Le château de Montségur (Montsegur en occitan), est un ancien château fort, dit « cathare », reconstruit en 1206, mais remanié à la fin du , dont les vestiges se dressent dans la commune française de Montségur dans le département de l'Ariège, en région Occitanie.
Labellisé Grand Site de France en 2026, Il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au sein du bien en série intitulé Forteresses royales capétiennes du Languedoc – comprenant également les remparts et le château de Carcassonne et les Au Moyen Âge la défense de la France contre le Royaume_d'Aragon s'appuyait sur la cite de Carcassonne et cinq forteresses de frontière, la plus grande partie du département des Pyrénées-Orientales (sauf le territoire du Fenouillèdes) étant possession du royaume d'Aragon.(châteaux d'Aguilar, de Peyrepertuse, de Puilaurens, de Termes, et de Quéribus) ainsi que les châteaux de Lastours –, le 26 juillet 2026 lors de la du Comité du patrimoine mondial.
Localisation thumb|une vue de l'ensemble du pic montagneux avec le Château sur sa pointe vignette|droite|GR 107 et le château au second plan. Le château est situé sur le point culminant de la montagne qui surplombe le village de Montségur, à d'altitude au-dessus du pays d'Olmes sur un pic nommé le Pog.
Historique Le château de Montségur fut construit à l'emplacement de l'ancien castrum à la demande de Raymond de Péreille qui constituait, jusqu'au siège de 1244, un lieu de séjour des cathares et des faydits. Il a été très partiellement restauré après la reddition cathare de 1244 par la famille du nouveau seigneur des lieux, de Lévis.
Le château sur le site actuel a connu trois époques majeures au cours desquelles la forteresse se transforma peu à peu.
Une première forteresse, signalée dès le , fut érigée au sommet de la montagne, appelée aussi pog. Un pog (interprétation libre de Napoléon Peyrat) est une forme ariégeoise du mot occitan puèg / puòg, du latin pŏdĭum, signifiant « éminence » (puech à Nîmes, voire puy ailleurs en France) pour désigner la montagne en forme de pain de sucre de Montségur. Cette version est désormais communément admise, mais exclusivement au bénéfice de Montségur.
On sait peu de choses de cette première forteresse, si ce n'est qu'elle était en ruines aux alentours de 1204, date à laquelle le village fortifié cathare fut bâti sous la direction de Raymond de Péreille. C'est le village fortifié ou castrum auquel les archéologues ont donné le nom de « ».
La forteresse cathare vignette|redresse|Vue intérieure du château. vignette|redresse|Ruines d'habitations cathares. Le dispositif défensif de cette forteresse n'était guère différent de celui que l'on connaît actuellement. Le castrum en lui-même comprenait la demeure fortifiée du seigneur des lieux Raymond de Péreille, le castellum ou castèl en occitan (qui fut éventuellement légèrement restauré par la maison de Lévis au pour la construction d'une chapelle pour le chapelain et au : arc linteau conservation bâti) et le village cathare de l'époque entourés par une enceinte fortifiée. Du côté de la route actuelle, se dressaient trois murs de défense dont le premier se situait au niveau du guichet actuel pour la visite du château. De l'autre côté du pog, à environ, se trouvait une tour de guet (au Roc dit de « La Tor », « la tour ») surplombant une falaise de . L'entrée du castrum qui donne sur cette tour de guet était défendue par une barbacane. À l'intérieur de l'enceinte de la forteresse, se dressait un village dont il ne reste que quelques terrasses au nord-ouest du château actuel. Sur ces dernières, on trouve les fondations de plusieurs habitations, des escaliers pour communiquer entre les terrasses, une citerne d'une capacité de et un silo.
