Les élections à l'Assemblée de Madrid de 1995 (en ) s'est tenue le dimanche , afin d'élire les cent trois députés de la quatrième législature de l'Assemblée de Madrid.
Le scrutin est remporté par le Parti populaire de Madrid (PPM), dans l'opposition depuis douze ans et qui obtient cette fois-ci une majorité absolue en voix et sièges.
Contexte Dirigé depuis douze ans par le président socialiste Joaquín Leguina, la communauté de Madrid bascule progressivement vers la droite depuis 1987 et la percée du Centre démocratique et social (CDS) lors des élections autonomiques.
Ainsi, aux élections autonomiques du 26 mai 1991, le Parti populaire de Madrid (PPM) – profitant de l'effondrement du CDS – vire en tête avec 43,2 % des suffrages exprimés et 47 députés sur 101 à l'Assemblée de Madrid. Il devance la Fédération socialiste madrilène-PSOE (FSM-PSOE) de . Toutefois, les socialistes, qui remportent 37,1 % et 41 élus, parviennent à se maintenir au pouvoir en s'associant avec la Gauche unie (IU), qui réalise une performance avec son score de 12,2 % des suffrages 13 sièges.
Si le PPM échoue à prendre le pouvoir dans la communauté autonome, il devient la force dominante de la ville de Madrid, à l'occasion des élections municipales se tenant le même jour. Les conservateurs récoltent 47,2 % des voix, ce qui leur assure 30 sièges sur 57 au conseil municipal de la capitale, très loin devant les socialistes et leurs 34,3 %.
L'emprise du Parti populaire sur la communauté de Madrid est définitivement acquise avec les élections législatives anticipées du 6 juin 1993 : il y obtient 43,9 % et 16 des 34 au Congrès des députés, ce qui correspond à une avance de 9 points et 3 sièges sur le Parti socialiste. Quant à la Gauche unie, elle confirme son potentiel en s'adjugeant 14,6 % des voix et les 5 sièges restants.
Mode de scrutin L'Assemblée de Madrid (en ) se compose de 103 députés, élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel direct, suivant le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne d'Hondt. Le nombre d'élus n'est pas fixe puisque le statut d'autonomie prévoit que chaque député représente .
La communauté de Madrid constitue une circonscription unique. Seules les forces politiques – partis, coalitions, indépendants – ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau du territoire régional participent à la répartition des sièges.
Partis et têtes de liste Formation politique Tête de liste Idéologie Score en 1991 Parti populaire de MadridPartido Popular de Madrid Alberto Ruiz-Gallardón Centre droitConservatisme, démocratie chrétienne, libéralisme 43,2 % des voix47 députés Fédération socialiste madrilène-PSOEFederación Socialista Madrileña-PSOE Joaquín LeguinaPrésident Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme 37,1 % des voix41 députés Gauche unieIzquierda Unida Ángel Pérez Martínez GaucheCommunisme, républicanisme 12,2 % des voix13 députés
Résultats Scores
Analyse En forte progression pour la seconde fois consécutive, le Parti populaire de Madrid engrange de plus qu'en 1991 et double son score de 1987. Il totalise suffrages environ, plus qu'aucune force politique dans la communauté autonome jusqu'à présent, et franchit largement la barre des 50 % des voix. Ce score s'explique par l'impopularité qui touche le gouvernement socialiste espagnol et la forte hausse de la participation, puisque de plus ont fait usage de leur droit de vote. Ce même mouvement qui donne le résultat de la Fédération socialiste madrilène-PSOE. Bien qu'elle fasse de mieux qu'en 1991, elle recule fortement en sièges et en points, réussissant de justesse à se maintenir au-dessus des 30 %. Après avoir perdu en 1989 la mairie de Madrid, la FSM-PSOE se voit également rejetée dans l'opposition au niveau autonomique. Cet échec de la gauche est cependant circonscrit aux socialistes, dans la mesure où la Gauche unie établit son propre record : avec suffrages en sa faveur, elle progresse de et passe au-dessus des 15 %, rappelant le score historique des communistes aux municipales d'.
Conséquences Le , Alberto Ruiz-Gallardón, 36 ans, chef de l'opposition autonomique depuis 1987, est investi président de la communauté de Madrid, par 54 voix contre 49, après un débat cordial, au cours duquel Jaime Lissavetzky remplace Leguina comme représentant de la FSM-PSOE. Gallardón devient le deuxième titulaire de ce poste et le premier conservateur à diriger la Région de la capitale espagnole.
Annexes Articles connexes Président de la communauté de Madrid Assemblée de Madrid Élections à l'Assemblée de Madrid
1995 Madrid