La péninsule de Wirral est située sur la côte ouest de l'île de Grande-Bretagne. Baignée par les eaux de la mer d'Irlande, elle est située entre les embouchures de la Dee et de la Mersey, du côté anglais de la frontière avec le pays de Galles. Elle constitue un rectangle d'environ de long sur 11 de large.
Administrativement, elle est divisée entre les comtés du Merseyside (district métropolitain de Wirral) au nord et du Cheshire (Cheshire West and Chester) au sud. Historiquement, la péninsule entière est une partie du Cheshire. Les villes principales sont Birkenhead et Wallasey.
Géographie Wirral désigne aussi bien une péninsule qu'un bassin économique. L’Agglomération Urbaine de Wirral possède aujourd'hui une population de habitants (selon le recensement de 2001), et s'étend sur , entre la Mer d'Irlande au nord-ouest, la plaine du Cheshire et les vallées de la Dee et de la Mersey.
Géographie physique vignette|L'église Saint-Barthélémy, sur la colline de Thurstaston Hill. Bien qu'on ait pu écrire qu’, l'historien Stephen Roberts la définit comme Cette définition repousse vers l'est les limites de la centaine médiévale, jusqu'au ruisseau de Gowy.
Le Canal de jonction du Shropshire raccorde la Mersey à Ellesmere Port et la Dee à Chester. On peut considérer que ce canal fait de la péninsule une sorte d'île. Au nord, la Fender, les ruisseaux d'Arrowe Brook et de Greasby Brook se déversent dans le Birket, qui à son tour se jette dans la Mersey via la darse de Wallasey (docks de Birkenhead). Plus au sud, les rivières Clatter et Dibbin se déversent dans la Mersey à la darse de Bromborough.
Deux escarpements quasi-parallèles de grès du Trias s'étirent le long de la péninsule. Le coteau occidental comprend les collines de Grange Hill et de Caldy Hills (alt. ), puis la colline de Thurstaston Hill (alt. ), Poll Hill à Heswall (alt. , point culminant de Wirral) et Burton (alt. ). Le coteau oriental, plus irrégulier, comprend les collines de Bidston Hill (alt. ), Prenton (alt. ) et Storeton Hill (alt. ). Le val de Fender qui les sépare, a été taillé par le passage d'un glacier.
Géographie humaine La péninsule est surtout urbaine sur son versant est : là s’étendent les villes portuaires de Birkenhead et de Wallasey ; à l’ouest et au sud, au contraire, c’est un paysage rural. Ainsi, selon le Conseil Métropolitain de Wirral, les deux-tiers de la population n’occupent qu’un tiers de la superficie,surtout à Birkenhead et Wallasey. Un peu plus au sud et à l’ouest, on rattache encore les villes comme Ellesmere Port à la péninsule (border towns). Du point de vue du développement économique, l’agglomération de Wirral est rattachée à la communauté urbaine de Liverpool.
Histoire Un site préhistorique Les plus anciens indices d'occupation humaine du site de Wirral remontent au Mésolithique, vers Les fouilles menées à Greasby ont mis au jour un outillage de silex, des empreintes de poteaux en bois et un foyer aménagé par une communauté de chasseurs-cueilleurs. On a découvert d'autres vestiges de cette période sur les sites d’Irby, de Hoylake et de New Brighton, et des haches néolithiques et de la céramique postérieure à Oxton, Neston et Meols. À Meols et New Brighton, on a pu démontrer une occupation continue jusqu'à l’Âge du bronze, vers 1000 av. J.-C., et on a retrouvé des urnes funéraires de cette période à West Kirby et Hilbre.
Jusqu'à l'arrivée des Romains, Wirral était habitée par la tribu celtique des Cornovii. Les objets mis au jour à Meols suggèrent qu'il s'agissait alors d'un port considérable, actif depuis cinq siècles au moins. Les commerçants carthaginois et gaulois s'y pressaient pour charger le minerai d'étain du Pays de Galles et du Cheshire. On peut encore voir les vestiges de l’oppidum de l’Âge du fer à Burton, auquel cette ville doit son nom (burh tún est une transcription en vieil anglais de « village fortifié »).