Montségur abrita une communauté cathare importante. En 1215, le concile de Latran cite la forteresse comme étant un repaire d'hérétiques. En 1229, le rôle de Montségur comme abri pour l'Église cathare est réaffirmé à la suite du traité de Meaux-Paris. À partir de 1232, ce rôle ne cesse de se renforcer. Parallèlement, le château accueille également les chevaliers faydits dépossédés de leurs terres par le traité de Meaux de 1229. Au nombre de ces derniers figure Pierre-Roger de Mirepoix, cousin et gendre de Raymond de Péreille et maître militaire de Montségur.
La vie quotidienne des cathares y était riche, malgré (ou grâce à) l'isolement. D'après les découvertes archéologiques, la nourriture cathare était à base de céréales cultivées sur place et surtout en vallée. On y a aussi retrouvé des ossements de bœufs, de moutons, de chevreuils, de sangliers, d'oies, de poulets et des débris d'arêtes de poisson. Les viandes devaient être salées ou/et fumées pour leur conservation, car il en restait en abondance et en permanence dans les réserves de la forteresse..
Les cathares établis au château ne faisaient pas que méditer ou s'exercer religieusement, ils avaient également une activité matérielle et parfois commerciale, en complément de la vie pastorale et agricole. Ils confectionnaient par exemple des vêtements de laine de mouton ou en peaux de bêtes et produisaient des teintures (végétales et minérales). On fabriquait de nombreux outils et bijoux sur place, à la forge du château : croix pectorales, ciseaux, pendentifs, pinces à épiler (pour retirer échardes et épines), bagues, objets de toilette, objets religieux etc. Mais aussi des méreaux de plomb qui permettaient la reconnaissance de groupes cathares entre eux, afin de participer à des réunions secrètes.
Cependant, Montségur reste une place forte, laissant supposer qu'une partie de ses habitants n'étaient pas des religieux cathares ; les ossements de cette époque retrouvés sur place prouvent que tous les habitants n'étaient pas végétariens. Il n'y avait pas non plus de distinction fondamentale entre les parfaits et les simples croyants, car ils participaient chacun à la vie quotidienne de la forteresse (et du village en contrebas).
On peut supposer que le cimetière se tenait comme cela se faisait à l'écart du castrum, le plus vraisemblable est qu'un lieu de sépultures se trouvait probablement à l'intersection des deux chemins (Montferrier Lavelanet) au bas du pog.
Tout ce qui ressortit à la position géographique du lieu, aux écrits et à l'acharnement des capétiens contre Montségur à partir de 1244, fait pressentir qu'elle était, sinon la capitale, du moins la place forte des cathares en Occitanie.
Le siège du castrum Dans la première moitié du , la forteresse subit pas moins de quatre sièges par les croisés, dont un seul est couronné de succès : Guy de Montfort, fait une première tentative en 1212 ; Simon de Montfort, son frère, dirige la deuxième en 1213 ; en , , sur l'ordre de , commence un siège qu'il lève sans même donner un assaut ; le dernier, qui débute en , est l'œuvre de , sénéchal de Carcassonne.
Dans la nuit du 28 au , des inquisiteurs sont massacrés à Avignonet par une soixantaine d'hommes issus de la garnison de Montségur. Le sénéchal de Carcassonne et l'archevêque de Narbonne Pierre Amiel sont chargés d'assiéger la forteresse, sur l'ordre de Blanche de Castille et de . En , les croisés, au nombre d'environ , entourent Montségur ; la garnison de Montségur est estimée à soixante-dix hommes : une quinzaine de cavaliers, des piétons et des artilleurs.
Malgré leur écrasante supériorité numérique, les assaillants ne parviennent pas à prendre la place et le siège s'installe. Au début de l'hiver 1243, une poignée d'« alpinistes » parvient, à la suite d'une escalade audacieuse effectuée de nuit, à se rendre maître de la tour de guet. Un trébuchet est alors acheminé et monté, qui bombarde sans relâche la position des assiégés, comme en témoignent les nombreux boulets de pierre taillée sur place (entre ) retrouvés sur le site. Environ un mois plus tard, peut-être à la suite d'une trahison locale, la barbacane tombe aux mains des assaillants.
Un dernier assaut lancé en février est repoussé mais laisse les assiégés très affaiblis.
