thumb|250px|Couverture de L'argot de l'X illustré par les X (1894), eau-forte originale de Bracquemond.

L'argot polytechnicien ou argot de l'X désigne le jargon spécifique à ceux qui vivent ou ont vécu à l'École polytechniqueÉcole surnommée « l'X » ; ce vocable désigne aussi par extension les élèves et anciens élèves de l'École., en particulier les élèves, anciens élèves et professeurs.

Histoire L'École polytechnique est créée en 1794, mais les traditions ne se développent vraiment qu'à compter du Second Empire : au cœur des bouleversements de son époque, sur le site de l'École.. L'une des premières sources écrites concernant l'argot polytechnicien est , ouvrage publié en 1894, dû à polytechniciens : Albert LévyAlbert Lévy (1844-1907) sur le site de la bibliothèque centrale de l'École polytechnique ; lancer une recherche en cliquant sur le lien « La famille polytechnicienne … » si la page adéquate ne s'affiche pas., de la promotion 1863, et Gaston PinetGaston Pinet (1844-1913) sur le site de la bibliothèque centrale de l'École polytechnique ; lancer une recherche en cliquant sur le lien « La famille polytechnicienne … » si la page adéquate ne s'affiche pas., de la promotion 1864.

Procédés courants Échange des suffixes -al et -aux Ce procédé, existant déjà en 1894, consiste à singer la règle du pluriel des mots en -al. Ainsi, un mot se terminant par le son /al/ verra sa terminaison remplacée par le son /o/, et inversement. Par exemple « plateau » devient platal, pour désigner le campus de l'École sur le plateau de Saclay à Palaiseau. Dans le même ordre d’idée, un nom se terminant par le son /-al/ et dont le pluriel est régulier verra celui-ci changé en -aux : on dit par exemple « un crotale » mais des crotaux pour désigner un chef de salle à l'École polytechniqueDéfinition de « crotale », dans le TLFi., sans pour autant que le singulier soit changé en crotalAvant, pendant et après l'X, souvenirs de Louis Koch, X 1951, sur le site de sa promotion.. Ce procédé est aussi utilisé au lycée militaire de Saint-CyrDictionnaire analytique des termes spécifiques au Coldo..

Apocope L'apocope consiste à supprimer des phonèmes en fin de mot. Ce procédé souvent utilisé en français l'est aussi dans l'argot polytechnicien. Ainsi, L'argot de l'X (1894), cite entre autres, car ils sont assez nombreux, les mots coeff, exam et labo désignant respectivement le coefficient (d’une matière au concours d’entrée ou à un examen), les examens et laboratoires de l'École. Ces mots font désormais partie du langage courant. Aphérèse L'aphérèse consiste à supprimer des phonèmes en début de mot. Ce procédé peu courant en français est en revanche souvent employé dans l'argot polytechnicien. Ainsi, commissaire, capitaine et cabinet ont donné respectivement missaire, pitaine et binet. Certains mots subissent à la fois une apocope et une aphérèse, comme administration qui devient strass.

Spécialisation orthographique Au cours de l'histoire, certains mots ont connu plusieurs orthographes. La tendance est à l'ajout d'accents circonflexes (Platal devient Platâl), le remplacement du son /kɑ/ par un K (Poincaré devient point K) et l'emploi d'une orthographe alternative (jaune et rouge deviennent respectivement jône et rôuje). Ainsi, commiss (déjà abréviation de commission) s'est transformée en khomiss puis en khômiss et la caisse est désormais appelée kès.

Origine des mots Langues étrangères Au déjà, des élèves étrangers étaient présents à l'École. C'est pourquoi l'argot polytechnicien trouve aussi sa source dans de nombreuses langues étrangères. Ainsi, schiksaler, tirer au sort, vient de l'allemand Schicksal, « destin ». Le polonais żubr (Bison d'Europe) a donné zoubr qui désignait un cheval en argot polytechnicienL'argot de l'X, extrait de Fonctionnaire ou touriste ? par Michel Malherbe, X 1950, sur le site de la promotion 1951., probablement parce que c’est zèbre qui a initialement fait cet office.

