L'Union des démocrates et indépendants (UDI) est un parti politique français, fondé en 2012 par Jean-Louis Borloo à partir du groupe du même nom à l'Assemblée nationale. Jusqu'en 2018, elle est composée de différents partis qui conservent leur existence, formant ainsi une fédération de partis.
Se voulant la continuatrice des idées de l'Union pour la démocratie française (UDF), le parti est d'orientation démocrate chrétienne, social-libérale et pro-européenne. Il est classé au centre ou centre droit de l'échiquier politique français.
L'UDI est successivement présidée par Jean-Louis Borloo (2012-2014), Jean-Christophe Lagarde (2014-2022) et Hervé Marseille (depuis 2022).
Historique 2012-2014 : présidence de Jean-Louis Borloo Union des radicaux, centristes, indépendants et démocrates L’Union des radicaux, centristes, indépendants et démocrates (URCID) est une association politique déclarée le pour servir de recueil au Parti radical et à ses alliés pour les élections législatives de juin 2012. L'UMP ne finançant plus le Parti radical depuis 2011, ce dernier, pour bénéficier d'un financement public, a constitué cette association loi de 1901, qui permettra le rattachement d'au moins 50 candidats. L'URCID succède à l'ARES abandonnée par sa direction politique à la suite de différends sur la désignation d'un candidat du centre-droit à l'élection présidentielle de 2012. Elle préfigure aussi un futur groupe parlementaire centriste après les élections législatives de et une nouvelle formation politique résultant de l'association avec le Parti radical et d'une partie des membres du Nouveau Centre opposés à Hervé Morin et emmenés par Jean-Christophe LagardeLe NC se voit déjà tout seul au centre, Le Figaro, 10 juin 2012.. C'est donc sur cette base qu'est créé à l'Assemblée nationale le le groupe de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), présidé par Jean-Louis Borloo (Parti radical) et vice-présidé par François Sauvadet (NC).
Processus de fondation de l'UDI vignette|gauche|redresse|Jean-Louis Borloo, président-fondateur de l'UDI de 2012 à 2014. vignette|gauche|redresse|Logo jusqu'en 2018. Les élections législatives de , si elles sont marquées par un échec de la précédente majorité parlementaire (coalition UMP-NC), voient cependant l'élection d'une trentaine de députés centristes issus de cette dernière avec l'investiture du Parti radical, du Nouveau Centre ou de l'Alliance centriste. Alors que se forme la Force européenne démocrate (scission du NC qui accueille également en son sein plusieurs anciens membres du MoDem) au cours de l'été 2012 et accompagné de plusieurs députés, Jean-Louis Borloo (Parti radical) crée un groupe parlementaire , dans le but de les rassembler, malgré l'opposition initiale de certains parlementaires qui échouent à conserver leur propre groupe. Le groupe compte alors une petite trentaine de députés, principalement issus de l'ancien groupe Nouveau Centre et des députés radicaux qui siégeaient au groupe UMP sous la législature précédente.
Le , à l'occasion des journées parlementaires du centre, Jean-Louis Borloo annonce la création d'un parti politique du même nom que le groupe parlementaire centriste, l'Union des démocrates et indépendants.. Le , les instances nationales des forces politiques constituant l'UDI mettent en place un bureau provisoire. Sur un modèle proche de l'ancienne UDF, l'UDI s'organise sous la forme d'une confédération de partis politiques et permet l'adhésion directe ou par l'intermédiaire de l'un de ses partis membres (souvent dénommée composantes). Le , une assemblée constituante se réunit à la Maison de la Mutualité à Paris afin d'officialiser la création du mouvement.. Sont présentes plus de , issues des divers partis fondateurs de l'UDI. Parmi les présents, se trouve notamment Simone Veil. L'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing adresse quant à lui un message vidéo d'encouragement dans lequel il à ce nouveau parti.. Guy Verhofstadt, président du groupe ADLE au Parlement européen et ancien Premier ministre belge est également présent. Le parti se structure ensuite territorialement et élit les instances de ses fédérations départementales.
