Armand Charles de Baudry d'Asson, né le à La Garnache (Vendée) et mort le dans cette même ville, est un homme politique français.

D'opinions royalistes et nationalistes, il siège à la Chambre des députés où il se distingue par son intransigeance à l'égard de l'Allemagne, de son possible sursaut national et des réparations qu'elle doit payer à la France à l'issue de la Première Guerre mondiale. Il est également sénateur de la Vendée de 1927 à 1936.

Biographie

Héritier d'une famille de notables Fils d'Armand Léon de Baudry d'Asson, père d'Armand Quentin de Baudry d'Asson, il fait partie d'une famille de la noblesse vendéenne habituée aux mandats locaux et nationaux. Il devient ainsi maire de La Garnache, son village natal, et conseiller général du canton de Challans.

En 1900, il fonde une soierie en Belgique, la Société de soie artificielle, qu'il dirige jusqu'en 1929.

Monarchiste comme son père, il est proche de l'Action française. Il est vice-président du conseil d'administration du quotidien rennais Le Nouvelliste de Bretagne de 1927 à 1928, date à laquelle il démissionne à l'issue d'une crise interne relative à la condamnation pontificale de l'Action française..

Député de Vendée

législature Il tente de succéder à son père en se présentant aux élections législatives de 1914, dans la deuxième circonscription des Sables-d'Olonne, où il obtient le siège dès le premier tour. En raison de son âge avancé, il n'est pas mobilisé dans la Grande guerre et siège donc pendant l'intégralité de la législature. Il prend place parmi les députés royalistes du Groupe des droites.

Il fait de nombreuses interventions à la Chambre des députés, notamment :

en 1916 : sur la mise en culture des terres abandonnées du fait de la guerre ; sur la défense de Verdun ; en 1917 : sur la production de guerre ; sur la mise en accusation de Louis Malvy, ancien Ministre de l'Intérieur, accusé par la droite d'avoir des relations avec le haut commandement allemand ; en 1919 : sur la situation financière déplorable de la France ; sur la réparation des dommages de guerre par l'Allemagne.

En 1916, il interpelle à deux reprises le Gouvernement Briand V, d'une part sur le bon fonctionnement de la production de munitions et d'autre part sur sa politique générale.

Mais son interpellation la plus marquante a lieu pendant la séance du lorsque, de concert avec ses collègues du Groupe des droites Jules Delahaye, Henri de La Ferronnays et Jacques de Juigné, il accuse le Président du Conseil Paul Painlevé de rompre l'Union sacrée en persécutant les nationalistes de l'Action française. Scandalisés par cette révélation, les députés refusent l'ajournement de l'interpellation à contre 186, ce qui entraîne la chute du Gouvernement Painlevé I.

Il fait également partie de la commission du budget, de la commission des marchés, de la commission du commerce et de l'industrie, de la commission de la législation fiscale, ainsi que de la commission de l'énergie hydraulique.

législature Il se présente aux élections législatives de 1919 sur la liste d'union nationale et est réélu député de la Vendée en tête de sa liste. Lors de cette législature, il siège parmi les Indépendants de droite, un groupe parlementaire dominé par les sympathisants de l'Action française.

Politique intérieure Il est membre de la commission des douanes et de la commission des finances, domaine dans lequel il est devenu un expert au cours de la législature précédente. Il est également rapporteur du budget du Service des poudres de 1920 à 1923.

En 1920, il dépose une proposition de loi concernant la Loi des huit heures.

Le , dans un contexte de grèves massives, Léon Daudet - qui siège avec Armand de Baudry d'Asson au sein des Indépendants de droite - dénonce les menées bolcheviques de la Confédération générale du travail et félicite le Gouvernement Millerand II pour sa ferme reprise en main. Baudry d'Asson renchérit dans un discours où il dénonce le complot révolutionnaire et antipatriotique de la CGT, en accusant les « divers gouvernements et celui qui est sur ses bancs d'avoir ainsi laissé s'établir une lutte des classes odieuse, qui menace aujourd'hui la vie même de la France ». Il suggère à Alexandre Millerand de viser « à la tête du ténia cégétiste révolutionnaire pour en délivrer la France à jamais » et dépose dans la foulée une proposition de loi interdisant la grève dans les services publics exploités par l’État. En effet, la conception sociale des membres des Indépendants de droite s'inscrit dans la ligne de l'Action française en renvoyant dos-à-dos l'égoïsme patronal et la lutte des classes, des attitudes également antipatriotiques. La solution qu'ils prônent est le corporatisme, cœur de la doctrine du catholicisme social qui consiste à rassembler patrons et ouvriers par leur objet social plutôt que de les diviser par leur classe sociale. Baudry d'Asson le souligne, il s'agit d'unir « les forces vives de la nation : le capital, le talent, le travail ». En tant que chef d’entreprise, il défend donc un paternalisme social, « formule vécue chez moi, dans mes usines, depuis vingt ans ». Il conclut : « la question sociale […] n'est autre qu'une question de loi morale et il n'y a pas de loi morale sans son législateur qui est Dieu ».

