Picquigny est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Géographie Localisation Picquigny est un village picard de l'Amiénois.

Limitrophe d'Ailly-sur-Somme, la localité est située à au sud-est de Flixecourt, au nord-ouest d'Amiens et à au sud-est d'Abbeville, à vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune..

Géologie et relief Le territoire de la commune de Picquigny est divisé en deux grandes parties. La première partie, qui recouvre les deux tiers du territoire, est argilo-calcaire, riche en azote et en acide phosphorique ; la seconde partie est humifère, formée par des alluvions modernes le long de la Somme et du marais communalNotice géographique et historique sur la commune de Picquigny, rédigée par Monsieur Brusselle, instituteur, 1899, Archives départementales de la Somme..

Le relief de la commune est celui d'un plateau et d'une vallée. L'altitude la plus basse est de à la gare, la plus haute de au bois de Neuilly. De là on découvre le paysage à plusieurs kilomètres à la ronde.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Somme canalisée, le bras de décharge rg ecl 20 Picquigny de la vanne du bras de décharge au canal de la Somme et divers autres petits cours d'eau.

Le canal de la Somme, construit entre 1770 et 1827, et mis au gabarit Freycinet en 1880, est long . Il débute à Saint-Simon où il touche au canal de Saint-Quentin et débouche dans la baie de Somme.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PicquignyLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Somme aval et Cours d'eau côtiers ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Somme canalisée. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte d'aménagement hydraulique du bassin versant de la Somme (AMEVA).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Glisy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Picquigny est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (64,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (62,6 %), forêts (17,3 %), zones humides intérieures (10,6 %), zones urbanisées (5,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (2,8 %), zones agricoles hétérogènes (1,6 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Parcelle couverte par le plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi à l'ouest d'Amiens, dont la dernière procédure a été approuvée le ..

Habitat Le village de Picquigny s'organise autour de la place de la mairie et du carrefour routier. La commune a un habitat groupé dans la vallée qui grignote la pente du plateau au sud.

Voies de communication et transports Picquigny est traversée par la canal de la Somme qui n'est plus guère utilisé pour le transport de marchandises. Le tourisme fluvial, par contre, se développe.

Le bourg est desservi par la ligne de chemin de fer de Paris à Boulogne-sur-Mer. La gare de Picquigny est desservie par des TER.

C'est aussi un carrefour routier secondaire sur les routes d'Amiens à Abbeville par la vallée de la Somme, de Picquigny à Airaines et Gamaches et la route de Picquigny à Molliens-Dreuil.

La localité est desservie par la ligne d'autocars (Saint-Léger - L'Étoile - Flixecourt - Amiens) du réseau inter-urbain Trans'80..

Toponymie Picquigny se trouve mentionné en 942 sous les noms Pinkeni ou Pinkinei. Les noms de Pinconii castrum en 1066, de Pinchiniacum en 1110, et de Pinquigniacum au ont également été relevésDictionnaire de noms de lieux, L. Deroy et M.Mulon, Le Robert, 1992Dictionnaire des pays et provinces de France, Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, éd. Sud-Ouest, 2000..

Le nom Picqigny est de formation gallo-romaine. Il est formé du suffixe « gny » provenant du latin iacus ou iacum signifiant domaineCharles Rostaing, Les Noms de lieux, Paris, P.U.F., 1969 à 50. « Picqui » viendrait du nom germanique d'une personne vraisemblablement propriétaire du lieu Pinko.

Selon Louis-Paul Colliette, le nom Picquigny serait à l'origine du nom Picardie.. Cette hypothèse n'est plus retenue de nos jours.

Histoire

Antiquité

La découverte d'un cimetière gallo-romain en 1895 au lieu-dit les Vignes (au sud du village) prouve que la localité était déjà occupée à l'époque de la conquête romaineL. Ledieu - « Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie », Tome III, Canton de Picquigny, page 197 (1919, reprint Editions Culture et Civilisation, Bruxelles, 1979).

