Les Horizons divergents est le cinquième volume de la série spéciale de La Grande Anthologie de la science-fiction, paru en 1999.
L'ouvrage, consacré (comme les autres volumes de la série spéciale) aux auteurs francophones, notamment Québécois, réunit seize nouvelles publiées entre 1981 et 1996.
La préface est rédigée par Gérard Klein ; le choix des nouvelles a été opéré par Gérard Klein, Ellen Herzfeld et Dominique Martel ; l'ouvrage a été publié au « Le Livre de poche » en 1999.
Extrait de la préface (…) Entre tous, le plus difficile de tous les arts que doivent maîtriser des anthologistes est le dernier, celui de l'ordre de présentation des nouvelles, dès qu'ils renoncent à la simple chronologie. Histoire de mettre le lecteur dans le bain, les cinq premières reflètent différentes facettes d'une science-fiction relativement classique ; les cinq suivantes seront dites sociétales car elles jettent une lumière crue, et parfois cruelle, sur la société du début du prochain millénaire ; les six dernières enfin sont poétique, insolite, finale, improbable, uchronique, terrible, et donc inclassables. Il nous reste à espérer que l’avenir sera de plus en plus ce qu'il est et que nous continuerons à vous aider à le découvrir.
Liste et résumés des nouvelles L'Homme singulier Nouvelle de Jean-Jacques NguyenLa notice biographique placée en fin de volume précise que Jean-Jacques Nguyen, né le 6 novembre 1958 à Paris, professeur d'histoire-géographie, est un auteur qui a écrit une douzaine de nouvelles, la plupart étant reprises dans le recueil Les visages de Mars (1998).. Situation dans le recueil : p. 15 à 42. Résumé : Hélène Béroard est appelé par le service de la morgue de l'hôpital Broussais. On a trouvé un homme, décédé, qui portait une lettre à son intention. Peut-elle venir identifier le mort ? La jeune femme se rend à la morgue et identifie François. Elle se souvient de sa brève liaison avec lui. François lui a laissé un courrier personnel. Elle le lit : François lui explique qu'il a toujours été spécial. Dès l'enfance, il a compris qu'il n'était pas comme les autres enfants. Il avait le pouvoir de « ralentir le temps » et de lire les pensées des autres, et même de les effacer. L'utilisation, parfois involontaire de ce don, a été difficile, et parfois dramatique. Durant l'adolescence puis ses années de jeune adulte, il est parvenu à canaliser ce don. Il a pu domestiquer l'« atemporalité ». Plus tard, après des études en physique, il en est venu à penser qu'un minuscule trou noir était logé dans son cerveau : c'est ce trou noir qui lui permet de ralentir le temps et d'aspirer les pensées de ses voisins. Il est un « Homme singulier » au sens de la singularité gravitationnelle et quantique. Longtemps il a fui la compagnie des autres humains, jusqu'à ce qu'il tombe amoureux d'Hélène. Mais le trou noir de son cerveau a grandi en même temps que lui, et son don est devenu une malédiction. Quand Hélène l'a quitté, il en a été désespéré. Sa mort n'est pas un hasard : il s'est suicidé pour ne pas continuer à être différent et pour cesser de souffrir. Liens externes : Fiche sur iSFdb
Stellarum nox Nouvelle de Georges PanchardLa notice biographique placée en fin de volume précise que Georges Panchard, né le 4 septembre 1955 à Fribourg, en Suisse, juriste de formation, avait publié en 1990 quatre nouvelles.. Situation dans le recueil : p. 43 à 75. Remarque : le titre peut évoquer le poème Oceano Nox (1840) de Victor Hugo, qui provient d'une phrase de l’Enéide de Virgile (Livre II, 250), : « et la nuit s’élance de l'océan ». Résumé : L'histoire se déroule de 2051 à 2227. Les humains ont visité l'espace. Cela a coûté très cher aux finances publiques et, à leur retour, les astronautes n'ont pas été fêté comme ils pensaient l'être. Ils ne sont pas revenus en héros, et la société avait changé. Au fil des pages, les astronautes meurent les uns après les autres, et la liste des présents aux obsèques des collègues se réduit inévitablement. En fin de compte, il ne reste que MacAllister, très très vieux. Sa durée de vie est sans doute liée à sa rencontre avec les seuls extraterrestres rencontrés durant leur périple, les Shavaktaris, dont on n'a jamais rien su de concret. Désormais, en ce siècle, il continue à vivre et à ressasser son passé, désormais unique survivant. Liens externes : Fiche sur iSFdb
