L’offensive Dniepr-Carpates est une offensive stratégique menée du au par les , , et fronts d'Ukraine et le de Bielorussie contre le groupe d'armées Sud, dans le but de reprendre les territoires d'Ukraine et de Moldavie occupés par les forces de l'Axe. Cette opération amène l'Armée rouge aux portes de la Roumanie et de la Pologne, détruisant allemandes et roumaines et en réduisant à moins de la moitié de leur effectif.
Contexte historique vignette|gauche|Carte de la bataille du Dniepr, 1943 (carte établie par les services de l'armée des États-Unis). Dans le cadre de la bataille du Dniepr à l'automne 1943 qui permet de libérer la rive gauche et l'Est de l'Ukraine et de percer les positions de la allemande en Crimée, plusieurs têtes de pont soviétiques sont établies à travers le Dniepr, qui seront le fer de lance de l'offensive.
La Wehrmacht se retrouve désavantagée par la directive de Hitler qui donne l'ordre de rester sur la défensive, les renforts allemands futurs étant déployés en Europe de l'Ouest occupée afin de contrer l'invasion anglo-américaine, attendue de pied ferme John Keegan, Kursk and the Recapture of Western Russia. The Second World War, Harmondsworth, Middlesex, Penguin Books, Ltd, 1989 , ..
Ordre de bataille Axe Groupe d'armées Sud d'Erich von Manstein comprenant : Panzer-Armee du général Erhard Raus, région de Jytomyr ; Panzer-Armee de Hans-Valentin Hube, Sud de Tcherkassy ; allemande d'Otto Wöhler, région de Kirovohrad ; allemande de Maximilian de Angelis, reformée après la bataille de Stalingrad. Groupe d'armées A d'Ewald von Kleist comprenant : roumaine de Petre Dumitrescu, Nord de la Crimée ; allemande en Crimée, non concernée par cet article.
S'ajoutait également la hongroise d' maintenue en réserve par von Manstein ainsi qu'un soutien aérien de la Luftflotte 4 de la Luftwaffe.
URSS
ukrainien (Nikolaï Vatoutine) : de la Garde ; soviétique ; soviétique ; blindée de la Garde.
ukrainien (Ivan Konev) : soviétique ; de la Garde ; soviétique ; de l'air.
Les de la Garde, la blindée de la Garde sont par ailleurs maintenues en réserve.
ukrainien (Rodion Malinovski) : soviétique ; soviétique ; de chars de la Garde ; soviétique.
La soviétique est par ailleurs maintenue en réserve.
ukrainien (Fiodor Ivanovitch Tolboukhine) : de la Garde ; de la Garde ; divisions roumaines alliées « Tudor Vladimirescu » (Nicolae Cambrea et Iacob Teclu) et « Horia-Cloșca-Crișan » (Mihail Lascăr) ; Flotte de la mer Noire.
L'offensive Première phase Elle peut se diviser en cinq offensives.
Offensive Jytomyr-Berdytchiv
vignette|gauche|Forces blindées soviétiques progressant vers Jytomyr, .
vignette|gauche|soldats allemands devant un T-34.
Lancée le par le ukrainien de Nikolaï Vatoutine, elle vise à percer les positions de la Panzer-Armee au sud de Kiev. Manstein tente de contre-attaquer avec Raus mais échoue en raison de l'absence de renforts. Le , il demande à Hitler la permission de battre en retraite mais ce dernier refuse, lui demandant de tenir ses positions.
Le , les Soviétiques prennent Koziatyn après plusieurs heures de combat. Korosten tombe le 29 et Jytomyr le 31. Berdytchiv se retrouve alors encerclée par l'Armée rouge et les renforts allemands dans le secteur sont stoppés par l'offensive de Kirovohrad.
Selon les rapports soviétiques, furent détruits et allemands tués ainsi que capturés « 16 Января 1944 - От Советского Информбюр », 9may.ru, consulté le 19 mars 2013..
