Le saumoduc de Salins-les-Bains à Arc-et-Senans est un ancien saumoduc situé en Franche-Comté, en France, construit à la fin du pour acheminer sur la saumure extraite à la saline de Salins-les-Bains, dans le Jura, vers la saline royale d'Arc-et-Senans, dans le Doubs, nouvellement construite mais ne possédant pas de sources salées.
Les deux salines figurent ( et ) sur la liste du patrimoine de l'humanité établi par l'UNESCO, et les vestiges maçonnés du saumoduc sont inscrits aux monuments historiques.
Tracé Le saumoduc partait du centre-ville de Salins-les-Bains et suivait les cours de la Furieuse et de la Loue.
Avant de rejoindre Arc-et-Senans, il passait notamment par les communes de Rennes-sur-Loue et Port-Lesney.
Histoire Afin de pallier le manque de bois autour de la saline de Salins-les-Bains, la saline royale d'Arc-et-Senans (saline de Chaux) est construite entre et à proximité de la forêt de Chaux, deuxième plus grande forêt de feuillus de France. Néanmoins, cette nouvelle saline ne possède pas de source salée, et il est donc décidé de construire un saumoduc selon les plans du géomètre Denis François Dez, afin d'y conduire la saumure (eau salée) depuis Salins-les-Bains. On considère en effet, comme l'écrit Claude-Nicolas Ledoux, architecte de la saline d'Arc-et-Senans, qu'il est ... Un bâtiment de graduation, long de , sera construit près de la rivière pour concentrer la saumure et donc économiser le bois de chauffage. À sa sortie, la saumure était stockée dans un réservoir de .
vignette|gauche|Guérite accueillant la cuvette de Perrichon.
Les vestiges maçonnés du saumoduc ont été inscrits aux monuments historiques le . Ces vestiges sont : la cuvette de Monplaisir, à Salins-les-Bains. : une petite pièce voûtée avec, sur le côté droit, deux bouches d'arrivée, et sur le côté gauche, deux bouches de départ ; la cuvette de Perrichon, à Port-Lesney (), dans un petit bâtiment couvert de tuiles qui ne présente plus d'éléments techniques apparents ; le passage sous la route de Lyon, à Rennes-sur-Loue : il présente une partie d'origine à voûte plate et une partie dont la voûte a été refaite plus bombée. Les vestiges du bâtiment de graduation sont également protégés depuis ..
Les conduites en fonte ont été déposées durant la Première Guerre mondiale afin de fournir du métal aux fabriques d'obus. Le bâtiment de graduation a été déconstruit.
Une attraction touristique, le sentier des gabelous, a été aménagée en sur le tracé de l'ancien saumoduc par les communautés de communes concernées (pays de Salins-les-Bains, canton de Quingey et Val d'Amour) avec l'expertise du réseau des musées des techniques et cultures comtoises (MTCC) ; le chemin est ponctué de d'informations, munis de QR codes...
Caractéristiques vignette|gauche|Exemple de conduite de saumure à Salins-les-Bains. Le saumoduc est fait d'éléments cylindriques en troncs de sapin dont le centre est évidé.
Le saumoduc, comportant deux conduites, était enterré pour éviter que la saumure ne gèle et qu'elle ne soit dérobée par les contrebandiers (faux sauniers). À l'origine, les conduites étaient fabriquées à partir de troncs de sapins creusés et taillés aux extrémités en forme de crayons pour s'emboîter. 15 000 troncs ont été nécessaires, débitant de saumure par jour répartis entre deux conduites, une conduite pour la saumure de la « grande saline » et l'autre pour celle de la « petite saline ».
Du fait de la forte déperdition sur le parcours (jusqu'à 30%), les canalisations en sapin furent remplacées par des canalisations en fonte à partir de . La canalisation, longue d'environ entre la petite Saline et le bâtiment de graduation de la Saline de Chaux, amenait la saumure .. ou , LGF, (35731), , 253 . plus bas.
Afin de le sécuriser plus fortement, six « maisons de contrôle » (à pont d'Oroz, Montplaisir, Saint Benoit, La Chapelle, Perrichon et Champagne) furent construits le long du tracé du saumoduc, formant ainsi le « chemin des gabelous ». Le débit et la teneur en sel de la saumure étaient mesurés à chaque poste, et les résultats étaient relevés chaque samedi et portés à la saline. Les gabelous étaient des douaniers responsables du commerce du sel, et donc de la perception de la gabelle. Ils devaient faire face à des « faux-sauniers », qui perçaient les canalisations afin de récupérer une partie du liquide chargé de sel..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie . .
Articles connexes Liste des monuments historiques du département du Jura Liste des monuments historiques du Doubs Bassin salifère de Franche-Comté
Liens externes
Le sentier des Gabelous
Catégorie:Monument historique dans le Doubs Catégorie:Monument historique dans le département du Jura Catégorie:Monument historique à Salins-les-Bains Catégorie:Monument historique inscrit en 2009 Catégorie:Patrimoine du XVIIIe siècle Catégorie:Histoire du sel Catégorie:Patrimoine industriel