Ailly-sur-Somme est une commune française située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.
Géographie Localisation Ailly-sur-Somme est un village picard de l'Amiénois.
À vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune., la localité est située à au nord-ouest d'Amiens et à au sud-est d'Abbeville.
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Somme canalisée, le fossé de Picardie, le bras de décharge aval rg ecl 19 Ailly de la vanne du bras de décharge au canal de la Somme et le bras de décharge rg ecl 19 Ailly du conf du canal de la Somme à la vanne du bras de décharge.
Le canal de la Somme, construit entre 1770 et 1827, et mis au gabarit Freycinet en 1880, est long . Il débute à Saint-Simon où il touche au canal de Saint-Quentin et débouche dans la baie de Somme.
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'Ailly-sur-SommeLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Somme aval et Cours d'eau côtiers ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Somme canalisée. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte d'aménagement hydraulique du bassin versant de la Somme (AMEVA).
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Nord-est du bassin Parisien » et « Côtes de la Manche orientale ».. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Glisy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Ailly-sur-Somme est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'Ailly-sur-SommeUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l'agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Ailly-sur-Somme comprend une ville-centre et deux communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Voies de communication et transport La commune est située sur la route D1235, qui relie Amiens à Belloy-sur-Somme, avant de fusionner avec la D1001.
Ailly-sur-Somme est desservie par la ligne 728 (Saint-Léger-les-Domart - Flixecourt - Amiens) du réseau Trans'80
La gare d'Ailly-sur-Somme est desservie par la ligne P21 du réseau TER Hauts-de-France, cette ligne effctue des liaisons ominbus entre Abbeville et Amiens, voire Albert
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (58,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (61,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (54,8 %), forêts (26,1 %), zones urbanisées (9,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (6,7 %), zones agricoles hétérogènes (3,3 %), prairies (0,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Alliacum vers 1050 (hagiographie de Saint Angilbert).
Ailly en picard.
La Somme est un fleuve en région Hauts-de-France, qui traverse les deux départements de l'Aisne et de la Somme.
Histoire 1843-1845 : création sur les bords de la Somme de la filature de lin Bocquet, Cohin & Cie sur une propriété d'Alexandre Dehesdin. : accident ferroviaire.
L'accident ferroviaire de 1906 Source (texte et photo) : « En Picardie - La Somme autrefois », de Jacques Béal (Éditions Horvath, 1982)
L'orage de ce jour-là eut un effet salutaire. 300 ouvriers d'une usine de Saint-Sauveur attendaient dans leur atelier, à l'heure de la sortie, une accalmie. Ce contretemps leur évita de se trouver massés comme ils en avaient l'habitude, le long du passage à niveau à l'heure où passait, comme chaque jour, à 90 à l'heure, le Calais-Bâle.
Le chef de gare entendit un coup de tonnerre suivi d'un énorme fracas. La marquise de la gare vola en éclats. Au milieu d'un mélange d'eau, de verre pilé, de boue, le préposé au chemin de fer aperçut une locomotive gisant sur son bas-flanc contre un mur de la gare à demi-écroulé. Le 1273 avait tamponné l'arrière d'un train chargé de briques. La pluie n'empêcha pas la curiosité. Les secours s'organisèrent. Des voitures éventrées, disloquées, sortaient, hagards, hébétés, une quarantaine de voyageurs tout surpris d'être encore en vie. Il n'y eut que trois blessés légers. Seules les briques rouges réduites en poudre, mêlées à l'eau, donnaient à cet accident une couleur tragique.
Accident de 1906 relaté par la presse de l'époque ____ Extrait du Progrès de la Somme du ____ vignette|right|Le Progrès de la Somme Tamponnement à Ailly-sur-Somme Le Rapide Calais-Bâle tamponne un train de marchandises. - Cinq blessés. - Dégâts énormes. « Le train rapide Calais-Bâle a coupé en deux un train de marchandises, en manœuvres, en gare d'Ailly-sur-Somme ; il y a de nombreux blessés. ». Telle était la laconique autant que grave nouvelle qui nous parvenait hier soir.