Romains et Bretons Vers l’an 70 de notre ère, les Romains fondèrent le camp de Chester. On a retrouvé des traces de leur séjour à Wirral, notamment les restes d'une voie romaine aux environs de Mollington, Ledsham et de Willaston. Cette voie se prolongeait sans doute jusqu'au port de Meols, qui a pu servir de base d'opération pour la conquête romaine de la côte septentrionale du Pays de Galles. La carrière de Storeton a peut-être été exploitée également par les Romains pour leurs statues. Les vestiges de ce qui a pu être une voie romaine ont été dégagés à Greasby et Bidston. Comme le montre l'histoire de Patrick d'Irlande, vers la fin de l'occupation romaine, la piraterie affecta le trafic commercial en Mer d'Irlande, et il y eut sans doute une garnison romaine à Meols pour combattre cette menace.
Malgré l'évacuation de la dernière armée romaine de BretagneD’après .D’après .D’après . en 410, les monnaies et objets antiques retrouvés à Meols montrent que le port maintenait un commerce actif avec le continent. Le plan circulaire des cimetières britto-romains découverts à Bromborough, Woodchurch et ailleurs sont les indices du développement du christianisme celtique entre les Ve et s ; à cela s'ajoute la consécration de l'église de Wallasey, dédiée à un évêque gaulois du , Hilaire de Poitiers. Les toponymes celtes de Liscard et Landican (de llan-T/Decwyn) suggèrent tous deux une origine celtique. Wallasey, qui signifie « Île des Gaulois » (au sens d'« étrangers »), semble le justifier. Le toponyme gallois de Wirral est, depuis longtemps, CilgwriD’après . Selon la mythologie celtique, l’ouzel (ou merle) de Cilgwri serait l'une des créatures primordiales du MondeD’après .
Saxons et Vikings
Les Saxons d’Æthelfrith, roi de Northumbrie, saccagent Chester vers l'an 616. Æthelfrith se retire ensuite, abandonnant l'ouest et le sud de la vallée au royaume de Mercie, et les colons Saxons s'emparent de la péninsule de Wirral à l'exception du cap extrême. Plusieurs villages : Willaston, Eastham et Sutton, se forment à cette époque.
Vers la fin du , les Danes ou Vikings commencent à écumer le pays. Ils s'établissent autour de l'embouchure de la Dee et le long de la côte, formant leurs propres comptoirs : Kirby, Frankby et Meols. Ils mettent en place leur propre gouvernement et établissent leur parlement à Thingwall. C'est sans doute à la colonie viking de Wirral que font allusion les Annales fragmentaires d'Irlande à propos de l'établissement du chef viking Ingimundr dans les environs de Chester. La source irlandaise fait de cet événement une conséquence de l'expulsion des Vikings de Dublin (902), et de leur échec à Anglesey qui suivit. Ingimundr aurait obtenu l'autorisation de la princesse Æthelflæd, co-régente de Mercie, d'établir un refuge pour ses hommesD'après .. On pense que les contours de la colonie viking passaient au sud de Neston et de Raby, le long de la vallée de Dibbinsdale. Le passé viking de Wirral est attesté par la multitude de toponymes à suffixe en '-by' (qui signifie « colonie », ou « hameau » dans les langues scandinaves) ou de lieux-dits norrois tels Tranmere, corruption de trani melr (« banc aux grues »). La découverte de deux sépultures à crêt (hogback tombstone), typiquement viking, le corrobore. Les enquêtes effectuées dans les années 2000 sur l'ADN du chromosome Y ont montré l'importance de l'empreinte génétique des Vikings à Wirral, avec des taux très élevés de l’haplogroupe R1a, associé en Grande-Bretagne au lignage scandinave.
