Le Systema (en ) terme signifiant « système » est un art martial russe utilisé par certains groupes des forces spéciales russes. Il a été créé à partir d'observations réalisées par des scientifiques, de certaines techniques utilisées dans différents arts martiaux connus en Russie et autour de la planète. Il trouve son origine pendant l'ère soviétique avec la création du Samoz de Viktor Afanassievitch Spiridonov. Le gouvernement soviétique en avait restreint l'apprentissage et l'utilisation à certaines divisions de ses forces d'élites, comme les Spetsnaz (en russe : ), terme désignant les Forces spéciales. Depuis la dissolution de l'URSS, la pratique du Systema est ouverte à tous.

Origine

Le Systema trouve son origine dans plusieurs sources, parmi lesquelles les deux influences principales se retrouvent surtout dans le samoz (sambo) de Viktor Afanassievitch Spiridonov ,avec l’intégration de la gymnastique militaire appliquée Le Samoz est à la base du Systema est un fait corroboré par Alekseï Alekseïevitch Kadotchnikov, fondateur du Kadotchnikov Systema en 1962 et par le général Alexandre Retouinskikh, fondateur du Retouinskikh Systema (ROSS) en 1995., et, plus près de nous, des Cosaques, qui pratiquaient eux aussi un art martial très proche et sans doute en partie issue des luttes traditionnelles slaves. Cette seconde approche est cependant discutable et controversée car les liens reliant le Systema aux Arts Martiaux Russes anciens (AMR) n’ont jamais pu être clairement établis de manière spécifique et significative. En fait, ils seraient plutôt le résultat d’une campagne nationaliste et de désinformation Vassily Sergueïevitch Ochtchepkov, principal instigateur de la création du Sambo russe, a été sommairement exécuté par la police secrète le 11 octobre 1937 dans un Goulag de Sibérie, pour avoir simplement associé que les bases du Sambo russe reposaient sur le Judo et le Ju-jitsu japonais. Pour le Gouvernement, ce système de combat « officiellement russe » devait reposer exclusivement sur les arts martiaux russes anciens. Cette campagne de désinformation a été maintenue par les services secrets soviétiques jusqu’en 1982, lors de la publication du livre Les dix mille chemins de la victoire par Mikhaïl Nikolaïevitch Loukachev. L'enquête de Loukachev exposait les faits réels sur la création du Sambo et sur ses origines. menée par les Services secrets soviétiques (NKVD, GPU, MVD, KGB, etc.), associant toute création produit de l’URSS, provenant uniquement d’un patrimoine russe traditionnel, dans le but de favoriser et de promouvoir le patriotisme durant la période de la guerre froide. Aucun lien direct reliant le Systema aux arts martiaux russes n’a jamais pu être clairement établi ni prouvé Les gestes ressortant souvent dans le Systema sont souvent faciles à décrire avec des termes d'escrime, et les chevaliers Russes ayant eu des armures en cottes de mailles plutôt que des armures de plate. Les mouvements qui sont toujours en sortie de l'attaque et certains exercices spécifiques permettent de lier le Systema avec les entraînements anciens, sans que ce soit nommé expressément.. Diverses autres méthodes de combat corps à corps soviétiques et provenant d’autres origines, datant de la Seconde Guerre mondiale, ont également influencé le Systema.

Le Systema a été aussi connu durant la période de la guerre froide sous l'appellation de Combat Sambo Spetsnaz (russe : ). Cet art martial russe est la forme évolutive du Samoz et/ou du Sambo de Viktor Spirodonov. L'évolution du Samoz de Spirodonov et du Sambo d'Ochtchepkov a été maintenu en parallèle au Sambo (sportif et militaire) par le NKVD qui lui-même est devenu le KGB par la suite. C'est hors du sentier officiel de l'évolution du Sambo militaire et sportif, que le Systema fut créé, même si ce dernier se repose sur les bases des travaux de Spirodonov sur le Samoz. Le Systema moderne serait alors le résultat d’une recherche intensive et du développement d'un projet s’échelonnant sur plusieurs générations d’instructeurs de combats corps à corps au Dynamo de Moscou entre les années 1920-1980, dans la poursuite des travaux déjà initiés par V.A. Spirodonov et V.S. Ochtchepkov. Ceci place le Systema dans la même lignée d’entraînement militaire au combat corps à corps que le Sambo de combat et autres styles relatifs.

Contenu

Le Systema se définit comme un art où l'économie des mouvements et la décontraction sont des éléments primordiaux au combat. Il peut comporter plusieurs similitudes relatives aux techniques de l'aïkido, du taiji quan et des arts martiaux dits « internes » en général. Il a été conçu pour être très adaptable et pratique. L’entraînement s’effectue aux moyens d’exercices basés sur la biomécanique du corps humain, et des exercices de respiration et entraînement avec partenaire(s), au lieu des kata traditionnels prédéfinis. L’emphase est placée principalement sur les six leviers du corps (coudes, cou, genoux, taille, chevilles et épaules), ainsi que sur l’enseignement des points de pression et leurs applications de même que sur les renversements et projections. Il n’y a pas, à proprement parler, de techniques qui sont enseignées au Systema. L’enseignement se base plutôt sur l’apprentissage de principes liés au combat et qui favorisent l’improvisation en toutes circonstances.

