Louis Vitet, né à Lyon le , mort le à Paris dans l'ancien 2e arrondissementArchives de Paris, état-civil reconstitué, registre des décès, V3E/D 148., est un médecin et un homme politique de la Révolution française.
Biographie
Ancien régime Louis Vitet naît à Lyon le et est baptisé à Saint-nizier et est domicilié en 1787 Rue du Bœuf. Il est le cousin de Jean-François Vitet, avocat et engagé politiquement pendant la révolution ; et le fils de Jean-François Vitet, chirurgien et membre de la société de médecine de Lyon et Marie Mathon. Il se marie en 1763 avec Jeanne-Marie Faulin avec qui il a dix enfants dont un seul fils survit.
Louis Vitet reçoit une première formation chez les jésuites au Grand collège puis au séminaire de Saint-Irénée. Il part ensuite comme son père à l'Université de Montpellier où il étudie la médecine. Ayant obtenu son agrégation, il intègre le collège de médecine de Lyon, ainsi que la société royale de médecine de Lyon. En tant que médecin, outre son travail de soignant, il reprend ses études, écrit des ouvrages proposant des réformes pour améliorer le sort des malheureux. Sa réputation devient importante auprès de la population. Ainsi, Flesselles lui demande de constituer une école gratuite de sage-femme à Lyon.
Louis Vitet devient recteur de l'Académie de Lyon en 1786, succédant à Pierre Poivre.
Premières années de la Révolution
Lorsqu'éclate la Révolution, il se déclare immédiatement partisan de cette dernière. Dès , il fait partie de l'assemblée de notables qui se réunit dans le réfectoire des Carmes des Terreaux pour organiser l'élection aux États généraux par dessus le Consulat, qu'ils soupçonnent de vouloir confisquer les places à l'assemblée. A la fin de l'année 1789, il participe à la création de la Société des amis de la Constitution, second club lyonnais. Réunie Maison du Concert, place des Cordeliers, elle comprend une quarantaine de membres surtout liée à la bourgeoisie et Vitet y cotoie Frossard ou Gilibert
Il publie ses recherches médicales dans le Médecin du peuple, et s'engage pour les réformes en 1789 et 1790. Il est ainsi élu parmi les notables au sein de la première municipalité en .
Ainsi, il est unanimement choisi pour, le , succède à Palerne de Savy comme maire de Lyon
Maire de Lyon Il tente de poursuivre son activité médicale et ses mandats politiques et devant la difficulté éprouvée, il propose sa démission, qui est refusée. Il est un républicain convaincu, un patriote et il est hostile aux prêtres réfractaires.
Il préside le la fête de la Fédération aux Brotteaux. Il y prononce un discours comme Frachon, major général de la garde nationale et l'évêque Lamourette.
Il devient président de l'administration départementale, après avoir refusé le mandat de député à l'Assemblée nationale législative en 1791..
Le , il tente d’empêcher le massacre d’officiers et de prêtres détenus, par des gardes nationaux et des vétérans de passage dans la ville. La troupe ayant projeté de commettre les mêmes actes à Roanne, il rassemble trois bataillons de la garde nationale de Lyon, et réussit à contrecarrer leur projetFrédéric Bluche, Septembre 1792. Logiques d'un massacre, Paris, Robert Laffont, 1986, , p 105-106.
Il est réélu maire de Lyon le en ayant orchestré sa démission pour renforcer sa popularité. Au sein de sa municipalité se retrouvent Chalier, Denis Monnet et Cusset. Roland est nommé officier municipal.
Mandats à la Convention et aux Cinq-Cents Le , Vitet est élu député du département du Rhône-et-Loire, le troisième sur quinze, à la Convention nationaleArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, p. 56.. Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention et le bannissement de la race des Bourbons ». Il rejette l'appel au peuple mais vote en faveur du sursis. En congé dans sa ville natale pour motifs de santé, il ne participe ni au scrutin sur la mise en accusation de MaratArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793, p. 75., ni à celui sur le rétablissement de la Commission des DouzeArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793, p. 538.. Au sein de la Convention, il est mandaté à deux reprises pour être un représentant, une fois en Provence et une fois à Lyon.
