La famille de Lassus est une famille subsistante de la noblesse française originaire de Montréjeau en Haute-Garonne qui subsiste en deux branches.

La branche de Lassus (aînée) a donné un conseiller au parlement de Toulouse en 1740 (mort sans postérité). Elle reçut le titre de baron héréditaire en 1860, confirmé en 1865. Elle compte un député de Haute-Garonne de 1871 à 1876.

La branche de Lassus Saint-Géniès (cadette) a été anoblie par une charge de capitoul de Toulouse en la personne de Jean Pierre de Lassus, élu en 1742. Elle compte parmi ses membres un contrôleur général des marbres du roi, un préfet, des officiers généraux et un prieur général des Chartreux en 2014.

Histoire Origines Le nom Lassus signifie Là-haut, en ancien françaisSite web du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales.

La famille de Lassus est une lignée noble originaire de la vallée d’Aure, dans les Pyrénées. Ses premières mentions remontent au Xe siècle, à l’époque des incursions maures dans la région. Elle est associée à plusieurs épisodes historiques et légendaires, notamment la défense de la vallée d’Aure au XIe siècle et la participation de ses membres à la septième croisade aux côtés de Louis IX.

elle s'est établie dès le début du Jules Villain, La France moderne, tome III, Haute-Garonne & Ariège, 2e partie, Montpellier, 1913, pages 1893-1897 : de Lassus & de Lassus-Saint-Geniès. à Montréjeau dans le sud du département de la Haute-Garonne. Sur le plan historique et culturel cette cité appartient au Comminges et plus largement à la Gascogne.

Selon certains auteurs, elle est originaire du village d'Azet en vallée d'Aure dans le département des Hautes-Pyrénées et issue d'un certain Raymond de Lassus, juge d'Aure en 1511. Dans ce village, sur la porte d'une maison que l'on dit être le berceau des Lassus, on lit l'inscription Dieu de Lassus, loge-nous la susLouis de Fiancette d'Agos, Vie et miracles de Saint Bertrand Avec une notice historique sur la ville et les évêques de Comminges, 1854, page 60..

Henri Jougla de Morenas dans le Grand Armorial de France indique la famille de Lassus originaire du Languedoc et cite deux branches: la branche de Saint-Geniès : capitoul de Toulouse en 1742, comparant à Toulouse en 1789 et la branche de Bizous : conseiller au Parlement de Toulouse 1740, comparant à Toulouse et à Muret en 1789, seigneur de Nestier, Labarthe, baron héréditaire en 1865.

Régis Valette dans le Catalogue de la noblesse française (2007) indique également la famille de Lassus de Saint-Geniès originaire de Montréjeau en LanguedocRégis Valette, Catalogue de la noblesse française, Éditions Robert Laffont, 2007, page 117..

Des auteurs lui rattachent la famille de Lassus descendante de Jean de Lassus qui fut anobli comme citoyen noble de Perpignan le et qui s'est éteinte au .

Filiation prouvée et suivie La filiation prouvée et suivie est établie à partir de Jean de Lassus, habitant de Montréjeau au début du , marié à Jeanne [Bossost] de Campels dont il eut entre autres : Pierre de Lassus (l'aîné), avocat en parlement au siège de Montréjeau, marié en 1663 à Guillemette Thoujan, auteur de la branche de Lassus et autre Pierre de Lassus (le cadet), mort en 1669, conseiller du roi et magistrat président à la sénéchaussée de Toulouse, marié à Gabrielle de Viguerie, auteur de la branche de lassus-Saint-Geniès.

Origines La famille de Lassus est traditionnellement rattachée aux chevaliers de Lassus mentionnés dans les chroniques du Xe siècle. Vers l’an 1003, la vallée d’Aure fut envahie par des groupes maures qui y menèrent des incursions. Les habitants firent appel à Sanche Abarea II, roi d’Aragon et de Navarre, surnommé « Abarca » en référence à une chaussure rustique en cuir non apprêté, alors utilisée pour marcher sur la glace. Le roi, accompagné de combattants espagnols, remporta la victoire lors d’une bataille près de Cadéac. En signe de reconnaissance, il fit édifier à Arreau l’église Saint-Exupère, lieu de culte auquel les Espagnols sont restés particulièrement attachés.