Mathématiques École d'ingénieur, Polytechnique a pris de nombreux mots de son argot dans le langage mathématique. Ainsi, l'épée portée par les polytechniciens est appelée « tangente » et nabla (du nom de l'opérateur différentiel) désigne un objet quelconque.

Militaire L'École polytechnique a aussi la particularité d'être sous statut militaire. De cette proximité avec l'armée, résulte un échange de vocabulaire entre les argots militaires, polytechniciens et saint-cyriens. Ainsi, la « frégate » a désigné à une époque le bicorne des élèves, tandis que conscrit fait référence dans l'argot de l'X à un élève de première année.

Administratif L'École polytechnique ouvre également vers les carrières des grands corps administratif de l'État français. Dans l'argot des élèves de l'École polytechnique, les « corpsards » désignent ainsi les anciens élèves qui ont choisi de devenir des hauts fonctionnaires des grands corps techniques. La « botte »La feuille de botte est le moyen par lequel les futurs corpsards indiquent leur ordre de préférence pour les corps d'État qu’ils souhaitent intégrer à la sortie de l'École, en fonction de leur classement de sortie. désigne les élèves ayant le meilleur classement, susceptibles d'intégrer un corps prestigieux. Dans le même ordre d’idée, la « pantoufle » caractérise ; ainsi, on peut dire d'un haut fonctionnaire qu'il est en train de « pantoufler », lorsqu'il rejoint une entreprise privée : cette expression s'est généralisée aux fonctionnaires non-polytechniciens.

Noms propres Certains termes utilisés proviennent des noms de personnes ayant encadré les élèves ou d'élèves eux-mêmes comme : berzé pour « montre » ou « horloge », du savant Jöns Jacob Berzelius qui était venu en visite à l'École vers 1819 ; gigon pour « supplément » car l'élève Gigon avait l’habitude de faire plus qu'on ne lui demandait ; ou merca pour « lumière », du nom de Monsieur Mercadier, directeur des études, qui a fait installer des lampes à incandescence dans divers lieux de l'École.

Influence Certains mots de l'argot polytechnicien sont rentrés dans le langage courant comme sécher ou « être sec », laïus, bafouiller, binôme ou encore l'abréviation qq pour « quelque ».

Exemples

Au fil des années s'est développé à l’École un argot dont voici quelques exemples : Argot Signification Origine Casert Logement des élèves Casernement Cocon Élève de l'X d'une même promotion (désuet) Co-conscrit, en référence à « conscrit », ci-après Conscrit Élève de l'X de première année En référence à la conscription militaire Carva Site de l'ancienne École, à Paris Apocope de Carvallo (X1877), directeur des études de l’École de 1909 à 1920 Klub Les cinquante derniers du classement de sortie Association des 50 derniers de la promotion d’après le classement établi par les évaluations classantes.. Magnan Restaurant des élèves mais au départ : l'intendant Une magnanerie est un lieu d'élevage des vers à soie, donc des cocons, c'est-à-dire des élèves de l'X, définition de « cocon » ci-avant. Il est néanmoins plus probable qu'en réalité Magnan tire initialement son nom de Jacques François Lemeignan, qui fut au siècle préposé aux vivres de l'intendance de l'École ; la théorie des cocons aurait cependant alors tout à fait pu stimuler l'adoption de ce nom, ou expliquer son orthographe.Une autre explication attribue l'origine à Fernand Magnan, (|X1876), « amateur de bonne chère » et sans doute commissaire. Portier en partant de la fin du classement de sortie Premier (ou dernier selon le sensSelon le sens, ascendant ou descendant, de circulation dans le classement de sortie.) du Klub Tangente Épée du polytechnicien L'épée doit se porter du pantalon (vue de face), ainsi qu'à la courbe des fesses, au (vue de profil)

Annexes

Bibliographie .

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Articles connexes

Polytechnicien L’argot polytechnicien et le Grand Uniforme Argot normalien Argad'z Argot scolaire

Liens externes Bibliographie des dictionnaires d'argot, de français « populaire » et de français familier - Polytechnique, sur languefrançaise.net

Notes et références Notes

Références

Catégorie:École polytechnique * Catégorie:Jargon militaire