Pierre-Louis Dumesnil, né en 1698, mort en 1781Inhumation en l'église Saint Merry le 23 juin 1781, est un peintre et décorateur français, spécialisé dans les scènes de genre.
Biographie Pierre-Louis Dumesnil est le fils cadet de Louis-Michel Dumesnil (<1663-1739), peintre ordinaire de l’hôtel de ville de Paris et recteur perpétuel de l’académie de Saint Luc, et de Denise Aveline (-1759). Il est le petit-fils de Louis (~1625-1679), peintre ordinaire de l'hôtel de ville de Paris, et de Marie Magnier (apparentée aux Hurlot, peintres à Paris).
Pierre-Louis Dumesnil est le frère cadet de Louis-Claude (1695-1769Inventaire après décès, Archives Nationales , MC/ET/XXVI/576, 26 juillet 1769), dit Dumesnil l’aîné, peintre ordinaire de l’hôtel de ville de Paris et professeur de peinture à l’académie de Saint Luc. Leur sœur Marie-Denise (-1776Inventaire après décès, Archives Nationales, MC/ET/XXVI/646, 5 septembre 1776) épouse en 1724 Michel Fromaget (-1758Inventaire après décès, Archives Nationales, Z1m 38, 22 décembre 1758), fils d’Étienne Fromaget, peintre de l’académie de Saint-Luc, qui fut premier secrétaire du marquis de Paulmy, protecteur de cette académie.
Pierre-Louis Dumesnil épouse, par contratContrat de mariage, Archives nationales, MC/ET/XXX/261, le , Marie Geneviève Larivière (~1696-1778dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 1899, livre 5, page 121, Enterrement du 28 février, à Saint-Merry, de Mme Marguerite Larivière, épouse de Dumesnil, recteur de l'Académie de peinture et de sculpture, âgée de 88 ans (Annonces, 9 mars 1778)), veuve de Jean-Baptiste Gaudret, maître serrurier, et fille de Guillaume Jean dit Larivière (-1733), maître sellier, lormier, carrossier, et de Marie-Marthe Cance.
Il fut le dernier artiste de trois générations de peintres. Ses enfants, deux filles – Marguerite Denise (1736) et Marie Geneviève (1738-1814) – et un fils –Louis-Claude – exercèrent des activités non artistiques, bien que Marguerite se marie successivement avec deux peintres des ordres du roi, Nicolas-Simon Dutour (-1755) puis Pierre Lavocat qui fut directeur garde de l'académie de Saint-Luc en 1766.
Un portrait de Pierre-Louis Dumesnil par Élisabeth Vigée-Lebrun, réalisé en 1774 à l’occasion de sa réception à l’académie de Saint-Luc, n'est pas conservéMlle Vigée a un grand nombre de portraits composés avec gout et avec feu; ils font en general beaucoup d’effet... Ses portraits de femme sont un peu manierés... celui de Monsieur Dumesnil, tres ressemblant, est d’une couleur vigoureuse....
Carrière académique Pierre-Louis Dumesnil a été reçu à l’académie de Saint-Luc le , bien qu'il se présente déjà comme adjoint à professeur lors de son mariage en . Il y gravit les différents échelons, professeur en 1748, recteur en 1773 puis recteur perpétuel en 1774 jusqu'à la suppression de l'académie en 1776.
Il a exposé entre 1751 et 1774, à chacune des sept expositions de l’institution, des tableaux, principalement de genre, souvent en pendants et dont certains sont parvenus jusqu'à nous dans leur forme originale ou en gravure.
Les expositions ont été rapportées et commentées dans les journaux de l'époque comme le Mercure de France, le Journal Œconomique, lAvant coureur ou la feuille hebdomadaire d'Affiches, annonces et avis divers. Ces salons eurent un grand succès auprès du public parisien, malgré un compte rendu critique paru le dans la Correspondance littéraire, philosophique et critique de Grimm et de Diderot : « Notre Académie de Saint-Luc, qui n'est pas tout-à-fait aussi célèbre que celle de Rome qui porte le même titre, a exposé cette année ses ouvrages de peinture et de sculpture. Cette Académie est composée de tous les artistes qui n'ont pas assez de talent ni de réputation pour se faire recevoir à l'Académie royale. Suivant ce sage esprit de réglement dont je viens de parler, il faut être de l'une ou de l'autre, sans quoi un homme n'a pas le droit ici de barbouiller de la toile chez lui, et de la vendre à ceux qui auraient la bonté d'ame de se contenter d'un mauvais tableau. Messieurs de l'Académie de Saint- Luc en ont exposé un grand nombre de détestables, parmi lesquels on distingue quelques portraits passables. Ce qu'il y a de meilleur, ce sont quelques portraits en buste de terre cuite ou de plâtre. Il paraît en général que la mauvaise manière a moins gagné nos sculpteurs que nos peintres. »
Dans la lettre de M. H..... à M. P....., son ami en province, au sujet du concours en peinture et sculpture de MM. de l'académie de Saint-Luc, ouvert dans une salle des Grands-Augustins, à Paris, le : « ... Après les grands noms qui décorent et forment comme le frontispice de ce nouveau temple du goût, je ne puis vous faire entre en idée de cette enceinte sans vous parler des directeurs et professeur au mérite desquels on en est redevable en partie. De ce nombre sont, entre autres, MM. de Saint-Pol, du Mesnil, Dieu, Spoede, le Pautre... »
Dans le Journal Œconomique, : « Ceux que le public a mis au second rang, Spoede... Dumesnil le jeune, une mère regardant jouer ses enfants, et une servante habillant des enfants, Guérin, Jollain... »
Dans l'''Avant-Coureur de 1762 (f° 315) : « Il paroist chez Joullain, quai de la Mégisserie, deux nouvelles estampes d'après Dumesnil, par M. Duflos. L'une représente un garçon cabaretier et l'autre un cuisinier. ces deux estampes rendent les deux sujets très naturellement... »
Dans le Journal Œconomique, : « ... Les sens, la savoyarde et son pendant, de M. Dumesnil, frappent, par leur vérité singulière, quoique le ton en soit un peu sombre... »
Dans Affiches, annonces et avis divers, du mercredi (f° 143): « ... Nous avons de M. Dumesnil le jeune, Professeur, 12 ou 13 Tableaux , dont 9 représentant des sujets grotesques ou populaires , peints avec autant de vérité que de goût ».