Au cours de ces événements, plusieurs familles nobles de la vallée se distinguèrent, parmi lesquelles les chevaliers de Lassus, ainsi que ceux de Grézian, Bazus, Bourisp, Estensan, Saillan et Aroux. Dans la vallée de Saint-Lary, les maisons de Hachan et de Go sont également mentionnées. La maison de Hachan subsiste encore. À Azet, une inscription sur une demeure considérée comme le berceau de la famille de Lassus témoigne de cette ancienneté :

« DIEU DE LASSUS, LOGE-NOUS LA SUS ».

La vallée de Louron conserve elle aussi la mémoire des luttes contre les Sarrasins. On y vénère deux saints présentés comme martyrs de cette époque, dont les tombeaux, reliques et fragments d’armure sont encore conservés.

Participation à la septième croisade Au XIIIe siècle, des membres de la famille de Lassus sont associés à un épisode de la septième croisade (1248) conduite par le roi Louis IX. Selon la tradition, lors d’une bataille, le souverain fut momentanément capturé par les Sarrasins. Il fut alors secouru par trois croisés pyrénéens : deux frères Lassus, originaires d’Azet, et leur cousin Guillaume, seigneur du Louron. Habitués aux combats, ils parvinrent à arracher le roi à ses ravisseurs.

En remerciement, Louis IX proposa de leur accorder des fiefs en Terre sainte, mais les trois hommes refusèrent, affirmant n’avoir fait que leur devoir. Poussés par l’insistance du roi, ils auraient répondu sur le ton de la plaisanterie que seule une parcelle de la Vraie Croix pourrait constituer une juste récompense. Or, Louis IX en possédait une relique et leur en remit un fragment.

Ce don expliquerait la présence d’un morceau de la Sainte Relique dans l’église du village de Loudervielle, dans la vallée du Louron.

XVIIe - Marc-François de Lassus (1692-1780) Marc-François de Lassus, dit le Grand Lassus, est un officier et administrateur français, né à Montréjeau le et mort dans la même ville le . Il fut notamment contrôleur général des marbres du roi dans les Pyrénées (1724-1759), contrôleur des marbres du Languedoc, juge en chef de l’élection de Rivière-Verdun et subdélégué de l’intendant d’Auch à Montréjeau* Archives nationales, O(1) 2067 à 2076 : correspondance de Marc-François de Lassus avec la surintendance des Bâtiments du roi. Archives départementales de la Haute-Garonne, État civil, Montréjeau, BMS puis NMD (collection communale), 1778-an III, acte du 4 août 1780. « Marc-François de Lassus », Dictionnaire des Bâtiments du roi (ressources de recherche, Château de Versailles). Valentine Châtelet, La manufacture royale de marbre de Saint-Béat (1672-1790), thèse de doctorat, Toulouse II, 2017, p. (voir index « Lassus »)..

Biographie Fils de Pierre de Lassus, contrôleur général des marbres du roi dans les Pyrénées, et de Marie de Sartor, il travaille dès 1712 aux côtés de son père au contrôle des marbres et lui succède à son décès en 1724. Il est nommé juge en chef de l’élection de Rivière-Verdun le et exerce comme subdélégué de l’intendant d’Auch à Montréjeau.

Le , il épouse à Toulouse Marie-Claire de Roques, avec laquelle il a onze enfants. Il obtient pour l’un d’eux, dit Lassus de La Devèze, une charge d'inspecteur des marbres à Toulouse.

Grand propriétaire, il acquiert les terres de Labarthe-Rivière (1736) et de Camon (1745). En 1759, il fait édifier l'hôtel de Lassus sur les anciens remparts de Montréjeau. Il meurt à Montréjeau le .

