La cathédrale métropolitaine Saint-Gerland d'Agrigente (en italien : duomo d’Agrigento, cattedrale metropolitana di San Gerlando), est une église catholique romaine d'Agrigente, en Italie. Il s'agit de la cathédrale de l'archidiocèse d'Agrigente. En décembre 1951, le pape Pie XII lui a conféré le rang de basilique mineure Cathedral Basilica of St. Gerland, G-Catholic..

Description Le côté de la cathédrale le long de la Via del Duomo présente des fenêtres du , éléments du premier édifice construit par les Normands et correspondant au transept actuel Cattedrale di San Gerlando : Notizie Storiche, La Chiese delle Diocesi italiane..

Rebâtie aux et s, la cathédrale a été transformée au , puis restaurée après son effondrement en 1996, à la suite d'un tremblement de terre. Précédée d'un vaste escalier, la façade est couronnée d'un tympan et rythmée par quatre antes proéminentes, sorte de pilastres corniers. À droite, se trouve le clocher inachevé, datant de 1470, de style gothico-catalan, avec, sur le côté sud, quatre fenêtres aveugles, surmontées d'arcs en plein cintreCathédrale San Gerlando, Italia.it.

La cathédrale est un vaste édifice à trois nefs, en forme de croix latine, avec un transept légèrement allongé. C’est un mélange de styles, de cultures et d’histoire, qui présente l’aspect d’un édifice des -s dans sa partie occidentale, et des -s dans sa partie orientale (reconnaissable à son grand arc triomphal en blocs de grès). Même si elle a été fortement remaniée, on reconnaît dans le transept des influences du , tandis que les chapelles absidales sont typiques des -s. Dans la première partie, les fenêtres ont retrouvé leur forme ogivale d'origine, tandis que dans la seconde, elles sont de style Renaissance The cathedrale and its treasures. L'exubérance baroque du chœur liturgique, avec ses anges et ses guirlandes dorées, contraste avec la sobriété de la nef et des bas-côtés.

À l'intérieur de la cathédrale, la nef centrale est couverte d'un plafond de bois aux poutres décorées de peintures du . Au-delà de l'arc triomphal, sur le plafond à caissons du , trône un aigle bicéphale, emblème aragonais Uno sguardo in alto, Basilica cattedrale agrigento.

Dans l'abside, on peut remarquer le grand-orgue, construit en 1933 par la Manufacture Mascioni, et comportant 49 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier (Opus 463) Organo a canne della Cattedrale, Arcidiocesi di Agrigento..

Musée diocésain Historique

Depuis le début du , la cathédrale abrite quatre sarcophages antiques. Deux sarcophages grecs étaient placés à l'entrée de l'édifice, dont l'un pour servir de bénitier ; deux sarcophages romains ont été placés dans la nef centralePanneau « Dalle collezioni storiche della cattedrale al museo diocesano », cathédrale d'Agrigente (consulté en avril 2022)., celui de Phèdre et Hippolyte a été offert par le chanoine Libertino Sciacca servant de fonts baptismaux, celui des femmes coronaires offert par le chanoine GamezPanneau « La cattedrale di Agrigento e il Grand Tour », cathédrale d'Agrigente (consulté en avril 2022).. Déplacés en 1741, les sarcophages sont placés dans la salle capitulaire de la cathédrale en 1877, à l'initiative de l'évêque , pour créer la première collection muséale diocésaine avec des pièces médiévales disposées dans la salle dite des "Marines", chapelle funéraire de la famille de Marinis, et cinquante-six tableaux ornant les deux salles et le chœur de la cathédrale.

À partir de la seconde moitié du , Agrigente est inclus dans le parcours du Grand Tour de l'élite européenne, et les visiteurs admirent la cathédrale et ses sarcophages, ainsi que la bibliothèque Lucchesiana et les collections archéologiques épiscopales avant de sillonner la Vallée des Temples. Le baron Johann Hermann von Riedesel voit en 1767, « dans le lieu qui sert actuellement de fonts baptismaux, l'un des plus excellents, peut-être même le plus beau de tous les anciens bas-reliefs en marbre, que la furie du temps a épargnés ». Johann Wolfgang von Goethe en décrit . Félix Bourquelot évoque de son passage dans la cathédrale en .

Le est inauguré le musée diocésain d'art sacré dans des salles de la nef nord de la cathédrale, pour le anniversaire de l'épiscopat de , lequel commande à l'architecte Franco Minissi d'un nouveau bâtiment pour abriter le musée diocésain qui ouvre en 1964 mais est rapidement rendu inutilisable par le glissement de terrain de 1966. Temporairement transportées au musée archéologique de la Vallée des Temples et dans l'église San Nicola, les collections se retrouvent depuis les années 1990 dans le Palais de l'Archevêque tandis que les quatre sarcophages reviennent dans la cathédrale à la fin des années 2010.

Description des sarcophages

le sarcophage grec : réalisé par un atelier local dans un bloc unique de marbre blanc de Paros à la fin du , il mesure 55 cm de haut, 203 de long et 83 de large et est dépourvu de décorationPanneau « Arkeo&Fede », cathédrale d'Agrigente (consulté en avril 2022).. le sarcophage grec à couvercle : réalisé par un atelier local en marbre blanc de Paros à la fin du , il mesure 51 cm de haut, 203 de long et 75 cm de large. Il conserve des traces de décors picturaux polychromes. Son couvercle mesure 27 cm d'épaisseur, 210 cm de long et 80 cm de large. le sarcophage romain dit des femmes coronaires : réalisé en marbre blanc au par un atelier romain, il mesure 50 cm de haut, 143 cm de long et 45 cm de large. Sur la face avant, un bouclier (clipeus) représente le défunt avec un rouleau dans la main gauche. Soutenant le bouclier, deux personnages masculins ailés accompagnés de deux autres semblables, portent des paniers débordants de fruits et personnifieraient les quatre saisons. Au dessous, une scène de la vie quotidienne représente deux femmes confectionnant, sous un arbre, des couronnes tressées. Sur les côtés curvilignes, deux lions de profil attaquent des chevaux. La cuve serait originellement une cuve servant à fouler le raisin, dont le jus sortait d'un trou au niveau des gueules des lions.

le sarcophage romain dit de Phèdre et Hippolyte : réalisé en marbre blanc avec des veines bleutés par un atelier attique au , il mesure 118 cm de haut, 225 cm de long et 111 cm de large. Le décor sculpté figure le mythe d'Hippolyte, fils de Thésée, accusé par sa belle-mère Phèdre d'avoir abusé d'elle après qu'il l'a rejeté. A la supplique de Thésée, Poséidon fait apparaître un taureau qui effraie les chevaux du quadrige d'Hippolyte qui tombe mortellement sous leurs sabots. L'arrière représente Hippolyte chassant le sanglier avec ses compagnons. Sur le côté droit, Phèdre est assise, visée par une flèche décochée par Éros. Sur la face principale, Hippolyte rejette les avances de sa belle-mère annoncées par la vieille nourrice de celle-ci. Sur le côté droit, Hippolyte est écrasé par ses chevaux, effrayés par un taureau envoyé par Poséidon.

Notes et références

Annexes Articles liés Archidiocèse d'Agrigente Liste des cathédrales d'Italie

Liens externes

Site de la cathédrale Cattedrale di San Gerlando, BeWeB

Agrigente Catégorie:Monument à Agrigente Catégorie:Basilique en Sicile