Moyen Âge

Les Grandes Chroniques de France rapportent qu' après la défaite des Huns à Lihons-en-Santerre, les habitants d'Amiens, qui avaient livré passage aux barbares, se réfugièrent dans le château de Picquigny, pour se mettre à l'abri de la vengeance de Dagobert. Ils y furent assiégés par le princeLa véracité de ces faits ne résiste pas à la critique historique..

Ce bourg, baronnie de « franc alleu », qui tenait dans sa mouvance trois cent soixante fiefs, est situé sur la Somme, à trois lieues d'Amiens et à sept lieues d'Abbeville"Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état- chartes, coutumes, actes municipaux…" Par Louandre, Charles Léopold, 1812-1882, Thierry, Augustin, 1795-1856, Augustin Thierry, États généraux, France, Tiers État.

Le , Arnoul, comte de Flandre, et Guillaume Longue-Epée, duc de Normandie, ont une entrevue à Picquigny pour traiter de la paix. Ils se rendent sur une petite île sur la Somme, laissant chacun son armée. Les conférences terminées, Guillaume part, mais Arnoul le rappelle sur l'île. Guillaume, ne soupçonnant rien, revient et est assassiné lors d'un guet-apens.

vignette|170px|Stèle commémorant la Paix de Picquigny (1475). À la fin du , le seigneur de Picquigny est un des douze pairs du comté de Corbie, un peu plus tard, en 1302, le seigneur de Picquigny a lui-même : les titulaires des fiefs de Belloy-sur-Somme, Breilly, RiveryP. Feuchère, « Pairs de principauté et pairs de château. Essai sur l'institution des pairies en Flandre. Étude géographique et institutionnelle », dans Revue belge de Philologie et d'Histoire, Année 1953, Tome 31, fascicule 4, , lire en ligne....

Au , ce bourg avait le statut de commune avec un échevinage.

Au début du , le domaine des seigneurs de Picquigny se composait de deux parties distinctes : l'une (implantée sur les deux rives de la Somme) constituant le vidamé d'Amiens, l'autre (au nord de la Somme) composant l'avouerie de Corbie. Ces derniers tenaient par délégation de cette abbaye le droit de battre monnaie.

En 1307, les Templiers, arrêtés le même jour dans toute l'étendue du bailliage d'Amiens par ordre de Philippe le Bel, furent enfermés dans les souterrains du château de Picquigny, alors forteresse imposante.

Le , par le traité de Picquigny, Louis XI a acheté à Édouard IV une trêve mettant fin à la guerre de Cent Ans moyennant un tribut annuel de cinquante mille écus d'or.

Époque moderne

En novembre 1498, par devant Jean d'Ardres, bailli de Picquigny, le seigneur Charles d'Ailly permet aux habitants de racheter l'obligation d'aller au four banal faire cuire leur pain contre deux sols six deniers par ménage.

En août 1547, Henri II établit un marché tous les seconds lundis de chaque mois pour aider les habitants incendiés à se rétablir.

En juillet 1575, établissement d'un marché franc.

Le , le bourg et sa forteresse servirent de refuge aux débris de l'armée française qui s'était portée au secours de Doullens, sous les ordres du duc de Bouillon, du comte de Saint-Pol et du duc de Nevers, défaits par le général espagnol, Pedro Enríquez de Acevedo, comte de Fuentes.

En janvier 1630, établissement d'un marché le mercredi de chaque semaine.

En 1671, Picquigny possède une école.

Au , un moine capucin (Frères mineurs capucins) portant le nom de la commune, Augustin de Picquigny, dont on ne sait rien de la vie, a connu son heure de gloire en prononçant à Arras en 1711 une oraison funèbre du Grand Dauphin Louis de France (1661-1711), fils aîné de Louis XIV. Jugé assez sévèrement par la critique pour « le ridicule et le burlesque qui y règne », le texte a néanmoins été publié la même année et même réédité en 1739M. Prevost, « Augustin de Picquigny », dans Dictionnaire de Biographie française, Tome IV, Paris, 1948, Letouzey et Ané.

Époque contemporaine

Au , Victor Hugo voyage le long de la Somme et passe à Picquigny.

En 1847, le chemin de fer (Ligne de Longueau à Boulogne-Ville) relie Picquigny à Abbeville et à Amiens.