Le rempart gallo-romain d'Évreux est une enceinte protégeant une partie de la ville d'Évreux dans le département de l’Eure, en région Normandie.

Il est construit entre la fin du , dans un contexte de difficultés militaires au sein de l'Empire romain. Long de , le rempart forme un quadrilatère d'environ neuf hectares délimitant l'enceinte gallo-romaine d’Évreux, alors chef-lieu le la des Aulerques Éburovices, sous le nom de .

Encore largement visible, notamment sur ses faces méridionale et occidentale, ses différentes parties sont classées (1941, 1984) ou inscrites (1996) au titre des monuments historiques.

Localisation vignette|gauche|Plan des remparts. Les vestiges du rempart gallo-romain sont situés dans le centre historique de la ville d'Évreux, dans le département français de l'Eure.

Le rempart est assez bien connu : plusieurs tronçons ont fait l'objet de fouilles archéologiques dès le , d'autres sont largement visibles dans le paysage urbain, soit utilisés comme base pour d'autres constructions, soit simplement restés à l'air libre depuis la fin de l'Antiquité. Il a la forme d'un quadrilatère irrégulier dont le grand axe est orienté .

Une partie de ce mur est visible au pied de la cathédrale le long de l'Iton. L'autre partie constitue un des murs du sous-sol du musée situé de l'autre côté.

Le rempart peut se décrire comme entourant « la cité » : à la pointe Sud, le rempart suit la fosse et le ruisseau de l'Espringale, jusqu'à la tour du même nom (à l'angle de l'allée des Soupirs et du boulevard Chambaudoin) avant de monter vers le nord le long de l'allée des Soupirs jusqu'au château (hôtel de ville) et sa cour (place de la Mairie), ceinturée de remparts. La fortification mène à la porte de Rouen, située à l'intersection de la rue de Horloge et de l'Iton, au niveau de la tour de l'Horloge, puis longe le cours de la rivière (la promenade de l'Iton) pour redescendre à la porte de Notre-Dame (rue de l'Évêché, au niveau du passage de l'Iton), proche de la cathédrale et contourne les bâtiments de l’évêché au niveau du miroir d'eau. Le parement extérieur de la courtine (réfection datant des années 1950), dans l'angle sud-ouest de l'enceinte, s'effondre partiellement le ..

La trame viaire d'Évreux sous le Haut-Empire est mal connue, mais l'angle sud-ouest de l'enceinte reprend le tracé de deux rues antiques qui se croisaient à angle droit à cet emplacement.

Historique À la suite de la conquête des Gaules par Jules César, la tribu des Aulerques Éburovices se donne pour chef-lieu . Comme la plupart des capitales de cités gallo-romaines, la ville possède un forum, des thermes et des temples, se dotant au fur et à mesure de son développement de toute la parure monumentale urbaine qui sied à une ville romaine ; elle se développe sur une superficie d'une cinquantaine d'hectares. La ville se situe par ailleurs à proximité d'une agglomération sanctuaire, , située sur la commune actuelle du Vieil-Évreux. Comportant des grands thermes, un théâtre, plusieurs quartiers d'habitation et des temples, était probablement un des lieux majeurs de dévotion au sein du territoire des Aulerques Éburovices.

La crise du troisième siècle et les invasions barbares ont souvent été invoquées comme cause de sa construction mais leur rôle exact, direct ou indirect, est difficile à appréhender. Cette fortification peut tout aussi bien faire partie d'une reconversion du programme édilitaire de la ville, qui délaisse les édifices d'agrément au profit d'éléments défensifs prestigieux. Une première tentative de fortification d'une partie de la ville a lieu au mais l'ouvrage n'est pas terminé quand commence l'édification de l'enceinte gallo-romaine. entre la fin du ., datation attestée par la présence de monnaies et de tessons de céramiques laissés sur place lors de la construction . Il mesure de long. et délimite un quadrilatère d'environ neuf hectares de surface.

Le rempart est classé au titre des monuments historiques par les arrêtés des et ; les parties non classées sont inscrites par arrêté du .

Description Matériaux utilisés vignette|gauche|Base du rempart montrant les matériaux de remploi. Comme beaucoup de remparts tardifs, celui d’Évreux est composé de différents éléments de récupération (fûts de colonnes, blocs sculptés, grand appareil, chapiteaux) issus de spoliations faites aux bâtiments inutilisés de la ville, notamment utilisés dans ses fondations et les premières assises de son élévation, composées de blocs calcaires irrégulièrement arrangés (appareil pseudo-isodome irrégulier), surmontées par un blocage mixte de silex et de moellons de calcaire avec un parement composé de strates de moellons calcaires réguliers, entrecoupé à intervalles réguliers de chaînages en tuiles ou briques. Cet appareillage, qui peut être qualifié d'opus mixtum (opus testaceum et opus caementicium), est assez répandu en Gaule durant l'Antiquité tardive : il est économique, efficace, dissuasif et rapide à mettre en œuvre..

Courtine vignette|Ressaut de la courtine. Sa hauteur totale n'est pas connue, les pans conservés les plus élevés mesurant au-dessus des fondations ; à sa base, elle est large de mais sa structure accuse un léger retrait progressif (encorbellement inversé) côté extérieur afin d'améliorer sa stabilité.

L'existence d'un chemin de ronde intérieur, fort probable, ne peut être certifiée, la courtine n'étant pas conservée sur une élévation suffisante ; s'il a existé, sa largeur aurait pu être de . Pour la même raison, il n'est pas possible de savoir si un crénelage couronnait l'enceinte.

Aménagements La présence de trois portes (nord, nord-est et sud-ouest) et d'une poterne est pressentie.

Au regard des données disponibles, aucune tour ne semble accompagner la courtine du Bas-Empire, les seuls vestiges retrouvés étant rattachés à la première fortification inachevée.

Un glacis large de s'étend devant la courtine. Un fossé au pied de cette dernière est attesté au Moyen Âge, mais pas dans l'Antiquité ; il protège les faces sud et est de l'enceinte, les deux autres étant naturellement protégées par l'Iton. Intérieurement, un , talus formé par l'accumulation de terre au pied de la courtine, mesure quatre mètres de haut pour une largeur de ; il est édifié en même temps que la courtine ou en tout cas moins de après elle. La forte pente de sa paroi nécessite la présence d'échelles ou d'escaliers pour accéder à son sommet aplani mais ces dispositifs ne sont pas identifiés. Sa fonction n'est pas définie à Évreux : il s'agit peut-être d'un simple renforcement de la courtine contre des tentatives de sape.

Notes et références Notes

Références La réorganisation spatiale de cinquante-cinq villes de Gaule remparées au Bas-Empire, Université François-Rabelais, 2009 :

Autres références :

Voir aussi

Bibliographie . . .

Articles connexes Mediolanum (toponyme) Gisacum Aulerques Éburovices

Liens externes

Rempart, sur givernynews.com

Catégorie:Monument historique dans l'Eure Catégorie:Monument historique classé en 1941 Catégorie:Monument historique classé en 1984 Catégorie:Monument historique inscrit en 1996 Evreux Catégorie:Monde gallo-romain Catégorie:Antiquité de l'Eure Catégorie:Évreux