Le Service d'incendie et d'aide médicale urgente de la région de Bruxelles-Capitale (en néerlandais : Brusselse Hoofdstedelijke Dienst voor Brandweer en Dringende Medische Hulp), plus couramment appelé SIAMU, est le corps de sapeurs-pompiers des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale.

C'est un corps de classe X et le plus gros service d'incendie du Royaume, que ce soit en termes d'interventions annuelles, de matériel ou de personnel. Il possède 11 casernes et postes avancés répartis sur l'ensemble du territoire de la Région et emploie environ 1200 sapeurs-pompiers, tous professionnels.

À la suite de la réforme de la sécurité civile belge de 2007, le SIAMU est intégré au système des zones de secours en 2014, où il forme l'unique zone de la Région de Bruxelles-Capitale.

Histoire

vignette|gauche|Pompiers bruxellois entre 1830 et 1845. Origines Comme beaucoup de villes européennes, Bruxelles connait de nombreux incendies dramatiques depuis sa création officielle, en 979. Parmi les plus connus, citons celui de la Grand-Place à la suite du bombardement de Bruxelles de 1695 ou encore celui qui ravage le palais du Coudenberg dans la nuit du au et qui conduit à sa destruction totale. Si quelques communes belges commencent à se doter de service de pompiers durant la période des Pays-Bas espagnols puis des Pays-Bas autrichiens, il faut attendre le début du pour que Bruxelles emboite le pas.

C'est en effet le que le corps est créé à la demande de Conseil municipal, durant la période française de l'histoire de la Belgique, alors que la cité est le chef-lieu du département de la Dyle. Il compte hommes armés dont la mission est à la fois la lutte contre l'incendie mais également le maintien de l'ordre. Par la suite, plusieurs autres corps de pompiers volontaires sont formés autour de la capitale. De l'époque napoléonienne à la Première Guerre mondiale, presque chaque commune de la périphérie bruxelloise parvient à créer indépendamment son corps de pompiers. Ces corps diffèrent tant au niveau des équipements qu’à celui des statuts du personnel : professionnels, volontaires, mixtes, dépendant de la garde civique... Et à ceux-ci s’ajoutent les corps de pompiers créés par certaines entreprises privées.

En février 1806, les pompiers bruxellois emménagent dans leur première vraie caserne : une ancienne brasserie près de la place Anneessens. En 1820, durant la période du Royaume uni des Pays-Bas, le palais des États Généraux, aujourd'hui le palais de la Nation, brûle et l'année suivante, le major Gillot, ancien capitaine dans l'armée, est nommé commandant du corps par la régence de la ville de Bruxelles et voit ainsi sa pension militaire être réduite de moitié par ordre direct du roi Guillaume qui y voyait un cumul.

