Italo Gardoni ( — ) est un tenore di grazia italien d'opéra. Il fait partie des ténors les plus renommés de son époque avec Giovanni Mario, Gaetano Fraschini, Enrico Tamberlick et .

Sa voix était exceptionnellement juste et douce pure, dépourvu de tout vibrato perturbateur. Il chantait des passages legato avec une douceur impressionnante mais il pouvait aussi chanter de la musique magnifique avec un talent et une agilité considérable.

Biographie Né à Parme, Gardoni étudie avec Antonio De Cesari (1797–1853) Biographie en italien De Cesari studied singing at Piacenza, and then at the Music Lyceum in Bologna. From 1820 he was singing teacher at the College of St Augustine at Piacenza, and, becoming a fine singer, was summoned as tenor to the Ducal Chapel in 1830 and was made stipendiary virtuoso da camera of Maria Luigia. Two years later he began teaching in Parma and at his death had become a citizen there..

Il fait ses débuts dans le rôle de Roberto Devereux (Donizetti) à Viadana en 1840 puis il poursuit sa carrière les sept années suivantes en France, en Italie et en AllemagneRosenthal and Warrack, 1974.. Il joue à Paris en le rôle de Bothwell lors de la première parisienne de de Louis Niedermeyer au Théâtre de l'Académie Royale de Musique avec la soprano Rosine StoltzEnciclopedia della Musica (Garzanti - AA.VV.) ; il chante une nouvelle fois avec elle lors de la première de de Michael Balfe l'année suivanteVoir lien. Gardoni connaissait et travaillait avec Balfe qui a composé certaines pièces pour luiBasil Walsh, 'Balfe in Italy', Opera Quarterly vol. 18.4 (automne 2002), 484-502.. La limpidité et la clarté de sa voix et ses ravissantes notes hautes étaient grandement admirés à ParisE.g. Théophile Gautier, Histoire de l'Art dramatique en France depuis vingt-cinq ans, Série 3, p.305 (facsimile edition Elibron Classics, Adamant Media Corporation) . et s'il n'était pas prêt pour des rôles des répertoires d'Adolphe Nourrit et de Gilbert Duprez, le public pensait que Meyerbeer lui aurait convenu, de même que Raoul dans Les HuguenotsA. H. Blaze in Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1844, vol. 8, p 1106ff.. Gardoni continuera de chanter à Paris tout au long de sa carrièreElizabeth Forbes, Biographical notice..

Angleterre : Her Majesty's Theatre 1847-1852 vignette|redresse|gauche|Gardoni jeune homme Il part en 1847 à Londres où il chante régulièrement jusqu'en 1874. Sollicité par des imprésarios rivaux en France et en Italie, il est transféré de l'Opéra de Paris à l'Her Majesty's Theatre par Benjamin Lumley pour . Ayant été introduit par le de Jermyn Street, Gossip of the Century (Downey, London 1899), II, 185-191., sa première apparition sur scène à Londres a lieu en dans La favorita avec Sanchioli : ses deux principales arias amènent des rappels enthousiastes. Ses talents théâtraux étaient irréprochables si ce n'est qu'il n'avait pas la force de dépeindre des éclats de passionBenjamin Lumley, Reminiscences of the Opera, pp.171-173..

Suit La sonnambula avec Castellan et il devient rapidement un grand favori du publicLumley Reminiscences, 178-79, 181-82.. Gardoni prend un rôle mineur dans les débuts londonien de Jenny Lind dans Robert le Diable avec , Fraschini et Castellan, en présence de la reine Victoria : il est le partenaire de Lind dans La sonnambula (et dans La figlia del reggimento) peu aprèsLumley Reminiscences, 185-86, 189.. Le il crée le rôle de ténor dans I masnadieri de Verdi avec Lind, Lablache et Filippo Colettipour deux gravures, voir 'The Theatres', The Illustrated London News 31 juillet 1847, p. 77 (Pdf 4/27)., les deux premières soirées sous la baguette du compositeur, puis sous la direction de BalfeJulian Budden, The Operas of Verdi (Cassell), vol 1, p. 314.. Au salon de Henry Greville il est associé avec Mario, Grisi et PinsutiCharles Santley, Student and Singer. The Reminiscences of Charles Santley (Edward Arnold, Londres, 1892), p. 162..