Bromborough pourrait être le site de la bataille de Brunanburh (937), considérée par les Anglais comme l'acte de naissance de la nation anglaise, dans la mesure où les royaumes saxons y auraient, pour la première fois, fait front commun contre la coalition des Danes et des Pictes. Selon la Saga d'Egill, la bataille s'est déroulée en grande partie sur la lande de VínheíþrD'après , qui désignait Wirral en vieux norrois.
Les Normands et l'instauration du féodalisme Après l'invasion de l'Angleterre (1066) et la soumission de la Northumbrie en 1069-70, Guillaume le Conquérant s'empara et mit à sac Chester et ses environs, y compris la péninsule de Wirral. Le Domesday Book relève qu'en 1086, cette péninsule était plus densément peuplée que le reste de l'Angleterre, et le donjon d'Eastham, qui dominait l'est de la péninsule de Bidston à la vallée du Gowy, était le second du Cheshire. Des 28 seigneurs de Wirral, 12 portaient des noms scandinaves : en 1086, leurs terres furent confisquées et remises à divers barons normands, comme Robert de Rhuddlan et son cousin Hugues d'Avranches, et Hamon de Massey. Le Domesday recense quelque 405 feux à travers la péninsule, ce qui peut correspondre à – habitants.
Les Comte de Chester régnèrent sur la totalité du Comté palatin, sorte d'état dans l’État, pendant près de 250 ans. De 1120 à 1123, Ranulph le Meschin fit de Wirral une de ses chasses, permettant au gibier, particulièrement les cerfs et sangliers, de se reproduire sans contrainte. Un garde forestier était chargé de sonner du cor, et cette charge devint héréditaire chez les Stanley ; mais les plaintes répétées des habitants sur les dommages de la faune et les abus des barons Stanley poussèrent Édouard de Woodstock à accorder, en tant que comte de Chester, et peu avant sa mort de dysenterie, une charte confirmant le défrichement de Wirral. La charte fut finalement promulguée par son père, le roi Édouard III, le 20 juillet 1376.
Dès la fin du , le prieuré de Birkenhead se dressait déjà sur la rive ouest de la Mersey, sur une langue de terre couverte de bouleaux (birch), ce qui explique le nom de la ville. Les ruines de ce prieuré sont les plus anciennes du Merseyside. Les moines bénédictins, ayant obtenu du roi Édouard III le privilège du trafic vers Liverpool, mirent en place, vers 1330, le premier bac de la Mersey. À cette époque, une grande partie des terres étaient détenues par l'abbaye de Chester. En 1278 l'abbaye obtint le privilège d'organiser trois fois l'an une foire à Bromborough, mais cette manifestation périclita après l'épidémie de peste noire en 1349. Entre-temps, Meols conservait son trafic portuaire : l'érosion de la côte alentour a libéré du sous-sol .
Époque moderne Un rôle d'imposition de 1545 révèle que la population de Wirral était alors à peine de habitants. La péninsule était divisée en 15 paroisses (Wallasey, Bidston, Upton, Woodchurch, West Kirby, Thurstaston, Heswall, Bebington, Bromborough, Eastham, Neston, Burton, Shotwick, Backford et Stoke). La plupart des paroisses étaient divisées en quartiers, dont les plus peuplés étaient Neston, Burton, Wallasey, Tranmere (paroisse de Bebington) et Liscard ; leur taille était celle de petits villages.
La proximité du port de Chester a influencé l'histoire du versant Dee de la péninsule. Depuis le , Chester était un comptoir actif avec l’Irlande, l’Espagne et les Pays-Bas ; là, les navires hauturiers pouvaient rester au mouillage en attendant la marée haute et des vents favorables. Mais l'envasement de l'estuaire de la Dee provoqua le développement de darses secondaires à Shotwick, Burton, Neston, Parkgate, Dawpool et Hoyle Lake. Ce ne fut pourtant en rien une évolution graduelle, puisque selon les marées et les tempêtes, les mouillages aval (celui de Hoyle Lake, qui se substitua à Meols) étaient déjà utilisés de façon occasionnelle au Moyen Âge. Les quais et grues de déchargement (guindaux) les plus nombreuses se trouvaient à Neston et Parkgate.