Malgré son séjour à Paris, il se tient soigneusement au courant des orientations politiques à Lyon. Il commente auprès de Roland de la Platière dans une lettre du : « Les Chalier, les Dodieu, les Laussel et une multitude d'autres se tairont bien, tant que nous serons à Lyon, mais à peine serions-nous sortis qu'ils provoqueront le désordre, la violation des propriétés et peut-être des suretés individuelles ».
Durant la première partie de l'année 1793, il se retire pour raison de santé dans sa propriété de Longes.
En , Vitet est décrété d'arrestation sur motion de Couthon, accusé de pousser la ville de Lyon à la sédition contre ParisArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 68, séance du 11 juillet 1793, p. 584.. Son suppléant, Jean-Baptiste Boiron, est appelé à le remplacerArchives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 69, séance du 15 juillet 1793, p. 15.. Il tente de se cacher durant le mois d'août mais est retrouvé. Il est arrêté et assigné à résidence à Lyon chez ses beaux-parents le ; mais rapidement libéré, pour échapper à la répression, il s'exile en Suisse, à Lausanne. Louis Vitet, son épouse et son fils se cachent pour atteindre la Suisse le , mais ils y sont mal accueillis. Logeant d'abord à Lausanne, ils sont obligés de changer de ville souvent.
Après le 9 thermidor, les députés girondins sont progressivement réintégrés, une première vague le 18 frimaire an III () puis une seconde le 18 ventôse (). Vitet n'est compris dans aucun des deux décrets qui rappelle les proscrits. Dès nivôse (), il avait émis une protestation écrite à la Convention pour être réintégré dans ses fonctionsGazette nationale ou le Moniteur universel n°116 du 26 ventôse an III (15 janvier 1795), p. 3.. Au terme d'un rapport, Merlin de Douai obtient son rappelGazette nationale ou le Moniteur universel n°171 du 21 ventôse an III (11 mars 1795), p. 3..
En vendémiaire an IV (), Vitet est élu député au Conseil des Cinq-Cents pour le Rhône-et-Loire où il est tiré au sort pour être reconduit jusqu'en prairial an VI ()Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167 du 17 ventôse an V (7 mars 1797), p. 6.. Il est réélu aux élections de l'an VIGazette nationale ou le Moniteur universel n°211 du 1er floréal an VI (20 avril 1798), p. 2.. Son retour en politique est contesté et décrié par les royalistes, notamment par le journaliste conservateur Pelzin.
Il refuse le Coup d'État du 18 Brumaire, portant Bonaparte au pouvoir. Il quitte la vie politique et retourne à ses études scientifiques.
Travaux scientifiques et fin de vie
Il revient à Lyon et fait paraître plusieurs ouvrages de médecine, Médecine du peuple, Médecine expectante en 1805, Traité de sangsue médicinale en 1809.
Il décède à Paris le .
Postérité Il existe une rue de Lyon et une rue de Toulouse à son nom.
Ouvrages
Dissertation sur les noyés, [Lyon, 1768] Médecine vétérinaire, contenant 1°. l’exposition de la structure et des fonctions du cheval et du bœuf ; 2°. l’exposition des maladies du cheval, du bœuf, de la brebis, etc. ; 3°. l’exposition des médicamens nécessaires au maréchal ; 4°. l’analyse des auteurs qui ont écrit sur l’art vétérinaire, depuis Végèce jusqu’à nos jours, Lyon : chez les frères Périsse, 1771, 3 vol., XII-742, XXVI-834 et X-349-269 p. ; Lyon : chez les frères Périsse, 1783, 3 vol. in-8° ; traduit en allemand, par Erxleben, professeur à Göttingen, édité à Lemgow : chez Meyers, 1773-1776, et continué en 1785 par Hennemann, docteur en médecine, au même lieu d’édition, et en hollandais, publié à Amsterdam, 1775, in-8° Observations et Projet de décret sur les Écoles vétérinaires ; imprimées par ordre de la Convention nationale, Paris : Impr. Nationale, 1795 (germinal an III), in-8°, 7 p. Médecin du peuple. Médecine expectante, Lyon : chez Amable Leroy , an XI (1803), 5 volumes (vol.1 , vol.2 , vol.4 , vol.5), avec un volume : Matière médicale ou exposition théorique de médicaments Traité de la sangsue médicale, publié par P.J. Vitet son fils, Paris : chez H. Nicolle & imprimerie Mame frères, 1809,
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi
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