L'église Saint-Pierre-Saint-Paul est une église catholique située à Santeuil (Val-d'Oise), en France.

Édifiée pendant deux campagnes au second quart du pour les parties orientales et le clocher et au début du pour la nef, elle associe le style roman au style gothique primitif et conserve une rare homogénéité. Elle a en effet été épargnée par les guerres et n'a jamais subi de remaniements ou modifications affectant sa structure, ce qui est rare dans le Vexin français. L'église de Santeuil se présente comme un type idéal de l'église villageoise médiévale. Son plan est tout à fait classique et régulier, même plus régulier que d'habitude car le chœur et les croisillons du transept sont presque identiques. Son clocher correspond à un type largement répandu dans le Vexin. Sa nef montre une élévation ambitieuse à trois niveaux avec une galerie ouverte sur combles, évoquant le triforium des grandes églises et cathédrales gothiques. L'influence du chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris est indéniable car les arcades des galeries sont directement recopiées sur celles du chœur de cette cathédrale. En même temps, contrairement aux apparences, les dimensions de l'église sont tout à fait modestes, et sa nef ne mesure que de large, ce qui la fait paraître encore plus haute et élancée.

Toute l'architecture de l'église est soignée, mais la décoration reste simple, ce qui n'empêche pas une certaine élégance grâce à l'harmonie des volumes et des formes. Hormis ces caractéristiques, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul se distingue par ses croisillons et son chœur recouvertes de voûtes en berceau romanes, ce qui est devenu très rare dans la région, la plupart de ces voûtes ayant été remplacées par des voûtes d'ogives. L'église de Santeuil a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du .

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud.

L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, dans le Vexin français et dans la vallée de la Viosne, sur la commune de Santeuil, rue de l'Église. Elle est bâtie sur une proéminence du flanc de colline contre laquelle le village est adossée, et domine ainsi toute la partie ancienne du village, si bien qu'elle est visible de loin dans une partie de la vallée. Cependant, étant située plus basse que les plateaux dans lesquels la vallée de la Viosne s'est creusée, seulement la flèche du clocher est visible en s'approchant de Santeuil par les plateaux, depuis l'ouest et l'est. Le cimetière entoure toujours l'église, à l'ouest, au sud et à l'est, tandis que la rue de l'Église passe près de l'élévation nord. Il est situé à un niveau supérieur que les rues qui le délimitent, à savoir la rue de l'Église au nord et à l'ouest et la Côte du Colombier au sud, et cette différence de niveau nécessite un mur de soutènement qui fait qu'il faut gravir plusieurs marches d'escalier pour accéder au cimetière et donc à l'église. Cette situation topographique particulière fait que l'église est exposée comme sur un présentoir et marque particulièrement la silhouette du village, lui donnant son cachet individuel. En même temps, seulement les parties hautes de l'église sont visibles depuis les voies qui l'entourent directement, du fait des murs de soutènement et de la différence de niveau. Pour bien voir l'élévation sud et le chevet, il faut pénétrer dans le cimetière et reculer jusqu'à ses limites. Aucune autre construction ne s'approche de l'église, si bien que l'on peut en faire le tour et qu'aucune partie n'est dissimulée.

Historique Les origines thumb|upright|left|Clocher, côté sud.

L'église de Santeuil était initialement placée sous le patronage de saint Romain, et dépendait du doyenné de Meulan et de l'archidiocèse de Rouen jusqu'à la Révolution française. Aucun document d'archives renseignant sur l'histoire de l'édifice et ses campagnes de construction n'est connu. L'analyse archéologique permet aisément de distinguer deux campagnes de construction bien distinctes, la première étant située au second quart du et porte sur le transept, le clocher et le chœur, et la seconde étant située au premier quart du et porte sur la nef avec les bas-côtés. La voûte de la base du clocher, qui est en même temps la croisée du transept, a été refaite pendant le , sans doute dès la seconde campagne. Pendant le dernier quart du , un nouveau portail a été percé dans le bas-côté sud, et le portail dans le mur occidental du croisillon sud a sans doute été bouché en même temps. Les auteurs ayant étudié l'église à de différentes époques s'accordent pour la datation à quelques détails près. Eugène Lefèvre-Pontalis pense que la façade occidentale serait contemporaine des parties orientales, avis non partagé par les autres auteurs. En tout cas, la tourelle d'escalier est postérieure à l'achèvement de la façade, car son mur recouvre en partie un contrefort plat de cette façade. Pour Pierre Coquelle, Eugène Lefèvre-Pontalis et Monique Rivoire, le clocher est contemporain des parties orientales et caractéristique du milieu du , voire de la première moitié du , alors que Maryse Bideault et Claudine Lautier le datent du début du , tout en insistant sur son caractère encore roman, et sans expliquer leur avis qui peut paraître surprenant. ; p. 48-53....

Les évolutions depuis la fin de la construction thumb|Le chevet avec la vaste baie du . thumb|Archivolte du portail roman bouché.

