Maria López de Rivas, ( - ). religieuse Carmélite déchaussée sous le nom de Marie de Jésus. Elle entre au Carmel de Tolède en 1577 recommandée par sainte Thérèse d'Avila. Elle devient maîtresse des novices à 24 ans, prieure à 31 ans. Elle est écartée à la suite d'accusations d'une religieuse qui s'avèreront infondées. Vingt ans plus tard, la vérité est rétablie, et elle est réélue prieure du monastère de Tolède.

Elle est béatifiée le à Rome par Paul VI.

Biographie

Son enfance Maria López de Rivas est née dans une famille noble, le à Tartanedo dans la province de Guadalajara (Espagne), fille d'Antonio Lopez de Rivas et d'Elvira Martinez-Rubio. En 1564, son père décède, la laissant seule héritière d'un grand domaine. Lorsque sa mère se remarie, elle est confiée à ses grands-parents paternels situés à Molina de Aragón, où elle est élevée et éduquée dans la foi catholique. Adolescente d', sa famille souhaite la marier., mais elle préfère entrer dans les ordres. Son confesseur, le père jésuite A. Castro, l'oriente vers le l'ordre du Carmel..

Le Carmel Entrée au Carmel Sainte Thérèse d'Avila la reçoit et l'envoie au monastère de Tolède le (elle n'a pas 17 ans). Elle lui donne une lettre de recommandation contenant ce texte : . Marie reçoit l'habit de carmélite dès son arrivée le . Mais sa santé fragile rend son avenir de religieuse incertainLa vie austère dans les monastères de carmélites déchaussées exigeait un minimum de santé physique, Marie de Jésus étant de santé fragile, ne semblait pas avoir ce minimum vital., elle fait cependant sa profession le et prend le nom de Marie de JésusMarie de Jésus (famille Lopez de Rivas) ne doit pas être confondue avec une autre carmélite homonyme et contemporaine mère Marie de Jésus, béate (religieuse vivant en dehors d'un couvent), qui en 1562 fait un pèlerinage à Rome pour obtenir les autorisations de fonder un couvent à Alcalá de Henares. Cette carmélite (qui entrera plus tard dans le couvent qu'elle a fondé) est cité dans le Livre de la vie de Thérèse d'Avila, qui la considère également comme très vertueuse (voir )..

La communauté de Tolède étant hésitante à l'accueillir comme religieuse (du fait de sa santé fragile), Thérèse d'Avila lui écrit une lettre pour ne pas s'attarder sur ses problèmes de santé : .

Vie au Carmel Malgré ses souffrances physiques et morales, Marie de Jésus s'adapte à la vie carmélitaine et décèdera âgée dans son Carmel. Elle remplit les fonctions de sacristain, mais également d'infirmière.

Marie de Jésus était très chère à sainte Thérèse d'Avila. Lors de ses visites à Tolède, celle-ci montrait des signes d'un amour spécial envers elle. Thérèse lui a toujours consacré sa sollicitude maternelle - non pas tant sur ses maux physiques que sur sa "maladie d'amour" pour Dieu. Au cours de son séjour à Tolède en 1580, Thérèse d'Avila sollicite à plusieurs reprises la jeune religieuse pour avoir ses conseils et éclairages, y compris sur des problèmes de théologie mystiqueUne fois Thérèse lui dira même : . Le mot de "letradillo" est entré dans l'histoire et il est devenu le nom communément utilisé pour Marie de Jésus.

Responsabilités au Carmel En 1583, alors que Marie a 23 ans, elle est nommée maîtresse des novices, un poste qu'elle avait rempli durant six mois au Carmel de Cuerva. Elle forme les novices selon l'enseignement et l'exemple de sainte Thérèse d'Avila. Elle assurera encore ce poste à plusieurs reprises dans ce monastère.

En 1587, elle est choisie comme sous-prieure. Elle sera à nouveau promue sous-prieure de 1607 à 1619.

En 1591, elle est élue prieure du monastère, puis réélue en 1595 et 1598. Cependant, en , lors de la visite canonique du monastère, elle est accusée par l'une des religieuses. Compte tenu de ces accusations, le , Marie de Jésus est démise de ses fonctions de supérieure du monastère. Elle accepte calmement son sort. Durant 20 ans, elle supporte les accusations et prie pour son accusatrice. Elle reste paisible et respectueuse envers l'autorité. Elle est appréciée par son responsable direct, qui, bien qu'elle ait été déposée, a voulu qu'elle exerce la fonction de maîtresse des novices. 20 ans plus tard, son accusatrice se rétracte et avoue qu'elle l'a faussement accusée, car elle souhaitait prendre sa place. Marie est réhabilitée et réélue prieure le . En 1627 elle démissionne de son poste pour raison de santé. Les religieuses diront d'elle qu'elle a dirigé son monastère avec sérénité et douceur.

Marie de Jésus décède à Tolède le . Sa dépouille in-corrompue se trouve dans l'église du Carmel de Tolède.

Postérité De son vivant Déjà au cours de sa vie elle était considérée comme étant une sainte. Même avant 1580, sainte Thérèse a pu écrire : . Le père Jérôme Gratien, dans son ouvrage Le pèlerinage de saint Athanase, rédigé avant 1614, a parlé d'elle ouvertement, alors qu'elle était encore vivante.

Il disait qu'elle était une ..

Le grand historien du Carmel, frère Silvère de Sainte Thérèse (1878-1954) publie en 1937 : . (Histoire du Carmel déchaussé). a dit, .

Procès et béatification Dans le mois qui suivit sa mort, par la volonté de l'Ordre, les moniales ont été tenues de fournir leur témoignage sous serment à l'égard de vertus héroïques de leur mère Marie. Le véritable processus de béatification n'a cependant commencé qu'en 1914. La cause de béatification a été introduite le voir AAS, XIX / 1927 /, pp 102-5. Repris récemment, il a suivi le cours normal, avec la préparation d'un nouveau dépôt (positio), fruit d'une longue recherche.

Sœur Marie de Jésus a été béatifiée le à Rome par Paul VI. Sa fête liturgique est célébrée le . mais dans l'Ordre du Carmel, compte tenu de la fête de saint Jean Chrysostome en cette même date., Marie de Jésus est célébrée la veille avec rang de mémoire à la date du .

Ses écrits

Encore novice au couvent de Tolède, elle voit arriver saint Jean de la Croix tout juste évadé de sa prison. Elle l'entend déclamer ses poèmes mystiques et raconter son emprisonnement. Elle prend des notes le jour même de son évasion, et nous laisse le récit de cet épisode célèbre dans l'histoire du Carmel. Tenant Marie de Jésus en très grande estime, sainte Thérèse de Jésus lui soumet ses manuscrits des Fondations et le livre des Demeures pour les "réviser"..

Sa spiritualité

Les témoins et contemporains de Marie de Jésus nous indiquent qu'était une âme d'une candeur et d'une simplicité extraordinaire, qu'elle avait des charismes et des grâces de contemplation.

Dans ses écrits, il y a de fréquentes références au Sacré-Cœur de Jésus, à partir de laquelle, dans ses contemplations, elle dit . Elle a une très grande dévotion pour le Sacré-Cœur, ainsi que pour le Saint-Sacrement et le Précieux Sang de Jésus. Elle a également eu une dévotion particulière pour l'Enfant Jésus, qu'elle appelait « le docteur de la maladie d'amour », et à la Très Sainte Vierge, spécialement dans le mystère de son Assomption.

Notes et références

Annexes Voir aussi Madeleine du Saint-Esprit

Liens externes

Présentation de la Bse Marie de Jésus

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