Adam OrletonSon nom s'écrit aussi sous la forme Adam de Orleton ou encore Adam de Orlton., né aux alentours de 1275 et mort le , est un important ecclésiastique anglais, devenu successivement évêque de Hereford, de Worcester et de Winchester. Issu du Herefordshire, il entame des études ecclésiastiques et est rapidement missionné auprès de la papauté en Avignon, où il sert principalement les intérêts du roi Édouard II. Apprécié par le pape Jean XXII, il est nommé évêque de Hereford en 1317, mais poursuit ses ambassades en Avignon ainsi qu'à la cour de France. Il tente également d'essayer de résorber les tensions entre le roi et l'opposition baronniale, mais ne peut empêcher l'éclatement de la guerre civile en 1321.

Après avoir vaincu ses adversaires, Édouard II accuse en 1324 Adam Orleton d'avoir appuyé le soulèvement et de conspirer contre lui. Les médiations proposées par le clergé ne suffisent pas à éteindre la rancune que voue le roi au prélat. En 1326, Orleton soutient la rébellion conduite par Roger Mortimer contre le souverain. L'année suivante, l'évêque de Hereford joue un rôle crucial au sein du Parlement qui prononce la déchéance d'Édouard II. L'accusation propagée ultérieurement par les chroniqueurs et des œuvres de fiction selon laquelle Orleton aurait manigancé l'assassinat de l'ancien souverain ne bénéficie en réalité que de peu de crédit.

Sous le régime de Mortimer, Adam Orleton continue à accomplir ses missions diplomatiques et en est récompensé par sa translation au poste d'évêque de Worcester. Malgré la prise du pouvoir par Édouard III en 1330, il sert continuellement la couronne en France et en Avignon. Désigné évêque de Winchester en 1333, cette nomination le laisse en disgrâce auprès du roi. Le prélat mène par la suite une existence en retrait dans son diocèse, qu'il quitte brièvement en 1341 pour soutenir le roi lors d'une querelle avec certains membres du clergé. Affaibli physiquement et moralement, Adam Orleton meurt en 1345.

Biographie Origines et premières fonctions Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Adam Orleton ne naît pas dans le village d'Orleton, dont il tire son nom, mais dans la ville de Hereford. Plusieurs personnes portant le nom d'Orleton vivent à Hereford à la fin du , dont William Orleton, qui devient le maire de la ville. Il est en outre possible que les frères John Trilleck, plus tard évêque d'Hereford, et Thomas Trilleck, plus tard évêque de Rochester, soient tous deux des neveux d'Adam. Adam Orleton étudie vraisemblablement le droit canonique à l'Université d'Oxford et obtient avant 1302 un magistère. En 1305, il dispose du privilège de ne pas avoir besoin d'occuper le poste de recteur de Wotton dans le Buckinghamshire pendant trois ans afin de poursuivre ses études. Avant 1310, il obtient le titre de docteur en droit canonique. Adam aurait supposément été soutenu pendant ses études par Edmond Mortimer, baron Mortimer de Wigmore, mais on ne dispose d'aucune preuve de cette allégation. Ce qui est sûr, en revanche, c'est qu'avant 1302, il appartient à la suite de Robert Lewyse, le chancelier du diocèse de Hereford.

En 1307, l'année de l'avènement du roi Édouard II, Adam Orleton est mentionné pour la première fois comme fonctionnaire au service de la couronne, probablement en tant que diplomate. Cette même année, il appartient à une mission auprès du pape Clément V en Avignon, qui consiste à promouvoir la canonisation de Thomas de Cantiloupe. Peut-être la délégation a-t-elle aussi pour but de persuader le pape de nommer Walter Reynolds évêque de Worcester. Effectivement, en , Clément V nomme Reynolds évêque de Worcester et, en 1309, Orleton fait partie de l'entourage du prélat. La même année, Adam se rend à nouveau en Avignon pour y obtenir la levée de la sentence d'excommunication prononcée par l'archevêque de Canterbury Robert Winchelsey à l'encontre du favori royal, Pierre Gaveston. En 1311, Orleton reçoit la tâche d'organiser l'hébergement en Avignon de la délégation anglaise pendant le concile de Vienne. La même année, il tente de persuader le pape d'annuler les Ordonnances imposées au roi par la fronde baronniale. À cette même époque, Clément V le nomme aumônier pontifical.