Politique étrangère Les deux préoccupations majeures de Baudry d'Asson en matière de politique étrangère sont les relations avec le Vatican et le paiement des indemnités de guerre dues par l'Allemagne.

En 1920, il interpelle le gouvernement sur le désarmement de l’Allemagne, jugé incomplet.

Dans la discussion parlementaire préalable à la Conférence de Spa (1920), il demande à Alexandre Millerand de refuser toute compromission avec les Anglais dans la négociation du montant des réparations de guerre dû par l'Allemagne. Il tonne à cette occasion :

Lors du débat du , Baudry d’Asson prononce un discours passionné en faveur du projet de rétablissement des relations diplomatiques avec le Vatican du Gouvernement Leygues :

En 1921, il interpelle une première fois le Gouvernement Briand VII sur la faiblesse de sa politique étrangère, se faisant le porte-parole de son groupe parlementaire, puis une deuxième fois sur les réparations de guerre dues à la France par l'Allemagne et que celle-ci rechigne à payer.

Le , dressant le bilan du Gouvernement Briand VII dont le groupe des Indépendants de droite a causé la chute en ralliant la majorité du Bloc national à sa vision des réparations allemandes, il liste :

Il poursuit son discours en s'affirmant hostile à la participation de la France à la Conférence de Gênes, considérant que cela revient à « prolonger l’existence » du « barbare et hideux bolchévisme », lui préférant une « action énergique, […] une prise de gages et de garanties par la force ».

Néanmoins, il place un grand espoir en Raymond Poincaré, comme il le fait savoir lors du grand débat de politique intérieure de . Il y réaffirme toute sa confiance « au Gouvernement qui poursuit la politique nationale des réparations dans la Ruhr » sans pour autant adhérer au nationalisme républicain de Poincaré :

législature Il se présente aux élections de 1924 sur la liste de la majorité de droite, la liste du Cartel vendéen d'union nationale. Il conserve son siège, recevant la majorité absolue des voix. Durant cette législature, il siège en tant que député non inscrit et membre de la commission des finances et de la commission de l'agriculture.

Son action politique se porte majoritairement sur les questions religieuses. En effet, la victoire du Cartel des gauches relance les politiques anticléricales, ce qui déclenche une vague de manifestations de la part des catholiques, notamment dans la région qu'il représente : la Vendée. Il participe aux manifestations et communique auprès de la Chambre les revendications des catholiques vendéens.

Dans ce climat d'agitation religieuse, le gouvernement est interpellé le par le radical Pierre Cazals sur les . Baudry d'Asson prend part à la discussion pour défendre la Déclaration sur les lois dites de laïcité, visée par cette interpellation, ainsi que les manifestations de la Fédération nationale catholique. Son discours attaque avec vigueur la laïcisation de la société française, qui, selon lui, se fait contre les droits des catholiques françaisJournal officiel de la République française, Débats parlementaires à la Chambre des députés, séance du 19 mars 1925 :

Le lendemain, le Président du Conseil Édouard Herriot critique le catholicisme, qu'il qualifie de , déclenchant de vives protestations sur les bancs de la droite, et notamment de la part d'Henri de La Ferronnays et d'Armand de Baudry d'Asson qui somment Herriot de retirer ses injures. Le Cartel ayant voté l'exclusion temporaire du marquis de La Ferronnays, Baudry d'Asson, ulcéré par cette manœuvre, lance au Président du Conseil - qui a repris son discours - : , suivi par de nombreux députés de droite qui multiplient les invectives et les interruptionsJournal officiel de la République française, Débats parlementaires à la Chambre des députés, séance du 20 mars 1925.

Il participe également aux discussions des budgets de 1925 et 1926.

Sénateur de Vendée Il obtient un siège de sénateur aux élections sénatoriales de 1927, et démissionne de son mandat de député le .

Membre de la commission de l'enseignement, il dépose un grand nombre de questions écrites entre 1927 et 1929. Il siège à la commission de l'agriculture à partir de 1933 et consacre la majeure partie de son travail parlementaire aux questions agricoles.

En 1930, il s'oppose à l'adoption de la loi sur les assurances sociales, défendant à la tribune du Sénat des solutions mutualistes ou privées pour résoudre les problèmes sociaux.

Il décide de ne pas se représenter aux élections sénatoriales de 1935.

Fin de vie Il meurt à La Garnache, son village natal, le .

Distinctions

Chevalier de l'ordre souverain de Malte Chevalier de l'Ordre de Léopold Camérier secret de Sa Sainteté le Pape Pie X

Références

Notes et références

Sources

Liens externes

Articles connexes

Famille de Baudry d'Asson

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