Le Forex (en anglais Foreign exchange market ou FX), ou marché des changes, est le marché sur lequel les devises dites convertibles (paire de devises) sont échangées l’une contre l’autre à des taux de change qui varient en permanence.

Le Forex est le marché le plus échangé dans le monde avec environ milliards de dollars US échangés chaque jour.

Les institutions qui influencent le plus le marché du Forex sont les banques centrales ainsi que les organismes internationaux tels que le Fonds monétaire international.

Importance économique Ce marché, mondial par nature, est le deuxième marché financier de la planète en volume global, derrière celui des taux d'intérêt. Il est néanmoins le plus concentré et le premier pour la liquidité des produits les plus traités, comme la paire euro/dollar : le volume quotidien moyen des échanges était de 9 595 milliards de dollars américains en 2025, soit une hausse de 28 % du volume par rapport à 2022. Tous les chiffres qui suivent sont également issus de l'étude triennale réalisée sur le marché des changes par la Banque des règlements internationaux (BRI).

Ce volume moyen se décompose ainsi : en swaps ; en transactions au comptant ; en contrats à terme, options et autres produits financiers.

Les transactions en volume étaient : pour 50 % entre institutions financières autres que les sociétés de courtage ; pour 46 % entre une banque et une société de courtage ; et enfin pour 5 % entre une banque et une entité non-financière telle qu'une entreprise ou un gouvernement.

Pour assurer une couverture de leur clients, 24 h sur 24, chaque banque importante possède une salle de marché sur les trois continents. À une équipe située en Asie ou en Australie succède une autre située en Europe puis enfin une troisième située en Amérique du Nord. Ainsi, le marché des changes est ouvert de 22h GMT le dimanche, à l'ouverture de la séance de Sydney, à 22h GMT le vendredi à la fermeture de la séance de New York .

Néanmoins, malgré ce caractère mondial et cette dissémination horaire entre les continents, une part importante de l'activité du marché reste localisée physiquement à Londres.

Selon le dernier rapport de la BRI en date de 2025, le trading sur le marché des changes a augmenté de 142 % depuis 2010 pour atteindre de dollars. Le Royaume-Uni et les États-Unis restent largement en tête des échanges, avec 37,8 % de parts de marché pour Londres et 18,6 % pour les États-Unis en 2025. La France se situe loin derrière, avec seulement 1,9 % des échanges mondiaux, contre 2,8 % en 2013.

Le dollar américain reste la devise la plus échangée, en étant présent dans 89,2 % des transactions en 2025 contre 88,4 % en 2022. L'euro concerne 28,9% des transactions contre 30,6 % en 2022 et la part du yen a augmenté de 16,7 à 16,8% de 2022 à 2025. En contrepartie, la part des devises des pays émergents a augmenté de 17,6 à 19,4% sur la même période, toujours d'après les chiffres de la BRI.

Historique

Le marché des changes existe sous sa forme actuelle, dite régime des changes flottants, depuis mars 1973 et l’abandon de la fixité des taux de change des diverses monnaies par rapport à l’étalon dollar issue des accords de Bretton Woods en 1944.

Structure et technologies du marché Comme de nombreux marchés de gré-à-gré, le marché a une structure duale. On distingue ainsi le marché inter-dealers (interbancaire) – le plus actif, important et dominé par quelques grandes banques et autres intermédiaires – du marché dealer-customer, bien que la distinction entre les deux soit plus floue qu'elle ne l'ait été auparavant avec l'émergence de nouvelles plateformes électroniques, de nouveaux participants et de nouvelles voies d'accès aux opérations de change.

Longtemps, les clients ont passé leurs ordres aux dealers par téléphone ou télex. Les dealers faisaient aussi affaire entre eux par téléphone, chaque salle de trading de grandes banques disposant d'un appareil au milieu de la salle. Sur un grand tableau, étaient affichés les prix en vigueur d'après les contacts de la banque auprès d'autres banques ou d'autres places financières. Les premiers terminaux électroniques, qui affichent en temps direct les taux de change (Reuters Monitor), apparaissent en 1973. Une messagerie électronique entre dealers est introduite en 1981 (Reuter Money Dealing service). Au début des années 1990, arrivent des courtiers électroniques comme Reuters (devenu Refinitiv) et Electronic Broking Services qui centralisent le marché en montrant, sur les écrans de tous les dealers les mêmes prix de référence. Ces derniers passent des ordres via un central limit order book. On appelle ce segment le « marché primaire ». Au début des années 2000, de nouvelles plateformes électroniques modifient encore le fonctionnement du marché. Les plateformes « multi-dealers » permettent aux clients de demander d'un seul coup une cotation à plusieurs dealers, ce qui leur offre plus de choix et renforce la concurrence entre dealers. Les dealers créent aussi des plateformes mono-dealer pour leurs clients qui remplacent téléphone et télex. La décennie 2010–2020 est marquée par une croissance de la « complexité » du marché, avec une multiplication des voies d'accès des clients à des fournisseurs de liquidités et la concurrence des dealers traditionnels par de nouveaux acteurs, notamment les firmes de trading à haute fréquence. Les différentes options qui s'offrent aux participants du marché diffèrent notamment sur l'anonymat accordé à un participant par le courtier jusqu'à ce que l'échange soit acté et leur robustesse.