Entre 1312 et 1315, Adam Orleton sert en tant que fonctionnaire du diocèse de Winchester, bien qu'il exerce souvent au même moment d'autres fonctions. En 1313, par exemple, il représente , évêque de Hereford, lors d'un synode provincial, et en , il soutient le chevalier Gilbert Middleton, qui doit régler un différend à l'Université d'Oxford entre les professeurs religieux appartenant à l'ordre dominicain et les professeurs séculiers. À partir de 1314, Orleton est le représentant permanent du roi Édouard II auprès de la curie en Avignon. Il doit y entretenir d'étroites relations avec les papes Clément V et Jean XXII. Effectivement, il continue à négocier avec le pape l'annulation des Ordonnances, mais sans succès, et réussit à prouver la validité des trêves dans la guerre que mène l'Angleterre contre l'Écosse. En , Adam soutient une délégation royale qui obtient du pape que le roi Édouard reçoive un prêt sur le produit d'une taxe prélevée en Angleterre pour financer une croisade en Terre sainte.

Élection à l'évêché de Hereford Au début de l'année 1317, Adam Orleton n'a reçu que peu de bénéfices pour les nombreux services qu'il a accomplis, contrairement à d'autres membres du clergé. Cette situation résulte peut-être du fait que, à l'inverse entre autres de Walter Reynolds ou de William Melton, il n'entretient pas de relations étroites avec le roi, qui ne presse pas sa candidature pour un quelconque évêché. On sait qu'Orleton n'a reçu à cette période que les rectorats de Wotton dans le diocèse de Worcester et d'Acle dans le diocèse de Norwich, ainsi que des prébendes aux cathédrales de Wells et Hereford. Enfin, le , le pape Jean XXII le nomme évêque de Hereford, bien qu'Édouard II ait invité le souverain pontife à nommer son proche pour le poste. Ayant l'avantage de se trouver en Avignon auprès du pape, Adam Orleton est ordonné évêque à la curie pontificale dès le . Initialement, le roi est mécontent que son envoyé ait été nommé en lieu et place de son candidat. Néanmoins, en , Orleton rencontre Édouard à Nottingham et reçoit du souverain les temporalités de son diocèse.

Malgré ses activités fréquentes en tant que diplomate et, plus tard, en tant que politicien, Adam Orleton essaie de se montrer, dans la mesure du possible, un administrateur consciencieux, comme en témoignent les registres des documents du diocèse de Hereford. Immédiatement après son arrivée dans son nouveau diocèse, il y entame une visite, qu'il doit pourtant interrompre à cause de son activité diplomatique. Dans une lettre adressée à Thomas Cobham, évêque de Worcester, Orleton se plaint de ne pas avoir trouvé le temps d'informer ses fonctionnaires et ses adjoints, puis demande à Cobham de surveiller ses fonctionnaires pendant son absence. Par ailleurs, Cobham s'occupe aussi de son diocèse pendant ses missions diplomatiques à l'étranger et Orleton lui envoie régulièrement des instructions écrites. Pendant son épiscopat, la tour centrale de Hereford est construite mais rien ne permet de penser qu'il en est le commanditaire. Il est cependant certain qu'Orleton a réformé la scandaleuse abbaye de Wigmore ainsi que le prieuré d'Abergavenny.

Malgré sa nouvelle charge épiscopale, Adam Orleton continue à mener plusieurs ambassades auprès de la papauté ou en France. Le , il est missionné auprès du roi de France Philippe V le Long au nom du roi d'Angleterre pour se plaindre des méfaits causés en Aquitaine par des officiers français. L'année suivante, il se rend en Avignon afin de réclamer à nouveau au pape la canonisation de Thomas de Cantiloupe. En , l'évêque de Hereford est l'un des ambassadeurs anglais chargés d'accomplir l'hommage par procuration d'Édouard II à Philippe V pour ses possessions en Aquitaine. En , il retourne en Angleterre avec huit bulles pontificales, dont deux dans lesquelles des condamnations de la curie papale sont prononcées à l'encontre du roi Robert d'Écosse. Le mois suivant, il se rend en France pour négocier la prochaine rencontre entre Édouard II et Philippe V. Le , il se trouve en Avignon, lorsque Cantiloupe est canonisé. Sur le chemin du retour, en juin, il rencontre Édouard II et son épouse Isabelle lors de l'hommage rendu au roi de France à Amiens.

