L'Office national de la main-d'œuvre (Onamo), est un organisme algérien qui gère le Service public de l'emploi en Algérie entre 1962 et 1990. Il a contribué à l'émigration des travailleurs algériens vers la France et la RDA.
Histoire Le service public de l'emploi en Algérie L'Office national algérien de la main-d'œuvre (Onamo) est créé par décret du .
Il est chargé par le décret du du Service public de l'emploi Jean-Paul Barbier, L'intermédiation sur le marché du travail dans les pays du Maghreb, Bureau international du travail, Genève, 2006. institué en application des textes de l'Organisation internationale du travail (OIT)OIT : L’emploi pour la justice sociale et une mondialisation équitable - Aperçu des programmes de l’OIT, Genève, 2010. Les fondements juridiques de ses actions seront remaniées et complété par des textes réglementaires ou législatifs à plusieurs reprises, notamment en 1963 (instauration d’un monopole sur les flux migratoires) et en 1971 (organisation de l’Onamo).
Une ordonnance du précise l'organisation de l'office. Cependant, il a un rôle limité sur le marché du travail dans le pays même, l’Algérie ne conduisant pas de véritable politique d’emploi pendant cette période.
La migration des travailleurs algériens L'ONAMO a pour principale fonction, à partir de 1963, la gestion des flux migratoires par l'intermédiaire des Bureaux de main-d’œuvre (BMO) qui lui sont rattachésRapport au gouvernement de l'Algérie sur l'administration du travail, Bureau international du travail, Genève, 1969.
Les travailleurs, qui reçoivent une « carte de l'Onamo », sont dirigés vers la France. La carte, visée par la mission médicale française, permet au travailleur algérien de séjourner en France pendant une période de neuf mois et d'y chercher un emploi. À la fin de cette période, il doit, pour obtenir un certificat de résidence, justifier d’un emploi au moyen d’une déclaration d’engagement souscrite par l’employeurRevue Pluriel, , Association Pluriel, Paris, 1978.
En vertu d'un décret algérien du , les candidats à l'émigration doivent produire un visa de l'ONAMO. Il peut obtenir s'il n'a pas trouvé de travail un mois après son inscription auprès de l'office. Le nombre de personnes pouvant être accueillies est fixé par la France : par an en 1964 ; par an à partir de 1967. Le gouvernement algérien met fin à l'émigration dans ce cadre en Laure d'Hauteville, Algériens : feu la liberté de circulation, dossier Cinquante ans de législation sur les étrangers, in Plein Droit , novembre 1995, Paris. Au total, l'Onamo aurait permis l’installation légale de entre 1965 et 1973Jean Mottin, Chômage et immigration, in Vigilance et Action, , juin 1991, Mouvement Initiative et Liberté, Paris.
Un accord entre le gouvernement algérien et celui de la République démocratique allemande signé le prévoit l'implantation d'une représentation Onamo à Berlin-Est pour assurer l’arrivée en RDA de travailleursMohamed Khandriche, Développement et réinsertion : l'exemple de l'émigration algérienne, OPU, Publisud, Alger, 1982. Il y en aura en 1974 selon le rapport annuel de l’Onamo, cité par l’économiste Jean-Pierre GarsonJean-Pierre Garson, Les Algériens, in L’Argent des immigrés, Institut national d'études démographiques et PUF, Paris.
Après la fin des départs, l'Onamo se voit confier une mission pour la migration de retour avec un programme de réinsertion économique adopté en 1977A. Sayad, Les «trois âges de l'émigration», dossier Return migration to Algeria : the impact of state intervention, in Return migration and regional economic problems (R. Lawless et R. King, éd.), Institute of British Geographers, Leeds 1985. Les rentrées en Algérie de certains d’entre eux se feront, « mais de manière très modeste » selon l’historien Claude Liauzu qui en compte en 1977Claude Liauzu, Histoire des migrations en Méditerranée occidentale, Complexe, Paris, 1996.
La transformation en 1990 En 1990, un changement de dénomination de l'Onamo est décidé. L'Agence nationale de l'emploi (Anem) prend sa suite en tant qu’établissement publicDécret 90-259 du 8/09/1990.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Jean-Claude Poulain, Algérie: modernisation de l'Office de la main-d'œuvre (ONAMO), Bureau international du travail, Genève, 1989. ONAMO, Les retours définitifs de nationaux résidant à l'étranger. Données statistiques. Année 1986, Office de la main-d'œuvre (ONAMO), Alger, 1987 BIT, Rapport au gouvernement de l'Algérie sur l'administration du travail, Bureau international du travail, Genève, 1969.
Articles connexes Service public de l'emploi en Algérie Immigration algérienne en France Agence nationale de l'emploi
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