Jean, Charles, Anatole Duboys de Labernarde du Vignaud, alias Jean du Boys est un dramaturge, romancier et journaliste français du , né le à Angoulême et mort le à La Couronne (Charente)Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à La Couronne sur Filae.

Il est considéré comme une figure représentative de la bohème littéraire du Second Empire (voir l'article sur la Vie de bohème)Jean-Jacques Lefrère, Les derniers bohèmes, Fayard, 2005.Jean-Didier Wagneur, « Quand Rimbaud comparaissait devant les Vilains Bonshommes », Parade sauvage, no 14, mai 1997..

Biographie Jean du Boys est issu d’une famille de souche charentaise établie à La Bernarde depuis le siècle (commune de Saint-Amant-de-Boixe)Jean-Marie Ouvrard, Armorial charentais, Angoulême Ed. Web, 1996..

Son père, Amédée Duboys de Labernarde, est ingénieur chargé de la construction des routes du département de la Charente, inventeur d'un moteur thermique et rédacteur d'un traité de mathématiques. Influencé par son père, Jean du Boys fait des études scientifiques à Bordeaux, devient professeur de mathématiques, puis il commence des études de médecine à Paris, avant de se tourner vers la littératureTony Révillon, « Les romanciers de la Petite Presse : Jean du Boys », La Petite Presse, 23 avril 1867, Gallica..

Introduit dans les cercles artistiques parisiens par son oncle Léo Duboys de Labarre, peintre et ancien élève d’Eugène Delacroix, il fréquente également Alexandre Dumas et Achille Piron, ami du peintre et son légataire universel.

Installé à Paris vers 1856, il rejoint la bohème littéraire, se lie avec Alphonse Daudet, Paul Arène, Alexandre Dumas fils, André Gill, Constant Coquelin, François Coppée, Louis Lemercier de Neuville et Amédée Rolland (écrivain). Avec ces derniers, il participe en 1862 à la création de l’Erotikon Theatron, théâtre de marionnettes satirique et libertaireHenry Monnier, Histoire du théâtre érotique, Paris, 1882..

Alphonse Daudet l'a comme voisin à l'hôtel Lassus, place de l'Odéon, et noue avec Jean du Boys une amitié complice dès 1856.

Il cohabite avec Alphonse Daudet, Charles Bataille et quelques autres jeunes poètes, dans une maison louée par A. Daudet à Clamart, sorte de phalanstère champêtre désigné sous le nom de colonie de ClamartPierre-Jean Dufief, Les forêts d'Alphonse Daudet, in "la forêt romantique", édité par Victor Caillet, Presses universitaires de Bordeaux, 2013..

Daudet lui consacre quelques paragraphes dans Trente ans de Paris.

Jean du Boys meurt prématurément à l’âge de à La Couronne, près d’Angoulême.

Œuvres

Les œuvres de Jean du Boys témoignent de l’effervescence de la bohème littéraire parisienne et de la culture du roman-feuilleton sous le Second EmpireJean-Didier Wagneur, Les Bohèmes, Paris, 2010..

Alphonse Daudet évoque dans ses mémoires l’attachement de Jean du Boys à ses racines provinciales : « Jean avait dans le cœur cette mélancolie des terres d’Angoumois, ces paysages austères où l’histoire pèse sur chaque pierre ».

Les romans et feuilletons de Jean du Boys puissent largement dans ses origines familiales, et dans ses souvenirs de jeunesse en pays de Boixe ainsi que plus encore dans l’histoire, notamment révolutionnaire, et la sociologie de l’Angoumois.

S'il ne se revendique absolument pas « écrivain régionaliste », Jean du Boys est un auteur dont les œuvres reflètent souvent la vie provinciale et les mœurs de son époque. Ses œuvres traitent en grande partie des tensions sociales au sein de la bourgeoisie provinciale, des dilemmes moraux, - souvent liés à l’amour, au mariage ou à la gestion du patrimoine -, des ambiguïtés et des hypocrisies de la société de son époque. Il met souvent en scène et s'inspire des lieux et histoires révolutionnaires familiales (Famille Duboys de Labarre)Vincent de Labarre, Le domaine de La Barre en Angoumois, Breuillet, autoédition, 2023..

Théâtre Après avoir été collaborateur de plusieurs journaux (Tribune des poètes, le Boulevard) et avoir publié poèmes et feuilletons dès 1856, Jean du Boys débute au théâtre de l'Odéon en 1858 avec Le Marchand malgré lui (écrit avec Amédée Rolland (écrivain)). Il est l’auteur de comédies en vers et de vaudevilles représentés à l’Odéon, à la Comédie-Française et au Théâtre de l'Ambigu-Comique. Ses principales pièces sont : Le Marchand malgré lui (avec Amédée Rolland) (Paris, Ed. Michel-Lévy frères, 1858) ; Toucher de la merde, c’est Signe d’argent (1862, avec Amédée Rolland, Erotycon Theatron) (Paris, Ed. Partout et Nulle Part, 1883) ; Le Mariage de Vadé (1862, avec Amédée Rolland) (Paris, Ed. E. Dentu, 1862) ; Cadet-Roussel (créée le au théâtre de l’Ambigu, avec Rolland et Anicet-Bourgeois) (Paris, Ed. Michel-Lévy frères, 1863) ; La Jeunesse amoureuse (Paris, Ed. E. Dentu, 1863) ; La Volonté (1864, Comédie-Française) (Paris, Ed. E. Dentu et Ed. Le manteau d’Arlequin, 1864) ; La Comédie de l’amour (1869, Odéon) (Paris, Ed. E. Dentu, 1869), pièce qui provoque de vives polémiques, notamment des critiques de Victor Cochinat, secrétaire d'Alexandre Dumas père, et de Jules Barbey d'AurevillyJules Barbey d’Aurevilly, chronique dramatique, Le Nain jaune, janvier 1869..

