Eppeville est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

La commune a été marquée par l'existence de la sucrerie pendant près de deux siècles, et qui a cessé la plus grande part de son activité en 2019

Géographie Localisation Eppeville est un village picard du Vermandois.

Limitrophe de Ham, la localité est située à au nord de Guiscard, à l'est de Nesle, au nord-ouest de Chauny, au nord de Noyon, au nord-est de Roye, au nord-ouest de Tergnier, au sud-ouest de Saint-Quentin, au nord-est de Compiègne, au nord-ouest de Laon et à au sud-est d'Amiens, à vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune..

Géologie et relief Le relief de la commune est peu accidenté, l'altitude maximum est de . Le paysage, dans les vallées, est marécageux. Le sol de la commune, sur les hauteurs, se compose de terres franches et argileuses, de tourbe dans les vallées de la Somme et de l'AllemagneNotice géographique et historique sur la commune d'Eppeville, rédigée par Monsieur Boulongne, instituteur, 1899, Archives départementales de la Somme..

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Somme canalisée, la Beine, la Vieille Somme, l'Allemagne, l'Ancienne Beine, la Folie et un autre petit cours d'eau.

La Somme limite le territoire communal au nord. C'est un fleuve du nord de la France, en région Hauts-de-France, qui traverse les deux départements de l'Aisne et de la Somme. Il prend sa source dans la commune de Fonsomme et se jette dans la Manche par la baie de Somme entre Le Crotoy et Saint-Valery-sur-Somme. Les caractéristiques hydrologiques de la Somme sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:05 TU à partir des 295 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/10/1996 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .

Le canal de la Somme, construit entre 1770 et 1827, et mis au gabarit Freycinet en 1880, est long . Il débute à Saint-Simon où il touche au canal de Saint-Quentin et débouche dans la baie de Somme.

L'Allemagne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Fréniches et se jette dans la Somme canalisée à Voyennes, après avoir traversé .

Eppeville compte des zones humides et dispose d'un étang communal, géré par l'association de pêche eppevilloise .

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang Saint-Jean ()..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Haute Somme ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Haute Somme est constitué d'un réseau hydrographique complexe de cours d'eau, de marais, d'étangs et de canaux. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte d'aménagement hydraulique du bassin versant de la Somme (AMEVA).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Fontaine-lès-Clercs à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Eppeville est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de HamUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Ham comprend une ville-centre et deux communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Ham, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (44,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (37,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (41,6 %), zones urbanisées (23,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (21,4 %), forêts (11,6 %), zones agricoles hétérogènes (2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Structuration urbaine La commune d'Eppeville a connu une forte croissance démographique depuis la fin du , du fait de l'industrialisation. Les destructions de la Grande Guerre ont entraîné la reconstruction quasi totale du tissu urbain le long de la route principale reliant Ham à Roye. Les constructions se sont étendues au sud de la voie ferrée Amiens-Tergnier par la construction d'une cité-jardin. Voisine de Ham, la commune ne dispose pas de services très diversifiés : écoles maternelle et primaire, le commerce de proximité est assez limité. Cependant, des équipements sportifs ont été construits.

Depuis les années 1960, des lotissements de maisons individuelles ont densifié l'habitat entre le village d'Eppeville et ses hameaux de Verlaines et de Saint-Grégoire.

Eppeville forme avec Ham et Muille-Villette un seul et même ensemble urbain du fait de la continuité du bâti.

Projets vignette|L'ancien bâtiment de la direction technique de la sucrerie, futur siège de l'intercommunalité. En 2021, l'avenir du site de la sucrerie est en débat, entre le souhait de son propriétaire de démolir les principaux bâtiments du site afin de favoriser un retour d'activité, le souhait du maire d'éviter la création d'une friche industrielle, le président du pôle d'équilibre territorial et rural (PETR) « cœur des Hauts-de-France », qui estime et contribuerait au projet de labellisation comme ville d'art et d'histoire qu'il promeut sur le territoire de trois intercommunalités (Haute Somme, Est Somme et Terre de Picardie). et des associations, dont Respecth (Respect et sauvegarde du patrimoine et de l'environnement des communes du territoire hamois) qui milite pour la protection du site..

L'intercommunalité a décidé en l'acquisition des anciens bâtiments de la direction technique d'une superficie de afin d'y installer son siège., ainsi que la friche industrielle des Armatures du Nord , à l'abandon depuis la fermeture en 2016 de cette ancienne usine spécialisée dans la fabrication d'articles métalliques pour le bâtiment et les travaux publics ...

Voies de communication et transports La commune est desservie par l'ancienne route nationale 30 (actuelle RD 930) et est aisément accessible par les autoroutes A1 et A26

Elle est traversée par la ligne d'Amiens à Laon, dont la gare la plus proche est la gare de Ham, qui jouxte le territoire communal et est desservie par des trains régionaux , qui effectuent des missions entre les gares d'Amiens et de Tergnier, de Saint-Quentin ou de Laon. Par ailleurs, en 2019, Eppeville est desservie par les autocars du réseau inter-urbain Trans'80, Hauts-de-France : ligne , Nesle - Hombleux - Ham.. , Roye - Esmery-Hallon - Ham.

Toponymie

Le nom d'Espeville figure, en 1143, dans un cartulaire de Prémontré du pape Célestin II, puis sous les formes Espeti villa en 1155 ; Pevilla en 1168 ; Espeville en 1178 ; Espevilla en 1212 ; Speville en 1254 ; Estieville en 1371 ; Eppeville en 1573 ; Ebeville en 1638 ; Espervilles en 1710 ; Epeville en 1733 ; Esperil en 1761 ; Eperville en 1778Jacques Garnier, Dictionnaire topographique du département de la Somme, Archives départementales de la Somme, tome 1, Amiens, p. 330, vue 169/269..

Histoire vignette|Le canal de la Somme, dans l'entre-deux-guerres, avec sa gare d'eau dotée de ponts transbordeurs, notamment utilisés par la sucrerie.

La commune accueille dès 1828 une sucrerie, exploitée par la société Letombe & Cie en 1835, puis par Legrand & Cie en 1889. Le site est racheté en 1893 par Boquet & Cie qui fonde la même année la S.A. Sucrière d'Eppeville.

Première Guerre mondiale La commune est occupée par l'armée allemande dès le , qui installe une Kommandantur dans la mairie après la bataille de la Marne. Des pillages eurent lieu ainsi que l'emprisonnement d'habitants qui n'obéissaient pas immédiatement aux ordres de l'occupant. Cent-cinquante habitants sont déportés en Allemagne le ..

La commune est durement éprouvée pendant les combats liés à la Première Guerre mondiale.

L'escadrille La Fayette, une unité d'aviateurs volontaires américains est stationnée à Eppeville de , quelques jours avant la déclaration de guerre des États-Unis à l'Allemagne, jusqu'à la fin juin de la même année..

La sucrerie et les autres sites industriels de la commune sont fortement endommagés en 1917 et entièrement ruinés après la retraite allemande du mois d'.