Gabriel Jacob, baron de Günzburg, dit Jacques de Gunzbourg ( à Kamianets-Podilskyï - dans le ) est un homme d'affaires et banquier français d'origine russe.

Il est le père de Nicolas de Gunzburg.

Biographie Petit-fils de Joseph de Günzburg, Jacques est le fils d'Alexandre, baron de Gunzburg (1831-1878), et de Rosalie Ettinger (1829-1897) ; le couple eut un autre fils, Michael de Gunzburg (1851-1921).

Ex-lieutenant de l'armée russe, Jacques de Gunzbourg est implanté à Saint-Pétersbourg, ses frères Horace et Joseph le représentant à Paris, où ils ont créé leur propre maison de banque en 1867"Le Scandale de Panama", par Jean-Yves Mollier . Il a créé la compagnie d'assurances Rossia avec Hermann Raffalovich, originaire d'Odessa et père d'Arthur Raffalovich, qui fuit les pogroms en Russie en 1881 pour s'installer en FranceDiscours littéraires et scientifiques fin-de-siècle : la discussion sur les homosexualités dans la revue Archives d'anthropologie criminelle du Lacassagne, 1886-1914 : autour de Marc-André Raffalovich, par Patrick Cardon, page 14. Tous deux sont parmi les premiers souscripteurs des actions de la Banque franco-égyptienne.

Jacques de Gunzbourg fait ainsi partie de ce nombre restreint d'industriels, de banquiers et d'entrepreneurs juifs assimilés, qui au cours de la deuxième révolution industrielle, purent, en Europe, développer d'importantes affaires. Avec Harald Hoskier, d’origine danoise et installé lui aussi à Saint-Pétersbourg, à partir des années 1880, il anime la petite filière de diasporas germano-baltiques, qui joue un rôle important au moment du lancement des premiers grands emprunts russes, grâce à un rôle d'intermédiaires habiles et souvent nécessaires pour accéder à des affaires russes Jean-Yves Mollier, et Jocelyne George, La Plus Longue des Républiques : 1870-1940, Paris, Fayard, 1994 extrait en ligne.

À partir de janvier 1895, grâce à lui, de nombreuses mines sud-africaines cotées à Londres deviennent disponibles aussi à la Bourse de Paris, où elles sont négociées par les coulissiers"Le marché financier français au XIXe siècle : Aspects quantitatifs des acteurs et des instruments à la Bourse de Paris", page 413 Publications de la Sorbonne, 2007 . Cotée à partir de février, la plus grande est Randfontein"La prodigieuse histoire de la Bourse" - Page 321 par Alfred Colling - 1949 , fondée en 1889 par Sir Joseph Robinson et Hermann Eckstein, capitalisée à 2 millions de sterlingHistoire de Randfontein .

Il crée en 1895 la Compagnie française des mines d'or de l'Afrique du Sud (Cofrador), avec d'autres investisseurs, et la Banque Française d'Afrique du Sud, qui émet actions de cent francsFiche Scriptonet , soit un capital d'environ 2 millions de livres sterling, associé à Jacques Siegfried"Le Havre colonial de 1880 à 1960", par Claude Malon, page 407 , qui est censée assumer les responsabilités de Julius Wernher pour l'exploration minière en grande profondeur"Duke and Diamondes, histoire de la famille Wernher . La banque joue un rôle décisif à la Bourse des mines d'or mais aussi dans la transformation de la "Société normande d’électricité", fondée en 1887-1888, en Compagnie générale d’électricité (CGE) "“Blue Angels,” “Venture Capital,” and “Whales”: Networks Financing the Takeoff of the Second Industrial Revolution in France, 1890s-1920s, par Hubert Bonin, 2004 .

Le , avec le baron Rodolphe Hottinguer, président de la Banque ottomane, il commence d’importantes négociations pour un gros emprunt russe en France"Le monde de la banque et les diasporas (des années 1730 aux années 1930) : des banquiers cosmopolites", par Hubert Bonin, professeur d’histoire économique à l’Institut d’études politiques de Bordeaux , alors qu'on parle déjà du pétrole russe, extrait autour de Bakou. Il se lie avec l'ambassadeur turc"Bertie of Thame: Edwardian Ambassador", page 170, par Keith A. Hamilton , afin de créer une "Société ottomane", qui permettrait d'impliquer plus de capitaux dans l'opération. Toujours implanté aussi à Saint-Pétersbourg, il est par ailleurs administrateur du Crédit mobilier français"Le monde de la banque et les diasporas, des années 1730 aux années 1930: des banquiers cosmopolites ?", par Hubert Bonin, professeur d’histoire économique à l’Institut d’études politiques de Bordeaux et de la Banque française pour le commerce et l'industrie"La Hausse de la Banque Rouvier", dans « L'Actualité Financière » du 30 novembre 1906. , appelée aussi "la Banque Rouvier"« Les Hommes du jour », paru en 1911 , du nom du ministre des finances depuis 1902, son ami Maurice Rouvier, ex-employé à la banque Zafiropoulo, spécialisée dans le commerce avec l'Orient.

Avec son neveu Jean de Gunzburg (1884-1959), fils de Salomon David (mort en 1905), Jacques de Gunzbourg participe plus tard au projet de Compagnie générale de la télégraphie sans fil (CSF), ancêtre de Thomson CSF, société française créée en 1918 et pionnière des applications industrielles en électronique.

Il fut proche en affaires de Henri Bousquet « Henri Bousquet », in: Annuaire des contemporains, 1924, ..

Références

Articles connexes Famille de Günzburg

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