Villemaur-sur-Vanne est une commune déléguée d'Aix-Villemaur-Pâlis et une ancienne commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est.

Elle fusionne le avec les communes d'Aix-en-Othe et de Palis pour former la commune nouvelle d'Aix-Villemaur-PâlisRecueil des actes administratifs de l'Aube du , page 37/40, . Géographie Localisation

Toponymie Son précédent nom datant du s'écrivait VilleMort.

Ville : de l'ancien français ville dans son sens originel de « domaine rural » issu du latin villa rustica.

Des auteurs se piquant de toponymie pensent que la terminaison en "-maur" signifie fonds marécageux (Du vieux norrois maurr). De fait, les villages de Vaumort (Yonne) et l'habitant de Fossemor (à Theil - Yonne) donnent du crédit à l'hypothèseArchives communales de Villemaur-sur-Vanne.

La Vanne est une rivière traversant la commune qui donne son nom à l'aqueduc de la Vanne desservant Paris.

Histoire

Villemaur-sur-Vanne est une petite commune bâtie sur un ancien cimetière. Au Moyen Âge, une fosse commune était située à l'entrée du village afin de dissuader les fourbes d'y pénétrer. (Source : Archives communales de Villemaur-sur-Vanne)

Moyen Âge : la seigneurie indépendante Villemaur-sur-Vanne est situé sur la voie romaine de Sens à Troyes sur la Table de Peutinger.

Durant tout le , le village est le siège d'une seigneurie qui dispose d'un certain relief. Un chemin conduit directement à Joigny, comté qui intègre la vassalité du comté de Troyes dès l'année 1100. Ce chemin passe par Coulours où les Templiers (un ordre champenois à l'origine) installent leur première commanderie, et par Rigny-le-Ferron, où les vicomtes de Joigny installent le siège de leur vaste seigneurie.

La famille de Villemaur possède la seigneurie durant tout le . Son autorité est néanmoins cantonnée par d'autres seigneurs des environs : les Trainel à Pouy et Villeneuve-l'Archevêque; les de Mauny à Bagneaux, vassaux des Trainel; les vicomtes de Joigny à Rigny-le-Ferron ; l'évêque de Troyes à Aix-en-Othe; le sire de Marigny (cadet de la famille de Trainel) au Nord. La seigneurie, sous la suzeraineté du comté de Troyes, se fond dans le comté de Champagne à partir des années 1160.

Le premier titulaire connu est Manassès. En épousant Ermensent, veuve d'un vicomte de Sens, il portera courtement le titre vicomtal (de Sens) en 1103Étienne Meunier. La succession de la vicomté de Sens. Le partage entre les seigneur de Vallery et ceux de Chaumont, CSGY, XIX, 2013. Il vit en 1125 et est peut-être décédé avant 1127. Il semble être le frère d'un Hilduin de Marolles (-sur-Seine ?). Son fils puîné Manassès sera chanoine de Sens (1164) et archidiacre de Troyes (1131), mettant à profit la paix retrouvée après 1152 entre le domaine royal et la Champagne pour faire une carrière à cheval sur la frontière. Son fils aîné Eudes de Villemaur décède avant 1154. Sa veuve Hélie se remarie à Guillaume Le Roi, maréchal de Champagne (1158).

Les seigneurs disposent d'un château à Villemaur. Deux familles de chevaliers sont vouées à sa garde : les le Louche et les le Chasseur. Une collégiale dotée de chanoines démontre la volonté de prestige de la famille.

À la fin du , le lignage disparaît à la quatrième génération.

Moyen Âge : le domaine comtal La seigneurie entre dans le domaine comtal champenois vers 1195. Le comte choisit d'ériger Villemaur au rang de châtellenie. On lui rattache ainsi des fiefs dont les titulaires n'ont plus à se rendre à Troyes pour accomplir leur devoir féodal. De cette petite châtellenie dépendra la seigneurie de Marigny (propriété d'une branche de la famille de Traînel) ; et le fief de la Mothe, à la sortie Nord de Rigny-le-FerronÀ ne pas confondre avec le château de Rigny-le-Ferron situé pour sa part à l'Ouest du bourg, en bordure du rû. Ce fief s'étend sur une rue Nord-Sud du village.. Un prévôt comtal succède au prévôt seigneurial. vignette|centre|Villemaur, un village fortifié.