Lors de la saison 1848 il est le premier ténor de Lumley. Il barbiere di Siviglia avec Sophie Cruvelli et Belletti est suivi par la première londonienne dAttila de Verdi avec Cruvelli, Velletti et Cuzzani. Il chante le rôle de Gennaro dans Lucrezia Borgia de CruvelliLumley Reminiscences, 214-217.. Sims Reeves, essayant alors de prendre sa place dans la scène dramatique italienne à Londres, s'accorde avec Lumley pour apparaitre dans le rôle moins important de Carlo dans Linda di Chamounix (avec Eugenia Tadolini) avec l’espoir d'interpréter le rôle d'Edgardo dans Lucia di Lammermoor, de Percy dans Anna Bolena et d'Arturo dans I puritani, opéras qui étaient réservés pour le retour sensationnel de Jenny Lind. Mais Gardoni obtient le rôle d'Edgardo et Reeves rompt ses engagements. Quelqu'un cria « Sims Reeves » depuis la galerie alors que Gardoni chantait la première cavatina d'Edgardo la nuit d'ouverture & , Gossip of the Century: personal and traditional memories--social, literary, artistic, etc (Downey 1899), 190-94. Read here. La situation est probablement apparue avec Lind préférant Gardoni comme partenaireCharles E. Pearce, Sims Reeves: Fifty Years of Music in London (Stanley Paul & Co., London 1924), 115-122.. Gardoni chante alors Roberto pour LindLumley Reminiscences, 221.. Lors de la dernière représentation de Lind à Her Majesty dans Robert le Diable le , Gardoni lui laisse sur la scène pour qu'elle reçoive les applaudissementsFerris 2008, p. 93..

Après une saison d'hiver à Saint-Pétersbourg en 1850, il chante avec Parodi et Frezzolini dans une reprise d'''I Capuleti e i Montecchi (dans le rôle de Tebaldo), et fait plaisir au public en démettant une fausse annonce de sa mortLumley Reminiscences, 282-83.. En a lieu la première de La tempesta d'Halévy dans laquelle Gardoni joue le rôle de Fernando avec Sontag (Miranda), Carlotta Grisi (Ariel), Colini (Prospero) et Lablache (Caliban) avec Balfe à la directionGossip of the Century (cited above), 167-68. Read here..

Gardoni et la contralto Marietta Alboni sont les solistes, en présence de la Reine Isabelle II d'Espagne, en 1850 lors de la représentation inaugurale de La favorita au Teatro Real à Madrid http://www.el-atril.com/cantares/opera/Donizetti/favorita.htm.

En 1851 Gardoni rejoue Gennaro dans Lucrezia Borgia. Une première, Le tre nozze, avec Henriette Sontag et Lablache, précède L'enfant prodigue d'Auber avec Sontag, Massol et Coletti. Il est encore avec Cruvelli lors d'une représentation spéciale dI quattro figli de BalfeLumley Reminiscences, 304, 308, .. Quand Reeves et Cruvelli chantent Fidelio en 1851, Gardoni conduit les solistes triés sur le volet formant le chœur des prisonniers de la première nuit. Lors des concerts de Lumley, Reeves, Gardoni et Calzolari forment un trio de trois ténors dans Evviva Baccho de Curschmann et prennent part à une version du trio Don't tickle me, I pray de Martini avec Henriette Sontag, Sophie Cruvelli et Jenny DuprezPearce 1924, 164.. Il continue à chanter pour Lumley durant ses mois de crise au début 1852, et chante dans Norma avec Cruvelli et Lablache. Mais après la défection de Cruvelli il quitte également la compagnie de LumleyLumley Reminiscences, 335, 342.. En 1852 il est avec Reeves, Pauline Viardot-Garcia, Louisa Pyne, Charlotte Sainton-Dolby et dans les premières représentations des oratorios Israel Restored de Bexfield et Jerusalem de Hugh Pearson au Pearce 1924, 170..

Angleterre 1854-1872 En 1855, quand Michele Costa produit son oratorio Eli lors du Birmingham Festival, avec Viardot, Castellan, Reeves et Formes, Gardoni est dans le public avec Mario et Enrico Tamberlick, et ils vont à la fin de la représentation féliciter ReevesPearce 1924, 182.. Gardoni lui-même apparait dans l'opéra de Rossini Il conte Ory avec Constance Nantier-Didiée et Angiolina Bosio, une combinaison « exquise » de voixH.F. Chorley, Thirty Years' Musical Recollections (Hurst & Blackett, Londres, 1862) Vol II, 252.. En 1857 il participe à la seconde saison du Lyceum. salue son interprétation de Fra Diavolo d'Aubert, avec Angiolina Bosio, Marai, Giorgio Ronconi et Pietro Neri-Baraldi, Joseph Tagliafico et Charles Zelger jouant les brigandsH.F. Chorley, Thirty Years, II, 275..

