La grotte Sainte-Reine ou trou de Sainte-Reine est une grotte classée pour son gisement archéologique, située sur la commune de Pierre-la-Treiche, en rive droite de la Moselle. C'est la deuxième plus grande cavité naturelle du département de Meurthe-et-Moselle pour ce qui est du développement connu.

Cette grotte, composée de plusieurs entrées classées sous le nom générique de « grottes dites Trou de Sainte-Reine », faisait partie initialement d'un endokarst situé sous le fond de la vallée de la Moselle ; cet endokarst a été recoupé lorsque la rivière s'est encaissée. Avant sa capture par la Meurthe, la Moselle a participé à la création et à l'élargissement de l'ensemble des grottes puis à leur comblement avec ses alluvions.

À la suite de la découverte d'ossements d'animaux préhistoriques et de pièces manufacturées, la cavité a été classée aux monuments historiques par un arrêté daté du .

Historique vignette|gauche|Plan de la grotte Sainte-Reine (Pierre-la-Treiche, France) publié par Nicolas Husson en 1863 dans « Notes pour servir aux recherches relatives à l'époque de l'apparition de l'Homme sur la Terre et importance d'un air abondant et pur ». Cette cavité devrait son nom à une femme de chef (une « sainte reine ») de l'époque celte, gallo-romaine ou franque qui, étant morte, y aurait été cachée pour la soustraire à l'ennemiHusson, 1864, .

Cette cavité est connue au moins depuis le , puisque le grand porche (ou portique) était occupé par un ermitage. puis un fabricant de patins vers la fin du siècleHusson, 1864, . Les Trous de Sainte-Reine sont cités en 1861 par Henri Lepage dans son Dictionnaire géographique de la Meurthe..

vignette|gauche|Plan de la grotte Sainte-Reine (Pierre-la-Treiche, France) publié par Édouard-Alfred Martel en 1894 dans « Les abîmes ».C'est néanmoins à partir de la seconde moitié du que son exploration commence, notamment avec les prélèvements d'ossements par MoreauMoreau était juge au tribunal civil de Saint-Mihiel et membre correspondant de la Société philomathique de Verdun à partir de 1835 (Mémoires de la Société philomathique de Verdun, tome premier, )., comme une portion de mâchoire d'ours des cavernesHusson, 1848, Godron, 1879, . Nicolas Husson (°1814 - †1890), pharmacien de Toul, aidé de son fils Camille (°1843 - †1886), entreprennent son exploration systématique. Ils ébauchent un premier plan en 1863 puis un nouveau, plus complet, en 1864. Dans le sol de la salle du Chapeau de Napoléon et les débuts de la galeries de l'Ouest et de la galerie Transversale, Nicolas Husson trouve des ossements d'animaux dont mâchoires, fémurs, humérus, cubitus, côtes... d'ours des cavernes, dents et débris d'ossements de hyène des cavernesHusson, 1863, , puis 1864, 1865, 1866, 1867 examinés par Dominique Alexandre Godron, doyen de la faculté des sciences de Nancy, et Paul Gervais, doyen de la faculté des sciences de MontpellierHusson, 1864, , puis des ossements humains et des pièces manufacturées (silex taillés, amulette en bois de cerf ou de renne, vase en verre bleu émaillé d'époque romaine au niveau du labyrinthe et du portiqueHusson, 1864, , 1866, ). Dans le même temps, MM. Gaiffe et Benoît fils s'intéressent à la grotte, s'aventurent dans la galerie de l'Est et y prélèvent divers ossementsHusson, 1864, .

À la fin du les travaux sont repris par de nouveaux explorateurs, Ernest Brésillon et Charles Deschamps, qui effectuent d'importants travaux de désobstruction et publient un nouveau plan en 1891Brésillon & Deschamps, 1891, , plan repris par Édouard-Alfred Martel en 1894 dans Les abîmes en page 413. Dans la première moitié du ils sont suivis par Restiaux, Jean Bourgogne, Christian Chambosse puis Robert Chevallereau et Jean ColinPrévot, D. (1998) - « Les anciens : Robert CHEVALLEREAU », Le P'tit Usania , USAN, Nancy, .

Dans les années 1960, les travaux conjoints de lAssociation spéléologique de la Haute-Marne basée à Saint-Dizier et de l'Union spéléologique de l'agglomération nancéienne permettent d'aboutir au plan actuel.

