L'équipe de Jamaïque de football est la sélection des footballeurs jamaïcains représentant le pays lors des compétitions internationales sous l'égide de la Fédération de Jamaïque de football. Ses joueurs sont surnommés les « Reggae Boyz ».
L'équipe nationale dispute la première rencontre de son histoire le face à Haïti, match remporté sur le score de deux buts à un. À la suite de l'indépendance du pays en 1962, la sélection jamaïcaine dispute ses premières qualifications à une phase finale de Coupe du monde en 1966. Elle ne remporte son premier trophée qu'en 1991 lors de la Coupe caribéenne des nations. Elle compte six victoires dans cette compétition, la dernière en 2014.
En Gold Cup, le championnat continental, la sélection obtient ses meilleurs résultats en 2015 et 2017 en se hissant en finale de la compétition deux fois d'affilée. En Coupe du monde, la Jamaïque s'est qualifiée à une seule occasion pour un tournoi final en 1998, devenant ainsi la troisième nation caribéenne à atteindre ce niveau.
Les Jamaïcains disputent depuis 1962 leurs rencontres à domicile à l'Independence Park, stade de situé dans la capitale, Kingston. Les « Reggae Boyz » ont terminé l'année 2020 au mondial selon le classement FIFA et au de la CONCACAF.
Histoire Les débuts de la sélection sous le régime colonial (1925-1962) thumb|left|upright|Une du journal haïtien Le Nouvelliste du relatant la rencontre Haïti-Jamaïque.|alt=une page de journal La Fédération de Jamaïque de football est fondée en 1910 pour gérer l'ensemble des rencontres se disputant dans la colonie britannique.. Il faut cependant attendre 1925 pour qu'une équipe nationale soit constituée. Invités à Haïti, les Jamaïcains disputent une série de trois matchs contre leurs hôtes. La première rencontre officielle se déroule le et se solde par la victoire des Jamaïcains sur le score de deux buts à un, le premier but de l'histoire de la sélection étant inscrit par Clarence Parsaillaigue à la de jeu. Les deux autres rencontres amicales disputées lors de cette tournée sont également remportées par la Jamaïque, par trois buts à zéro puis par un but à zéro.. L'année suivante, en novembre 1926, les Jamaïcains reçoivent à leur tour les Haïtiens au Sabina Park à Kingston et s'imposent sur le score de six buts à zéro.
thumb|right|upright=1.2|L'équipe jamaïcaine lors de la finale de la série inter-coloniale disputée en face à Trinité-et-Tobago.|alt=photo noir et blanc d'une équipe de football disposée sur trois rangs Quatre ans plus tard, en 1930, l'équipe nationale dispute sa première compétition internationale, le tournoi de football des deuxièmes Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes organisés à La Havane. Placés dans le groupe A, les Jamaïcains sont éliminés à la suite de deux défaites face à Cuba et au Honduras.. La Jamaïque dispute deux nouvelles rencontres contre Haïti, puis accueille Trinité-et-Tobago, en décembre 1935, pour une tournée inter-coloniale. Les Trinidadiens remportent les trois rencontres, dont la dernière sur le score de deux buts à un. Après une nouvelle tournée à Haïti en 1938 ponctuée par trois défaites, les rencontres s'interrompent pendant la Seconde Guerre mondiale et ne reprennent qu'en 1947 avec une série de matchs contre Trinité-et-Tobago. La même année, la Jamaïque dispute un tournoi triangulaire à Trinité-et-Tobago face à l'équipe hôte et à la Guyane britannique. Les Jamaïcains l'emportent face aux Guyaniens mais perdent leurs trois matchs disputés face aux Trinidadiens, dont le deuxième sur le score de six buts à zéro.
Les années suivantes, l'équipe nationale dispute de nombreuses rencontres amicales face à Cuba, Trinité-et-Tobago et Haïti ainsi qu'une série de quatre matchs face à une sélection des meilleurs joueurs caribéens en février 1952.. Les Jamaïcains perdent cette série de rencontres malgré la présence dans l'équipe de Lindy Delapenha et de Gil Heron, professionnels en Europe.