À la fin des années 1850, Gardoni apparait souvent à Covent Garden, par exemple dans le rôle d'Alfredo dans La traviata avec Michael Costa en 1858 et 1859. Après que Meyerbeer a retravaillé son Ein Feldlager in Schlesien pour Paris en L'Étoile du Nord (1854), une version italienne est présentée lors d'une première britannique à Covent Garden. Lors de cette représentation Meyerbeer ajoute la polonaise de l'acte 1 et la romanza Disperso il crin sul mesto sen pour Gardoni dans le rôle de DanilowitzA. H. Blaze, Revue des Deux Mondes, juillet 1867 (PDF page 8).. Gardoni prend aussi le rôle de Corentin lors de la première britannique de Dinorah de Meyerbeer (Le pardon), à Covent Garden, en 1859Elizabeth Forbes, Gardoni biography., lors de laquelle Chorley salue sa « lâcheté paysanneChorley Thirty Years, 314.. »

En automne 1864, alors que son rival mentalement instable, le ténor Antonio Giuglini, accepte son poste maudit à Saint-Pétersbourg, Gardoni rejoint la tournée d'automne de comme premier ténor (Gardonia été un des professeurs de chant de MaplesonJ. H. Mapleson, The Mapleson Memoirs 1848-1888 (Belford, Clarke & Co, Chicago 1888), vol. I, p. 2.). , qui le considérait comme supérieur à Guiglini, le décrit comme

un excellent chanteur et un acteur bien meilleur que ce les gens normalement considèrent. Il a été un très bon Faust et Sir Huon, bien que la musique de ce dernier ne lui corresponde pas. Dans Mireille il était excellent… sa voix était pure : il était un bel homme, et dans les parties qui lui correspondaient un excellent acteur. (Il) pouvait chanter n'importe quel genre de musique, cantabile ou floridesSantley 1892, 211-12..

Il chante Faust en 1865 avec Thérèse Tietjens, Zélie Trebelli-Bettini, Junca et SantleyMapleson 1888, I, 146.. Lors de la saison 1866 à Her Majesty's, il chante Pilade dans une mise en scène magnifique d’Iphigénie en Tauride de Gluck, avec Tietjens (Iphigénie), Santley (Oreste) et Édouard Gassier (Thoas) - les solistes « se surpassentMapleson 1888, I, 95.. » Il renouvelle également Corentin (Dinorah), avec et Santley (Hoel), à la grande satisfaction de MaplesonSantley 1892, 240; Mapleson 1888, 94-95.. En 1867 il chante Ottavio dans Don Giovanni avec Christine Nilsson, Tietjens, Sinico, Gassier (le Don) et Santley (Leporello)Santley 1892, 250..

Gardoni reste avec Mapleson, et dans Robert le Diable en 1872 il joue Rambaldo avec Christine Nilsson (Alice), Pietro Mongini (Roberto), (Bertramo) et de Murska (Isabella), Thirty Years of Musical Life in London (The Century Co., New York 1903), 154..

France En , Gardoni est soliste lors de la création de la Petite messe solennelle de Rossini, avec Carlotta, Barbara Marchisio et Luigi Agnesi (Louis Agniez)Richard Osborne, Rossini: His life and works (OUP (US) 2007 (2nd Edn)), p. 159. .

Vie privée Gardoni s'est marié avec la fille du baryton Antonio Tamburini, la soprano Marietta GojaRosenthal and Warrack, Concise Oxford Dictionary, 'Tamburini' entry.. Il meurt à Paris en 1882.

Le chanteur En 1869, Gardoni publie un recueil d'exercices sous le titre : 15 Vocalises calculés sur la formation du style moderne et le perfectionnement de l'art du Chant, av. Pfte. (Mainz, Schott) (4 Fl. 12 Xr.)

L'ancienne entrée le concernant dans le Dictionary of Music and Musicians'' le considère comme un « tenore di grazia » :

'Italo Gardoni possède ce qu'on ne peut appeler autrement qu'une voix modérée mais si bien, naturellement et facilement produite qu'il est entendu presque aussi bien dans un théâtre que dans une pièce. Cela est particulièrement notable quand il chante la partition de Florestan dans Fidelio au Covent Garden, après une absence d'une certaine durée de la scèneDictionary of Music and Musicians vol 4.djvu/104 See wikisource.

Notes et références

Voir aussi