé celui de Philippe V d'Espagne par le Blason de Catalogne. Ce même soir il y a eu lieu des « marches de flambeaux » à plus de 90 villes catalanes, parmi lesquelles peuvent être trouvées Lloret de Mar, Igualada, Camarles, Parets del Vallès, Masquefa, Riudoms, Sant Pol de Mar, Santa Perpètua de Mogoda, Santa Susanna, Sant Fruitós de Bages, Vilafranca del Penedès ou Blanes Marxa de Torxes - Site officiel.
Manifestation