Saleux est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.
Géographie Localisation Saleux est un bourg picard de l'Amiénois.
À vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune., la localité est située à au sud-ouest d'Amiens, au sud-est d'Ailly-sur-Somme, au sud-ouest de Corbie, au sud-est d'Abbeville et à au nord-est de Beauvais.
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Selle ou Somme et divers autres petits cours d'eau.
La Selle, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Catheux et se jette dans la Somme canalisée à Amiens, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Selle sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:04 TU à partir des 520 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/03/1981 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.
Quatre moulins étaient en activité dans les années 1730..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de SaleuxLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Somme aval et Cours d'eau côtiers ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Somme canalisée. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte d'aménagement hydraulique du bassin versant de la Somme (AMEVA).
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Nord-est du bassin Parisien » et « Côtes de la Manche orientale ».. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Glisy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saleux est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine d'AmiensUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant onze communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine d'Amiens comprend une ville-centre et dix communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (67,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (68,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (57,5 %), forêts (17,1 %), zones urbanisées (12,7 %), zones agricoles hétérogènes (8,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3 %), prairies (0,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Habitat LogementsTableaux LOG T2 et LOG T7, Recensement général de la population 2017, document mentionné en liens externes. Nombre en 2007 % en 2007 nombre en 2012 % en 2012 nombre en 2017 % en 2017 Total 100 % 100 % 100 % Résidences principales 995 96,6% 1055 96,2 % 1225 95,3 % → Dont HLM 139 13,9 % 160 15,2 % 191 15,6 % Résidences secondaires et logements occasionnels 3 0,3 % 4 0,4 % 11 0,9 % Logements vacantsLes logements vacants comprennent notamment les logements neufs qui ne sont pas encore habités, ceux que leurs propriétaires laissent libres ou dans lesquels ils font réaliser des travaux, ou ceux qui sont libres entre deux ventes ou deux locations 32 3,1 % 383,4 % 49 3,8 % Dont : → maisons 926 89,9 % 967 88,2 % 85,4 % → appartements 103 10,0 % 127 11,4 % 184 14,3 %
Projets À la suite de la fermeture en 2014/2015 de l'entreprise Sapsa Bedding, qui utilisait les locaux de l'ancienne filature Cosserat du , le site de près de traversé par la Selle est devenu une friche rachetée en 2017 par un investisseur qui prévoit d'y réaliser un nouveau quartier qui pourrait comprendre à terme environ . Le promoteur ne prévoit pas de conserver les anciens bâtiments industriels, qu'il juge trop dégradés. Le projet a nécessité une révision du plan local d'urbanisme menée en 2019/2020. Il prévoit la construction de logements semi-collectifs, de maisons individuelles et de locaux d'activités ... Touefois, en 2021; l'opposition municipale s'inquiète de la pollution du site où ont été relevés la présence d'hydrocarbures, de métaux lourds (plomb, zinc, mercure) et de composés organiques volatils toxiques.
Voies de communication et transport L'axe routier principal de la ville est la RD 8 qui la relie à Amiens. L'ex-route nationale 29 passe au nord du territoire communal, hors du tissu urbanisé.
Deux autoroutes traversent le territoire communal : l'A29 et l'A16. La sortie 18 Salouël donne un accès aisé à la commune.
La localité est desservie par la ligne d'autocars (Crévecœur-le-Grand - Conty - Amiens) du réseau interurbain Trans'80 Hauts-de-France., qui est un lointain successeur de la ligne de Saint-Omer-en-Chaussée à Vers, la petite ligne de chemin de fer qui reliait Beauvais à Amiens.
Elle est traversée par la ligne d'Amiens à Rouen, mais la gare est fermée au trafic voyageurs, tout en ayant un important trafic fret généré par des silos agricoles disposant d'un embranchement particulier.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Salcosi (1105) ; Salocus (1147) ; Saleu (1139) ; Salotum (1147) ; Saletum (12..) ; Salle (1470) ; Salocz (1579) ; Salea (1592) ; Salleu (1648) ; Salleux (1696) ; Saleux (1707)Jacques Garnier, Dictionnaire topographique de la Somme, t. 1, Paris / Amiens 1867 - 1878, p. 299 (lire en ligne sur DicoTopo) ..
Il est couramment admis que la commune tient son nom de Salla, le nom latin de la Selle (la rivière qui traverse la localité)., et de leu, terme rappelant l'eau en picard..
Une autre origine pourrait venir du latin Salix qui a donné Saule en français..
Histoire Préhistoire En 2006, lors de la construction de logements, des fouilles ont permis de découvrir des sites mésolithiquesLe mésolithique va de à avant notre ère. sur des positions d'anciennes berges de la Somme et de la Selle rapport d'activité 2006 de l'Inrap page 102.
Antiquité Un cimetière gallo-romain a fourni vases, poteries, pièces, à l'est de la bourgade, aux lieux-dits le Sépulcre et la Vierge Catherine.
Temps modernes Saleux est détruit par les Bourguignons de Charles le Téméraire en 1472.
Les invasions espagnoles de 1636 ont ravagé Saleux..
vignette|redresse|Usine Poiret, 1915. Dans les premières décennies du , le village, essentiellement agricole, se transforme et accueille les industries, qui utilisent l'énergie hydraulique de la Selle et conduisent à son développement. En 1839, Eugène Cosserat implante une filature à lin sur les bords de la rivière...
En 1827, le cadastre napoléonien mentionne sur le site qui deviendra la filature Cossera figurent plusieurs bâtiments (moulin, maison et dépendances) distribués par une cour, situés sur un îlot déterminé par divers bras de la Selle (à l'est) et un canal de dérivation non cadastré (à l'ouest)...
La filature de lin Cosserat , agrandie vers 1848, par l'architecte Marest, est remplacée par une construction nouvelle en 1855 réalisée pour Eugène Cosserat ; elle est agrandie en 1862, 1865 et 1878
En 1850, l'usine Poiret, qui emploie 150 ouvriers, comprend 1 moulin, 18 métiers, 40 machines et 1 forge. L'usine Cosserat dispose d'un moulin à eau, une machine à vapeur, 23 métiers, 2880 broches utilisés par 200 ouvriers.
En 1854 est fermé l'ancien cimetière communal, proche de la Selle et de l'ancienne église... Le cimetière actuel est aménagé sur un terrain acquis en 1853, agrandi en 1901 après la scission d'avec Salouël.. Le terrain de l'ancien cimetière est utilisé pour y agrandir l'usine d'Ulysse Joly, blanchisseur.
En 1864, Salouel, qui jusqu'alors faisait partie de Saleux, est érigé en commune autonome, ..
En 1865, Charles Poiret-Trépagne installe une fabrique de savons à l'ouest de la Selle, à l'emplacement d'un ancien moulin à blé et dotée d'un magasin construit en 1876.
« En 1866, lors de l'épidémie de choléra, la qualité des sources alimentant les fontaines d'Amiens est mise en doute. Un usinier de Petit-Saint-Jean démontrera à partir de documents et de témoignages, qu'en fait, les eaux de la Basse-Selle qui alimentent ces fontaines sont altérées par les usines de Saleux et par la papeterie de Prouzel qui y jettent lessives et acides utilisés pour le blanchiment des chiffons ».
En 1868, les plans cadastraux montrent les installations du Tissage Yvose, réalisées par le manufacturier parisien Laurent Yvose. Le site de production s'étend sur les deux rives de la Selle et sur les deux communes de Saleux et Salouël et se développe progressivement...