Le fort de Dave est un des neuf forts semi-enterrés composant la position fortifiée de Namur établie à la fin du en Belgique. Ce fort est construit de 1888 à 1892 selon les plans du général Brialmont. Contrairement aux forts français construits à la même époque par Séré de Rivières, ce fort était en béton non-armé, nouveau matériau pour l'époque, au lieu de maçonnerie. Lors du siège de Namur, en , le fort est lourdement bombardé par l'artillerie allemande. Il est remis à niveau en 1930 dans l'espoir de prévenir ou ralentir une, alors hypothétique, attaque allemande. En 1940, il est attaqué le et est capturé 9 jours plus tard. Actuellement, le fort est à l'abandon.

Description Le fort de Dave est situé à au sud de Namur. C'est un des petits forts Brialmont de la position fortifiée de Namur. Les petits forts de Namur sont en raison de leur taille inférieure moins bien pourvus en artillerie, en artilleurs et en fantassins. Ce personnel fait partie des troupes de forteresse relevant de l'armée d'active. Le fort surplombe d'un côté un plateau agricole vallonné et de l'autre la vallée accidentée de la Meuse. Les trois forts de la position situés sur la rive droite de la Meuse étaient reliés par une voie ferrée militaire. Il est intercalé entre le fort d'Andoy au nord-est et le fort de Saint-Héribert à l'ouest.

Le fort a une forme triangulaire. Un massif central en béton protège le bureau de tir (centre nerveux du fort) ainsi que les magasins et les coupoles de tir. Au sommet du massif central, le massif dispose d'un phare à éclipse susceptible de transmettre aux forts voisins des signaux lumineux en morse. L'armement du fort de Dave inclut une coupole rotative avec un canon de , une coupole avec deux canons de et deux coupoles avec un canon de . Il possède également trois tourelles rétractables équipées de canons de pour la défense rapprochée. Six canons de à cadence rapide ainsi que deux canons mobiles équipent les casemates pour la défense des fossés et de la poterneDonnell, p. 17. L'artillerie lourde du fort est de fabrication allemande (Krupp) alors que les mécanismes des tourelles sont d'origines diverses. Il est entouré de fossés profonds de et larges de 8 et qui sont défendus en enfilade par des canons de rassemblés dans des casemates situées dans la contrescarpe.

La communication entre les forts voisins se font au moyen de signaux lumineux. Les canons utilisent la poudre noire, ce qui produit des gaz asphyxiants dans les espaces confinés et qui se propagent dans le fort.

Les forts belges faisant peu de provisions par rapport aux besoins quotidiens d'une garnison en temps de guerre et les latrines, douches, cuisines et morgue se retrouvant dans la contrescarpe, les rendent intenables pendant des combats. Cela aura des conséquences importantes sur la capacité des forts à résister à un assaut de longue durée. La zone de service est placée en face des baraquements qui donnaient sur le fossé à l'arrière du fort (dans ce cas, en direction de Namur) et qui bénéficient d'une protection moindre que le front ou les saillants. Les forts conçus par Brialmont possèdent le côté arrière plus faiblement défendu pour permettre une recapture par les forces belges. Commodités et baraquements sont localisés dans cette partie du fort, le fossé apportant lumière et ventilation aux espaces de vie. Au combat, les bombardements intenses rendent le fossé arrière intenable et les forces allemandes ont su profiter de cette faiblesse après avoir franchi l'espace entre deux fortsDonnell, p. 36. Les forts Brialmont sont cependant conçus pour résister à un bombardement de canons de Donnell, p. 52. Le sommet du massif central est épais de de béton non-armé alors que les murs de la caserne, jugés moins exposés, n'en font que Donnell, p. 12.

Histoire Construction Les trois forts situés sur la rive droite de la Meuse (Maizeret, Andoy et Dave) étaient reliés par un chemin de fer militaire avec une réserve de matériaux (galets et sable) à Maizeret. Les matériaux étaient délivrés par voie d'eau via la Meuse à Samson et étaient remonté jusqu'au fort par un plan incliné.

Première Guerre mondiale En 1914, le fort est servi par 269 artilleurs et 82 soldats des troupes de forteresse sous les ordres du capitaine-commandant Eugène Manteau.

Le fort est bombardé le de sans grands résultats. Le au lever du jour, le bombardement devient intense. Vers , des batteries allemandes atteignent le fort par la gorge ; l'escarpe devient intenable. Le fort se rend le à .

Entre-deux-guerres En 1930, l'armement du fort est amélioré dans le but de dissuader une éventuelle incursion allemandeDonnell, p. 55-56. La coupole de est remplacée par une tourelle de à longue portée. Les trois tourelles rétractables de sont quant à elles échangées contre des tourelles, également éclipsables, de . Les deux coupoles de sont rééquipées, l'une avec deux mitrailleuses et l'autre avec un lance-grenade. L'entrée est dotée de deux positions de mitrailleuses et d'un lance-grenade. La protection est substantiellement améliorée ainsi que la ventilation, les commodités et la communication notamment par l'installation de l'électricité. La zone entourant le fort est renforcée de deux larges bunkers, appelés abri de la Relève et abri du Troonois. L'abri de la Relève est armé de deux postes de mitrailleuses et d'une cloche d'observation et l'abri du Troonois par deux mitrailleuses et un canon anti-char de . La nouvelle prise d'air est camouflée dans la falaise surplombant la Meuse à au nord-ouest du fort. Elle fournissait également un accès direct aux deux abris.

Seconde Guerre mondiale En 1940, durant la bataille de France, le fort est commandé par le capitaine-commandant Noël. Il est attaqué le et se rend le en ne comptant qu'une seule victime.

Situation actuelle L'accès est interdit au public et reste une propriété domaniale. La plupart des pièces métalliques ont été pillées et le fort a servi à des tests d'explosifs par la 67ème Compagnie du Génie de Combat d'Amay et par l'École du génie de Jambes. Il n'a jamais été réparé ou réhabilité après la Seconde Guerre MondialeDonnell, p. 59.

Références

Annexes Articles connexes

Position fortifiée de Namur

Siège de Namur (1914) Fort d'Andoy Fort de Saint-Héribert

Liens externes Fort de Dave

Dave