De nombreuses déconvenues avant le premier succès en Coupe caribéenne (1962-1994) À l'indépendance du pays en 1962, la fédération de Jamaïque de football s'affilie à la FIFA puis devient membre de la CONCACAF en 1965. Elle fait également construire un stade national et engage un sélectionneur, le Brésilien Jorge Penna.. En août 1962, pour la deuxième fois de son histoire, l'équipe nationale dispute les Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes organisés à domicile. L'équipe termine quatrième de la compétition avec notamment deux victoires sur le score de six buts à un face à Porto Rico et à Cuba, l'attaquant Sydney Bartlett inscrivant lors de ce dernier match un triplé.. Menée par l'Haïtien Antoine Tassy, l'équipe dispute ensuite en mars 1963 la Coupe des nations de la CONCACAF, à l'occasion de la première édition de cette compétition. Versée dans le groupe 2, l'équipe termine dernière en n'inscrivant qu'un but pour seize encaissés. Elle subit également la plus lourde défaite de son histoire, huit buts à zéro, face au Mexique..
Engagée pour la première fois dans des éliminatoires de la Coupe du monde, l’équipe de Jamaïque de football bat Cuba et les Antilles néerlandaises au premier tour. Dans le tour final joué en , l'équipe termine dernière derrière le Costa Rica et le Mexique, contre qui elle subit une nouvelle défaite huit buts à zéro. L'équipe, de nouveau dirigée par Jorge Penna, dispute ensuite en janvier 1967 les éliminatoires de la Coupe des nations de la CONCACAF. L'équipe termine troisième de la poule et ne parvient pas à se qualifier pour la phase finale.
En , un nouveau sélectionneur est nommé, le Jamaïcain George Thompson, ancien entraîneur de Kingston College.. De nombreux joueurs ayant quitté l'île pour évoluer aux États-Unis, la sélection se retrouve amoindrie et connaît, l'année suivante, une élimination dès la première phase des éliminatoires de la Coupe du monde 1970. Elle perd les quatre rencontres de son groupe face au Costa Rica et au Honduras. Éliminée également en phase de groupe de la Coupe des nations de la CONCACAF, l'équipe jamaïcaine se retire des éliminatoires de la Coupe du monde 1974 après la suspension de dix-sept de ses joueurs par la fédération, dont le capitaine Delroy Scott, à la suite de leur grève pour une question de primes, lors d'une tournée aux Bermudes en décembre 1972. La sélection traverse alors une longue période d'insuccès due à une mauvaise organisation et à un manque de moyens financiers. Elle est ainsi éliminée au premier tour des qualifications pour la Coupe du monde 1978 par Cuba, puis ne participe pas aux éliminatoires des deux éditions suivantes, n'ayant pas payé sa cotisation FIFA.
Après une élimination au deuxième tour des qualifications de la Coupe du monde 1990, la sélection jamaïcaine, dirigée par l'ancien international Carl Brown, remporte en 1991 la Coupe des Caraïbes. L'équipe y bat en finale Trinité-et-Tobago sur le score de deux buts à zéro et se qualifie ainsi pour la Gold Cup 1991, l'attaquant Paul Davis marquant lors de toutes les rencontres de la compétition. Lors de la Gold Cup, l'équipe de Jamaïque termine dernière du groupe A avec trois défaites contre le Honduras, le Canada et le Mexique. À la même période, la Jamaïque atteint le deuxième tour des éliminatoires de la Coupe du monde 1994. Elle termine troisième du groupe B et ne se qualifie pas pour le tour final de qualification. En 1992, la sélection s'incline en finale de la Coupe caribéenne des nations, sur le score de trois buts à un, face à Trinité-et-Tobago, qui prend ainsi sa revanche par rapport à l'édition de 1991. La Jamaïque est de nouveau finaliste de la compétition l'année suivante. Battue lors de la séance des tirs au but par la Martinique, elle se qualifie cependant pour la Gold Cup 1993. Deuxième du groupe A derrière les États-Unis, la sélection se qualifie pour les demi-finales de la compétition. À ce stade, elle est battue sèchement six buts à un par le Mexique et dispute alors le match pour la troisième place face au Costa Rica. Menée un but à zéro dès la de jeu, la Jamaïque parvient à égaliser à la dernière minute de la rencontre et les deux équipes se partagent alors la troisième place. La sélection ne confirme pas cette prestation lors des éliminatoires de la Coupe caribéenne des nations 1994 où elle est éliminée dès les phases de groupes. Elle enregistre cependant lors de cette compétition sa plus large victoire en match international, en s'imposant le douze buts à zéro face aux Îles Vierges britanniques dans un match disputé à Grand Cayman.
