Lantages est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.

Géographie

L'altitude moyenne y est de et la commune a une superficie de et .

Ce village est situé à à l'est de Chaource (chef-lieu de canton), à l'ouest de Bar-sur-Seine (chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1926) et au sud de Troyes (chef-lieu de département). Il est traversé par le ru de la fontaine Theumée et par le ruisseau de la Marve prenant sa source à Balnot-la-Grange ( au sud) et se jetant dans la rivière l'Hozain vers la Chapelle d'Oze, au nord du territoire de Lantages. L'Hozain prend sa source aux Bordes Lantages, au Crot de la Douée (creux de la source abondante), où elle alimente le moulin qui a dû cesser son activité en 1914. Quant au moulin de la Chapelle d'Oz, il ne fonctionnait plus en 1900.

Il comprend les hameaux et lieux-dits suivants : Le hameau des Ventes-Fontaines sur le penchant de la colline en direction de Chaource, proche de la forêt, et peu éloigné de l'agglomération Le hameau des Bordes-Lantages, nettement excentré vers le nord La ferme des Herbues, isolée entre Lantages et Praslin La chapelle d'Oze, tout près du finage de Rumilly les Vaudes

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Marve, l'Hozain, le ru des Naues, le canal 01 de la Fontagnotte, le Fossé 01 de la Cordelière, le Fossé 01 des Bordes, le Fossé 01 du Tronc Noir, le ru de Changy, le ru de Combert, le ru de la Fontaine Theumee, le ru de Saint-Gengoult, le ru des Baillys, le ru des Naues, le Val des Thées et divers autres petits cours d'eau..

La Marve, d'une longueur de , prend sa source dans la commune d'Arthonnay et se jette dans l'Hozain sur la commune, après avoir traversé .

L'Hozain, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Seine à Bréviandes, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LantagesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : la fontaine aux Dames () et l'étang de la Chapelle d'Oze, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Armançon ». Ce document de planification concerne le territoire du bassin versant de l'Armançon qui s’étend sur et se répartit sur trois départements (l'Aube, l'Yonne et la Côte-d'Or). Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte du bassin versant de l'Armançon (SMBVA)..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Celles-sur-Ource à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Lantages est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Troyes, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (65,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (64,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (57,4 %), forêts (32,6 %), prairies (5,2 %), zones agricoles hétérogènes (3 %), zones urbanisées (1,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,2 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Histoire Le village de Lantages est déjà signalé en 753 sous l'appelletion de Nantavia signifiant "lieu des ruisseaux" (en gaulois, nanto signifie "vallée, ruisseau". Dès le , des seigneurs du lieu portent le nom de Lantages, ce nom, allié à la famille Balathier a perduré jusqu'à nos jours sous le nom de Balathier-Lantage. Un texte atteste qu'entre 1249 et 1252, du temps des chevaliers Gros-Os, Lantages se résumait à une motte féodale. Celle-ci était constituée du donjon seigneurial perché en haut d'une butte de terre, d'une chapelle, de quelques maisons en terre à pans de bois, et d'un four à pain ; le tout entouré d'une palissade de défense et d'un fossé en eau.

En 1789, dans la perspective de la réunion des états généraux, les habitants de Lantages inscrivent dans les cahiers de doléances : "Que les maisons religieuses qui ne sont pas pourvues d'un nombre suffisant de moines soient supprimées et que leurs biens soient vendus, pour être employés à payer les dettes de l'État et améliorer le sort des curés, à portion congrue. Par ce moyen, leurs biens, dont la plupart sont négligés, en passant entre les mains de cultivateurs intelligents, seraient améliorés."

Au , le sable de Lantages approvisionnait la verrerie de Crogny (commune des Loges Margueron à au nord-ouest).

C'est à Lantages en 1817 que trois filles pieuses habitant une chaumière furent à l'origine de la fondation de la Congrégation de sœurs de la Providence. Elles s'installèrent ensuite en 1819 à Pargues où cette congrégation fut officialisée par l'autorité épiscopale.