Dans la même parution, (f°143-144) : « L'Académie de S. Luc... contribue alternativement, avec l'Académie Royale de Peinture, au Spectacle intéressant des Beaux Arts qui se renouvelle ici chaque année. ses ouvrages, dont l'exposition a commencé le 25. Août, sont actuellement l'objet du concours des Curieux de tous états & de toute espece... Dans les compositions des Peintres à talens, on paroit distinguer deux petits tableaux de M. Dumesnil le jeune, Professeur, dont l'expression a de la naïveté ; ils représentent une Cuisinière qui revient du marché, & un Garçon marchand de vin rinçant des bouteilles... »
Dans le Journal Œconomique, : « Le studieux & la fainéante, deux estampes en pendant d'environ 11 pouces de haut, sur 8 de large. A Paris, ches Pasquier, rue Saint Jacques, vis-à-vis le collège de Louis-le-Grand, prix 12 s. chacune. Ces estampes ont été gravées à l'eau-forte, par ch. Letellier d'après les tableaux de M. Dumesnil junior. Elles sont composées chacune d'une seule figure »
Dans le Mercure de France, , concernant le salon de l'académie : « MM. Dumont, Viel, Dumesnil, le Fèvre... Coste, Kruger, ont aussi donné des preuves de leurs talens, chacun dans leur genre »
Carrière publique de décorateur alt=Saint Jean-Baptiste (dessin) 1741|thumb|420x420px|Saint Jean-Baptiste (dessin) 1741 Les frères Dumesnil obtiennent la charge de peintres ordinaires de l'hôtel de ville de Paris à la suite de leur père Louis-Michel (<1663-1739) et grand-père Louis -1679).
En 1741Bureau de la Ville de Paris, Archives Nationales, Q/1/1099/118, lors de leur premier contrat et pour 700 £, les frères Dumesnil s’engagent à réaliser les travaux de peinture des structures des fontaines à vin et de la pièce centrale supportant le feu d’artifice pour la fête de la Saint-Jean (). Tous deux succèdent à leur père qui réalisa la plupart des décorations de cette fête entre 1684 et 1739. Les fils furent d’abord associés à leur père, sans pour autant apparaître sur les contrats avec l’hôtel de ville, dans les dernières années de son activité.
Le processus d'attribution et de livraison suit souvent la même logique : trois à quatre semaines avant l’événement, quand la fête est planifiée, l'entrepreneur propose à l'hôtel de ville un dessin préparatif pour l'établissement du marché. Ainsi, le : « Marché entre les sieurs Louis Claude Dumesnil et Louis Pierre (sic) Dumesnil peintres et professeurs de l'Académie de Saint-Luc et ordinaires de la Ville... sommes convenus, savoir que les sieurs Dumesnil ont promis et se sont obligés de peindre et exécuter sur toile la décoration d'un feu à quatre faces pour la solennité de la fête de la Saint Jean de la grandeur ordinaire fourniront toutes les toiles nécessaires... la somme de 700£ pour le prix en bloc dont nous sommes convenus avec eux. ». Après la réalisation dans les ateliers des Dumesnil, l'installation des panneaux nécessite l'approbation de l'hôtel de ville : « à la réquisition des sieurs Dumesnil transportés dans la place de Grève devant l'hôtel de ville... nous ont fait voir la décoration du feu de la Saint Jean-Baptiste à cause de la solennité de la fête, laquelle décoration nous avons trouvée posée et après l'avoir vue et examinée ensemble le dessin annexé au présent marché, nous avons reconnu que ledit dessin a esté bien et duement exécuté en conséquence avons du consentement du procureur donné acte auxdits sieurs Dumesnil de la réception des ouvrages... »Monuments historiques, Archives nationales, K/1006, 2 juin 1741
Les frères Dumesnil auront quasiment l’exclusivité des décorations à quelques rares exceptions. La plupart des décorations sont connues à travers les gravures d’époque.
Le règne de Louis XV est riche en réjouissance et la ville de Paris s’associe à la liesse populaire en organisant des fêtes pour les victoires militaires, les naissances de prince ou princesse ainsi que pour les événements extraordinaires comme le rétablissement du roi après une maladie.
Les décorations publiques réalisées par les frères Dumesnil sont :alt= Mariage du Dauphin - Char de la Ville (1747)|thumb|472x472px|Mariage du Dauphin - Char de la Ville (1747)alt=Mariage du Dauphin - Char de Mars (1747)|thumb|472x472px|Mariage du Dauphin - Char de Mars (1747) Juin et : En présence du roi, pour les victoires de Menin et d’Ypres
: Pour le rétablissement de la santé du roi : Prises des villes de Gand, de Dendermonde et d'Ostende : Prise de la ville d'Anvers 1746 : Réjouissance pour la naissance d'une princesse, qui fut peinte par Nicolas Raguenet À partir de 1747 Pierre-Louis va diriger seul l’entreprise familiale, son frère se consacrant à l’académie de Saint-Luc et à son rôle de professeur :