La reddition de la place forte vignette|200px|Cour intérieure du château. Le , Pierre-Roger de Mirepoix se voit contraint de négocier la reddition de la place forte après un blocus de dix mois.. Les termes en furent les suivants : la vie des soldats et des laïcs sera épargnée ; les parfaits qui renieront leur foi seront sauvés ; une trêve de quinze jours est accordée pour les cathares qui voudront se préparer et recevoir les derniers sacrements.
Le , la forteresse s'ouvrit à nouveau. Tous les cathares qui refusèrent de renier leur foi de bons chrétiens et de se convertir à la foi catholique périrent sur le bûcher qui fut dressé pour un peu plus de deux cents suppliciés dont la femme, trois des filles et la belle-mère de Raimond de Péreille : après avoir distribué tout ce qu'ils possédaient à ceux qui les avaient défendus durant dix mois, les parfaits de Montségur furent enfermés dans un enclos préparé au pied de la montagne puis les croisés mirent le feu aux fagots qui y étaient entassés. En tout, deux cent vingt hommes, femmes et une jeune fille (tous ; les jeunes furent dissuadés par leurs parents de se joindre à eux…) périrent dans le brasier. Parmi eux se sacrifièrent des soldats de la garnison qui n'avaient pas voulu les abandonner. Il fut rapporté que certains chantaient.
Pour certains, le bûcher aurait été monté à du castrum dans le (le champ des brûlés) où une stèle fut par la suite érigée par la contemporaine Société du souvenir et des études cathares. Sur la stèle figure l'inscription : . Pour , le bûcher se trouvait sur la colline au-dessus du parking à droite du col en direction de Montferrier. Selon Yves Dossat, le « bûcher de Montségur » relève de la légende : les cathares arrêtés à Montségur auraient été conduits à Bram où ils ont été interrogés par l’Inquisition, puis livrés aux flammes. Par contre, dans Citadelles du vertige (Toulouse, Privat, 1966) Michel Roquebert situe le bûcher à Montségur au « prat das cramats ».
Sur les 220 suppliciés du , on peut en , dont la liste est fournie ci-dessous.
Montségur sous la période de la famille de Lévis Après la prise du castrum en 1244, par décision du roi la possession du pog est dévolue à de Lévis, maréchal de la foi et seigneur de Mirepoix à partir du traité de Meaux en 1229. Les restes du village cathare et l'enceinte fortifiée extérieure sont rasés. Le castellum est réaménagé pour y poster une garnison d'une trentaine d'hommes qui restera présente jusqu'au traité des Pyrénées au . Ce sont les ruines de cette construction, baptisée Montségur III, qui sont visibles aujourd'hui.
Réhabilitation du château vignette|gauche|200px|Mur d'enceinte extérieur. Le château fut classé monument historique en 1862 et le puòg sur lequel il est situé rejoint ce classement en 1883. Les vestiges archéologiques et les lignes de défenses sont classés en 1989..
Depuis, le site n'a cessé d'enflammer les imaginations à un tel point que beaucoup n'ont pas hésité à fouiller le puòg à titre personnel en raison des mythes développés autour du site.
Paradoxalement, la campagne de restauration du château entamée en 1947 freina ces dégradations et effaça dans le même temps certains indices archéologiques. Cette restauration motiva une prospection spéléologique de la montagne, menée par la société spéléologique de l'Ariège. Cette dernière aboutit, en 1964, à l'exhumation d'une sépulture dans « l'avenc du trébuchet ».
En 1968 est fondé le groupe de recherche archéologique de Montségur et environs (G.R.A.M.E). Ce dernier a déjà conduit plusieurs campagnes de fouilles sur le site.
Les historiens reconnaissent dans les ruines actuelles comme unité de mesure, la canne anglaise, nettement postérieure. Le château présente côté face à l'attaque un mur-bouclier de d'épaisseur. Ce mur plus épais et plus haut que les autres murailles protégeait le reste des bâtiments..