May Zao, née May Chén le à Hong Kong et morte le à Paris, est une sculptrice d'origine chinoise, deuxième épouse du peintre Zao Wou-Ki.
Biographie Après ses études secondaires, Chan May-Kan (陳美琴)« Chan May-Kan » est le nom le plus généralement admis. C'est cependant « Chan May-Kam » qui est inscrit sur sa tombe. est de 1950 à 1958 actrice pour le cinéma et le théâtre. Elle rencontre Zao Wou-Ki en 1958 à Hong Kong, alors qu'il voyage avec Colette et Pierre Soulages. Elle l'épouse et, avec sa jeune fille Sin-May, vient vivre en août à Paris, après un voyage de noces à travers la Thaïlande puis la Grèce et l'ItalieJean Leymarie, Zao Wou-Ki, Paris, Éditions Hier et Demain, 1978, p. 35.. Dans la petite maison, 19 bis rue Jonquoy, qu'achète Zao Wou-Ki en 1959 « Zao Wou-ki, la puissance du geste » et dont elle conçoit l'installationJean Leymarie, Zao Wou-Ki, Paris, Éditions Hier et Demain, 1978, p. 36. May Zao côtoie aussitôt les amis du peintre, représentants majeurs de la nouvelle école de Paris et accompagne son mari lors de ses nombreuses expositions à l'étranger, notamment en Espagne en 1962Jean Leymarie, Zao Wou-Ki, Paris, Éditions Hier et Demain, 1978, p. 38..
May Zao commence alors à dessiner et peindre puis se tourne autour de 1963 vers la sculpture. « Maîtrisant mal notre langue », elle y trouve « un lieu d'épanouissement loin d'un monde qui lui demeurait étranger et où elle ne se sentait pas à l'aise », observe Bernard DorivalMay Zao, 1930-1972, sculptures, éditions Galerie de France, Paris, 1972, p. 20. Elle reçoit alors brièvement des conseils de ses amis Martine Boileau et Étienne Hajdu. « May ne pouvait pas être une élève (…). Ma relation avec elle se bornait à lui proposer le matériau ou l'outil qui me semblait lui faire défaut, à lui indiquer le chemin de la fonderie ou celui du four à cuire les terres », précise Martine BoileauMay Zao, 1930-1972, sculptures, éditions Galerie de France, Paris, 1972, p. 16.
thumb|Tombe de May Zao au cimetière du Montparnasse (division 1). De santé psychologique précaire, ses rechutes périodiques s'aggravant à partir de 1968Jean Leymarie, Zao Wou-Ki, Paris, Éditions Hier et Demain, 1978, p. 44., May Zao se suicide le au 96 rue Didot. dans le . « Sur sa vie soudain elle passe le buvard », écrit Henri MichauxHenri Michaux, « L'Interompue », dans May Zao, 1930-1972, sculptures, éditions Galerie de France, Paris, 1972, p. 30-31,
Zao Wou-Ki dédie à May Zao un cahier reproduisant dix-sept de ses dessins à l'encre de Chine réalisés en 1971, édité en éditions des Nouvelles images, Lombreuil, mai 1972. Il peint également en 1972 En mémoire de May (huile sur toile, 200 × 525,7 cm), conservé au Centre Pompidouhttps://www.centrepompidou.fr/fr/ressources/oeuvre/c888n4o Notice du Centre Pompidou sur En mémoire de May, 10.3.1972, n° d'inventaire AM 1973-33 (don de l'artiste, 1973)Notamment reproduit dans Zao Wou-Ki, galerie nationale du Jeu de Paume, 2003, p. 106-109.
En 2022 la fille de May Zao, Sin-May Roy Zao, fait une donation de 12 œuvres de Zao Wou-Ki au musée M+ de Hong Kong, ville où sa mère et le peintre s'étaient rencontréshttps://www.zaowouki.org/fr/donation-dun-important-ensemble-doeuvres-de-zao-wou-ki-au-m-museum-de-hong-kong-par-sin-may-roy-zao/ Notice de la Fondation Zao Wou-Ki sur la donation de Sin-May Roy Zao au M+ Museum de Hong Kong..
L'œuvre May Zao réalise de 1964 à 1972 esquisses, ébauches et œuvres en plâtre, terre cuite, marbre et bronze (fondues par la Fonderie Clementi et la Fonderie Susse). « Ce fut un cheminement têtu, obstiné, mais qui, de son début jusqu'à sa fin, ne put s'accomplir qu'au cours de période de rémission de plus en plus brèves que voulait bien consentir un mal sans grand espoir », écrit Guy MaresterMay Zao, 1930-1972, sculptures, éditions Galerie de France, Paris, 1972, p. 6.
D'emblée non-figuratives, « les formes quasi charnelles, et parfois presque descriptives » de ses œuvres épurées se caractérisent par un « équilibre des masses sculptées entre elles et avec l'espace par lequel elles se laissent pénétrer, transpercer, ou même séparer »Guy Marester, dans May Zao, 1930-1972, sculptures, éditions Galerie de France, Paris, 1972, p. 10. « C'est l'aimable des corps, le velours des corps, la fragilité des corps qu'elle conduit à l'abstraction », analyse Pierre SchneiderMay Zao, 1930-1972, sculptures, éditions Galerie de France, Paris, 1972, p. 40.
May Zao reporte une exposition de ses sculptures annoncée à la Galerie de France en 1970. Une vingtaine d'entre elles y est présentée après sa mort, en , puis à la Maison de la culture de Saint-Étienne de à .
L'une des œuvres de May Zao a été placée sur sa tombe au cimetière du Montparnasse ().
Collections publiques Musée de Gajac, Villeneuve-sur-Lot : Sans titre, bronze, 84 × .
Bibliographie
May Zao, 1930-1972, sculptures, textes de Guy Marester, Pierre Alechinsky, Martine Boileau, Bernard Dorival, Guy Genon-Catalot, Raymond Haas, Samuel M. Kootz, Étienne Hajdu, Bert M.P. Leffmans, Alfred Manessier, Henri Michaux, I.M. Pei, Claude Roy, Pierre Schneider, Pierre Soulages, éditions Galerie de France, Paris, 1972, 48 p. Christian Chaput, « May-Zao : Sculptures, Zao Wou-Ki : Encres de chine », dans Esprit, . Autoportrait, Zao Wou-Ki (et Françoise Marquet), Fayard, Paris, 1988.
Notes et références
Annexes Articles connexes Zao Wou-Ki Peinture non figurative Place des femmes dans l'art
Liens externes
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