Le , un séisme de magnitude 9 déclenche un tsunami qui dévaste la côte Pacifique de la région de Tōhoku au Japon et provoque l'accident nucléaire de Fukushima : la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est gravement endommagée, la perte de l'ensemble du système de refroidissement provoque la fusion du cœur de trois réacteurs nucléaires puis des ruptures de confinement et d'importants rejets radioactifs dans l'atmosphère mais également dans tout l'environnement. Cet événement entraîne des conséquences sanitaires et sociales importantes au Japon. Les autorités sont en particulier amenées à prendre des mesures de protection des populations : évacuation et restrictions alimentaires. Pour préparer un retour de ces populations sur zones, des opérations de décontamination radioactive des sols et des bâtiments doivent également être engagées.

Près de sont ainsi évacuées dans un rayon de .

Organisation de crise des autorités Le cadre international des mesures d'urgence à prendre vis-à-vis de la population en cas d'urgence nucléaire radiologique est donné par les recommandations figurant dans la publication 103 de la Commission internationale de protection radiologique diffusées en 2007Publication 103 de la Commission internationale de protection radiologique, 2007, publication de la traduction française en 2009. Toutefois il n'existe pas au Japon de système gradué de classification des accidents et des réponses à y apporter. Seule une évacuation dans un rayon de 8 à autour de la centrale faisant l'objet d'une urgence est prévue121.

Au Japon, le plan d'organisation des secours en cas d'urgence nucléaire comprend trois niveaux : Le gouvernement établit un centre de commandement national dirigé par le Premier ministre, appuyé par un centre de commandement local dirigé par le vice-ministre du ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie. Il prépare les plans et procédures nationales et prend les décisions sur les déplacements importants et les contre-mesures. Le gouvernement local met en place un poste de commandement opérationnel (PCO) local pour gérer les actions d'urgence dont la surveillance et les mesures de protection des populations (mise à l'abri, évacuation, distribution de comprimés d'iode), les municipalités mettent en œuvre également un poste d'intervention d'urgence. L'exploitant de l'installation nucléaire est quant à lui responsable de l'intervention d'urgence sur place y compris la notification des événements au ministre compétent, au gouverneur de la préfecture et aux municipalités117.

Dans le cas de Fukushima, il a été impossible d'armer le bâtiment destiné à accueillir le PCO du gouvernement local, situé à environ de la centrale, essentiellement en raison des difficultés d'accès du fait des routes détruites ou jonchées de gravats du fait du séisme, de la perte des infrastructures de télécommunication, du défaut d'alimentation électrique, des pénuries de nourriture, d'eau et de carburant et également d'une élévation des niveaux de radiation dans le bâtiment qui n'était pas équipé de dispositifs de filtration de l'air4. Le poste de commandement central du gouvernement a ainsi dû suppléer, dans un premier temps, à la défaillance du poste de commandement local.

Évacuation des populations vignette|upright=1.2|Carte des zones d'évacuation, à la suite des décisions des 11 et 22 avril 2011 Sauf indication contraire, les événements sont indiqués en heure locale.

Évacuations successives de périmètres de 3, 10 et vignette|gauche|Hébergement temporaire de personnes évacuées dans un gymnase (16 mars 2011)

TEPCO ayant avisé le gouvernement d’une , ce dernier déclenche l'évacuation d'un premier périmètre autour de la centraleIAEA.org dans la journée du : la population est évacuée dans un rayon de .

L'état d'urgence nucléaire ayant été décrété par le gouvernement le à 19h03, la préfecture de Fukushima émet à 20h50 un ordre d'évacuation pour les personnes situées dans un rayon de autour du réacteur de la centrale de Fukushima Daiichi. À 21h23 le premier ministre étend ce rayon à avec mise à l'abri jusqu'à . Le lendemain, , il est étendu à à 5h44 puis à à 18h25, le confinement étant porté jusqu'à . De même il est demandé aux autorités locales de distribuer des comprimés d’iode lors de l'évacuation en vue de prévenir des cancers de la thyroïde3. Ainsi en deux jours, le rayon de la zone à évacuer a été porté successivement de à 3, puis 10 et enfin . L'AIEA considère toutefois que les mesures prises immédiatement par le gouvernement national, le gouvernement local et l'exploitant puis celles qui ont suivi de manière évolutive étaient les mesures appropriées pour sauver des vies et minimiser les conséquences d'une urgence nucléaire ou radiologique, compte tenu de la connaissance de la situation125.

La zone d'évacuation est portée à le au matin Le Monde.fr. Dès ce samedi., le Premier ministre Naoto Kan demande lui-même aux de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi de s’éloigner rapidement de la centrale.

Le rayon d'évacuation est porté à le au soirExtension de la zone d’évacuation de 10 à , .Le Parisien : rayon d'évacuation porté à .

Selon l'AIEA, le à , plus de ont été évacuées de leur domicile au nord du Japon dans un rayon de . et environ sont évacuées dans un rayon de .

Après l'évacuation du périmètre restreint, le à .,après une nouvelle explosion et un incendie sur la tranche 1 de Fukushima, Naoto Kan, via la chaîne NHK, recommande aux habitants du secteur de Fukushima de rester chez eux, de calfeutrer les portes et les fenêtres, de couper les circuits de climatisation et de se couvrir les voies respiratoires avec des masques, des serviettes légèrement humides ou des mouchoirs ainsi que de ne pas boire l’eau du robinet ..

Le à , l'IRSN invite entre autres les ressortissants français, à titre préventif, à s'éloigner de Tokyo en direction du SudMessage et recommandations de l'IRSN sur la situation à Tokyo, communiqué de l'Ambassade de France au Japon, 16/03/2011, communiqué en ligne (consulté le 18/03/2011.

