José Manuel Caballero Bonald (né à Jerez de la Frontera le et mort à Madrid le The News 24 Poet José Manuel Caballero Bonald dies at 94) est un poète et écrivain espagnol. Militant anti-franquiste, il appartient au groupe poétique de la génération de 50, aux côtés de José Ángel Valente, José Agustín Goytisolo et Jaime Gil de Biedma, entre autres. Sa façon d'utiliser le langage et le lexique très soigneusement, ainsi que le style baroque caractérisent son œuvre. Caballero Bonald est un écrivain d'une très grande qualité littéraire, et il demeure un modèle de ce que fut l'évolution littéraire d'après-guerre.. Ses incursions dans la poésie, le roman, le théâtre et l'essai comptent plus de quarante œuvres.
Son œuvre est couronnée par le Prix national des Lettres espagnoles en 2005 et par le Prix Cervantes en 2012.
Biographie Débuts De père cubain (Plácido Caballero) et de mère d’ascendance aristocratique française (Julie Bonald, de la famille du vicomte Louis de Bonald), il naquit et fut élevé à Jerez de la Frontera, dans la calle Caballeros En français : ..
Il commença ses études en 1936, dans le de Jerez. Cette même année éclata la guerre Civile Espagnole, ce qui l'obligea à vivre quelque temps entre la Sierra de Cadix et Sanlúcar de Barrameda. C'est à cette époque que Caballero Bonald commença à s'intéresser à la littérature, au travers d'heures consacrées à la lecture d'auteurs étrangers comme Robert Stevenson, Jack London, Herman Melville et Emilio Salgari, ou espagnols comme José de Espronceda, entre autres.. La littérature d'aventures et surtout celles qui mettent en scène la mer le fascinaient et le fascinent encore. Il déclara d'ailleurs « La mer exerce sur moi une fascination très spéciale, pour tout ce qu'elle représente : la liberté absolue, et aussi l'aventure. Je crois que je suis devenu écrivain parce que je suis un aventurier frustré. » Cette étape de lecture fut fondamentale dans son développement comme écrivain, et il dit de lui-même qu'il fut un lecteur précoce et un écrivain tardif..
En 1944, il commence ses études de navigation à Cadix, où il écrivit ses premiers poèmes. C'est ainsi qu'il fit la connaissance des membres du groupe de la revue (aujourd'hui disparue, mais qui possède une anthologie.), tels que , , ou .
Il fait son service militaire dans la Milice Navale Universitaire, en naviguant pendant plusieurs étés dans les eaux des Canaries, du Maroc et de Galice.
En 1949, il reprit ses études, cette fois en philosophie et lettres, à Séville. Comme à Cadix, il fréquenta le groupe local en nouant des relations avec les Cordouans de la revue Revue Cántico : voir l'article espagnol sur le groupe correspondant ici : ., en particulier avec Pablo García Baena.
En 1950, il obtint le prix pour son poème : Après avoir continué ses études de littérature à Madrid, il publia son premier livre de poésie, , pour lequel il reçut le prix Adonáis de Poésie en 1952.
Il publia ensuite les recueils de poésie en 1954 et en 1956.
Activités et engagements Il devint secrétaire puis sous-directeur de la revue . Il pratique ses premières activités clandestines par le biais de sa relation avec Dionisio Ridruejo. C'est ce dernier qui lui permit de réellement développer sa conscience politique : « J'ai partagé beaucoup de choses avec Dionisio... même la prison, en 64. C'est ainsi que je me suis lié à la lutte anti-franquiste. » D'un point de vue moins politique, c'est accompagné de Jorge Oteiza qu'il se construisit une opinion critique sur la culture, les conventions et les académismes. Il participa avec lui a de nombreux colloques et développa pour lui une certaine admiration en disant de lui qu'il l'avait laissé « ébloui, plus que pour son œuvre artistique, pour sa critique de la culture, pour sa personnalité comme homme de culture » et affirma être son disciple..
Il part vivre à Paris, mais revient six mois plus tard pour publier en 1959, pour lequel il recevra le prix ainsi que le prix .