Révolution belge

vignette|Pillages et incendies lors des émeutes d'août 1830 à Bruxelles. Plus grande ville des Pays-Bas méridionaux, Bruxelles joue tout naturellement un rôle majeur et central dans la révolution belge. En , le corps dispose d'un effectif de hommes, avec dépôts de pompes répartis dans toute la ville. Lorsque l'insurrection éclate avec les émeutes d'août 1830 à Bruxelles, les pompiers bruxellois tentent d'éteindre les incendies boutés par le peuple le soir du , mais sont repoussés, comme devant la maison du ministre de la Justice, Cornelis Van Maanen où ils arrivent avec deux pompes à bras. Le lendemain, Gustave Oppelt raconte que : En effet, certains d'entre-eux n'hésitent pas à se joindre aux différents mouvements de foule en uniforme. À la suite de la création de la garde bourgeoise de Bruxelles, son commandant, Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst, fait placer l'un des postes de la section à la caserne des pompiers dès le . vignette|Ruines du manège de Bruxelles après l'incendie du . Le , les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas attaquent et tentent de reprendre le contrôle de la ville durant les Quatre Jours de Bruxelles. De nombreux pompiers bruxellois prennent alors les armes aux côtés des combattants volontaires belges et participent aux affrontements. Certains figurent ainsi parmi les tués ou sont décorés de la Croix de fer pour leur action. Le major Gillot lui-même est blessé et ne peut plus assurer le commandement du corps durant sa convalescence. La caserne sert de prison, où sont notamment enfermés les grenadiers pris dans la rue de Louvain le premier jour, ou encore le lieutenant-colonel Nicolas von Gumoëns, envoyé pour parlementer. En parallèle, le bâtiment accueille également l'un des vingt-sept postes de soins aux blessés appelés « ambulances provisoires ». De nombreux incendies éclatent en ville, boutés volontairement par les soldats en représailles des attaques des civils ou à la suite des bombardements par les projectiles incendiaires. L'un des principaux touche le manège de Bruxelles le . Là, les soldats du Garderegiment Grenadiers en Jagers ouvrent le feu sur les pompiers et les citoyens : trois civils et un pompier sont blessés par balles en essayant d'éteindre le feu tandis qu'une mère et ses deux enfants sont mortellement touchés en tentant de fuir. Herman Kessels, commandant de l'artillerie belge dit que : . De son côté, l'écrivain Auguste de Wargny raconte ainsi les faits : La rage du peuple est si grande vis-à-vis des troupes royales, piégées dans le parc de Bruxelles, que, le , plusieurs détachements de volontaires tentent de forcer les pompiers à remplir leurs pompes de vitriol ou de térébenthine afin d'aller en arroser les abords du parc et de le brûler avec ses occupants. La retraite discrète des troupes la nuit-même met un terme ce funeste dessein, tandis que les pompiers qui ne sont pas au combat sont toujours occupés à éteindre les incendies des bâtiments de la rue Royale, dont l'hôtel Torrington.

et siècle vignette|L'incendie du théâtre royal de la Monnaie, le . thumb|L'ancienne caserne État-major, place du Jeu de Balle, aujourd'hui remplacée par la caserne de l'Héliport. Par décision du Conseil de régence de la ville de Bruxelles du , les sapeurs-pompiers bruxellois ont à nouveau le droit de se marier. Le , le théâtre royal de la Monnaie est ravagé par un incendie durant lequel trois sapeurs-pompiers meurent, ce sont les premiers morts au feu du service. En 1857, naît le corps de pompiers d'Anderlecht suivi de ceux de Schaerbeek, Molenbeek-Saint-Jean, Ixelles, et Laeken.

Le , la caserne État-major de la place du Jeu de balle est érigée. Elle est prévue pour loger et reste en fonction jusqu'en 1982. La première automobile est acquise en 1908, c'est le début de la modernisation: le dernier cheval quittera la caserne en 1918. Cette même année, plusieurs corps communaux d'incendie sont rattachés à Bruxelles: Etterbeek (corps non-armé de 40 hommes), Laeken (corps armé, 60 hommes) et Saint-Josse-ten-Noode (corps non-armé, 80 hommes).

En 1934, les corps communaux de Bruxelles, Anderlecht, Schaerbeek, Molenbeek-Saint-Jean et Ixelles sont parmi les 12 corps de pompiers du pays à assurer le premier service d'ambulances pour l'aide médicale urgente. vignette|L'Incendie du palais de justice de Bruxelles, le . Pendant la seconde guerre mondiale, les neuf corps communaux existants sont rassemblés sous le commandement du « Groupe Régional de Défense contre l'Incendie » (GRDI), qui cessera ses activités dès la libération, le . La veille, les Allemands incendient le palais de Justice de Bruxelles avant de s'enfuir. Après le conflit, quatre corps communaux sont dissous : Uccle, Forest, Saint-Gilles et Jette. C’est le Service d’incendie communal de Bruxelles qui assure les secours dans ces communes. Les communes démunies passent alors des conventions avec les communes proches pour assurer les secours sur leurs territoires.

