Villers-aux-Érables est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Géographie Localisation Villers-aux-Érables est un village picard de l'Amiénois et de la région naturelle du Santerre.

Limitrophe de Moreuil, la localité est située à au sud de Villers-Bretonneux, au sud de Corbie, au nord de Montdidier, au sud-est d'Amiens et à au nord-est de Beauvais, à vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune..

Géologie et relief

Le relief de la commune est celui d'une plaine située à une altitude comprise entre et . Trois départs de vallées sèches viennent entailler la plaine. La plus importante se trouve au nord de la commune aux lieudits « vallée belle fille » et « la vignette ». Elle se poursuit sur le terroir de la commune de Démuin. La seconde a son origine à l'ouest, au lieudit « bois d'Hollande ». Elle se poursuit sur le terroir de la commune de Thennes. La troisième vallée sèche débute immédiatement à l'Est de la partie construite de la commune. Elle se poursuit sur le terrir de Mézières-en-Santerre aux lieudits « Vallée de Villers, puis « Bois des brouettes » puis « Bois de la vallée »

Toutes ces vallées sèches aboutissent dans la vallée de la rivière Luce.

Comme le montre la carte géologique au 1/50000 du site Géoportail, le sol de la commune est principalement composé du limon des plateaux (LP), appelé aussi lœss. Celui-ci est d'origine éolienne. La teneur en argile de ces limons est variable selon les endroits sur le territoire. Les analyses de sol réalisées par les agriculteurs le montrent. Il s'agit de limons moyens à argileux. Comme le terroir est situé en bordure du plateau, la couche de limon est relativement faible (entre 20 et ).

Sous la couche de limon des plateaux, on trouve l'argile à silex. qui est désignée, sur la carte géologique, par l'abréviation LPs. L'argile à silex provient de la décarbonation de la craie. Les zones d'argile à silex se trouvent au début des départs de vallée sèches

Sous cette seconde couche, on trouve la craie qui affleure dans la partie basse des deux vallées sèches les plus importantes. Il s'agit de craie du crétacé.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau.

Dans les années 1890, la nappe phréatique était située à une cinquantaine de mètres en dessous du niveau du sol..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Villers-aux-ÉrablesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rouvroy-en-Santerre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Villers-aux-Érables est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (98,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (98,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (95,8 %), zones agricoles hétérogènes (2,4 %), forêts (1,8 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Habitat La commune présente un habitat groupé. Le village, détruit pendant la Première Guerre mondiale, fut reconstruit durant l'Entre-deux-guerres.

Voies de communication et transports La localité est desservie par les autocars du réseau inter-urbain Trans'80, Hauts-de-France (ligne , Moreuil - Montdidier)..

Villers-aux-Érables n'est accessible que par deux voies goudronnées : la route D 28 qui relie Moreuil à Rosières-en-Santerre et la route communale qui relie la partie construite du village à la route D 23 entre Moreuil et Démuin. De cette dernière on accède, vers le nord, à la route à quatre voies, RD 934, ancienne voie romaine, entre Amiens et Roye puis Noyon. On peut également accéder à la RD 934, après avoir traversé le village de Mézières-en-Santerre, en suivant la D 28 vers le nord.

Toponymie Le premier document à mentionner le village date de 1231. Il est alors dénommé Villare ad Araules, du nom ancien des érables qui se plaisent particulièrement bien sur son terroir..

Histoire Préhistoire On a trouvé autour de la mare de Villers, située sur un point bas du Santerre, des pointes de flèches en silex provenant, semble-t-il, du néolithique supérieur.

Antiquité L'archéologie par photographie aérienne a permis à Roger Agache de découvrir la trace de substructions de trois grandes villas gallo-romaines.

Moyen Âge Le seigneur le plus ancien de Villers dont on a gardé la trace est le chevalier Guillaume de Villers en 1207.

Au , la seigneurie de Villers appartint à la famille de Fontaines qui la garda jusque 1600.

En 1416, les anglo-bourguignons s'emparèrent du château d'Hangest-en-Santerre et imposèrent leur présence dans les villages des environs.

