Tonnerre est une commune française située dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté. Les habitants se nomment les Tonnerrois.

Géographie Traversée par l'Armançon et par le Canal de Bourgogne, la commune se situe au carrefour : de la RD 965 (ancienne RN 65), axe reliant Auxerre à à l'ouest et Troyes à au nord de la RD 905 (ancienne RN 5), axe reliant Sens à au nord-ouest et Dijon à au sud-est et route historique de Paris à Genève.

Communes limitrophes

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site publié par Météo-France en novembre 2022..

Urbanisme

Typologie Au , Tonnerre est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de TonnerreUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Tonnerre comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tonnerre, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (56,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,8 %), forêts (39,3 %), zones agricoles hétérogènes (4,7 %), prairies (4,5 %), zones urbanisées (3,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Les attestations anciennes sont Ternodorense castrum () ; Tornotrinse castrum en 814 ; Tornodorum vers 888 ; Tornedrisus en 853 ; Tornetrinse castrum en 997 ; Tornedurum en 1184 ; Tornuerre en 1270 ; Tournoirre en 1285 ; Tonneure en 1295 ; Tourneure en 1293 ; Torneure en 1305 ; Tornerre en 1294 ; Tournerre en 1295..

C'est une formation toponymique composée du gaulois *turno « hauteur, colline » et *duro « place forte »., soit une « colline fortifiée »... Delamare considère que l'élément duron signifie « porte → marché, enclos, place, forum → ville close, bourg » cf. breton / gallois dor « porte ».

Nouvelle (2007) rappelle toutefois que le

Histoire Protohistoire Les découvertes ont permis d'établir une occupation humaine dans la vallée de l'Armançon vers le . En 2005, des recherches au lieu-dit Les Petits Ovis ont permis de découvrir que le site était occupé par une nécropole datant de la fin de l’âge du Bronze. Le Petit BéruCoordonnées du Petit Béru : est un site archéologique du bronze final III, ..En 1979 les sites connus du bronze final III ne sont pas très nombreux dans le sud-est de l'Yonne. Ce sont : les Milosiottes à Noyers ; le Gros Chêne à Cry ; le Coin à Argentenay ; le Petit Béru à Tonnerre ; les Roches à La Chapelle-Vaupelteigne ; grottes de Villiers-Tournois à Massangis ; Fontaine Sainte-Marguerite à Guillon ; Cisery ; les Fontaines Salées à Saint-Père-sous-Vézelay ; grotte au Larron à Voutenay-sur-Cure ; grotte de Nermont à Saint-Moré ; grottes et dépôt de fondeur (de métal) à Arcy ; et grotte de la Roche au Loup à Merry-sur-Yonne. Voir .. Au lieu-dit Terre de VauplaineCoordonnées de la Terre de Vauplaine : . des inhumations et des incinérations datant de la période située entre l'âge du bronze et l’âge du fer ont été mises au jour....

Un habitat s'est développé, au cours de la période de La Tène, sur la colline de Montbellant, en forme d'« éperon barré », remontant au moins au . Cette occupation est attestée depuis les découvertes récentes.

Antiquité Les auteurs anciens avançaient que Tonnerre s'était développée en raison de la position stratégique de la colline de Montbellant. Plusieurs campagnes de fouilles ont permis de soutenir cette hypothèse (diagnostics 2011-2025, INRAP)..

L'agglomération antique porte le nom de Tornodorum/Tornodorum. Elle est un carrefour de voies, installé à l'extrémité ouest du territoire des Lingons. Les fouilles de 2025, ne concernant qu'une parcelle de la colline, ne permettent pas d'attester que la colline corresponde à cette agglomération. Ces fouilles de 2025 ont permis également d'observer un remaniement de l'habitat, pour ce site, entre la fin du .

Moyen Âge Au , Grégoire de Tours mentionnait dans son Histoire des Francs (V, 5]) Ternodorense castrum.

La cité est le chef-lieu du Pagus tornodorensis, à partir du . Son vaste territoire, base du futur comté du Tonnerrois, dépend de la cité de Langres qui constituera, plus tard, le fameux comté du Tonnerrois.

Les fouilles de la parcelle (2025) font observer le peu d'artefacts pour la période . La parcelle étudiée au cours des siècles avant une nouvelle occupation aux . Cette observation ne permet pas de généraliser un abandon de la colline. Ce site semble à nouveau occupé aux .

Le château comtal est édifié et il se développe sur le sommet de la colline de Montbelland à partir du .

Au cours de la période médiévale, de nombreux ateliers de tanneurs sont apparus le long de l'Armançon ou près de la Fosse Dionne pour travailler les peauxL'Yonne républicaine, Édition du 8 août 2015, ..