Après le congrès de l'UMP du et les tensions entre les deux candidats à la présidence sur les résultats, plusieurs personnalités quittent l'ancien parti majoritaire pour l'UDI : l'ancien ministre et ancien député d'Ille-et-Vilaine Pierre Méhaignerie le , le député de Mayenne Yannick Favennec Becot (déjà membre du groupe parlementaire UDI depuis sa création mais toujours militant de l'UMP à cette date) trois jours plus tard. Le fils de Valéry Giscard d'Estaing, Louis Giscard d'Estaing, maire de Chamalières et fraîchement battu dans le bastion familial de la troisième circonscription du Puy-de-Dôme, quitte également l'UMP pour adhérer au parti.
Premiers résultats électoraux La première confrontation électorale de l'UDI a lieu un peu moins de deux mois après la création du parti, à la suite de la législative partielle de la du Val-de-Marne (9 et ). Henri Plagnol, maire de Saint-Maur-des-Fossés et député du groupe UDI, bien que toujours officiellement membre de l'UMP, est défait face à Sylvain Berrios, dissident UMP..
En , une autre partielle conduit à l'élection du député UDI Meyer Habib sur la huitième circonscription des Français établis hors de France, face à la candidate de l'UMP Valérie Hoffenberg.
Quelques élus se rattachent encore à l'UDI, comme Marianne Duranton qui a été élue en 2020 à la mairie pourtant historiquement communiste de Morsang-sur-Orge, et qui occupe par ailleurs la fonction de Directrice administrative et financière au sein du parti
Plate-forme commune avec le MoDem au sein de « L'Alternative » vignette|Logotype de L'Alternative. Le , Jean-Louis Borloo signe avec François Bayrou, président du MoDem, une charte qui unit leurs deux partis au sein d'une plate-forme politique commune, , avec l'ambition de conduire des listes communes aux élections nationales, européennes et régionales. La possibilité d'une primaire commune aux partis centristes en vue de l'élection présidentielle de 2017 est également envisagée..
Élections municipales de 2014 Dans la perspective des élections municipales de 2014, l'UDI se veut de l'UMP. L'UDI espère cependant l'emporter dans certaines villes, telles que Strasbourg, Tours, Toulouse, Pau ou Rouen.. Dans la plupart des communes, l'UDI participera ou conduira des listes d'union avec l'UMP, et souvent avec le MoDem, celui-ci s'étant clairement positionné comme opposant à la majorité présidentielle de François Hollande.
À l'issue du scrutin, elle gagne ou conserve notamment les villes suivantes : Nancy, Amiens, Arras, Bourges, Drancy, Bobigny, Niort, Annecy, Valenciennes, Neuilly-sur-Seine, Agen, Louviers, Vincennes, Issy-les-Moulineaux, Laval, Saint-Dié-des-Vosges, Nouméa, Châtellerault, Bar-le-Duc, Montélimar, Bayonne, Dinan, Massy, Sceaux, Saint-Ouen, Béthune, Albi, Cambrai, Maubeuge, Wasquehal.
Retrait de Jean-Louis Borloo vignette|upright|Yves Jégo, président par intérim de l'UDI en 2014. Le dimanche , après plusieurs mois de convalescence à la suite d'une pneumonie, Jean-Louis Borloo annonce sa démission du poste de président de l'UDI, estimant qu'il n'a pas ..
Nommé président par intérim, Yves Jégo démissionne à son tour au mois de juin afin de présenter sa propre candidature à l'élection du nouveau président de l'UDI, prévue à l'automne suivant. Une direction collégiale provisoire est alors constituée pour le remplacer. Elle se compose des secrétaires généraux Laurent Hénart (PR) et Jean-Christophe Lagarde (FED), des présidents des groupes parlementaires Philippe Vigier (NC) et François Zocchetto (AC) ainsi que du président du conseil national, Hervé Morin (NC)..
Lors du vote à l'Assemblée nationale du sur le pacte de stabilité prévoyant d'économies par le gouvernement Valls, de l'UDI s'abstiennent alors que 4 votent pour et que 7 votent contre. Ce vote est alors perçu comme pouvant marquer le début d'un rapprochement entre l'UDI et le Parti socialiste..