En 1867, Paul Arène, Alphonse Daudet, Alfred Delvau, Albert Glatigny et Jean du Boys publient Le Parnassiculet contemporain (librairie centrale, Paris, J. Lemer éditeur), où, comme le rapporte Catulle MendèsCatulle Mendès, La légende du Parnasse contemporain, Bruxelles, Ed. A. Brancart, 1884., ils ridiculisent allègrement, en les parodiant, les valeurs nouvelles auxquelles aspirent les parnassiens.

Journalisme Du Boys participe activement à la « petite presse » du Second Empire. Il collabore à de nombreux journaux : Jean Diable (fondé par Paul Féval), Le Gaulois (France), Le Boulevard (fondé par Étienne Carjat), Le Monde illustré (Paris), La Petite Presse, Paris Magazine grand journal, Le Figaro, Jean-Didier Wagneur Les Bohèmes, 2019.. Il est rédacteur en chef du journal Le Voleur (revue) et dirige la prestigieuse Revue de Paris de 1866 à 1869Vincent de Labarre, Le domaine de La Barre en Angoumois, 2023.. En 1865, il dirige également Chérubin, l’un des premiers journaux illustrés pour enfants.

Romans et feuilletons Jean du Boys est aussi l’auteur de romans populaires, souvent publiés en feuilletons. Parmi ses œuvres : Les amours de la Chatte Blanche (Le Gaulois, 1861) ; Art et Commerce (Varsovie, G. Gebethner et R. Wolff, 1861) ; La Berrichonne (Le Figaro, ) ; La Dame en or (Le Figaro, ) ; Les Petits Grands Hommes (Journal Jean Diable, ) ; Les Femmes de province (Paris, Ed. Edouard Dentu, 1862) ; La Jeunesse amoureuse (Paris, Ed. Edouard Dentu, 1863) ; Les Mariages de province Paris, et Leipzig : Jung - Treuttel, 1864 ; Paris Ed. E. Dentu, 1864 ; Nos Grands-Pères (Le Figaro, 1866) ; Combe-Noire (Paris, Ed. Dubuisson, 1866) ; Histoire véridique de Roquet à la Huppe (1867) ; Les Sœurs du refuge (La Petite Presse, du au ) ; L’Homme aux quatre femmes ou Le Barbe-Bleue (La Petite Presse, au ) ; Mon oncle Claude (Paris, Ed. la Librairie Centrale, 1868).

Son roman le plus célèbre est La Comtesse de Monte-Cristo (1867-1869), variation féminine du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Publié dans La Petite Presse, puis en volume chez Dentu, il connaît un succès international, notamment aux États-Unis où il est traduit et réédité tout au long du siècleBernard Teyssèdre, Les faux Dumas, Paris, 2011..

Postérité Jean du Boys est mentionné par Alcide Gauguié comme un « jeune écrivain de talent » dès 1868Alcide Gauguié, la Charente communale illustrée , Angoulême, 1868..

Le journal La Petite Presse publie sous la signature de Tony Révillon une biographie de Jean du Boys dans son édition du la Petite Presse, Paris, 1868..

Il est caricaturé dans le journal L’Éclipse par André Gill (1868), ainsi que dans le journal La Petite Presse.

vignette|Caricature d’André Gill, Victor Cochinat dit Bamboula, et Jean du Boys, journal l’Eclipse 1868Alphonse Daudet lui consacre quelques paragraphes dans Trente ans de Paris.

Ses œuvres théâtrales sont quasiment toutes sorties des catalogues. Certaines sont jouées après sa mort et jusqu’en 1885. Certains romans et pièces sont toutefois toujours référencés en Pologne, Tchéquie et aux États-Unis. Certaines œuvres sont disponibles à la Bibliothèque Nationale de France, dans des bibliothèques universitaires américaines ou polonaises.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Alcide Gauguié, La Charente communale illustrée, Angoulême, 1865. Jean-Jacques Lefrère, Les Derniers Bohèmes, Fayard, 2005. Jean-Didier Wagneur, Les Bohèmes, Paris, 2010. Bernard Teyssèdre, Les Faux Dumas, Paris, 2011. Vincent de Labarre, Le Domaine de La Barre en Angoumois, 2023, . Articles connexes Jean-Hélie Duboys de Labernarde bohème famille Duboys de Labernarde de Labarre La Petite Presse Revue de Paris Le Parnassiculet contemporain Château de la Barre (Villejoubert) (Charente) Castrum d'Andone (Charente)

Liens externes

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