RTF Télévision, également désignée plus simplement Télévision française puis intitulée Première chaîne de la RTF après la création d'une deuxième chaîne RTF en , est une chaîne de télévision généraliste nationale française de la Radiodiffusion-télévision française ayant émis entre le et le .
Cette chaîne fait suite à différentes formules et sociétés de télévision successives, couvrant dans un premier temps uniquement la région parisienne, dont Radiovision-PTT en 1935, Radiodiffusion nationale Télévision en 1937, Fernsehsender Paris en 1943 sous occupation allemande; elle devient RDF Télévision française puis est nommée RTF Télévision en 1944, avant de devenir la Première chaîne de l'ORTF en 1964. Depuis son lancement en 1949, la chaîne exploite le noir et blanc en haute définition 819 lignes.
Histoire de la chaîne vignette|gauche|En 1949, Pierre Sabbagh présente le premier journal quotidien. Le , la Radiodiffusion française (RDF) devient la Radiodiffusion-télévision française (RTF) afin de souligner l'importance du développement de la télévision au sein la société nationale. RDF Télévision française prend alors le nom de RTF Télévision et s'incarne au travers du visage de Jacqueline Joubert, première speakerine recrutée par concours pour annoncer les programmes de la RTF Télévision dès le . Ainsi, c'est elle qui annonce aux téléspectateurs le la diffusion à la Télévision française du premier journal télévisé au monde, créé et dirigé par Pierre Sabbagh. Pour accompagner l'essor de ce nouveau média, le gouvernement Queuille étend la perception de la redevance aux récepteurs de télévision par la loi du . Ces derniers sont taxés à 3000 anciens francs pour les particuliers et à 6000 anciens francs dans les lieux publics. Le , Catherine Langeais devient la troisième speakerine de RTF Télévision, recrutée pour présenter les émissions diffusées dans le nouveau standard haute définition en 819 lignes qui démarrent le même jour, tandis que celles en 441 lignes, prévues pour durer jusqu'en 1958, continuent d'être présentées par Jacqueline Joubert et Arlette Accart. Deux programmes différents regroupant les mêmes émissions sont donc diffusés simultanément sur Paris, les émissions à base de films étant diffusées à des moments différents sur les deux réseaux de manière que l'on puisse utiliser une seule bobine de film sur deux télécinémas de définitions différentes. Seules les émissions en direct sont filmées par deux caméras dans les deux définitions et diffusées en même temps, ce qui oblige la RTF à utiliser un double équipement en studio, ce qui est extrêmement encombrant et coûteux.
En , Télé Lille, première station régionale de télévision émettant de façon autonome depuis le , devient le premier relais de l'émetteur parisien de RTF Télévision hors de la région parisienne, à la suite de l'installation du premier faisceau hertzien de télévision entre Paris et Lille. RTF Télévision cesse d'être une chaîne de télévision parisienne pour devenir une chaîne nationale. Télé-Lille conserve tout de même quelques émissions propres diffusées avant ou en décrochage du programme national. Ce relais technique lillois permet la mise en place le de la première émission internationale de télévision en direct organisée par la RTF et la BBC et intitulée La Semaine franco-britannique, dans laquelle Catherine Langeais souhaite la bienvenue aux téléspectateurs de BBC Television Service The First Franco-British Television Programme Relay (9-14 juillet 1952) sur Archives.television.free.fr. Les deux diffuseurs publics ont réussi à régler le problème de conversion de leurs standards de diffusion (405 lignes au Royaume-Uni, 441 lignes et 819 lignes en France) grâce au tout nouveau convertisseur de définition mis au point par Delbord (une caméra 405 lignes reprend l'image d'un moniteur 819 lignes à tube cathodique spécifique), qui permet ensuite à RTF Télévision d'unifier ses programmes sur ses deux réseaux 441 lignes et 819 lignes (une caméra 441 lignes reprenant l'image d'un moniteur 819 lignes à tube cathodique spécifique) et de pouvoir aussi se débarrasser des encombrantes caméras 441 lignes. Alors que depuis la mise en service de l'émetteur en 819 lignes, l'émetteur en 441 lignes se limite alors à diffuser des films, des kinéscopes (émissions filmées) et des directs de plateau, les mêmes programmes peuvent dorénavant être vus simultanément par tous les téléspectateurs français dès le , en particulier les grands directs sportifs. En utilisant pour la première fois la télévision pour présenter ses vœux aux Français en direct du Palais de l'Élysée le , le président de la République Vincent Auriol inaugure une longue tradition.
La semaine franco-britannique de 1952 ayant permis de lever toutes les contraintes techniques, RTF Télévision peut retransmettre les images du couronnement de la souveraine britannique Élisabeth II, filmées en direct de l’abbaye de Westminster par la BBC et diffusées dans six pays d'Europe de l'Ouest, véritable déclencheur de l’engouement des Français pour la télévision. Ce , tout Paris est devant les quelques écrans privés ou publics ou devant les vitrines des marchands de postes de télévision pour voir ici ce qui se passe au même moment à Londres. Le , des relais hertziens relient Paris à Strasbourg et permettent à Télé-Strasbourg, qui émet depuis le , de devenir le second relais de RTF Télévision sur le territoire national. Le , l'Assemblée nationale vote un plan de développement de cinq ans pour la télévisionLoi du 31 décembre 1953 relative au développement des crédits affectés aux dépenses de la Radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 5 janvier 1954.. Alors que la France ne compte que postes de télévision en 1950, le nombre de téléviseurs passe de en 1953 à en 1954, soit 1 % des ménages français. Le système d'échange de programmes, baptisé Eurovision, débute le dimanche avec la retransmission en direct et en simultané dans dix-huit pays européens de la fête des Narcisses de Montreux. L'ouverture des émetteurs de Télé-Marseille le et de Télé-Lyon le vient compléter le réseau de diffusion national de RTF Télévision. Chaque station régionale de la RTF diffuse ses programmes en décrochage de l'antenne nationale de RTF Télévision de à à partir de .