C'est à l'occasion du anniversaire de la mort d'Antonio Machado célébré à Collioure en 1959 qu'il fit la connaissance de ceux qui deviendraient ses compagnons de la génération de 50, tels que José Agustín Goytisolo, Ángel González, José Ángel Valente, Jaime Gil de Biedma, , Carlos Barral, et où étaient également présents Pablo Picasso, André Malraux, Jean-Paul Sartre et François Mauriac, etc..
À propos de la Génération de 50, il déclara : ,
Peu après il déménagea à Bogota pour enseigner la littérature espagnole et les sciences humaines à l'Université nationale de Colombie. Il fit rapidement connaissance avec les membres du groupe colombien de la revue Mito, tels que , Gabriel García Márquez, , Hernando Valencia Goelkel, ou , qui lui édita en 1961 , une anthologie poétique. Il voyagea dans d'autres pays d'Amérique latine, où il entreprit d'écrire son premier roman, . (livre traduit en français sous le nom Deux jours de septembre.), qui reçut le prix Biblioteca Breve de la part de sa propre maison d'édition, et dont l'un des membres du jury fut Josep Maria Castellet, l'auteur de la célèbre anthologie Nueve novísimos poetas españoles. Il s'agit clairement d'un roman de réalisme social, dans lequel sont contées les inégalités qui existent dans un village vigneron andalou entre les riches propriétaires terriens et les humbles travailleurs. Cependant, ce qui différencie cette œuvre de celles de ce genre de son époque, c'est que Bonald s'intéresse plus pour les petites anecdotes de la fresque formée par le peuple présentée avec différentes techniques narratives, et qu'il va jusqu'à utiliser les monologues intérieurs et sans ponctuation, dans une œuvre apparemment réaliste.
Il revint un an plus tard en Espagne pour entreprendre divers travaux éditoriaux, mais il perdit quelque peu l'intérêt pour la littérature et il se concentra davantage sur des activités de lutte antifranquiste.. C'est alors qu'il reçut une amende et fut détenu pour avoir exercé des activités clandestines contre le régime franquiste.
Il publia quand même le recueil de poèmes . (ainsi qu'un livre de voyage, .) en 1963, mais il décida de se libérer de la pression politique en partant vivre à Cuba en 1965, pendant trois ans. Malgré la distance, il prit part à la commission organisatrice de l'hommage à Antonio Machado à Baeza en 1966 ; finalement cet hommage sera interdit par ordre gouvernemental. Il publia . en 1968. La même année, il est inclus dans l’..
À son retour en Espagne en 1970 il est détenu puis emprisonné pendant un mois dans la prison de Carabanchel.
La même année, il publia son premier recueil de poésie complète sous le nom de .. Poète et romancier, Caballero Bonald était en plus un investigateur du folklore espagnol et écrivit de précieuses monographies sur la musique populaire, notamment le flamenco, et il dirigea entre 1964 et 1966 l'enregistrement de six disques regroupés sous le titre qui immortalisent le chant de grands artistes souvent méconnus. Cet important travail discographique obtint le prix .. Vingt ans plus tard, Caballero Bonald réalisera une nouvelle anthologie intitulée tout aussi réussie que la première.
Avec , Caballero Bonald assuma une poésie symboliste et intimiste, dans laquelle on peut sentir un jeune homme qui n'est pas en conformité avec le monde, avec la situation sociale de son époque. Au travers d'un langage riche et très élaboré dans lequel se mélangent le baroque avec une apparence plus populaire et familière, il créa un monde personnel authentique régi par l'expérience artistique.
vignette|José Manuel Caballero BonaldEn 1971, il diversifia un peu ses activités, et commença à travailler dans le Séminaire de Lexicographie de l'Académie royale espagnole Site Web officiel de l'Académie royale espagnole, où il restera jusqu'en 1975. Dans le même temps, il fut également directeur littéraire de la maison d'édition . Par ailleurs, il donna des cours sur la narration dans plusieurs universités européennes et il assistait régulièrement à de nombreux symposiums littéraires internationaux, jusqu'en 1977.