Mémoire vive, mémoire morte Nouvelle de Gérard Klein. Situation dans le recueil : p. 77 à 107. Remarque : Nouvelle de tonalité « science-fiction new wave ». Le titre fait un clin d'œil entre d'une part la mémoire vive et la mémoire morte en informatique, et d'autre part l'expérience de vie du narrateur qui bénéficie d'une immense mémoire vive qui lui permet de se rappeler tant de souvenirs, parfois dramatiques, et une mémoire morte qu'il aurait aimé acquérir. Résumé : Dans cette société du siècle, on implante désormais une « Perle » dans le cerveau des embryons. Cette Perle permet d'augmenter les facultés intellectuelles et de conserver une mémoire intacte pendant des années, voire des décennies. Dans une première partie du récit, on évoque la mère qui porte l'embryon à qui on va implanter une Perle. On lui explique les bienfaits attendus de cette Perle. Dans la seconde partie, le narrateur est l'embryon qui est devenu adulte. Désormais presque surhumain, il doit composer avec cette Perle qui augmente ses capacités intellectuelles et mémorielles, mais qui ne le rend pas forcément heureux. Quand il tombe amoureux d'une femme, c'est merveilleux, mais quand quelques mois après elle le quitte, c'est épouvantable : ne rien pouvoir oublier peut devenir une malédiction. Il est le premier humain qui demande à voir retirer la Perle. Le débat chez les juristes, les scientifiques et les politiques est vif, mais finalement on fait droit à sa demande. La Perle retirée, désormais il se sent libre, vraiment libre. Liens externes : Fiche sur iSFdb
Ad majorem Dei gloriam Nouvelle de Mario TessierFiche biographique sur iSFdb.. Remarque : le titre Ad majorem Dei gloriam, locution latine qui est la devise des Jésuites depuis cinq siècles, signifie « Pour la plus grande gloire de Dieu ». Publication : Yellow Submarine, numéro 120, 1996. Situation dans le recueil : p. 109 à 127. Résumé : La nouvelle est un courrier électronique que le Père Joseph Péniel, prêtre catholique, envoie au Vatican, au Préfet de la Congrégation pour la propagation de la doctrine et de la foi. Il rappelle comment l'Église a été amenée à créer le logiciel TOMAS (« Theological Orthodox Metaphysics Assisted Software »), qui permet d'implanter au sein d'autres logiciels la doctrine de saint Thomas d'Aquin. Or il a appris que la scientifique Mary Godwin avait créé le logiciel SURIEL (« Software for Universal Response Interface on Eiditic Logic »), la première intelligence artificielle de la planète, avec laquelle on pouvait discuter, échanger et même philosopher. Intrigué, Joseph Péniel est présenté à l'interface du logiciel. Il a un premier échange fort convaincant avec SURIEL. Cet échange porte sur la conscience qu'a le logiciel sur sa propre existence et sur son libre arbitre. Ébranlé par cette expérience, il demande à échanger de nouveau avec le logiciel. Cette seconde conversation porte encore sur le libre arbitre, mais aussi sur sa personnalité. Le logiciel se sent-il une personne ? A-t-il le sens du bien et du mal ? Les suites de cette discussion sont inattendues : le logiciel se demande s'il va solliciter auprès des humains un droit à acquérir la personnalité juridique. Le Père Péniel fait aussi injecter à SURIEL le logiciel métaphysique TOMAS. Et là il se produit un événement qui chamboule toutes ses connaissances et tout ce à quoi il s'attendait : SURIEL devient… un Ange et disparaît dans les arcanes du monde informatique. C'est pourquoi Joseph Péniel a l'honneur de proposer à sa hiérarchie un projet d'encyclique intitulé « Intelligentia Ex Machina ». Pour la plus grande gloire de Dieu. Liens externes : Fiche sur iSFdb