Liste commune avec le MoDem aux élections européennes de 2014 Le parti compte s'appuyer sur son positionnement pro-européen pour faire un bon score. aux élections européennes de 2014. Selon les sondages, l'UDI est créditée de 5 à 8 % des suffrages, ce qui lui permettrait d'obtenir des députés européens. L'Alternative, le projet d'une union électorale avec le MoDem est concrétisé par des listes communes aux deux partis dans l'ensemble des circonscriptions sous l'étiquette « UDI-MoDem, Les Européens - Liste soutenue par François Bayrou et Jean-Louis Borloo ».
Ces listes obtiennent près de 10 % des suffrages et sept sièges dont trois députés UDI, qui rejoignent tous le groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, présidé par Guy Verhofstadt, qui avait soutenu la liste le à Paris, lors d'une réunion de travail sur le projet européen de l'UDI...
2014-2017 : présidence de Jean-Christophe Lagarde sous le quinquennat Hollande Élection de Jean-Christophe Lagarde Quatre membres du parti sont candidats à la succession de Jean-Louis Borloo : Jean-Christophe Fromantin (TEM). Yves Jégo (RAD), en tandem avec Chantal Jouanno (adhérente directe) Jean-Christophe Lagarde (FED) Hervé Morin (NC).
Dix jours après avoir officialisé sa candidature, Jean Arthuis (AC) annonce qu'il la retire afin de se consacrer à la présidence de la commission des budgets du Parlement européen. Un autre membre du parti, Emmanuel Pasco-Viel (adhérent direct), n'a pas obtenu les 500 parrainages nécessairesAbel Mestre, « Bataille pour la succession de Jean-Louis Borloo à l'UDI », lemonde.fr, ..
Le , les résultats du premier tour sont publiés ; le deuxième oppose Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin.
Le , Jean-Christophe Lagarde est élu président du parti avec 53,49 % des suffrages exprimés..
+ Résultats de l'électionCandidatPremier tour.Second tour.Voix%Voix%Jean-Christophe Lagarde35,9453,49Hervé Morin31,5046,51Yves Jégo21,48Jean-Christophe Fromantin11,07Inscrits100,00100,00Abstentions41,2834,13Votants58,7265,87Blancs et nuls2411,451710,90Exprimés98,5599,10
Jean-Christophe Lagarde poursuit sa stratégie d'alliance avec l'UMP, sans toutefois délaisser le MoDem. Il revendique ce partenariat avec la droite, tout en précisant que ..
En , l'UDI dépose conjointement avec l'UMP une motion de censure contre le gouvernement Valls II à la suite de l'utilisation par le Premier ministre de l'article 49-3 pour la Loi Macron pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques.. La censure échoue car sept des trente députés de l'UDI ne l'ont pas soutenue..
En , le parti se trouve dans une situation financière difficile qui le contraint à réduire ses dépenses..
Élections régionales et départementales de 2015 : listes d'union avec LR et le MoDem dans la plupart des régions Comme pour les municipales de 2014, l'UDI fait listes communes avec LR et le MoDem aux élections régionales de . Pour les élections départementales, le même type de candidatures est conclu.
Au terme de son accord avec LR, l'UDI conduit trois listes en régions Normandie (Hervé Morin), Centre-Val de Loire (Philippe Vigier) et Bourgogne-Franche-Comté (François Sauvadet). Dans cette dernière région, le MoDem conduit sa propre liste (comme à La Réunion, où sa liste fusionnera, seule région dans ce cas, avec les listes de gauche au second tour).
Pour l'Île-de-France, le bureau politique de l'UDI désigne dans un premier temps Chantal Jouanno comme tête de liste (par contre 42 à Rama Yade).. Après une pré-campagne lancée le . et malgré des sondages donnant 6 à 12% à cette liste, un accord sera finalement conclu avec LR et le MoDem pour constituer une liste commune, menée par Valérie Pécresse.