L'île aux Moutons autrement nommée Moalez ou Moal Enez, ce qui signifie « l'île Chauve » en breton est une île de l'archipel des Glénan au sud de Fouesnant dans le Finistère, qui se situe entre le continent et celui-ci.

Géographie

L'île aux Moutons, connue aussi sous le nom de Moalez ou Moal Enez (ce qui signifie en breton l'île chauve) est en fait un petit archipel avec l'île aux Moutons en elle-même et la roche de Trévarec. Ce petit archipel, même s'il est inclus dans les Glénan, en est assez éloigné, puisqu'il est situé à mi-chemin de l'archipel des Glénan et de Beg Meil, le village côtier le plus proche.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Des fouilles archéologiques y ont été effectuées, principalement par Marthe et Saint-Just Péquart, montrant une présence de l'Homme au néolithique et à l'époque gauloise.

Le À la fin des années 1840, les négociants de Quimper et les pilotes demandent l'installation d'un feu aux Moutons. En 1848 une pétition réclamant un feu de signalement signée par de nombreux armateurs et capitaines de navires est adressée au préfet. Après l'expropriation du propriétaire des lieux, les travaux du phare débutent en 1877 et durent deux ans. Mesurant de haut et jouxtant le pignon du logement des gardiens, celui-ci, haut de 18 mètres, est allumé le avec une portée de ; un logement pour les gardiens et les pêcheurs de crustacés est adossé au pignon..

Dans la nuit du 24 au , le gardien du phare, Colin, secourt deux barques de Mousterlin et Bénodet, prises dans la tempête, sauvant les sept naufragés et les deux bateauxAnnales du sauvetage maritime, Paris, 1896, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58307947/f55.image.r=B%C3%A9nodet.langFR.

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Le phare de l'île aux Moutons fut gardé à partir de 1905, et pendant 27 ans, par Marie et Louis Quéméré qui s'y installèrent avec leurs 4 enfants et en eurent sept de plus pendant de leur séjour sur l'île (seul un est né sur l'île). À la suite de pénuries lors de la Première Guerre mondiale, ils ont fait l'acquisition de trois vaches, des moutons, des canards, des oies et des poules en liberté, ainsi qu'un jardin potager aménagé avec la protection d'un muret contre le vent.

En 1927, Marthe et Saint-Just Péquart, dans des conditions climatiques épouvantables, mirent au jour des vestiges datant du Néolithique moyen (dont une hache en cuivre datée des environs de 2 300 avant J.-C.), mais très perturbés par des intrusions datant de l'époque gauloise et du Moyen Âge.

Saint-Just et Marthe Péquart décrivent ainsi la vie des goémoniers en 1927 dans l'Île aux Moutons :

Le , l' Alja, un caboteur hollandais de 385 tonneaux de jauge brute, heurte une épave ou une roche à proximité de l'Île aux Moutons et coule rapidement ; l'équipage parvient à rejoindre l'Île aux Moutons où il est hébergé par le gardien du phare, Hervé LoussouarnAlexis Deniau, Benjamin Pepy et Emmanuel Gourvil, "Les trésors engloutis de Bretagne", tome 1 (de Brest à Lorient), Cristel éditions, 2013, .

En 1951, le phare est électrifié. En 1960 est créée la Réserve ornithologique de l'île aux Moutons, qui sert notamment de lieu d'escale pour de nombreux oiseaux migrateurs.

Le chalutier Notre-Dame, construit en 1958, qui appartenait à l'armement Simon Charlot, de Concarneau, qui venait juste de le vendre à un armement grec, coula le à l'ouest de l'Île-aux-Moutons, à six milles au sud-ouest de la pointe de Beg Meil, après avoir heurté une roche ; l'équipage de cinq marins parvint à se réfugier dans son canot de sauvetage et fut récupéré par un bateau de Doëlan, l' Hirondelle des MersBruno Jonin et Paul Marc, "Mémoires englouties. Plongées. Histoires sur les épaves du Finistère.", ASEB éditions, 1995, .

En 1983, le phare est automatisé.

Le

L'île est désormais une réserve ornithologique gérée par l'association Bretagne vivante où nichent trois espèces de sternes : sterne pierregarin, sterne de Dougall et sterne caugek (plus de ) couples de sternes ont niché dans l'île en 2020 selon l'association "Bretagne vivante"). Une grande zone qui sert de nichoir aux sternes est donc interdite au public. La colonie de sternes de cet archipel est la plus importante de Bretagne.

Un arrêté préfectoral de protection de biotopeUn premier arrêté préfectoral en date du concernait seulement l'Île aux Moutons, voir http://inpn.mnhn.fr/espace/protege/FR3800514 en date du . crée une zone de protection de biotope sur le domaine public maritime de l' (Moelez) et des îlots "Enez ar Razed" et "Penneg Ern" au large du territoire de la commune de Fouesnant « afin de garantir la conservation du biotope nécessaire à l'alimentation, à la reproduction, au repos et à la survie de la sterne caugek (Sterna sandvicensis), de la sterne pierregarin (Sterna hirundo), de la sterne de Dougall (Sterna dougallii), (...) ainsi que du gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) »http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000446826&dateTexte=&categorieLien=id.

Un arrêté préfectoral pris au début de l'année 2021 interdit désormais tout débarquement sur l'estran entre le et le , soit durant toute la période de reproduction. Outre les oiseaux, 21 phoques gris ont été recensés en 2021 (contre 3 ou 4 vers 2016) dans les parages de l'île, ce qui témoigne de la biodiversité présente sur place..

Pour approfondir Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Île de l'archipel des Glénan