La première campagne télévisée pour les élections législatives se déroule du 20 au . Le marque la fin prématurée de l'exploitation en 441 lignes; l'émetteur Telefunken de la Tour Eiffel, dont l'obsolescence n'a pu lui permettre de supporter la longue soirée d'élection est victime d'un incendie. L'arrêt de l'émetteur en 441 lignes étant initialement prévu en 1958, sa coûteuse reconstruction est abandonnée au profit d'une indemnisation des téléspectateurs pour leur permettre l'achat d'un poste récepteur en 819 lignes. En avril et , le président du Conseil Guy Mollet reçoit les caméras de télévision pour la première fois à l'hôtel Matignon lors d’un entretien conduit par Pierre Sabbagh. La publicité sans marque ou « propagande collective d'intérêt général » est introduite à la télévision en 1959. Le , RTF Télévision s'offre pour Noël une horloge futuriste, à l'image de son nouveau logo, afin de fêter l'approche du . Cette horloge, d'un graphisme extrêmement clair et s’inscrivant parfaitement dans la forme de l’écran de la télévision, est conçue par Christian Houriez pour ouvrir et ponctuer les programmesPendule ORTF d'Houriez sur Dailymotion.com..
L'attrait des Français pour la télévision ne cesse de croître, passant de 6,1 % des ménages équipés en poste de télévision en 1957 à 13,1 % en 1960. Le , le téléfilm L'Exécution provoque l'indignation car Nicole Paquin y apparait nue de dos pendant quelques secondes. Le carré blanc est alors créé pour signaler un programme jugé inapproprié pour le jeune public. Il sera utilisé la première fois le , lors de la diffusion du film Riz amer avec Silvana Mangano.
Le premier essai de retransmission de télévision en Mondovision par le satellite Telstar a lieu le entre les radômes d'Andover aux États-Unis et de Pleumeur-Bodou en Bretagne.
Face à la fréquence des grèves au sein de l'établissement public et à des enquêtes d'opinion menées auprès des téléspectateurs, le gouvernement et la direction de la RTF décident de procéder à une série de réformes dès 1963. La première d'entre elles concernant la télévision a lieu en avec les Actualités télévisées dans lesquelles la priorité absolue est donnée à l'image par rapport aux commentaires du présentateur, de manière à laisser le téléspectateur juge de l'événement. La seconde réforme consacre la décentralisation des émissions de télévision par la multiplication des journaux télévisés régionaux diffusés chaque soir en décrochage du programme national et produits par les Centres d’Actualités Télévisés (CAT) implantés dans chacune des grandes régions économiques. La dernière réforme est l'institution à la télévision d'un programme minimum en cas de grève.
En , la RTF obtient les crédits nécessaires du gouvernement pour la mise en place d'une deuxième chaîne de télévision qui émet pour la première fois de façon expérimentale le sous le nom de RTF Télévision 2 sur le canal 22 UHF de l'émetteur de la Tour Eiffel. La diffusion quotidienne d'un programme complémentaire de celui diffusé par RTF Télévision, et offrant aux téléspectateurs la possibilité d'effectuer un choix de programme entre les deux chaînes, débute le . L'ancienne chaîne unique prend alors par rétronymie le nom usuel de Première chaîne, mais le sigle ne change pas, tandis que la deuxième chaîne de la RTF incite les téléspectateurs à s’équiper en récepteurs et antennes compatibles avec le nouveau standard européen à 625 lignes norme L.
Les réformes de la RTF s'achèvent par la loi du Loi du 27 juin 1964 portant statut de l'Office de radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 28 juin 1964 qui remplace la Radiodiffusion-télévision française par l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) dont le statut gagne en autonomie en n'étant plus placée que sous la tutelle du ministère de l'Information afin de contrôler le respect de ses obligations de service public. RTF Télévision ferme son antenne le vendredi en fin de soirée et laisse la place le lendemain à la première chaîne de l'ORTF.
Identité visuelle Du au Tournage télé dans les studios de la tour Eiffel en 1956 (min. 1:27)-INA.fr, l'indicatif d'ouverture d'antenne de RTF Télévision est constitué d'une mire indiquant Télévision Française avec comme fond musical Le Carnaval romain d'Hector Berlioz. Sur le canal en 441 lignes30ème anniversaire du journal télévisé-TF1 Actualités 13H-29 juin 1979 (min. 0:20)-INA.fr, depuis 1949 jusqu'en 1952, la mire est composée d'une tête de Minerve sur laquelle il y aussi la mention Télévision Française, avec le même fond musical.
À l'image du nouveau logo de la RTF, le logo et l'indicatif d'ouverture d'antenne de RTF Télévision sont modifiés le . Le nouvel indicatif d'ouverture d'antenne de RTF Télévision s'anime désormais d'un enchevêtrement d'ellipses, évoquant aussi bien des ondes radioélectriques que le système solaire ou la course d'un électron dans un univers fermé, qui finissent par s'ordonner en trois ellipses horizontales sur lesquels apparaissent les trois lettres R, T et F puis la mention TélévisionIndicatif d'ouverture d'antenne de RTF Télévision du 4 février 1959 au 24 juillet 1964 sur ina.fr.. Le fond musical est celui de la Fanfare pour le Carrousel Royal de Jean-Baptiste Lully.
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