Les coups portés sont relativement libres, contrairement à la majorité des arts martiaux orientaux ; il n'y a pas de postures, ni d'enchaînements prédéfinis. Le pratiquant est libre de développer son imagination. L'aspect technique concerne plutôt la façon de donner les coups. Durant les combats, les coups sont systématiquement portés ; le geste va jusqu'à son terme. C'est la vitesse de l'exercice qui varie en fonction du niveau des combattants, ce qui permet de décomposer des attaques réelles et petit à petit d'augmenter sa vitesse d'exécution. Au Systema, il n'y a pas de grade ni de tenue spécifique. Les cours se déroulent autour de différents exercices : exercice à un contre un ; exercice dans une situation particulière (assis sur une chaise, dans un couloir, contre des armes blanches ou armes à feu, etc.) ; exercice à plusieurs contre un (2, 3, etc.) ; exercice tous contre un, ou tous contre tous, appelé le Mass Attack : un groupe s'en prend à un seul participant tout en l'encerclant, le défendant devant apprendre à se déplacer, esquiver, se protéger et s'échapper ; le cas chacun pour soi : les participants doivent chercher à se maintenir constamment en mouvement, et ne pas tenter de contrôler les absorptions de coups, cela étant impossible. Ils doivent chercher à rester détendu, cet exercice comme beaucoup d'autres étant principalement effectué pour le conditionnement psychologique, pour rester détendu dans des situations difficiles ; etc.

La respiration est la pierre angulaire du Systema. L'apprentissage et le contrôle de sa respiration doivent permettre de dissiper la douleur, de porter les coups et d'attaquer avec conscience et efficacité, et d'être dans de bonnes conditions psychologique et physiologique d'aptitude au combat.

En fin de cours, tous les combattants se retrouvent en cercle pour discuter des exercices. C'est le moment de l'apprentissage théorique et collectif.

Forces spéciales

vignette|200px|Emblème des Forces Spéciales du GRU : Glavnoje Razvedyvatel'noje Upravlenije.

Parce qu’il existe plusieurs styles de combat différents pratiqués par les Forces armées russes et ses Forces spéciales, plusieurs de ces arts de combats sont confondus avec le Systema. Par exemple, certaines divisions et membres des Forces Spéciales s’entraînent au Boevoe Sambo ou au Combat Sambo (sambo de combat et militaire), ces derniers étant des méthodes distinctes du Systema. Par contre, d’autres corps armés des Forces Spéciales s’entraînent au Combat Sambo Spetsnaz (sambo de combat des Forces Spéciales), qui est le nom ancien que portait le Systema durant la période de la Guerre froide, d’où l'existence d'une certaine confusion.

Les premiers pratiquants de ce qui est devenu le Systema étaient les membres de police secrète. Après la mort de Staline, le Systema est devenu un style de combat employé par certaines Unités d’Opérations Militaires Spéciales pour les missions à haut risque : les Spetsnaz. Ils opéraient pour le KGB, le GRU et autres bureaux gouvernementaux. Il existait et il existe toujours, différents arts de combats enseignés et pratiqués par les unités des Forces Spéciales russes et le Systema en est un parmi d’autres. Donc, les unités Spetsnaz ne pratiquent pas toutes le Systema. Aujourd'hui, certaines unités des Spetsnaz du GRU, par exemple, s'entraînent selon une méthode de combat bien plus proche du Kung-Fu Wu-shu chinois, enseignée par Alexandre Popov Style "chinois" de certains Spetsnaz du GRU. Kung-Fu d'Alexander Popov. et n'ayant aucun lien avec le Systema.

En Russie, la dénomination du combat manuel (combat à mains nues) est Rukopashnii boi (Рукопашный бой) Fédération russe de combat à mains nues Izvor : (Федерация русского рукопашного боя Извор).. Ce terme couvre également l'utilisation d'armes, contrairement au Borba Sambo.

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Principales écoles

Le systema se basant sur des principes et non des techniques de combats codifiés, plusieurs variantes de cette disciplines ont émergé. Avec le temps, certains pratiquants ont développé leur propre méthode et leur compréhension propre, leur style reflète de plus en plus leur préférence et leur personnalité unique. C'est une observation déjà notée chez les étudiants senior et chez d’autres pratiquants de haut niveau. Plusieurs méthodes de Systema Présentantion des méthodes de Systema les plus connues - Top Secret Video : Russian SpetsNaz "Systema" video at disclose.tv. ont été ainsi créées, dont voici les plus populaires :

Systema Kadochnikov

Fondé par Alekseï Alekseïevitch Kadochnikov, général de division de l'armée cosaque d'Orenbourg Кадочников Алексей Алексеевич, enc-bi.ru., en 1962, et développé par son fils, Arkady Alekseïevitch Kadochnikov, lieutenant-colonel à la retraite Кадочников. Легенда рукопашного боя, pikabu.ru, 29 avril 2019.. Il s'agit du premier style de systema créé, les autres écoles étant apparues plus tardivement, notamment à partir des années 1990. Le procédé mis au point par Kadochnikov a été officiellement breveté en Russie en novembre 2000 sous le numéro RU 2159580 Description complète du brevet RU 2159580, Способ А. А. Кадочникова самозащиты от нападения.. Le Systema Kadochnikov Alekseï Alekseïevitch Kadotchnikov, fondateur du Kadotchnikov Systema (Официальный сайт Системы Кадочникова А. А.). est basé en partie sur le Samoz (Sambo) de Spiridonov ainsi que plusieurs formes russes de combat au corps à corps, datant de la Seconde Guerre mondiale.

Alekseï Alekseïevitch Kadochnikov était ingénieur en génie mécanique. C'est pour cette raison que ce système repose dans son enseignement sur les lois de la physique appliquées au combat, chaque mouvement étant expliqué et justifié par un principe de mécanique ou de biomécanique plutôt que simplement montré et répété. Cette approche scientifique du corps humain, envisagé comme une structure de leviers et de points d'appui, permet de rechercher un maximum de résultat avec un minimum d'effort. Elle constitue aujourd'hui encore l'un des traits distinctifs les plus marqués de cette école par rapport aux autres branches du systema.

Retouinskikh Systema ou ROSS