Le , l'incendie du ministère de l’Éducation fait 17 morts. La même année, le corps d'incendie d'Uccle est rattaché à Bruxelles. Ce sera le tour de celui de Forest en 1959. En 1962, la centrale téléphonique d'appel unique « 900 » entre en fonction. Désormais il n'y aura plus qu'un seul numéro pour joindre les pompiers, et ce dans tout le Royaume. Avec elle naissent les prémices de l'aide médicale urgente en Belgique et l'apparition des premières ambulances chez les pompiers.

Le , l'incendie du Gai Séjour fait morts, dont un pompier du corps de Saint-Gilles. Trois autres pompiers sont brûlés. L'année 1967 est particulièrement tragique en Belgique et à Bruxelles : le , l'Incendie du Val Vert fait morts à Itterbeek et le , l'incendie de l'Innovation fait dans la rue Neuve, en plein centre-ville. Il s'agit là de l'incendie le plus mortel de Belgique en temps de paix.

À la fin des années 1960, il n’y a plus que cinq corps communaux de pompiers pour les 19 communes bruxelloises et quelques communes de la périphérie. La volonté de collaborer existe, mais cela manque d’organisation : les véhicules sont hétéroclites et on utilise jusqu’à quatre modèles différents de raccords de tuyaux.

Le service d'incendie de l'agglomération de Bruxelles Le , une grosse restructuration naît à la suite de l'incendie de l'Innovation : les cinq services d’incendie encore présents sur le territoire actuel de la Région de Bruxelles-Capitale (Anderlecht, Bruxelles-ville, Ixelles, Molenbeek-Saint-Jean et Schaerbeek) fusionnent en un seul corps pour former le service d'incendie de l'agglomération de Bruxelles, qui compte alors 650 pompiers professionnels et 70 pompiers volontaires repartis en 11 casernes dont 10 postes avancés. Le premier commandant du Corps est l'ancien commandant des pompiers de Schaerbeek: Hugo Van Gompel.

Le SIAMU Le , les compétences en matière de lutte contre l'incendie et d'aide médicale urgente sont transférées du Fédéral vers la région en vertu de la troisième réforme de l’État belge. La Région de Bruxelles-Capitale charge alors l'un de ses ministres (ou, à défaut, un secrétaire d'État) de la gestion de ce service public.

Le une ordonnance décide de la réorganisation du service en un service régional qui prend alors le nom de : Service d'Incendie et d'Aide Médicale Urgente de la Région de Bruxelles-Capitale.

Le , le service prend son nom actuel: Service d'Incendie et d'aide Médicale Urgente de la Région de Bruxelles-Capitale abrégé SIAMU ou DBDMH en néerlandais (Brusselse Hoofdstedelijke Dienst voor Brandweer en Dringende Medische Hulp), la région étant officiellement bilingue.

Les pompiers devinrent alors des agents de l'État belge au service d'une région et le corps est entièrement professionnalisé.

La zone de secours vignette|Carte des zones de secours de Belgique.

En 2014, le corps a été intégré dans le système des zones de secours, devenant une seule zone.

Organisation thumb|Deux autopompes des pompiers bruxellois avec un camion de Vilvorde (en orange), lors d'un exercice catastrophe à l'aéroport de Bruxelles, en 2013.

Le SIAMU est divisé en cinq bataillons, chacun composé de quatre compagnies : une compagnie est de garde lorsque les trois autres sont au repos, selon un cycle de 24 heures de garde suivi de 72 heures de repos.

1er bataillon :

Caserne Héliport (État-major) PASI Cité Poste ambulance de l’hôpital Saint-Michel

2e bataillon :

PASI Brien

3e bataillon :

PASI Delta PASI UCL Poste ambulance de l'hôpital Saint-Pierre, 1 ambulance

4e bataillon :

PASI Anderlecht PASI Chênaie Poste ambulance de l’hôpital Saint-Pierre, 3 ambulances, 1 PIT, 1 SMUR

5e bataillon :

PASI VUB

Organisation des départs