L'Arc tendu du désir Nouvelle de Philippe Curval. Situation dans le recueil : p. 129 à 150. Résumé : Liens externes : Fiche sur iSFdb
Une torture à visage humain
Nouvelle d'André Ruellan. Situation dans le recueil : p. 151 à 158. Résumé : Martin fait partie d'un groupe anarchiste qui a fait exploser l'Arc de triomphe de l'Étoile. Il est d'abord interrogé par les policiers, à qui il explique qu'« il ne sait rien », dans la mesure où chaque groupe anarchiste est indépendant des autres et que chaque membre ignore l'identité des autres membres de son groupe. Il ne peut donc rien déclarer. Le lendemain, il est emmené pour interrogatoire devant le juge d'instruction, qui l'interroge d'une manière très spéciale…
Dire non Nouvelle de Jean-François Somain. Situation dans le recueil : p. 159 à 229. Résumé : Liens externes : Fiche sur iSFdb
Les Voix dans la machine Nouvelle de Jean Dion. Situation dans le recueil : p. 231 à 253. Résumé : Liens externes : Fiche sur iSFdb
Sous l'œil mort de la caméra Nouvelle de Jean-Claude Dunyach. Situation dans le recueil : p. 255 à 265. Remarque : nouvelle de tonalité « science-fiction new wave ». Publication : nouvelle déjà publiée dans Univers 1986. Résumé : Le narrateur entre dans une rue qui est en fait une sorte d'arène. Il y a de nombreuses caméras de télévision. Le narrateur doit créer une performance artistique « sous l'œil mort de la caméra ». Liens externes : Fiche sur iSFdb
Pénurie Nouvelle de Jean-Pierre Andrevon. Situation dans le recueil : p. 267 à 278. Remarque : nouvelle à tonalité humoristique. Résumé : Dans une civilisation dystopique dans un futur indéterminé, tout devient de plus en plus petit, rétréci, malingre, rabougri. Le narrateur raconte une journée banale de sa vie, où il compare « la vie d'avant », dans laquelle régnait l'abondance, et « la vie actuelle » où tout manque. Les gens sont ponctionnés de leurs objets, de leurs corps, de leur espace de vie, par diverses « banques » qui opèrent les prélèvements inattendus et destructeurs sur leurs vies. Citations : Trois premières phrases : « Je m'étais couché à mi-nuit, dans un drôle d'état de demi-sommeil. Il me semblait avoir mal dormi, avec des fragments de rêves avortés. Une nuit bien courte de toute façon. ». Vers le milieu de la nouvelle : « J'ai décidé de commencer par le cinéma, et je suis entré dans une salle proche du ministère, « Le Ruisselet » (autrefois « Le Rio Grande »), où l'on projetait un film dont la critique avait dit le plus grand bien : « Le Grand Silence blanc ». La salle était déserte et je m'y suis installé à mon aise, sur un des quatre fauteuils — je veux dire : sur une des quatre caisses qui en tenaient lieu. Et pendant deux heures, je me suis abîmé dans la contemplation de l’écran blanc, qui scintillait faiblement dans les rayons du projecteur à bougies. Un beau film, vraiment reposant, et propice à la méditation. ». En fin de nouvelle : « J'ai mes vacances dans moins d'un mois. Avec nos économies nous pourrons peut-être partir une demi-journée. Si nous allions au parc naturel préservé ? Nous pourrions tremper nos mains dans l’eau pure de la fontaine, respirer l'odeur des fleurs de la serre, toucher l'écorce de l’arbre, écouter le chant enregistré des oiseaux et, peut-être, nous étendre cinq minutes sur le parterre d'herbe. Ne serait-ce pas merveilleux ? ». Liens externes : Fiche sur iSFdb
…suspends ton vol Nouvelle d'Élisabeth Vonarburg (). Situation dans le recueil : p. 279 à 296. Remarque : Nouvelle de tonalité « science-fiction new wave » ; « Ô temps, suspends ton vol » : citation issue du poème Le Lac de Lamartine.