Offensive Kirovohrad vignette|gauche|Tombes des victimes de l'occupation nazie à Kropyvnytskyï Le ukrainien d'Ivan Konev lance une offensive en direction de Kirovograd le permettant de stopper le Panzer-Korps tentant de renforcer la Panzer-Armee attaquée par Vatoutine. Manstein demande une nouvelle fois à Hitler la permission de battre en retraite, mais celle-ci lui est encore refusée.
Offensive Rovno-Loutsk Les troupes de Vatoutine continuent d'attaquer sur l'aile gauche allemande, progressant en direction de Lviv et de Ternopil, coupant la liaison entre le groupe d'armées Centre et le groupe d'armées Sud allemands ; par ailleurs ce dernier, dont l'aile droite est encore sur le Dniepr, est dangereusement étiré, un saillant étant apparu autour de Korsun.
Offensive Korsoun-Chevtchenkivskyï
vignette|gauche|Équipement militaire allemand détruit après la prise de Korsoun. vignette|Canon anti-char soviétique. Les Soviétiques déplacent ainsi leur effort principal plus au sud en attaquant de part (à l'ouest : ukrainien contre Panzer-Armee) et d'autre (à l'est : ukrainien contre Armee) de la base de ce saillant le . Les troupes soviétiques font rapidement leur jonction, encerclant au moins .
Débute alors une féroce bataille, surnommée « Petit Stalingrad », qui prend fin le , jour où le saillant est évacué par une contre-offensive allemande venue du sud. Environ échappent ainsi à l'encerclement mais en abandonnant leur armement lourd, tandis que ont été faits prisonniers par les Soviétiques.
Offensive Nikopol-Krivoi Rog Lancée par le ukrainien contre le groupe d'armées A d'Ewald von Kleist, elle mène à la destruction du saillant autour de Nikopol et de Krivoi Rog, encerclant les défenseurs allemands et mettant un terme aux opérations minières de la Wehrmacht dans le secteur, nécessaires à son effort de guerre John Keegan, Kursk and the Recapture of Western Russia. The Second World War, Harmondsworth, Middlesex, Penguin Books, Ltd, 1989, ..
L'offensive est cependant ralentie à la fin , les Soviétiques préparant les plans de la seconde phase de l'offensive Dniepr-Carpates, à plus grande échelle que la première phase H.P. Willmot, The Great Crusade: A New Complete History of the Second World War, New York, The Free Press , ..
Seconde phase Elle peut se diviser en 5 offensives, tout comme la première phase. Offensive Proskourov-Tchernivtsi vignette|Troupes soviétiques en Ukraine, 1944. Après le ralentissement de la progression soviétique à la fin février, l'Oberkommando des Heeres, commandement suprême de la Heer, armée de terre de la Wehrmacht, pensait que toute offensive soviétique supplémentaire dans ce secteur serait improbable. Cependant les Soviétiques planifient une offensive, avec six armées blindées stationnées en Ukraine H.P. Willmott, The Great Crusade: A New Complete History of the Second World War, New York, The Free Press, .. Le , l'offensive est lancée par le ukrainien de Gueorgui Joukov avec un barrage d'artillerie intense, prenant les Allemands par surprise. En raison du terrain très boueux, les troupes allemandes ne peuvent rester mobiles et les Soviétiques disposent d'un grand nombre de blindés et de camions de transport, leur donnant un avantage certain qui aura raison de la défense allemande.
Selon les rapports soviétiques, les Allemands et les Roumains ont perdu , et mis hors de combat « 04 Апреля 1944 - От Советского Информбюро », 9may.ru, consulté le 20 mars 2013.. Les pertes soviétiques étaient quant à elles estimées à , et .
Offensive Ouman-Botoșani
vignette|Les plans soviétiques lors de l'offensive d'Ouman-Botoșani.
Le , Ivan Koniev lance l'offensive, avançant rapidement et coupant les lignes de ravitaillement de la Panzer-Armee après avoir capturé Tchortkiv le . Le , le ukrainien neutralise deux Panzer-Korps lors de la prise d'Ouman H.P. Willmott, The Great Crusade: A New Complete History of the Second World War, New York, The Free Press, ..
Offensive Bereznegovatoye-Snihourivka Elle est lancée le , alors que le maréchal soviétique Fiodor Ivanovitch Tolboukhine avait été détaché afin de lancer les préparatifs de la libération de la Crimée qui aura lieu en avril-.
