Mohammed Ben Abdelhadi Zniber I (v. 1800 - 1854) est un Pacha de Salé vers le milieu du . Il est notamment connu pour avoir défendu la ville de Salé pendant le bombardement de la ville en 1851 par la flotte française.
Le Derb (Quartier) Mohammed Ben Abdelhadi Zniber à Salé est nommé à son honneur.
Biographie
Mohammed Ben Abdelhadi Ben al-Hachemi Zniber, né au sein d'une ancienne famille de Salé d'origine andalouse, est un nadir des habous qui devient Pacha de sa ville natale, . Il serait le deuxième restaurateur de la Médersa Abou Al-Hassan de Salé après le cadi de Salé Mohammed Ben Hajji Zniber au Le premier restaurateur de la médersa, au , est Mohamed Ben Hajji Zniber, qadi de Salé mort en 1780. Cf. ..
Bombardement de Salé
Le 1851, un navire de marchandises françaisLe navire en question est un brick-goélette du nom de Courraud-Rose d'après le témoignage de Charles Jagerschmidt, un représentant diplomatique de la France au Maroc (Biographie) (chargé de blé notamment) commandé par un certain Jouve chavire devant les cotes Salétines. Une opération de sauvetage fut alors lancée. Celle-ci permit de sauver quelques tonnes gardées à Rabat et à Salé. Le lendemain, quelques faiseurs de trouble de Salé en profitèrent pour piller toutes la cargaison. La perte du côté français était estimée à en or d'après une enquête du Pacha de Salé, .
Après plusieurs mois d'attente de remboursement sans réponse de la part du Sultan, le gouvernement français décide de se venger par la force. Par ordre du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, les liens diplomatiques sont coupés entre les deux pays et le consul Jules Doazan, résidant à Rabat, est démis de ses fonctions. thumb|Borj Adoumoue, un des bastions fortifiés d'où le Pacha aurait défendu les cotes grâce à des canons de facture britannique
Le de la même année, le contre-amiral Dubourdieuné le à Fort de France, il est fils de Bernard Dubourdieu, officier de marine du Premier Empire. Promu contre-amiral en juillet 1848, Louis Thomas Napoléon Dubourdieu (1804-1857) servit la République puis le Second Empire est nommé par le ministre de la marine pour mener à bien la mission. Une flotte de 5 navires (6 d'après l'historien salétin Ahmad ibn Khalid Naciri qui cite un vaisseau du nom de Napios) lui est confiée ; celle-ci est composée du vaisseau Henri IV (armé de 100 canons), deux frégates à vapeur SanéLa frégate à vapeur Sané, photo du vaisseau, flotte de Napoléon III et GomerLa frégate à vapeur Gomer, photo et historique du vaisseau, flotte de Napoléon III et deux autres navires, le Narval et Le Caton. La flotte se réunit à Cadix avant l'assaut.
Le , les navires se rendent en secret à Tanger pour récupérer Doazan et le secrétaire du consul Fleurat, qui restent à bord du Narval. Le 25, la flotte se trouve face à Salé. Le contre-amiral demande des excuses et un remboursement immédiat sous peine de bombardement. Le Pacha de Rabat se soumet. La bataille commence le à 11h ; les canons français se mettent en batterie. Salé se défend et arme ses canons, tout comme Rabat, . Après sept heures d’enchaînement de tirs, la flotte envoie un compte rendu au ministère de la marine :
Cette expédition est un demi-échec pour les Français, qui s'attendaient à une révolte des Salétins contre le gouverneur, qui ne se produit pas, .}}
Visite de Narcisse Cotte chez le Pacha vignette|Borj Roukni ou Borj El-Kébir, bastion atlantique fortifié bâti sous le Pacha Zniber en 1853 à la suite du bombardement de la ville Dans son roman autobiographique Le Maroc contemporain, l'écrivain français et envoyé diplomatique Narcisse Cotte raconte sa visite à Salé et son séjour hospitalier dans la demeure du Pacha Zniber pour renouer les liens rompus à cause du bombardement. Avant sa visite, le Pacha a menacé d'un terrible châtiment quiconque osera offusquer son invité. Cotte fut accueilli par la mise en batterie de canons qui saluèrent leur arrivée sur la plage. Cotte est frappé par la beauté de Salé dont il rappelle ses exploits passés à l'époque des corsaires et qu'il décrit comme étant une ville Sainte, de sages et d'érudits et un important centre religieux rivalisant avec Kairouan et La Mecque. Narcisse Cotte décrit la maison du Pacha Zniber comme un "palais" où domine l'architecture hispano-mauresque. Il décrit le Pacha comme ayant un embonpoint, un teint clair et une longue barbe noire. L'odeur d'ambre et de musc se dégageait de ses vêtements. Il écrit aussi que la famille remontait ses origines aux Abencérages ou aux Zégris. Les deux gens, entourés de chorfas, discutèrent longtemps de politique autour d'un tajine de poulet. Pour rassurer l'agent français, le Pacha envoya un homme avec ce message: "Combien de mains exiges-tu qu'on t'apporte sur un plat? Je ferais couper celles des gens qu'on verra rôder autour de vos ancres!"Le Maroc contemporain de Narcisse Cotte, Editions Charpentier, 1860, 291p., p: 70 à 80 Lire en ligne.