L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est l'un des rares édifices religieux du Vexin à avoir été plus ou moins épargnés de ravages pendant la guerre de Cent Ans. En effet, surtout sous les occupations successives par les Anglais pendant la première moitié du , la plupart des églises du Vexin ont été incendiées ou partiellement détruites. Des reconstructions dans le style gothique flamboyant puis Renaissance à partir du dernier quart du en a été la conséquence, faisant disparaître de nombreux nefs et chœurs du Moyen Âge. Ce n'est pas le cas de l'église de Santeuil, et elle en tient une relative homogénéité stylistique qui est l'exception pour les églises des et s dans la région, et qui se rencontre plutôt chez les églises presque entièrement reconstruites après la guerre de Cent Ans. Cependant, des modifications mineures ont été apportées à l'église, concernant notamment les fenêtres, et visant à améliorer son éclairage par la lumière naturelle. Ainsi, les deux croisillons du transept sont pourvus de fenêtres en arc brisé plus grandes que les fenêtres romanes primitives, sans doute au ; une vaste baie est ménagée dans le chevet au ; les deux grandes fenêtres en plein cintre dans le mur méridional du chœur et les deux autres dans les murs orientaux des chapelles orientées ont probablement été percées au ; et les fenêtres latérales des bas-côtés ont été refaites à l'époque moderne et une seconde fois à la fin du . Subsistent donc d'origine, les fenêtres de la façade occidentale, les fenêtres hautes de la nef, les trois fenêtres latérales des croisillons qui subsistent (donc une donnant sur les combles de la sacristie), et les deux fenêtres au nord du chœur (dont une bouchée). Également pour des raisons pratiques, les colonnes de l'arcade séparant la croisée du transept du chœur ont été coupées à mi-hauteur, et les piles du clocher ont été évasées en dessous, afin d'améliorer la visibilité du sanctuaire depuis la nef. En effet, l'écart entre les colonnes n'est que de , ce qui est un défaut de conception de l'église. Lors d'une restauration qualifiée de récente par Eugène Lefèvre-Pontalis en 1886, les faisceaux de cinq colonnettes contre le mur du croisillon nord ont été remplacés par des faisceaux de trois colonnettes par simple économie. D'autres modifications s'expliquent moins bien, à savoir la suppression de la double archivolte avec ses colonnettes à chapiteaux devant la chapelle orientée sud, et le bouchage de l'étroit passage entre le croisillon nord et le chœur, en 1920. Reste à mentionner l'ajout de la sacristie dans l'angle entre croisillon sud et chapelle orientée sud, à une époque indéterminée....

Sous l'initiative de L. Magne qui signale son mauvais état en 1890., l'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du . Les premières restaurations, dont celle à l'intérieur du bas-côté nord, sont donc antérieures au classement. À la suite de ce classement, de nombreux travaux sont entrepris pendant plusieurs décennies. En plus de la réfection des fenêtres des bas-côtés, dont le caractère roman est rétabli, les contreforts sont réparés et les corniches restaurées, et beaucoup de modillons sont remplacés. En 1905 et 1906, le tiers supérieur de la flèche en pierre est entièrement reconstruit. Les charpentes et couvertures sont réparées, des rejointoiements sont effectués dans les parois tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, les baies des tribunes ouvertes sur combles sont débouchées, les arcs des voûtes et une partie des bases des colonnes sont refaits. Un dégagement de l'extérieur de l'église a lieu en 1922 et 1923. L'architecte en chef des monuments historiques chargé de la direction du chantier est Gabriel Ruprich-Robert à partir de 1908, puis Jules Formigé entre 1927 et 1942. Il s'occupe en particulier des supports (colonnes, bases et chapiteaux) dont les parties détériorées sont remplacées, et fait restaurer l'ensemble des parois de l'église.

Description Aperçu général thumb|upright|Plan de l'église.

L'église se présente dans ses grands traits dans la même apparence que lors de son achèvement vers 1220. Régulièrement orientée et de plan cruciforme, elle se compose d'une nef de quatre travées accompagnée de bas-côtés ; d'un transept nettement plus bas que la nef dont les croisillons comportent deux travées successives ; d'un clocher central se dressant au-dessus de la croisée du transept ; d'un chœur rectangulaire de deux travées se terminant par un chevet plat ; de deux chapelles orientées à l'est des croisillons ; et d'une sacristie à l'angle entre le croisillon et la chapelle orientée sud. La nef, les bas-côtés et la croisée du transept sont voûtés d'ogives ; et les croisillons, les chapelles orientées et le chœur sont voûtés en berceau brisé. L'église possède deux accès, le portail occidental et le portail latéral du bas-côté sud, celui du croisillon sud et un autre portail dans le mur occidental du bas-côté nord restant bouchés. De l'extérieur, les toitures présentent des pignons aux quatre extrémités. Les bas-côtés, les chapelles orientées et la sacristie sont recouverts de toits en appentis. Puisque le toit en appentis de la chapelle du nord prend appui contre le mur du chœur et non contre celui du croisillon, la première baie au nord du chœur est obturée, ce qui fait penser qu'il ne s'agit pas d'une disposition d'origine. Une tourelle d'escalier flanque la façade occidentale à gauche de la nef....

Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.