Anabase est un recueil de poèmes de Saint-John Perse publié en dans La Nouvelle Revue françaiseAnabase sur le site de la Fondation Saint-John Perse. Consulté le 7 avril 2017.. Il constitue son premier long poème et surtout le premier que le diplomate Alexis Leger signera du pseudonyme qui le rendra célèbre : Saint-John Perse.
Pour Shlomo Elbaz : Le poème est fréquemment rapproché et comparé à La Terre vaine (The Waste Land) du poète et dramaturge britannique, de naissance américaine, T. S. Eliot.
Étymologie du nom du recueil Ce poème aurait été réalisé après qu'Alexis Leger eut réalisé physiquement sa propre anabase dans le désert de Gobi (1920-21). La métaphore des nuages de poussière jaune évoque la genèse de la terre et des planètes. Ainsi Alexis Leger se prépare déjà à l’expédition dans le désert de Gobi qu'il effectuera deux ans plus tard., anabase (de anaba, anabat, monter, qui monte sur...), signifiant à la fois ascension, expédition à l'intérieur des terres, chevauchée et, par extension, montée de l'esprit, montée à l'intérieur de soi-même, introspection. En outre, l'effet sonore du mot aurait séduit l'auteur du futur poème.
Structure du recueil Chanson « Il naissait un poulain... » Anabase I. « Sur trois grandes saisons... » II. « Aux pays fréquentés... » III. « À la moisson des orges... » IV. « C'est là le train du monde... » V. « Pou mon âme mêlée... » VI. « Tout-puissants... » VII. « Nous n'habiterons pas toujours... » VIII. « Lois sur la vente des juments... » IX. « Depuis un si long temps... » X. « Fais choix d'un grand chapeau... » Chanson « Mon cheval arrêté... »
Analyse de l'œuvre Le texte se compose de douze parties : une chanson liminaire, dix chants, numérotés de I à X, une chanson finale.
Devant la complexité du poème, certains auteurs s'accordent sur le fait que, pour en effectuer une lecture correcte, il faut « renoncer à y trouver une signification univoque ». De fait, il règne une grande controverse quant à l'analyse du poème. On y a vu la coexistence de deux désirs contradictoires : l'appel du désert, le mouvement, l'aventure (plan dynamique), l'installation, le séjour parmi les hommes (plan statique). Certains auteurs s'accordent pour y voir un texte s'analysant sur trois plans, mais n'en ont pas la même approche.
Monique ParentMonique Parent est professeur honoraire à l'Université de Strasbourg. Elle a notamment travaillé sur Francis Jammes, Saint-John Perse et Paul Valéry. Voir : Travaux de littérature en hommage à Noémie Hepp, ADIREL, vol. III, Paris, 1990, . croit distinguer trois niveaux de développement dans la langue de Saint-John Perse : Un sens littéral : l'expédition proprement dite (sens réel), Un premier sens symbolique : l'aventure spirituelle du poète (sens spirituel et poétique), Un second sens symbolique : l'aventure humaine en général (sens historique).
Le théoricien littéraire américain voit cette lecture « polyphonique » suivant trois plans parallèles et entrelacés : Plan narratif : invitation, départ, marche, Plan métaphorique : même thème mais par rapport à l'âme humaine, Plan émotif ou lyrique : joie intérieure qui accompagne l'épopée de l'âme.
Alain Bosquet, quant à lui, propose trois niveaux de lecture : Une grande aventure épique : l'action, Une chronique historique transposée en images poétiques : la poésie qui s’inspire de l'action, Une expérience mystique et mystérieuse : l'illumination mystique générée par l'action et la poésie.
Mais les exégètes, étudiant Anabase, peinent à y trouver une logique narrative cohérente, des références précises au temps, aux lieux géographiques et aux personnages. Shlomo Elbaz exprime ainsi cet effort de compréhension demandé par ce texte :
Le même auteur propose une schématisation du poème en termes de départ, marche, arrêt, déclinés suivant un ordre variable :
Chant liminaire À l'arrêt. Départ suscité.Chant I Séjour. Départ suggéré.Chant IIDépart imminent.Chant IIIDépart déclaré. Vague indice de marche.Chant IVArrêt. Fondation d'une ville.Chant VMarche dans la solitude.Chant VISéjour de bien être mais appel à un nouveau départ.Chant VIIDépart et véritable marche.Chant VIIIPoursuite de la marche vers l'ouest et au-delà.Chant IXHalte. Promesse de plaisir (désir sensuel).Chant XÀ l'arrêt mais " parcours " immobile des merveilles du monde et des actions des hommes.Chant finalÀ l'arrêt. Communion avec le monde. Poème écrit (désir satisfait ?). En 1960, Saint-John-Perse déclare :.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Œuvre poétique de Saint-John Perse Catégorie:Recueil de poèmes en français Catégorie:Livre paru en 1924