René Simões et les « Reggae Boyz » (1994-2000) thumb|right|upright|Deon Burton inscrit quatre buts en cinq rencontres du tour final de qualification pour la Coupe du monde 1998..|alt=portrait d'un homme torse nu En octobre 1994, le nouveau président de la fédération, Captain Horace G. Burrell, nomme René Simões sélectionneur de l’équipe nationale, Carl Brown devenant son adjoint.. Sa mission est de qualifier la Jamaïque pour la Coupe du monde 1998, cinq millions de francs suisses étant investis par la fédération pour atteindre cet objectif. Le sélectionneur multiplie les rencontres amicales au National stadium pour s'assurer du soutien de la population et met en place des séances d'entraînement plus consistantes. Éliminée au premier tour de la Coupe caribéenne des nations 1995, la sélection dispute ensuite une tournée en Zambie où les journalistes locaux surnomment l'équipe les « Reggae Boyz », expression ensuite reprise en Jamaïque. Grâce aux nombreuses victoires en 1995, l'équipe monte au classement FIFA et reçoit par la Fédération internationale le prix de la meilleure progression.
L'équipe nationale entame les qualifications pour la Coupe du monde 1998 le . Elle remporte deux victoires sur le Suriname, puis s'impose face à la Barbade et se qualifie ainsi pour le second tour. En début d'année 1997, René Simões convainc plusieurs joueurs ayant des origines jamaïcaines et évoluant en Angleterre de rejoindre la sélection.. Deon Burton, Paul Hall, Robbie Earle et Fitzroy Simpson complètent ainsi l'effectif des « Reggae Boyz » en pour la suite des éliminatoires. La sélection, qui vient de terminer troisième de la Coupe caribéenne des nations 1997, enchaîne avec eux les résultats positifs. À la suite d'un match nul et vierge de buts obtenu face au Mexique le , la Jamaïque se qualifie pour la première fois de son histoire pour une phase finale de Coupe du monde. La journée du lendemain est déclarée fériée par le gouvernement, le premier ministre jamaïcain Percival James Patterson déclarant que cette qualification est . Pour soutenir l'équipe nationale, des artistes jamaïcains, dont Ziggy Marley, Shaggy, Maxi Priest et Diana King enregistrent alors un album intitulé .
Après cette qualification historique, la Jamaïque dispute la Gold Cup en février 1998. Renforcée par deux nouveaux joueurs évoluant en Angleterre, Frank Sinclair et Marcus Gayle, la sélection fait match nul zéro but à zéro avec le Brésil, puis bat le Guatemala et le Salvador. Elle s'incline ensuite en demi-finale face au Mexique, un but à zéro après prolongations, et prend finalement la quatrième place de la compétition après une défaite face au Brésil par un but à zéro.
thumb|left|upright|Frank Sinclair, ici en 2009 avec Bury FC, dispute 28 rencontres pour un but marqué avec la sélection jamaïcaine de 1998 à 2001.|alt=un joueur de football en mouvement cherchant le ballon des yeux