En 1974, il publia son roman ., et en fut récompensé avec le prix (que José Manuel Caballero Bonald refusera) et le Premio de la Crítica de narrativa castellana. Cette œuvre, également située en Andalousie, fut conçue comme une allégorie et s'éloignait de toute démarche historique réaliste : le merveilleux et la distanciation spacio-temporelle la situent près du réalisme magique.
Il exerça comme professeur de littérature espagnole contemporaine dans le Centre d'études hispaniques du Bryn Mawr College de 1974 à 1978. En 1975, il publia l'essai ..
Cette année-là, il reprit ses activités politiques en intervenant dans la constitution de la Junta Democrática de España, un organisme d'opposition au franquisme, ce qui lui valut d'être jugé par le Tribunal d'ordre public, une instance judiciaire se spécialisant dans la répression des conduites anti-franquistes. Il voyagea alors de nouveau à Cuba. Après avoir participé à de nombreux cycles et congrès internationaux, il séjourna un moment à Sanlúcar de Barrameda, où il obtint le diplôme de Patron d'embarcation.
En 1977, il obtint un nouveau prix pour ., qui témoigne de la diversité de ses engagements : Avec ce livre, son registre poétique changea. Apparut alors un culte à l'imagination et à la mémoire ; sa terre, son enfance, son expérience vitale et artistique, et sa constante préoccupation linguistique l'amenait à utiliser un langage extrêmement dépuré et hermétique.
En 1978, il fut nommé président du PEN club espagnol, poste duquel il démissionnera deux ans plus tard. Le mit en scène sa version de , de Francisco de Rojas Zorrilla. Il publia l'anthologie et reçu le prix Site Web de la fondation Pablo Iglesias, une institution culturelle espagnole destinée à promouvoir le socialisme.
Entre 1980 et 1988, il publia les recueils de poèmes . et ., les romans . (prix ), , une chronique de voyage basée sur la critique du livre de José Manuel Caballero Bonald . et . (prix en 1988) - lors desquels il continuait à expérimenter avec le langage dans environnement andalous -, le roman illustré ., se chargea de l'édition d'une anthologie de Luis de Góngora. et publia sa propre anthologie .. Il alla plusieurs fois aux États-Unis où il intervenait notamment dans plusieurs universités.
Reconnaissance et legs vignette|Siège de la Fondation Caballero Bonald. En 1989, une placePlaza Caballero Bonald, à Jerez de la Frontera, sur GoogleMaps.com et un collège Collège José Manuel Caballero Bonald, à Jerez de la Frontera. qui portent son nom à Jerez de la Frontera, ainsi qu'une bibliothèque municipale à Marbella Fiche de la bibliothèque Caballero Bonald dans le répertoire de la ville de Marbella.
Il publia en 1989 l'anthologie poétique ., le livre Andalousie. et .. En 1993 apparut son roman . pour lequel il reçut le prix . Il fut nommé membre correspondant de l'Académie Nord-américaine de la Langue Espagnole. La présenta sa version du de Tirso de Molina. La mairie de Sanlúcar de Barrameda lui dédia une rueCalle José Manuel Caballero Bonald à Sanlúcar de Barrameda, sur GoogleMaps.com.
En 1995 il publia ., le premier tome de ses mémoires, puis l'anthologie poétique . en 1997. Il résidait la plupart du temps à Montijo, près du Parc national de Doñana. La mairie de Jérez créa la Fondation Caballero Bonald Site Web de la Fondation Caballero Bonald, et il fut nommé (traduisible par « enfant chéri d'Andalousie »). La compagnie d'Antonio Gades sortit son adaptation pour ballet de Fuenteovejuna, de Lope de Vega, et il publia les recueils de poèmes . et ., avant de publier la sélection de textes . Il écrivit en 2001 la deuxième partie de ses mémoires avec ., puis l'année suivante le livre de proses . et une étude appelée .
En 2001, la Fondation Caballero Bonald publia le premier numéro de sa revue littéraire ..