Dynastie comtale des Milonides

Tonnerre est le siège d'un comté depuis le milieu du . Il administre le rebord occidental du vaste évêché de Langres. Plusieurs membres de la première dynastie comtale, les Milonides, se hisseront à la tête de cet évêché. Ils pourraient avoir eu dans son giron la région de Bar-sur-Seine. Les comtes, connus par les chartes de l'abbaye Saint-Michel, portent le prénom de Miles/Milon. Au , les successions se font plus chaotiques. ..

Un vicomte de Tonnerre apparaît au début de ce siècle. En droit, cela signifie que le titulaire du comté dispose d'un droit comtal autre que celui de Tonnerre, ce qui impose l'établissement d'un vicomte (même problématique qu'à Joigny en 1080). Ce vicomte est à l'origine de la famille de Rougemont.

La dernière héritière de cette première dynastie, Ermengarde de Tonnerre, épouse (vers 1055) , comte de Nevers, d'Auxerre. Par ce mariage, le comté de Tonnerre est réuni aux comtés de Nevers et d'Auxerre..

Dynastie comtale de Nevers-Auxerre (1045-1193) Guillaume de Nevers administre longuement le comté. Un prévôt devient le représentant de son administration pour le Tonnerrois. La tendance à l'hérédité est un aveu de faiblesse comtale. Le fils cadet de Guillaume a failli faire émerger à nouveau un comté autonome. Le comté servira fréquemment de douaire aux comtesses douairières. Des féodaux étalent leur puissance dans le comté : Argenteuil, Rougemont. Certains se hissent au rang de vicomte quand les princes font émerger des vicomtés sur des axes commerciaux à la jointure de leurs principautés (Ligny-le-Châtel vers 1120). Ce phénomène touche d'autres contrées de la principauté. Les sires de Noyers-sur-Serein échappent très tôt à l'autorité comtale, et bâtissent une puissante seigneurie indépendante en franc-alleu, à la lisière du comté d'Auxerre et de l'ancien comté d'Avallon. La féodalisation atteint sa plénitude classique. Pour autant, la ville de Tonnerre se développe. Elle se dote de deux paroisses : Notre-Dame et Saint-Pierre. L'abbaye Saint-Michel fait face au château, de l'autre côté du vallon. Les comtes tenteront tardivement et avec un succès relatif de reprendre la main sur leurs grands féodaux. Ils ne parviendront qu'à leur imposer un partage successoral (Toucy vers 1170). Le Tonnerrois est durablement et profondément féodalisé.

En 1174, Tonnerre obtient une charte d'affranchissement..

Comtesses de transition (1181-1292) De la fin du au milieu du , Tonnerre vit dans le giron du comté de Nevers-Auxerre et Tonnerre. Ce vaste ensemble est de fait abandonné quand le chef du lignage se hasarde sans profit en Orient (empire de Constantinople). Copiant une institution mise en place en 1184 dans le domaine royal, ce comte institue un bailli. Mais comme en Champagne, ce nouvel agent est nettement moins efficace que son confrère de Sens. Il gère à la fois les bailliages d'Auxerre et de Tonnerre. Il ne contrarie pas les féodaux locaux. Les heurts avec l'évêque d'Auxerre et la révolte d' Hervé de Donzy humilient le comte Pierre de Courtenay.

Un cadet de la famille de Courtenay prend place à la tête de la seigneurie de Tanlay.

Dynastie comtale des Chalon-Auxerre-Tonnerre (1292-1463)

Au milieu du , la comtesse Marguerite de Bourgogne-Tonnerre fonde le Grand Hôtel-Dieu : le plus grand monument civil de Bourgogne.

Ses biens sont partagées en 1292, entre ses neveux, notamment Guillaume, fils d'Alix de Bourgogne-Auxerre () et Jean de Chalon (), qui reçoit plusieurs terres dont le comté de Tonnerre et ses dépendances. Le comté entre désormais, pour un siècle et demi, dans le domaine de la maison de Chalon, qui venait d'obtenir le comté d'Auxerre.

En prélude de la seconde phase de la guerre de Cent Ans, le comte de Tonnerre enlève une fille d'honneur de la duchesse de Bourgogne. Jean Sans Peur saute sur ce prétexte pour mener une guerre à outrance contre le comte de Tonnerre. Malgré la disproportion des forces, le comte de Tonnerre parvient à retarder l'échéance de sa ruine. mais ce combat désespéré a un prix : le Tonnerrois est ravagé. Les féodaux qui ont suivi leur suzerain naturel sont spoliés par des nobles bourguignons accourus à la curée. La guerre entre Armagnacs et Bourguignons sera de peu postérieure (1411). Tonnerre reste au pouvoir du duc de Bourgogne.