Régulation du marché Le marché des changes passe parfois pour un marché peu régulé. Il ne faut pas en déduire que les États ou d'autres autorités de supervision sont absents. Historiquement, les autorités monétaires ont joué un rôle important sur le marché, fixant même les taux de change pendant l'étalon-or et contrôlant les changes à plusieurs reprises dans l'histoire. Même après l'abandon de la référence à l'or au début des années 1970, les banques centrales et les Trésors ont continué à intervenir occasionnellement sur le marché. De nombreux pays riches, comme les États-Unis, ont toutefois commencé à réduire le nombre de ces interventions depuis les années 1990. Les opérations de change restent néanmoins un outil de politique macroéconomique pour de nombreux pays, de façon directe (comme la Banque nationale suisse), ou indirecte pour éviter une trop forte politisation de la question (comme dans les pays de l'Est de l'Asie).

Les autorités agissent aussi au niveau des « infrastructures » du marché. Dans les années 1980 et 1990, elles ont ainsi largement contribué, en collaboration avec des acteurs privés, à l'établissement de contrats standardisés (des « Master Agreements ») qui permettent de gérer la compensation, les risques de contrepartie et la gestion des collatéraux. Cela a aussi permis la mise en place du système de paiement CLS. De nos jours, le fonctionnement du marché global de change est discuté par des Foreign Exchange Committees sponsorisés par les banques centrales dans la plupart des places financières et fédérés internationalement par le Global Foreign Exchange Committee qui se réunit à Bâle et a publié en 2017 la première version du FX Global Code pour encourager la diffusion des « bonnes pratiques ».

Enfin, l'importance de la régulation publique dans le fonctionnement du marché se perçoit au niveau de la gestion des firmes financières. Le régulateur impose de nombreux contrôles et a ainsi renforcé certains segments des services administratifs (le « back office ») et le rôle des superviseurs semi-indépendants au sein des firmes qui vérifient la conformité des actions des équipes.

Caractéristiques du Forex Taux flottants et taux fixes

Il convient de faire la distinction entre les devises dites flottantes, et les devises dites fixes. Le taux d'une devise fixe est défini arbitrairement par un État. Dans de nombreux cas il est indexé sur une devise majeure en général comme l'euro ou le dollar américain. Il ne peut être modifié que par une décision de cet État. Pour maintenir ce taux, la banque centrale de l'État concerné achète ou vend sa propre devise sur le marché des changes contre la devise par rapport à laquelle la valeur de sa monnaie est fixée afin de maintenir un niveau stable d'offre et de demande. Le taux d'une devise flottante dépend, quant à lui, uniquement des fluctuations du marché, il subit simplement l'influence de l'offre et de la demande sans l'intervention permanente de sa banque centrale.

Le franc pacifique, la couronne danoise, le dollar de Hong Kong et le dirham des Émirats Arabes Unis sont des exemples de devises fixes. Le dollar américain, l'euro, le yen, le franc suisse et le yuan chinois sont des exemples de devises à taux flottants.

Le franc suisse est un cas particulier, c'est une devise flottante que la Banque nationale suisse (BNS) avait décidé de plafonner à la parité 1 € = 1,20 CHF (c'est-à-dire que 1 € ne pourrait pas valoir moins que 1,20 CHF), non pas par décret mais en affichant une volonté forte et en réalisant simplement des opérations sur le marché. Ce plafonnement était en place entre le et le , date à laquelle il a été supprimé par la Banque Nationale Suisse.

Cotation En Forex, on exprime toujours le taux d'une devise par rapport à une autre. Prenons l'exemple de la cotation de l'EUR/USD au : « EUR/USD = 1,1231 ». Il faut traduire cette cotation par « équivaut à américains ». L'euro est la devise cotée au certain (puisqu'elle vaut toujours UN), tandis que le dollar est la devise cotée à l'incertain (puisqu'on ne connaît pas sa valeur sans avoir vu auparavant une page de cotation).

La devise de gauche est appelée la devise de base (ici EUR), celle de droite est appelée la devise de contre-partie ou devise de contre-valeur (ici USD). Et la cotation se lit toujours dans le même ordre : on exprime la devise de base en fonction de la devise de contre-partie.

La plus petite différence de cotation possible est le pip, ou percentage in point. Pour la grande majorité des devises, il s'agit de la quatrième décimale de la cotation. Par exemple, si le cours passe de 1,1231 à 1,1233, alors le cours est monté de 2 pips. Le yen est une exception en ce qui concerne la valeur du pip: dans ce cas particulier, le pip est la deuxième décimale de la cotation.

Horaires de cotation Le marché du Forex est ouvert 24 heures sur 24. En effet, les principales places boursières dans le monde se relaient (Londres, puis New York, puis Sydney, puis Tokyo) ne causant ainsi aucune interruption pour les traders, à l'exception des week-ends. En pratique, les cotations sur le Forex commencent le dimanche soir avec l'ouverture de la bourse de Sydney (22 h GMT à plus ou moins une heure également) et s'arrêtent le vendredi soir après la fermeture de la bourse de New York (22 h GMT à plus ou moins une heure en fonction du décalage en heure d'été). Mais en réalité, il n'y a pas d'horaire d'ouverture ou de fermeture fixe pour les cotations, puisque le Forex est un marché de gré à gré et non pas une place boursière. Donc en théorie, il peut y avoir des cotations n'importe quand, le samedi, les jours fériés ou même le jour de l'an.

Bien qu'ouvert 24 heures sur 24 en semaine, la plus grosse part de l'activité a lieu quand la bourse de Londres est ouverte. Le marché est traditionnellement plus calme le lundi (car il n'y a pas de chiffre économique important) et de plus en plus volatil en fin de semaine, avec souvent un maximum le vendredi (jour de sortie de chiffres économiques les plus importants)..

Effet de levier