En 2004, le développement total s'élève à pour un dénivelé de La grotte Sainte Reine, site du Comité Départemental de Spéléologie de Meurthe-et-Moselle, consulté le 27 août 2017.

David Parrot et l'USAN y ouvrent en octobre 2008 une nouvelle galerie qu'ils baptisent la Salle 33Parrot, D. (2008) - « D'la première à la grotte de Sainte-Reine », Le P'tit Usania , USAN, Nancy, .

Entre 2016 et 2020 Olivier Gradot, Théo Prévot et d'autres membres de l'USAN y désobstruent une galerie baptisée la galerie Rat-Lynx et démontrent l'existence de galeries tridimensionnellesPrévot Th. (2020) - « 6.3 Travaux spéléologiques », Usania , USAN, Nancy, Prévot Th. (2020) - « Désobstruction à Sainte-Reine », Le P'tit Usania , USAN, Nancy, .

Dans le cadre des recherches de sa thèse, Benoît Losson est amené, à la fin des années 1990, à y prélever des matériaux pour établir des datations en lien avec la capture de la Moselle et l'influence de l'endokarst de Pierre-la-Treiche dans cette capture. Ses travaux conduisent à une datation des grottes de Pierre-la-Treiche antérieure à Losson, B. (2003) - « Karstification et capture de la Moselle (Lorraine, France) : vers une identification des interactions », Thèse de doctorat de géographie, Université de Metz, 3 vol., .

Faune

En 1932, Paul Remy (°1894 - †1962) y recense 41 formes terrestres de campodéidés dont une seule, le collembole Tomocerus unidentatus C. Börner, pouvait être considérée comme troglobieRemy, P. (1932) - « Contribution à l'étude de la faune cavernicole de Lorraine. Les grottes de Sainte-Reine », Bulletin de la Société d'histoire naturelle de la Moselle tome XXXIII, Société d'histoire naturelle de la Moselle, Condé, B. (1949) - « Présence de campodéidés cavernicoles en Lorraine et en Champagne », Bulletin de la Société des sciences de Nancy, N. S. tome VIII , Nancy, .

Le Bruno Condé (°1920 - †2004) et B. Brutel découvrent des diploures campodéidés dans l'extrémité sud de la galerie des MerveillesCondé, B. (1949) - « Présence de campodéidés cavernicoles en Lorraine et en Champagne », Bulletin de la Société des sciences de Nancy, N. S. tome VIII , Nancy, . L'eau stagnante de la salle de l'Écho est peuplée de crustacés isopodes du genre Cæcosphæroma burgundum, Dollfus, 1898Dumont, F. (1962) - « Activités dans l'Est - Calendrier U.S.A.N. », Travaux et recherches spéléologiques tome I, USAN, Nancy, 7 p.. De plus, ils y prélèvent des ostracodes Sphæromicola topsenti, Paris, 1916Hamon, B. (2017) - « Les Ostracodes cavernicoles (Crustacea) observés en Lorraine (1940-2017) », Spéléo L , Ligue spéléologique lorraine, Tomblaine, . D'après le professeur J.-P. Henry, la présence de Cæcosphæroma est accidentelle, certainement due à une forte pluviométrie au printemps 1949Hamon, B. (2017) - « Pierre-la-Treiche (54), Grotte Sainte-Reine. La station de Cæcosphæroma burgundum : les historiques », Le P'tit Usania , USAN, Nancy, .

En 2020, Olivier Gradot et Théo Prévot repèrent Androniscus dentiger entre la salle aux 3 issues et la galerie transversale, ce qui est une redécouverte 60 ans après une observation de J.-P. Henry en 1959 dans la galerie de l'EstPrévot, Th. (2020) - « Un « trogloxène » repéré à Sainte-Reine », Le P'tit Usania , USAN, Nancy, .

Les entrées de la grotte abritent une faune troglophile comprenant notamment l'araignée Meta menardi et les papillons Paon-du-jour et DécoupurePrévot, Chr. (2019) - « Faune cavernicole : observation de papillons à Pierre-la-Treiche », Le P'tit Usania , USAN, Nancy, .

Classement spéléologique L'ensemble de la cavité est de classe 1 à l'exception de quelques parties classées 2.

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