Moyen Âge : une héritière désintéressée À la fin du le comté de Champagne passe à la Couronne de France par le mariage en 1284 de la comtesse Jeanne avec Philippe IV le Bel. En 1316, leur fils aîné le Roi Louis X le Hutin décède, rapidement suivi dans la tombe par son fils posthume Jean .

Sa fille, Jeanne de France, est dépossédée de la couronne de France et de ses droits en Champagne-Brie par son oncle Philippe de Poitiers (Philippe V) : son tuteur et oncle, le duc de Bourgogne, puis son mari Philippe d'Evreux, lui font ménager par plusieurs traités passés avec Philippe V, Charles IV et Philippe VI, un dédommagement financier sous forme de rentes et assignations. À cette occasion, on découvre l'existence de forges, sans doute alimentées en combustible et en minerai par la forêt d'Othe voisine.

L'assiette de ce dédommagement successoral est arrêtée en 1328. Jeanne de France reçoit la châtellenie de Villemaure, et celles de Chaource, d'Isle (-Aumont) et de Payns. Elle résulte du travail conjoint du bailli de Troyes et du doyen de la cathédrale de Troyes, missionnés par Philippe VI. Devant l'insuffisance de l'assiette de la seule châtellenie de Villemaure, les autorités parisiennes ont donné l'autorisation de ponctionner les trois autres châtellenies. L'assiette de la seule châtellenie de Villemaure est vaste. Elle s'étend alors de Vauluisant, Les Sièges et Coulours jusqu'à Fontvannes, Messon, Sormery, Vauchassis. Il est de ce fait assuré que la châtellenie de 1328 dépasse largement la seigneurie indépendante dans ses éléments relevés au . Par ailleurs, les experts chargés localement d'estimer le revenu des différents éléments constitutifs insistent pesamment sur le fait que la valeur du fermage de la prévôté est montée excessivement et que les derniers prévôts-fermiers "en ont été de leur poche". Cette difficulté économique un peu antérieure à 1328 est aussi relevée dans les autres châtellenies incluses dans l'assiette. Les estimateurs ont refusé d'assigner une valeur au revenu tiré des châteaux comtaux de la quasi-totalité de l'assiette (sauf Payns). Ils ont donc été cédés à Jeanne de France pour une valeur nulle. La charte originale de l'assiette se trouvait à la Chambre des Comptes de Paris et brûla avec elle en 1737. Par chance une copie avait été opérée un demi-siècle auparavant.

Aux , Villemaur forme avec Isle, Chaource, Maraye, Payns, un groupe de châtellenies constituant un ensemble féodal aux mains des ducs de Bourgogne, notamment la duchesse Marguerite, puis leurs descendants comtes ou ducs de Nevers (voir l'origine de ce fief aux articles Chaource et Isles).

Villemaure accueillait plusieurs administrations royales, dont un grenier à sel et un siège particulier d'élection.

Aux , Villemaur forme avec Saint-Liébault le duché de Villemaur érigé pour le chancelier Séguier, puis le duché d'Estissac pour les descendants du chancelier membres de la famille de La Rochefoucauld-d'Estissac. Cette dernière famille a conservé des documents sur Villemaure depuis le .

Politique et administration Liste des maires

Population et société Démographie

Économie

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Villemaur-sur-Vanne compte trois édifices protégés comme monuments historiques : La collégiale de l'Assomption (ou Notre-Dame) : église remarquable avec jubé en bois sculpté exceptionnel daté de 1521 et attribué aux frères Thomas et Jacques Guyonhttp://www.lest-eclair.fr/article/culture-et-loisirs/le-pays-dothe-se-decouvre-deglises-en-villages . La Pierre aux dix doigts (classée au titre des monuments historiques) et la Pierre des Ecomines sont deux polissoirs datés du Néolithique. Un troisième polissoir signalé au est disparu. Pont en arches de pierre du sur la Vanne situé rue Notre-Dame. Les bêtes de somme ou les marchandises devaient payer un impôt. Ce « pont romain » était la frontière entre le village et le hameau des Bordes. Il a été restauré en 1979 et inscrit à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1984.

Personnalités liées à la commune Famille de Villemor. Cette famille de la bourgeoisie troyenne, connue depuis le début du , s'élève socialement pour s'agréger à la noblesse sous Louis XIII. Paul-Eugène-Victor Bacquet (1848-1901)

Héraldique

80px|BlasonBlasonnement :D’argent aux trois têtes de Maure de sable tortillées d’argent.

Voir aussi Bibliographie . .

Articles connexes

Liste des anciennes communes de l'Aube

Liens externes

Notes et références Notes

Références

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