La Panzer-Armee, à présent commandée par le général allemand Hans-Valentin Hube, se retrouve totalement encerclée le et établit des positions défensives de style « forteresses ». Les lignes de défense allemandes parviennent à tenir jusqu'à l'arrivée de renforts du SS-Panzer-Korps, premier transfert de troupes sur le front de l'Est depuis la directive du Führer.
Les services de renseignement militaires soviétiques ignoraient totalement l'arrivée du SS-Panzer-Korps. Les troupes allemandes se déploient alors plus à l'ouest, contrairement aux plans soviétiques qui prévoyaient que ces dernières se seraient avancées au sud, consolidant leurs positions avec la Panzer-Armee. Malgré ce succès limité, Hitler blâme ses généraux pour le succès stratégique de l'offensive soviétique et limoge Manstein et von Kleist, commandants respectivement du groupe d'armées Sud et du groupe d'armées A, les remplaçant respectivement par Walter Model et Ferdinand Schörner et les renommant en Groupe d'armées Nord Ukraine et Groupe d'armées Sud Ukraine, indiquant son intention de reprendre les territoires perdus.
Selon les rapports soviétiques, entre les 6 et , l'Allemagne a perdu durant cette offensive ainsi que et détruits « 18 Марта 1944 - От Советского Информбюро », 9may.ru, consulté le 20 mars 2013..
Offensive Polésie Au sud de l'Ukraine, le ukrainien progresse vers Odessa et la Transnistrie sous contrôle roumain. Après trois jours de combats acharnés, la de la Garde avance de et perce les positions de la allemande. Cette dernière, malgré l'ordre de Hitler interdisant toute retraite, se replie derrière le Boug méridional le , échappant de ce fait à l'encerclement soviétique. Le , des lignes défensives improvisées sont établies. Une semaine plus tard, le , sous les assauts incessants de l'Armée rouge, les Allemands abandonnent leurs positions.
Offensive Odessa vignette|Mémorial d'Odessa. À partir du , le ukrainien est en mesure de lancer une offensive sur Odessa, opération finale de l'offensive. Le , la de la Garde de Vassili Tchouïkov et la soviétique attaquent les défenseurs allemands malgré la tempête de neige. Le , les derniers soldats allemands sont isolés à Odessa et refoulés derrière le Dniestr. Les Allemands présents dans la ville se rendent aux Soviétiques le . L'Armée rouge pénètre alors à proprement parler en Roumanie.
Selon les rapports soviétiques, entre le , les pertes du Reich et de la Roumanie s'élevaient à tués, capturés et 443 chars détruits « 15 Апреля 1944 - От Советского Информбюро », 9may.ru, consulté le 20 mars 2013..
Conséquences Les opérations ainsi que la libération de la Crimée infligent de lourdes pertes aux armées roumaine et allemande stationnées en Ukraine. Les lourdes pertes et la proximité des Soviétiques aux frontières roumaines poussent la Roumanie à engager des pourparlers de paix en secret à Moscou avec le gouvernement de l'URSS. Reconquêtes soviétiques Les oblasts de Vinnytsia, Volhynie, Jytomyr, Kiev, Kirovohrad, Rivne, Khmelnitski et une partie de celui de Poltova ainsi que la RSS moldave sont libérés, soit un territoire total de .
Analyse moderne Cette offensive n'est pas reconnue comme une grande victoire par les historiens occidentaux, qui portent plus d'intérêts aux petits succès de la Panzer Armee, en particulier lors de la bataille de la poche de Kamianets-Podilskyï. Après la fin de la guerre, certains des commandants soviétiques impliqués sont disgraciés et Staline fait supprimer la plupart des références à l'opération.
Notes et références
Articles connexes Opérations militaires soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale
Catégorie:Bataille de la Seconde Guerre mondiale impliquant l'Union soviétique Catégorie:Front de l'Est de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Histoire de la Roumanie pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Bataille de 1943 Catégorie:Bataille de 1944 Catégorie:Bataille de Gueorgui Joukov