Fonctions Liste de fonctions : Contrôleur général des marbres du roi dans les Pyrénées (1724-1759) Contrôleur des marbres du Languedoc Juge en chef de l’élection de Rivière-Verdun (nommé le ) Subdélégué de l’intendant d’Auch à Montréjeau

XVIIIe - Jean-Pierre de Lassus de Saint-Geniès (1694-1758) Jean-Pierre de Lassus de Saint-Geniès, né à Montréjeau en 1694 et mort à Saint-Geniès le , est un officier du génie et administrateur colonial français. Il est capitoul de Toulouse (1742), seigneur de Saint-Geniès et de La Cordonerie, chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, premier arpenteur du roi Louis XV en Louisiane et grand voyer-arpenteur de la partie française de Saint-Domingue* Correspondances et pièces administratives (1722-1728) citées dans la littérature coloniale de Louisiane et de Saint-Domingue (certificats Bienville/Divon, décisions du Conseil de la Louisiane, correspondance Compagnie des Indes). Valentine Châtelet, La manufacture royale de marbre de Saint-Béat (1672-1790), thèse de doctorat, Toulouse II, 2017 (contexte « réseau des marbres », famille Lassus) : PDF. « Jean-Pierre de Lassus », Wikipédia (pour vérification rapide ; à utiliser avec prudence et à sourcer par des travaux de recherche) : lire en ligne. Base généalogique Geneanet (données à confronter aux archives) : notice « Jean Pierre de Lassus ». Archives privées du château de Saint-Geniès : correspondance familiale (lettres de Jean-Pierre à ses enfants, 1741-1755), actes notariés (acquisitions et gestion d’habitation)..

Parcours Formé au génie de la Marine, il sert trois ans à Rochefort comme cadet (compagnie Lhivernam) et participe à des campagnes navales. Par ordre du duc d’Antin (), il est envoyé en mission d’arpentage ; la Compagnie des Indes le dépêche en Louisiane en 1724 avec son frère cadet Joseph de Lassus-Marcilly, également commissionné arpenteur (appointments respectifs : 2 000 livres et 600 livres). Leurs attributions portent sur la délimitation et la rédaction du papier terrier des concessions.

Arrivés début 1725 en Nouvelle-Orléans, ils réalisent levés et procès-verbaux sur le Mississippi, malgré des tensions avec les ingénieurs de la colonie (Pauger, puis Broutin). Plusieurs certificats (1727) émanant des autorités locales attestent cependant de l’utilité de ses travaux. Rappelé en 1728, Jean-Pierre regagne la France, fait escale à Saint-Domingue où il obtient une commission de grand voyer-arpenteur pour la partie française et s’y établit temporairement. En 1732, il épouse Catherine Pasquier, héritière d’une habitation sucrière de la plaine du Nord (Cap-Français).

De retour en France en 1740-1742, il s’installe à Toulouse où il est élu capitoul (1742) et acquiert la seigneurie de Saint-Geniès (). Anobli par le capitulât de Toulouse en 1742, il porte désormais le nom de Lassus de Saint-Geniès. Il termine sa vie entre Paris, Toulouse et Saint-Geniès, où il décède en 1758.

Titres et charges Premier arpenteur du roi en Louisiane (1724-1728) Grand voyer-arpenteur de la partie française de Saint-Domingue (années 1730) Capitoul de Toulouse (1742) Chevalier de Saint-Louis

Distinctions, armes et postérité Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, il adopte pour armes : « de gueules à un homme couché sous un arbre de sinople, le tout sur une terrasse de même, au chef cousu de gueules ». La branche Lassus de Saint-Geniès demeure établie sur la terre éponyme au XVIIIe siècle.

Branche aînée : de Lassus Jule Villain dans la généalogie qu'il a établie de la famille de Lassus dans La France moderne (1913) donne pour cette branche la filiation suivante : Pierre de Lassus, mort le à Montréjeau (fils aîné de Jean de Lassus, habitant de Montréjeau et de Jeanne de Campels), avocat en parlement à Montréjeau. marié en 1663 à Guillemette Thoujan, dont : Jean de Lassus, né en 1634 et mort le , notaire royal à Montréjeau, marié le à Marie d'Antin, dont : Pierre de Lassus, né le et mort le , docteur ès droits, premier consul de Montréjeau en 1694, lieutenant du marquisat de Montespan, avocat au parlement, devint plus tard conseiller du roi, et subdélégué de l’intendant d'Auch. Contrôleur général des marbres du roi dans les Pyrénées. Marié en 1691 à Marie de Sartor, ils eurent 7 enfants dont :