Confirmée à la gare du Nord, cette dépêche ne pouvait nous être plus expliquée, et aussitôt nous envoyions un de nos collaborateurs sur les lieux de l'accident, qui aurait pu dégénérer en catastrophe, sans des circonstances heureuses, comme (on) le verra plus loin. À Ailly-sur-Somme À notre arrivée à Ailly-sur-Somme, le spectacle est effrayant.
La gare est en partie démolie, la marquise a disparu, les sémaphores sont renversés, les remises de pompes et les dépendances de la gare n'existent plus.
Locomotives, fourgons, wagons sont en travers des voies, totalement obstruées et elles-mêmes arrachées.
Tout cela éclairé par des lampes puissantes qui projettent sur tous ces débris des lueurs tragiques.
Un va-et-vient continuel d'hommes d'équipe, d'employés, agitant leurs lanternes ou leurs signaux ne contribue pas peu à rendre le spectacle fantastique, pendant que les voyageurs qu'on transborde, errent éperdus à travers les débris des trains tamponnés.
Une foule énorme de curieux se presse le long des barrières du chemin de fer, celles qui ont été épargnées, et tout ce monde est maintenu à grand peine par les gardes, les gendarmes et les pompiers d'Ailly-sur-Somme. Le tamponnement
Comme bien on pense, dans le désarroi qui a suivi le tamponnement, les renseignements sont difficiles à recueillir, les commentaires cependant vont leur train, et il nous faudrait des colonnes pour les rapporter ici.
Prenons donc la version qui nous en a été donnée par un des premiers témoins de l'accident.
Il était 6 heures du soir, l'orage qui venait d'éclater battait son plein, et peu de monde était dehors, pour cette raison justement.
Tout à coup un bruit formidable se fit entendre et la gare d'Ailly-sur-Somme disparut sous un épais nuage de fumée.
En même temps des cris se faisaient entendre, des appels « Au secours ! » partaient de la gare.
Les voisins, MM. Gabriel ESTAGNOL, BATTEUX, le chef de gare M. MATHAN, etc. accoururent et se rendirent compte de ce qui s'était produit.
Le Calais-Bâle avait tamponné un train de marchandises en manœuvres, demeuré on ne sait encore pourquoi sur la voie et les deux convois s'étaient télescopés.
La locomotive du rapide était culbutée sur la voie montante, pendant que la machine du train de marchandises tombait de l'autre côté. Wagons et fourgons se disloquaient et l'un d'eux entrait dans les dépendances de la gare, pendant qu'un wanon-couloir, formant bélier, démolissait une maison inhabitée, située à la sortie du passage à niveau d'Ailly à Saint-Sauveur. La marquise de la gare arrachée ainsi que les sémaphores venaient barrer le passage à niveau qui, de ce fait, se trouve absolument bouché.
Les secours
Aussitôt la population d'Ailly-sur-Somme, dont le dévouement est au-dessus de tout éloge se portèrent à la gare, M. BATTEUX, commandant des pompiers, fit battre "la générale" rappelant ses hommes, les gardes champêtres BATTEUX d'Ailly, ORIAL de Saint-Sauveur, PARIS d'Argœuves, etc., organisèrent le service d'ordre ; les gendarmes de Picquigny descendirent au galop et on s'occupa des blessés.
Le chauffeur du rapide était assez grièvement blessé, il avait l'épaule fracturée, des voyageurs, la plupart des Anglais, étaient contusionnés. On les transporta dans les maisons voisines, où ils reçurent les premiers soins de M. le docteur CHEVALIER d'Argœuves, aidé de M. GUÉRIN, pharmacien à Ailly.
Pendant ce temps, un train de secours partait d'Amiens, amenant du matériel, une équipe d'ouvriers, des docteurs, des ingénieurs et des inspecteurs. Tous se multiplièrent et parvinrent à ramener le calme.