Air Liberté (code IATA : VD puis IJ, code OACI : LIB, callsign Air Liberté) est une compagnie aérienne française créée en 1987 et mise en sommeil après la cession intervenue le au profit de AOM French Airlines.
Historique 1987 – 1996 Création (1987) et changement de modèle (1991) Air Liberté est fondée en par Lotfi Belhassine avec, comme principal actionnaire, le voyagiste Club Aquarius, le réseau était composé d'une quarantaine de dessertes, exploitées pour la plupart depuis sa base à l'aéroport de Paris-Orly. La compagnie exploitait notamment la seule ligne long-courrier au départ de province entre Toulouse-Blagnac et La Réunion au moyen d'un McDonnell Douglas DC-10-30 de , une ligne devenue déficitaire et fermée en 2001 à la suite de la fusion avec AOM.
En novembre 1988, Air Liberté annonce la commande de deux Airbus A300-600R de 345 places avec une livraison prévue en 1990. En décembre 1990 Air Liberté opère le premier vol d'une compagnie occidentale à destination du Cambodge depuis le printemps 1975. La compagnie est lourdement affectée par la Guerre du Golfe en 1990 et 1991 et enregistre une baisse de son trafic « de l'ordre de 20 % » sur ses liaisons moyen-courrier et des pertes de 162 millions de francs en 1990-91 puis 20 millions en 1991-92.
En 1991, Air Liberté commence à opérer des vols réguliers, l'arrêté du l'autorise en effet à ouvrir une ligne régulière vers la Réunion et deux lignes (au départ de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle) vers Rome et Montréal.
En avril 1991 le ministre des Transports Louis Besson attribue 3 autres lignes à Air Liberté (Los Angeles, Zurich et Dusseldorf). Les deux dernières lignes n'ayant jamais été mises en opération, le Conseil supérieur de l'aviation marchande (CSAM) envisage en juin 1992 de retirer les droits de vol à Air Liberté.
L'autorisation d'opérer des vols réguliers est étendue vers l'ensemble des Antilles françaises par l'arrêté du . Ces lignes sont ouvertes le .
Entrée sur le marché intérieur français et développement du long-courrier (1994-1996) Air Liberté lance le une ligne entre Paris-Orly et Londres-Gatwick avec quatre liaisons quotidiennes alors que sa demande de créneaux vers l'aéroport de Londres-Heathrow est refusée. La fréquence est ensuite réduite à deux vols quotidiens puis la ligne est abandonnée à l'automne 1995.
Air Liberté publie un bénéfice de de francs pour l'exercice clos le sur un chiffre d'affaires total de de francs.
En 1995, Air Liberté brise le monopole d'Air Inter en se lançant dans une guerre des prix sur les lignes phares du réseau intérieur. La première ligne, Paris-Orly—Toulouse, ouvre en après une ordonnance rendue en octobre 1994 par la Cour de justice de l'Union européenne forçant l'ouverture à la concurrence sur cette ligne et Paris-Orly—Marseille. La ligne Paris-Orly—Bordeaux est inaugurée le 18 mai 1995 avec 4 vols quotidiens opérés en MD-83 de 174 places. Une intense guerre des prix avec Air Inter s'en suit à l'été 1995. Le la ligne Paris-Orly—Strasbourg est inaugurée avec des tarifs de 30 à 40 % inférieurs à ceux d'Air Inter.
À l'automne 1995 Air Liberté annonce plusieurs nouvelles liaisons depuis Bordeaux (Londres-Gatwick et Abidjan) et Toulouse (Londres-Gatwick et Dakar).
Quelques mois plus tard Air Liberté acquiert les activités régulières d'Euralair et notamment ses précieux créneaux horaires à l'aéroport d'Orly ainsi que 3 Boeing 737. Euralair acquiert en contrepartie 10 % du capital d'Air Liberté à travers une augmentation de capital réservée. Lotfi Belhassine affiche alors des ambitions importantes, projetant d'ouvrir vingt-trois lignes intérieures dès 1996.
L'activité long-courrier s'étend aussi en 1996, la compagnie reçoit le l'autorisation d'opérer deux lignes jusqu'au : Paris—Toronto et Bordeaux—New York. Le premier ministre et maire de Bordeaux de l'époque Alain Juppé aurait apporté son soutien à cette demande estimant notamment que le marché entre New York et Bordeaux était prometteur grâce aux professions viticoles de la région du Bordelais.
Difficultés financières (1996-1997) Tout au long de son existence, et à l'instar d'AOM, Air Liberté souffrira d'un manque de moyens avec notamment un premier placement en redressement judiciaire le . C'est dans ce contexte que British Airways montre son intérêt pour le rachat de la compagnie en . Ce même mois, Air Liberté et TAT signent un accord commercial sur la ligne Paris—Toulouse qui, outre une harmonisation des grilles tarifaires entre les deux compagnies, permet aux passagers de voyager indifféremment sur l'un des 18 vols quotidiens offerts par l'une ou l'autre compagnie.
Un plan de continuation de l'activité est sélectionné par le tribunal de commerce de Créteil et entre en action en avec les premiers licenciements et la réduction de la flotte. La compagnie réduit aussi fortement son programme de vol. Certaines lignes sont suspendues, comme la ligne Paris—Montpellier qui est ensuite rouverte le .
1997 – 2001 Rachat par British Airways et fusion avec TAT (1997) En 1997, British Airways, qui possède déjà TAT, rachète 67 % des parts d'Air Liberté aux côtés de la banque d'investissement Rivaud qui prend 28 %. Dans les mois qui suivent British Airways planifie la fusion des deux compagnies pour former le deuxième transporteur en France avec 20 % du trafic. Marc Rochet, fraîchement débarqué d'AOM prend la présidence.
