Mailly-Maillet est une commune française située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Géographie

Localisation Mailly-Maillet est un village picard de l'Amiénois. Il est limitrophe du Pas-de-Calais.

À vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune., la localité est située à à l'est d'Acheux-en-Amiénois, au nord-ouest d'Albert, au nord-est de Corbie, au sud-ouest d'Arras et à au nord-est d'Amiens.

Géologie et relief Le relief de la commune est celui d'un plateau avec un dénivelé accusé de à au lieu-dit les CaritablesNotice géographique et historique sur la commune de Mailly-Maillet, rédigée par A. Garbe, instituteur, 1897, Archives départementales de la Somme..

Nature du sol et du sous-sol Le sol de la commune est de formation tertiaire. Il est constitué du limon des plateaux, terre argilo-siliceuse. Les pentes laissent affleurer la craie blanche à silex, terre calcaire siliceuse peu profonde. Dans les vallées, des dépôts meubles donnent une terre argileuse et siliceuse.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Mailly-MailletLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Méaulte à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Mailly-Maillet est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (87,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (84,6 %), forêts (8,5 %), zones urbanisées (4 %), prairies (2,8 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports Mailly-Maillet est desservi par l'ancienne route nationale 319, devenue la RD 919. Cinq autres routes aboutissent au centre du village.

Hameaux, écarts et lieux-dits Parmi les lieux-dits, on notait en 1899 : les Caritables ; la vallée des Morts, souvenir d'une sanglante bataille ; la Justice où s'élevaient sans doute les fourches patibulaires ; la Longue Borne ; les Bonnettes ; la vallée Madame ; les Catiaux ; le Parterre, ancienne dépendance du parc du château ; Le bois Sacquepée ; le Carnaphé ; le Paradis, avec son mystérieux trésor...

Le territoire communal comporte encore aujourd'hui un hameau : Beaussart. Une école y accueillait des élèves en 1899Notice géographique et historique sur la commune de Mailly-Maillet rédigée par Mademoiselle Tempez, institutrice, 1899, Amiens, Archives départementales de la Somme.

Toponymie

On trouve plusieurs formes pour désigner Mailly-Maillet dans les textes anciens: Malleium en 1007, Malli en 1188, Mailliacum en 1258, Mailly-Maillet en 1315, Mailly-au-bois en 14Jacques Garnier, Dictionnaire topographique de la Somme, t. 1, Paris / Amiens 1867 - 1878, p. 4 (lire en ligne sur DicoTopo) ., Mailly-le-Franc.

Histoire Préhistoire L'emplacement du village, sur l'une des ramifications de l'ancienne voie gauloise dite « de Barbarie », paraît lui attribuer une origine antérieure à la conquête romaine.

Antiquité L'implantation humaine depuis au moins les Gallo-romains a par contre été attestée par la découverte, près de l'ancienne voie romaine menant d'Amiens à Arras (et passant à l'extrémité du village) et en particulier en 1838, d'assez nombreux objets : urnes de terre noire, lacrymatoires en verre blanc, médailles en or de Maximien, et plusieurs anneaux ornés de pierres gravées : l'une de ces pierres représentait un esclave donnant à manger à un aigle déployé. Les restes d'un « siège curule » en ivoire auraient même alors été identifiés parmi des débris d'armes et d'autres objetsPaul Decagny, L'arrondissement de Péronne, op. cit. en bibliographie.. Ses premières habitations furent bâties au bas de la côte, vers le nord, autour de l'ancien cimetière. Elles furent transportées plus tard sous les murs du château fort élevé par les seigneurs sur le haut de la colline. C'est à l'agglomération de ces chaumières que le bourg actuel de Mailly dut sa formation premièreAdolphe de Cardevaque, op. cit en bibliographie..

Moyen Âge Au mois de , Enguerran de Croi, et Jean le Monnier (Monetarius), chanoine de Picquigny, vendirent à Yole, comtesse de Saint-Pol et dame d'Encre, plusieurs granges situées à Mailly (apud Mailliacum) et Sanlis, pour l'œuvre de deux clercs, auxquels on assigna moitié des dîmes des dits lieux. La vente fut faîte à la charge de payer à Gaultier, doyen et clerc d'Encre, 22 livres parisis.