Époque moderne Vers 1600, la seigneurie de Villers-aux Érables passa à la famille de Cambray.

On ne sait pas si Villers-aux-Érables fut ravagés par les armées espagnoles en 1659 comme le fut le village voisin de Mézières-en-Santerre. Le château fut construit, en 1680, par Maximilien de Cambray (1639-1716).

Villers relevait avant la Révolution française du bailliage et de l'élection de Montdidier.

Époque contemporaine

En 1814-1815, les cosaques occupèrent le village.

En 1870-1871, Villers-aux-Érables subit les réquisitions de l'armée prussienne.

À la fin du , le village avait une activité tisserande, puisque de nombreux travailleurs à domicile de Villers-aux-Érables, appelés badestamiers, fabriquaient des bas en laine fine pour des négociants de Moreuil et d'Amiens..

Première Guerre mondiale Pendant la Première Guerre mondiale, le village était à proximité de la ligne de front, notamment lors de la bataille de la Somme.. Un cimetière militaire français est alors créé..

L'attaque allemande de l'offensive du Printemps du sur le front Saint-Quentin - La Fère avait réussi à créer une poche de de profondeur dans le front anglo-français. Celui-ci était totalement rompu entre les rivières Avre et Luce. Le , général Foch, commandant en chef des troupes alliées, envoya des renforts et chargea la française du général Debeney d'étendre son front lors de la bataille d'Amiens et de maintenir à tout prix la liaison avec l'armée anglaise du général Gough qui reculait vers Villers-Bretonneux et Amiens. L'ordre fut donc donné aux français de résister jusqu'à la mort sur le plateau du Santerre. Néanmoins, le village est pris par l'armée allemande le , malgré la résistance du , qui perdit alors la quasi-totalité de ses effectifs, dont et . Les combats se poursuivirent le lendemain autour du village et de l'Avre, marqués par la victoire allemande..

Une contre-attaque est menée le par le lieutenant canadien G. M. Flowerdew, de l'escadron C du « Lord Strathcona's horses », qui est mortellement blessé, ainsi que la quasi-totalité de son escadron. Malgré son insuccès, cet assaut semble avoir inquiété l'état-major allemand et l'avoir conduit à ralentir son offensive, qui est contrée lors de la bataille du Bois Sénécat en particulier par le .

Lors de la contre-offensive alliée de la bataille d'Amiens (1918), le , après une terrible préparation d'artillerie par dont 900 canons de 75, des mortiers de 220 et de 240, qui tirèrent plus de dont supérieurs aux 75 qui rasèrent totalement le village, ce qui en restait est libéré vers 11 heures du matin.

À la fin de la guerre, le village est considéré comme entièrement détruitCarte spéciale des régions dévastées, document mentionné en liens externes, 1920..

Entre-deux-guerres La commune a été décorée de la Croix de guerre 1914-1918 le Journal officiel du 6 novembre 1920, .. Le village a été reconstruit de 1920 à 1926 et devint essentiellement agricole, l'activité de fabrication de bas ayant cessé.

Seconde Guerre mondiale La commune fut libérée par l'armée britannique le .

Trente Glorieuses Après la Seconde Guerre mondiale, une pépinière du village emploie jusqu'à . Elle cesse son activité en 1996. Le dernier commerce du village, un café-épicerie, ferme vers 1980.

Début du Seules subsistent actuellement trois fermes spécialisées dans la production de pomme de terre de haute qualité et de légumes fins pour l'industrie agroalimentaire, en particulier l'usine Bonduelle à Estrées-Mons.

Politique et administration Rattachements administratifs et électoraux La commune se trouve dans l'arrondissement de Montdidier du département de la Somme. Pour l'élection des députés, elle fait partie, depuis 2012, de la quatrième circonscription de la Somme.

Elle fait partie depuis 1793 du canton de Moreuil, qui a été modifié et agrandi dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France.

Intercommunalité La commune était membre de la communauté de communes du canton de Moreuil, créée par un arrêté préfectoral du et renommée communauté de communes Avre Luce Moreuil (CCALM) par arrêté préfectoral du .