Le plan de redressement de British Airways prévoit le renforcement de nombreuses lignes intérieures, la réouverture de la ligne Paris-Orly—Montpellier et l'abandon de la plupart des lignes internationales sur fond de baisse du trafic et de pertes de parts de marché depuis le placement en redressement judiciaire en septembre 1996. La compagnie se prépare également au lancement du service concurrent La Navette par Air Inter Europe sur les lignes Paris-Orly—Toulouse, Marseille et Nice.
Le le ciel français est ouvert à la concurrence. Le même jour Air Liberté reprend les activités de TAT en location-gérance, utilisant le nom TAT – Air Liberté, en préalable à une fusion complète entre les deux compagnies. Une grève est déclenchée en réponse par les syndicats de pilotes et de personnel navigants commerciaux (PNC) pour protester contre la fusion. Le mouvement, très suivi, se prolonge plus de 40 jours pour les PNC qui réclament l'harmonisation négociée des statuts entre les deux compagnies. Le conflit est finalement suspendu à la fin mai.
Le mois suivant la ligne Paris-Orly—Carcassonne est relancée et le nom Air Liberté est ré-adopté en octobre 1997. En mars 1998 la compagnie lance une nouvelle guerre des prix en offrant aux détenteurs de billets à tarif régulier des billets supplémentaires à partir de sur toutes ses lignes intérieures.
De nouvelles grèves sont déclenchées à l'automne 1998 pour protester contre les réductions de coûts et réclamer l'alignement des conditions de travail des anciens salariés d'Air Liberté sur celles des anciens salariés de TAT, plus favorable. La compagnie dévoile en même temps de nouveaux uniformes conçus par Ted Lapidus et une nouvelle identité visuelle (logotype et livrée des avions) inspirée de celle en vigueur depuis 1997 chez sa compagnie-mère British Airways.
Rachat par SAirGroup (2000) Le , la compagnie britannique vend Air Liberté au SAirGroup, maison mère de Swissair, mais la compagnie poursuivra malgré tout son irrémédiable déclin.
Fusion avec AOM (2001) et second dépôt de bilan Le , sous l'impulsion du SAirGroup, Air Liberté fusionne avec AOM et Air Littoral en vue de créer le deuxième pôle aérien français, souhait de l'État français. La nouvelle compagnie prend le nom d'AOM-Air Liberté, mais le regroupement des deux compagnies s'avère difficile car elles gardent leur propre certificat de transport aérien. Les vols sont alors traités selon les destinations soit par le personnel AOM, soit par le personnel Air Liberté. Un scénario très compliqué qui n'arrange en rien la cohabitation entre les salariés des deux anciennes compagnies concurrentes. Pire encore, elle ne survit que grâce aux financements mensuels de la compagnie Swissair et, le , Marc Rochet ne souhaite plus investir dans AOM-Air Liberté. Un plan de restructuration est annoncé prévoyant la suppression de à et les grèves s'accumulent. Puis le , un nouveau plan est annoncé pour tenter de sauver le Groupe Air Liberté et qui prévoit la suppression de nouveaux postes et la fermeture de certaines lignes non rentables. Mais une nouvelle grève est organisée le , notamment à Orly. Deux jours plus tard, face à cette situation catastrophique, la direction des deux compagnies dépose le bilan puis le 19, le tribunal de commerce de Créteil ordonne une procédure de redressement judiciaire. Il autorise le groupe à poursuivre ses activités pendant trois mois, le temps de trouver un repreneur sérieux.
Le est actée la cession de l'activité.
Reprise par le groupe Holco Après examen des différentes dossiers de reprise, le , le groupe HOLCO dirigé par Jean-Charles Corbet est retenu.. Le pilote d'Air France qui s'était fait remarquer pour avoir été le leader de la grève des pilotes de ligne de la compagnie nationale durant la Coupe du Monde de football en 1998, rachète la compagnie pour un euro symbolique. Dans cette opération, Swissair prend l'engagement de verser de francs à partir du mois d'août pour financer une restructuration qui se traduira par la suppression de sur les et la fermeture de lignes déficitaires. Le , le groupe AOM-Air Liberté devient « Air Lib ». Mais dès le mois d'octobre, Swissair, elle-même en faillite, se trouve dans l’impossibilité d’effectuer la totalité des versements prévus. Le gouvernement français accorde alors un prêt de d'euros à l'entreprise.
Malheureusement, même avec l'aide du gouvernement qui ferme les yeux sur les dettes qui s'élèvent à d'euros, en , l'ombre du dépôt de bilan plane de nouveau sur la compagnie. L'État lui enjoint alors de mettre en œuvre un nouveau plan de restructuration avant la fin de l'année. Plusieurs projets seront alors proposés ou recherchés (nouvelles réductions d'effectifs, investisseurs, moratoire sur les dettes publiques…) mais aucun n'aboutira et la compagnie déposera le bilan et sera liquidée le .
Jean-Charles Corbet a été condamné le par le tribunal correctionnel de Paris à un an et demi de prison ferme et trois millions d'euros de dommages et intérêts. Il a été reconnu coupable de n'avoir consacré qu'une partie des d'euros versés par Swissair au redressement d'Air Lib tandis que d'importants virements avaient été effectués vers diverses sociétés, dont sa propre holding HOLCO.
Identité visuelle (logo)
Destinations desservies Air Liberté étoffe son réseau de destinations au fur et à mesure de la libéralisation de l'espace aérien français au cours des années 1990. Air Inter est ainsi progressivement mis en concurrence sur les lignes intérieures au départ de Paris-Orly à partir de 1995. La libéralisation des liaisons long-courriers régulières commence elle dès 1991.
Air Liberté a desservi depuis Paris les destinations suivantes: