Ali Boumendjel, né le à Relizane et mort le à El Biar, est un avocat et militant politique algérien.

Torturé et exécuté par les parachutistes du général Massu lors de la bataille d'Alger durant la guerre d'Algérie, son assassinat est alors maquillé en suicide.

Biographie

Issue d’une famille paysanne originaire de la commune de Beni Yenni en Kabylie, Ali Boumendjel naît à Relizane, dans le nord-ouest de l'Algérie, fils de l’un des premiers instituteurs kabyles installés dans l’Oranie.

Ali fait des études de droit et devient avocat. Son éveil politique s’effectue au temps du Front populaire. Il est marqué par l’appel à l’émancipation de la nation algérienne que lance Messali Hadj et sensible à l’engagement et à la mobilisation communiste dans le Congrès musulman. Il refuse le service militaire dans l’Armée française, ce qui lui vaut d’être fiché pour activités anti-françaises

Après 1945 il est comme son frère, membre de l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) et collabore au journal L'Égalité, il fait partie aussi des amis d'Alger républicain et devient l’homme des contacts sinon des alliances dans les tentatives de front démocratique avec le Parti communiste algérien. pour être un des fondateurs aux côtés des communistes et de progressistes français du Conseil mondial de la paix. En avril 1949, Son action au Mouvement de la paix dans la mouvance soviétique aggrave la charge de son dossier de police, d’autant que le Mouvement de la paix a un écho libérateur dans les pays dominés, en Égypte notamment.

Assassinat maquillé en suicide sur ordre d’Aussaresses

Ali Boumendjel est arrêté le , pendant la bataille d'Alger. Il est détenu en divers lieux de la région d'Alger et torturé. Il est assassiné quarante-trois jours après son arrestation, le 1957, sur ordre du commandant Paul Aussaresses, lui-même obéissant aux ordres de ses supérieurs, et qui le reconnaitra lui-même dans ses mémoires parus en 2001, confirmant que l'exécution avait été planifiée. Ali Boumendjel a été jeté du sixième étage d’un immeuble abritant un centre de torture, situé à El Biar sur les hauteurs d’Alger, permettant de maquiller son assassinat en suicide par défénestrationMort du général Aussaresses, tortionnaire en Algérie. Sa mort avait secoué les intellectuels français de tous bords cherchant à connaitre la vérité sur la fin de ce jeune avocat pacifiste. C'est dans ce même immeuble qu'ont été détenus et torturés le journaliste Henri Alleg et le mathématicien Maurice Audin, lui-même porté disparu depuis lors.

Reconnaissance de l'État français À la suite des préconisations du rapport de l'historien Benjamin Stora sur la mémoire franco-algérienne, le , le président français Emmanuel Macron reconnaît qu'Ali Boumendjel a été par l'armée française. Le président a reçu quatre des petits-enfants d'Ali Boumendjel pour leur annoncer la reconnaissance, au nom de la France, de son assassinat. Le communiqué évoque ainsi l'aveu de Paul Aussaresses d'avoir ordonné à l'un de ses subordonnés de maquiller l'assassinat en suicide.

Après cette rencontre, un groupe de 18 jeunes d'origines différentes travaillent sur les et remettent un rapport en .

Distinctions En 1999, Ali Boumendjel reçoit l'ordre du Mérite national algérien à titre posthume.

Hommages En Algérie vignette|Accès Théâtre de la station Ali Boumendjel du métro d'Alger. Une rue et une station du métro portent son nom à Alger ainsi qu'une cité à Relizane, sa ville natale. En , une rue Ali Boumendjel est inaugurée en France, à GonesseL'avocat nationaliste algérien Ali Boumendjel a désormais une rue à son nom à Gonesse, site lefigaro.fr, 29 novembre 2022..

En France Le , le conseil municipal de Gonesse décide à l'unanimité de donner le nom d' au mail de la ville. Le , la plaque de rue portant cette mention est dévoilée en présence de du militant nationaliste.

Décorations

50x50px Ahid de l'ordre du Mérite national d'Algérie.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Ahmed Boumendjel Ferhat Abbas Paul Aussaresses

Sources Malika Rahal, Ali Boumendjel : une affaire française, une histoire algérienne, Paris, Belles Lettres, 2010 et Alger, Barzakh, 2011 Malika Rahal, « La terrasse. Retour sur une histoire du temps présent », billet (consulté le ) Paul Aussaresses, Services spéciaux Algérie, 1955-1957 : mon témoignage sur la torture, Paris, Perrin, 2001. Pierre Vidal-Naquet : « Il faut prendre ce livre pour ce qu'il est, les Mémoires d'un assassin » sur Algeria-Watch

Liens externes

Catégorie:Personnalité de l'Union démocratique du manifeste algérien Catégorie:Membre du Front de libération nationale (Algérie) Catégorie:Avocat algérien Catégorie:Personne torturée pendant la guerre d'Algérie Catégorie:Personnalité politique algérienne assassinée Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Mérite national (Algérie) Catégorie:Naissance en mai 1919 Catégorie:Naissance à Relizane Catégorie:Décès en mars 1957 Catégorie:Décès à El Biar Catégorie:Décès à 37 ans Catégorie:Mort assassiné en Algérie Catégorie:Indépendantiste algérien mort pendant la guerre d'Algérie