Le , Marie-Pierre Comets de l'ASN, affirme que le rayon d'évacuation pourrait être porté à un maximum de en cas d'aggravation des radiationsCyberpresse.ca - dernier paragraphe.

Le , le gouvernement japonais incite (sans obligation) la population à évacuer la zone dans un rayon de : la zone de confinement officielle couvre donc ces . Or cette approche géométrique du risque ne correspond pas à la réalité géographique des retombées.

vignette|Localités au nord-ouest de Fukushima-Daiichi dont l'évacuation (totale ou seulement partielle) a été ordonnée le 11 avril 2011

Extension de la zone d'évacuation au-delà des vignette|gauche|Centre-ville de Namie. Autrefois une ville de , c'est à présent une ville fantôme, dont la municipalité originelle tente pourtant de fédérer ses anciens habitants..

Yukio Edano, propose le une évacuation volontaire entre 20 et 22. Un nouveau zonage intervient le . La consigne de mise à l'abri est portée de 20 à . Une zone d'évacuation volontaire allant au-delà des est instituée pour tenir compte d'un éventuel dépassement d'un débit de dose de sur une année, qui concerne en partie ou en totalité les communes de Namie, Katsurao, Minamisōma, Iitate et Kawamata. Enfin une zone de préparation à l'évacuation entre les 20 et est créée Fukushima Daiichi: Evacuation zone extended to areas where long term exposure could exceed limit, geospatial.blogs.com, 12 avril 20115-6. Parallèlement le maire de la ville d'Iitate prend l'initiative de recommander aux femmes enceintes et aux enfants de moins de , soit une cinquantaine personnes, de se rendre dans un délai d'une semaine à la ville voisine de Fukushima136.

Le , le périmètre d'évacuation est étendu à plusieurs zones situées à plus de de la centrale Earthquake report 50: Fukushima evacuation zone expanded, Japan Atomic Industrial Forum reprenant une nouvelle diffusée par NHK, 11 avril 2011 .

Le , à la suite de la parution de taux cumulés de radioactivité alarmants à Iitate, l'État japonais ordonneJapan Times "…Iitate over evac order", mis en ligne le 17 avril 2011. d'ajouter Iitate et d'autres municipalités situées au Nord-Ouest de la zone interdite à l'ordre d'évacuation initial. Pour établir la zone à évacuer, le gouvernement japonais retient le dépassement des , sachant que la limite annuelle de précaution est de .

L'évacuation affecte cinq localités situées sur l'axe nord-ouest (fortement contaminé) de la centrale : Namie, Katsurao, Minamisōma, Iitate et Kawamata. En raison de l'étendue de ces localités, certains quartiers, inclus dans la zone des , avaient déjà été évacués dès la mi-mars (à titre d'illustration, la distance à la centrale pour Namie varie entre sur la côte et au nord-ouest) Area to be evacuated and Indoor evacuation Area, Préfecture de Fukushima, 15 mars 2011 .

Le Premier ministre modifie finalement les consignes de protection des populations le 4. Autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, une zone d'accès restreint est instaurée dans un rayon de autour de l'installation et l'accès au site est interdit. Autour de la centrale de Fukushima Daini, la zone d'évacuation de autour de l'installation est ramenée à .

Le , le premier ministre confirme l'évacuation. de ces municipalités entre le 15 et le Japan Times : First evacuations begin for widened no-go zone - 16 mai 2011, avec une priorité pour les femmes enceintes, les enfants et les personnes faibles. Quelque sur les à évacuer avaient déjà quitté les lieux. En outre, les populations de Hirono, Naraha, Kawauchi, de parties de Tamura et de Minamisoma, situées dans un rayon de 20 à de la centrale, sont appelées à se tenir prêtes à évacuer. Fin mars, le gouvernement conseillait déjà aux habitants, sans obligation, de rester cloîtrés chez eux ou de partir. Le NISA conseille depuis avril à tous ceux vivant dans des zones soumises à des taux cumulés de 10 à de rester confinés ou de fuir.

À partir du , la zone d'évacuation de est déclarée zone interditeZone interdite autour de la centrale de Fukushima, 7sur7, 21 avril 2011. Jusqu'à cette date, les habitants avaient encore l'autorisation de retourner occasionnellement dans ces zones, ce qui permettait notamment aux agriculteurs de s'occuper de leur bétail. Retourner est désormais interdit, sous peine d'amende. Les familles évacuées sont ponctuellement autorisées à retourner chercher leurs affaires mais dans des conditions très strictes : une personne par famille pendant deux heures au maximum et sous la surveillance d'un policier. Ce droit ne s'applique pas aux familles vivant à moins de de la centrale. Préalablement à l'instauration de cette interdiction, la police a inspecté la zone et a fait évacuer soixante familles qui y vivaient encore Press Conference by the Chief Cabinet Secretary , Kantei, 21 avril 2011.

Le , le gouvernement décide d'évacuer d'ici fin mai les populations des secteurs Nord-Ouest les plus touchés par les retombées radioactives, au-delà de la zone interdite et de la zone de confinement, dite « Zone d’évacuation élargie ». Cette évacuation touche principalement la petite ville d'Iitate, située à de la centralehttp://www.duclair-environnement.org/2011/05/03/au-japon-les-habitants-ditate-se-preparent-a-un-dechirant-exode/ Info AFP du 24/04/2011 reprise sur Duclair Environnement, mis en ligne le 5 mai. Ainsi le , d'Iitate et de Kawamata sont relogés dans des villes voisines.