Rôle au cours de la guerre civile et conflit avec le roi Édouard II

Pendant la période qui suit son élection à l'évêché de Hereford, Adam Orleton se trouve davantage impliqué dans les affaires intérieures de l'Angleterre, en particulier dans le conflit opposant le roi Édouard II à Thomas de Lancastre, comte de Lancastre et chef de l'opposition baronniale. En , il figure parmi les six évêques chargés de négocier un projet d'accord entre les deux hommes à Leicester, qui débouche sur le traité de Leake en août. Conformément au traité, le prélat devient membre du conseil permanent chargé d'assister le roi. En , de retour de France où il réglait un contentieux au sujet de l'Aquitaine, Orleton assiste à l'éclatement d'une rébellion des seigneurs des Marches galloises contre les abus du favori royal Hugues le Despenser le Jeune. En tant que membre du clergé, il ne peut participer ouvertement à la rébellion, mais il apporte un soutien secret à Roger Mortimer, baron Mortimer de Wigmore, avec lequel il reste en contact, en l'autorisant à lever des troupes dans son diocèse. Le , pour mettre fin au conflit, il persuade avec d'autres prélats et barons Édouard II d'exiler son favori.

Après la riposte militaire du roi contre les rebelles lors du siège de Leeds en , Adam Orleton semble être entré en contact avec le rebelle Humphrey de Bohun, comte de Hereford. Ayant fait approuver par plusieurs prélats le retour de son favori lors d'un synode le , Édouard II se dirige vers les Marches pour y écraser les rebelles. Il obtient à Shrewsbury le la reddition de Roger Mortimer. Séjournant à Hereford, il accuse Orleton de soutenir les insurgés et part chasser avec son demi-frère Edmond de Woodstock, comte de Kent, dans les domaines de l'évêque. Après avoir anéanti le reste des rebelles à la bataille de Boroughbridge et fait exécuter ses adversaires (dont Thomas de Lancastre) en mars, le roi demande au pape de suspendre et de transférer en dehors de son royaume John Droxford, évêque de Bath et Wells, et Henry Burghersh, évêque de Lincoln, accusés d'avoir soutenu les rebelles. Adam Orleton n'est quant à lui pas accusé de trahison, mais il est contraint d'assister au Parlement tenu à York en et ses relations avec Édouard II restent tendues.

La situation change en , lorsque Roger Mortimer s'échappe de la tour de Londres, où il était enfermé depuis sa capitulation. Furieux, le roi fait enquêter sur la participation d'Orleton à la rébellion de 1322 et, en , l'évêque est accusé devant le Parlement d'avoir appuyé l'insurrection et d'avoir arrangé l'évasion de Mortimer. Orleton contredit les accusations royales et déclare qu'en tant qu'évêque, il n'est pas soumis à la juridiction royale mais à celle de l'Église. Fou de rage, le roi ordonne qu'il soit remis à la garde de l'archevêque Walter Reynolds. À Hereford, le roi fait enquêter sur les accusations qu'il a formulées à l'encontre du prélat par un jury d'opposants déclarés à Orleton. Une tentative de médiation d'Henri de Lancastre, comte de Leicester, échoue et Édouard II ordonne en la confiscation des temporalités de l'évêque. Malgré son insistance à faire condamner Orleton par un tribunal ecclésiastique, le roi doit relâcher le prélat face au vif soutien du clergé en sa faveur mais laisse mettre à sac ses biens en . Adam Orleton vit ainsi dans une certaine pauvreté jusqu'à la chute du roi.

Participation à la chute d'Édouard II