La relance Mauroy est le plan de relance mis en place en France par le Premier ministre Pierre Mauroy, membre du Parti socialiste (PS), en 1981, peu après la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981. Elle devait soutenir l'activité économique française, qui, depuis le premier choc pétrolier, subissait un ralentissement et un accroissement du chômage. Lourd pour les finances publiques françaises, le plan Mauroy permet de doubler le taux de croissance du PIB, mais ne produit pas d'effets durables.

Contexte Après la Seconde Guerre mondiale, les travaux et la pensée keynésiens dominent la pensée économique des pays développés. Dans les conceptions keynésiennes, l'État occupe une place centrale dans l'économie. En particulier, via le principe du multiplicateur d'investissement, l'État est vu comme devant relancer la production lorsque celle-ci faiblitLe plan Mauroy, ou la relance ratée de 1981, Le Monde.

Alors que la France est comme les autres pays développés, embourbée dans la , François Mitterrand, avait fait une campagne très à gauche : les classes populaires, qui ont voté majoritairement pour lui, attendent du nouveau pouvoir une diminution du chômage et une hausse du pouvoir d'achat.

Le gouvernement Mauroy décide de répliquer la relance Chirac, dans des proportions similaires à la relance Barre.

Plan de relance

Le plan pèse, entre 1981 et 1982, entre 1,35% et 1,70% du PIB. Il est donc moins lourd pour les finances publiques françaises que la relance Chirac.

Ce plan comportait notamment une hausse de 25 % des minimums sociaux, une hausse de 8 % du SMIC, la mise en place de la semaine de congés payés, et la retraite à 60 ans. 169 000 fonctionnaires ont également été embauchés, et de nombreuses firmes françaises se sont fait nationaliser. +Budget total de la relance MauroyPoste de dépense19811982TotalMontant totalDont coût budgétaire ex anteMontant totalDont coût budgétaire ex anteMontant totalDont coût budgétaire ex anteHausse du pouvoir d'achat du SMIC2,52,56,01,08,53,5Mesures socialesPrestations aux familles30,3101,513,01,8Prestations aux retraités2,32,310,057,012,89,3Autres (agriculture...)113,53,54,54,5Mesure en faveur de l'emploi et de l'investissement4,85,636,332,542,138Augmentation des impôts et des cotisations sociales (recettes)6,96,321,38,728,215,0Différence dépenses - recettes (en % du PIB)0,250,171,451,181,701,35Différence dépenses - recettes en valeur absolue (milliards de francs)7,75,445,036,852,742,2

Conséquences S'agissant d'une relance isolée, elle creuse les déficits extérieurs. Dans un premier temps, cela force le gouvernement à emprunter de l'argent à des banques centrales étrangères, et notamment à l'Autorité monétaire saoudienne. Face à l'impossibilité de garantir la soutenabilité du budget à court terme, le gouvernement est contraint de changer radicalement de politique économique et de prendre le . L'échec de la relance Mauroy entame durablement la croyance en la capacité des politiques de relance budgétaire à améliorer durablement la croissance en dehors des situations de crise économique.

Références

Bibliographie Denis Clerc, « Quelques relances historiques », Alternatives économiques, .

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