Le hameau de Beaussart, dont la dénomination rappelle l'existence d'un bois défriché, Sart, Sartum, est d'une origine très ancienne : Guillaume de Beaussart donna une charte en 1230 – Gilles de Mailly fit don au chapitre d'Amiens, en , de toute la dîme du terroir de Beaussart « de bella sarto », qu'il avait achetée de Robert de Forceville, seigneur de Beaussart, du consentement de sa femme Béatrice et de leurs sept enfants. Jean de Susane, chevalier, et l'évêque d'Amiens Geoffroy, confirmèrent cette donation. Gilon de Mailly est mentionné dans les actes du Parlement de Paris à plusieurs reprisesOlim, t. I, p. 58, XVIII 1258 ; p. 146, IV 1261 etc.. Jean du nom, baron de Mailly, prend le titre de seigneur de Beaussart en 1450. Cette seigneurie resta dans la famille de Mailly. Les Hospitaliers

Mailly possédait autrefois une maladrerie (hôpital de lépreux au Moyen Âge) ; elle se trouvait à mi-côte entre le cimetière et le nouveau village, près de l'emplacement nommé les Templiers. Il est probable que cet établissement dut sa fondation aux Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui comptaient dans leur ordre plusieurs membres de la famille de Mailly.

Cette maladrerie fut remplacée, dans les temps modernes, par un hôpital qui ajouta aux revenus déjà existants la dotation de de rentes, que lui fit, en s'y retirant vers 1746, Madeleine-Bernardine Kadot de Sébeville (1726-1762), veuve du sieur Artus-Louis-Timoléon de Gouffier de Thoix, petite-nièce de Jacques Kadot, et belle-sœur du marquis Louis-Victor de Mailly (qui avait épousé vers 1740/1743 sa sœur Françoise-Antoinette Kadot). Des sœurs grises du couvent Saint-Lazare à Paris y furent appelées le pour soigner les malades indigents et donner l'instruction gratuite aux jeunes filles pauvres de la paroisse. Cet hôpital, dont l'utilité était marquée dans une localité aussi importante que celle de Mailly, n'a pas été conservé, il sert aujourd'hui de mairie après avoir longtemps abrité l'école communale.

Époque moderne vignette|L'église de Mailly-Maillet par Hippolyte Furmeyer (1860).

Plusieurs membres de la famille de Mailly, tels que Gilles, 1548, Thibaut, 1575, René III..., s'intitulèrent seigneurs de Colincamps et de Beaussart. la Maison de Mailly., illustre famille féodale qui semble installée en Picardie, Flandre et Hainaut depuis le , se partage au entre deux grandes branches : la branche aînée des marquis de Mailly, issue de René III (v. 1610-1695 ; fils aîné de René II de Mailly, 1580-1642), qui par une alliance avec la branche cadette jouit conjointement du titre de comte de Rubempré ; et ladite branche cadette, venue de Louis Charles de Mailly (v. 1618-1708 ; fils puîné de René II) et de sa femme Jeanne de Monchy la Bécasse., marquise de Nesle et de Montcavrel, comtesse de Rubempré (cf. les articles Nesle et Rubempré), titulaire des droits héréditaires sur la principauté d'Orange. Au , Marie-Louise-Françoise-Victoire de Mailly (1721-1763), héritière de la baronnie de Mailly-le-Franc et de Rubempré, petite-fille du marquis René V de Mailly (lui-même petit-fils du marquis René III et gendre de Louis-Charles de Mailly), convola en 1743 avec Charles-Alexandre-Antoine-Joseph de France de Noyelle, comte d'Hézecques et seigneur de Radinghem en Artois ; leur petit-fils François-Félix de France de Mailly d'Hézecques (1774-1835 ; fils de Charles-Isabel-Désiré-Guilain de France de Mailly d'Hézecques (1746-1822), dernier seigneur héréditaire des terres qu'on vient de citer) est l'auteur des Souvenirs d'un page à la cour de Louis XVI. Mailly eut beaucoup à souffrir lors du siège de Corbie en 1636 ; les Espagnols s'en emparèrent et livrèrent presque toutes les maisons au pillage. L'année suivante, un incendie détruisit une grande partie du bourg. En 1683, un nouvel incendie, plus terrible que le premier, réduisit en cendres l'église, le château et la commune presque tout entière, laquelle, par son importance, avait mérité le titre de ville. Le bourg de Mailly-Maillet comprenait dans son territoire deux hameaux : Beaussart et Colicamps et plusieurs autres dépendances, Belval, Haut et Bas Héringuiére, dont les dîmes sont mentionnées comme faisant partie du revenu du titulaire curé, Pierre Petit, en 1730.

Révolution française et Empire