La commune a bénéficié de l'alimentation en eau en 1967 après construction du château d'eau situé à l'extérieur du village sur la route de Chaource.

Politique et administration

Démographie

Lieux et monuments Vers 1145, des religieuses s'établirent à la chapelle d'Oze (citée au 1) (certains textes disent qu'un prieuré y aurait été fondé en 653 et supprimé en 1413). La présence de religieuses valut à la source située à de la tour, le nom de Fontaine des Dames. Cette chapelle fut ensuite reprise par des moines bénédictins de la communauté des Nonnains dépendant de l'ordre de Molesme (Côte-d'Or) et qualifiée d'abbaye en 1492. L'eau de cette fontaine avait des propriétés assurées pour les femmes désirant avoir des enfants et étaient chaudement recommandées par un moine de la chapelle. Tant que ce moine resta jeune, leur vertu merveilleuse fut unanimement reconnue, mais dès qu'il commença à vieillir, elles perdirent beaucoup de leur efficacité...

En direction de Villemorien, à la sortie du village à gauche, dans un champ, se trouve la tombe de Victor Hénaut. À la fin du , par mesure d'hygiène, ce conseiller municipal proposa de transférer le cimetière (entourant l'église) dans ce champ lui appartenant. Cette proposition resta sans effet mais ce monsieur s'y fit enterrer en 1920. Le cimetière municipal a été agrandi en 2012 avec la réalisation d'un columbarium et jardin du souvenir.

L'ancienne mairie a été démolie en 1956 et reconstruite au même emplacement mais en retrait de la route. Elle portait l'inscription suivante, gravée dans la pierre en 1647 :

"Cornu, cornard ou cornichon

Qui passe parmy cette rue

N'y passe que la tête nue

Pour se choisir un capuchon"

À cette époque, étaient incrustés dans la façade, un nombre prodigieux de bois de cerfs qui justifiaient ce quatrain. Cette pierre gravée a été scellée dans la terrasse de la nouvelle mairie. Avant de devenir mairie en 1830, le bâtiment appartenait à une famille de notables, les Regnault, dont on retrouve Jacques Edme Régnault de Beaucaron à Chaource, littérateur et député à l'Assemblée législative en 1791.

Les deux mares communales, face à l'église, servaient d'abreuvoirs aux bestiaux. Elles ont été comblées en 1965.

L'église Saint-Valentin construite au et agrandie au fut en partie détruite en 1723 par un terrible incendie qui ravagea aussi une grande partie des habitations et tua cinq personnes. Elle fut alors reconstruite en partie, et considérablement renforcée au niveau de la tour et des murs de soutènement entre 1865 et 1878. Les cloches furent électrifiées grâce à un don anonyme en 1971. Une réfection complète de la toiture a été effectuée en 1978. L'église, dotée également d'une horloge électrique, est également illuminée la nuit par 8 projecteurs depuis 2003. C'est l'une des plus vastes du canton. Le dernier curé de Lantages (l'abbé Cédat) cessa son activité en 1947. Le presbytère fit l'objet d'une vente aux enchères par décision du conseil municipal du 2/11/1958.

Chapelle sépulcrale du château de la Cordelière.

Le bâtiment à deux étages, en face de l'église, appelé pompeusement vieux château, aurait été construit près de l'emplacement de l'ancien château appartenant à la famille de Balathier, et avec les pierres de celui-ci. Le pigeonnier en a été rasé après la guerre de 1914-1918.

La salle polyvalente a été construite sur un terrain communal derrière l'église en 1992. L'ancienne, consistant en une ancienne salle de classe préfabriquée récupérée à Vendeuvre-sur-Barse en 1972, et située en bordure du CD 443, a alors été détruite.

L'école, située dans le même bâtiment que la mairie actuelle, a fermé en 1998. Les élèves sont maintenant scolarisés à Chaource. Le logement de l'instituteur est maintenant loué à des particuliers.