Descendance
EnfantsFonds Mohammed Ben Abdelhadi Zniber, Archives du Maroc
Abdelhadi Zniber II, mort en 1328 de l'Hégire (v. 1910), fils du Pacha Mohammed Ben Abdelhadi Zniber I et de Ben Azzouz, négociant, nadir des habous à Salé et amīn dans bon nombre de ports marocains à partir de 1291 de l'Hégire (v. 1874) notamment à Larache, El Jadida, Casablanca, en 1303 de l'Hégire (v. 1885/1886) à Safi ainsi qu’à Marrakech. Il fut également « amine diwanat » sous le règne de Moulay Hassan.. Il avait pour épouses Harakat, Sbihi, Aouad et une femme d'Ait Ba Amran. Il avait neuf filles. Il est enterré à la zaouïa Aïssaouiyya de Salé ; Al Hachemi Zniber, frère d'Abdelhadi Zniber II;
Petits-enfants thumb|Le petit fils du Pacha, l'ambassadeur Mohammed ben Abdelhadi Zniber, photo prise à Madrid en 1909 Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II (1855-1921), fils de Abdelhadi Zniber II, négociant, haut fonctionnaire et diplomate. Il est notamment amin al oumana-s (vizir ou surintendant des finances) puis ambassadeur-adjoint à Madrid en 1909. Il avait pour épouses Khaddouj Talbi et plusieurs domestiques. Il est enterré à la zaouïa Qadiriyya de Salé ; Abdallah Zniber, fils d'Abdelhadi Zniber II et d'une femme d'Ait Ba Amran nommée Al Yasmine, négociant et amin, époux Amina Nejjar, directeur de la chambre de commerce du Maroc, il fut en exil pendant une période durant l'exil du Sultan Mohammed V, père de : Zhor Zniber, fille d'Abdallah Zniber, épouse Mehdi Ben Mohammed Ben Abdelhadi Zniber puis Hajj Jouahri, oncle du Wali de la Banque du Maroc, mère de : Jamila Zniber, fille de Mehdi Ben Mohammed Abdelhadi Zniber et de Zhor Zniber ; Khadija Zniber, épouse d'Abdelhadi Zniber III puis Rafi'i, mère de : Fouzia Zniber, fille d'Abdelhadi Zniber III et de Khadija Zniber ; Fatma Zniber, fille d'Abdallah Ben Abdelhadi Zniber, épouse du colonel des douanes Mohammed Zniber Ben Kacem, mère de : Mehdi Zniber ; Zineb Zniber ; Amal Zniber ; Latifa Zniber ; Nezha Zniber ; Rabea Zniber (sans enfants) ; Si Mohammed Zniber, époux de Najia Alami, père de : Amina Zniber ; Hind Zniber ; Abdelhadi Zniber ; Boubker Zniber, fils d'Abdelhadi Zniber II et d'une femme d'Ait Ba Amran nommée Al Yasmine, époux de Fatma Oualaalou, père de : Abelhadi Zniber ; Abdelhanine Zniber ; Mhammed Zniber, fils d'Abdelhadi Zniber II et de Aouad, mouhtassib, époux de Fatima Nejjar, père de : Aicha Zniber, épouse Harthi ; Sebti Zniber ; Ali Sebti (frère jumeau de Sebti) ; Ahmed Zniber, époux de Khadija Bensaid ; Abdelhadi Zniber, époux de Khaddouj Bent Ahmed Zniber ; Abdelghani Zniber, époux de Mina Zniber ; Omar Zniber (1907-1994), fils d'Abdelhadi Zniber II et de Zahra Sbihi, père de : Saad Zniber, directeur-adjoint des douanes ; Souad Zniber ; Selma Zniber; Fatima-Zahra Zniber, épouse de l'ambassadeur du Maroc au Canada et en Turquie Mohamed Lotfi Aouad; Zineb Zniber ; Myriem Zniber ; Aziza Zniber ; Abderrahim Zniber, fils d'Abdelhadi Zniber II et de Zahra Sbihi, premier secrétaire du tribunal du Pacha de Salé Mohammed Ben Tayeb Sbihi (sans descendance); Oum Al Izz Zniber, épouse de Mohammed Benkhadra fils du cadi de Fès Abdellah Benkhadra ; Zoubida Zniber, fille d'Abdelhadi Zniber II, épouse Chaoui ; Zineb Zniber, fille d'Abdelhadi Zniber II et de Zahra Sbihi, épouse Ben Kacem ; Rahma Zniber, épouse Nejjar Ben Hsain ; Mennana Zniber, épouse Aouad ; Safia Zniber, épouse Aouad : Batoul Zniber ; Tahra Zniber, épouse Aouad ; Aicha Zniber, épouse Sbihi ;
Arrière-petits-enfants right|thumb|Photo des Frères Hajji (dont Saïd Hajji au premier rang) et Abdelhadi Zniber III, fils de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber, à l'université de Damas en 1934
Ahmed Zniber, fils aîné de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II, époux de Mennana Bouchentouf, de Fatima Sahlia originaire des Shoul et d'El Yasmine, père de : Khalil Zniber (1943-2023), fils de Bouchentouf, ancien ingénieur et journaliste à la DPA (Deutsche Presse Agentur) puis chez Jeune Afrique et précurseur de l'habitat durable au Maroc ; Latifa Zniber, fille de Mennana Bouchentouf ; Fathia Zniber, fille de Sahlia ; Tahra Zniber, fille de Fatima Sahlia ; Fatma Zniber, fille d'Ahmed Zniber et Mennana Bouchentouf, épouse Jariri Bellafkih ; Chakib Zniber, fils de Fatima Sahlia ; Zineb Zniber, fille de Fatima Sahlia ; Larbi Zniber, fils d'El Yasmine ; Driss Zniber, fils d'El Yasmine, père d'Abderrahim Zniber et Dyaa Zniber ; Zhor Zniber, fille d'El Yasmine ; Mina Zniber, fille d'El Yasmine ; Habiba Zniber, fille de Mennana Bouchentouf, épouse Bennis ; Khaddouj Zniber, épouse d'Abdelhadi Ben Mhammed Zniber (cousin) ; Abdelhadi Zniber III, fils de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II, époux Khadija Bent Abdallah Zniber puis Lahlou, étudiant à Beyrouth et à Damas en compagnie des frères Hajji de Salé Said Hajji, Abdelkrim Hajji et Abdelmajid Hajji entre 1931 et 1934. Père de : Fouzia Zniber, fille de Khadija bent Abdallah Ben Abdelhadi Zniber, épouse Zerouali ; Taleb Zniber, fils de Lahlou, époux Nadia Jaidi ; Seddik Zniber, fils de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II, époux Habiba Cheddadi, père de : Hafid Zniber (sans descendance) ; Noufissa Zniber, épouse Tahiri ; Souad Zniber, épouse Lamzibri ; Leila Zniber ; Badia Zniber, épouse de Kacem Zniber ; Zoubida Zniber, épouse Lahlou ; Fouzia Zniber, épouse Rafi'i ; Mehdi Zniber (?-1990), fils de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II, époux de Zhor Bent Abdallah Zniber puis d'Amina Bennani. Il fut proche des milieux nationalistes de Salé. Il est le père de : Jamila Zniber, fille de Zhor Bent Abdallah ; Ahmed Zniber, fils de Mehdi Zniber et d'Amina Bennani ; Moncef Zniber, fils de Mehdi Zniber et d'Amina Bennani ; Abdelmajid Zniber, fils de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II et de Saada, père de : Maria Zniber, épouse Bennis ; Mohammed Zniber ; Abdelahad Zniber ; Khadija Zniber, fille de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II, épouse de Kadiri ; Batoul Zniber, fille de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II ; Abbas Zniber, fils de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II et de Mbarka, époux Hajji (sans descendance) ; Abdeslam Zniber, fils de Fatima Lakbira ; Kenza Zniber, fille de Mohammed Ben Abdelhadi Zniber II et de Fatima Lakbira ;
Pachas de la ville de Salé depuis 1817 ?-1817 : Boujmiaaâ Gouverneurs de Salé en 1817 1817-? : Ahmed Ben Mohamed Zniber 1827-1840 : Hajj Ahmed Ben Mohamed Ben Al-Hashimi Aouad 1840-? : Abu Amar Ben Al-Hajj At-Tahir Fannish (Fennich) ? : Abd Al-Aziz Mahbuba ?-1854 : Mohamed Ben Abdelhadi Zniber 1854-1861 : Abd Al-Aziz Mahbuba ( mandat) 1861-1892 : Hajj Mohamed Bensaid 1892-1905 : Abdallah Ben Mohamed Bensaid (fils du précédent) 1905-1914 : Hajj At-Tayyib As-Sbihi 1914-1958 : Hajj Muhammad Ben At-Tayyib As-Sbihi (fils du précédent)
Annexes Articles connexes Bombardement de Salé (1851) Anciennes familles de Salé Salé
Notes
Références
Bibliographie
Liens externes
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