Le canon de Oerlikon est un canon automatique produit par Oerlikon Contraves, basé sur une arme conçue par l'Allemand Reinhold Becker au début de la Première Guerre mondiale. Aux côtés du canon suédois Bofors 40 mm, le Oerlikon fut l'un des plus importants développements de canon du . De nombreuses variantes de ce canon - au sol (fixe ou tracté), sur des navires et des aéronefs - sont utilisées par les Alliés et l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale, et certains sont encore en service en 2025.
Histoire Origines Durant la Première Guerre mondiale, l'Allemand Reinhold Becker développe un canon de , le utilisant le blowback APILe Blowback API est un système de rechargement utilisant le mouvement de la douille renvoyée en arrière par les gaz de l'explosion. Il utilise des munitions de et possède une cadence de tir de par minute. Il est surtout utilisé monté sur des avions et comme canon antiaérien vers la fin de la guerre.
En raison du traité de Versailles, qui bannit la production de telles armes en Allemagne, les brevets et les dessins sont transférés en 1919 à la firme suisse SEMAG (), basée près de Zurich. SEMAG améliore l'arme et en 1924, elle met en production le SEMAG L, une arme lourde () qui tire des munitions plus puissantes () à une cadence légèrement plus élevée de par minute.
Cette même année, SEMAG fait faillite. La firme Oerlikon (nommée d'après l’ancienne commune d'Oerlikon, intégrée à Zurich en 1934, où elle est basée) acquiert alors les droits sur l'arme, ainsi que les usines et les employés de SEMAG.
Oerlikon vignette|L'Oerlikon (en position de tir anti-aérien à ) à bord du en 1942 En 1927, lOerlikon S est ajouté à la ligne de production. Il tire des munitions encore plus grosses () et atteint une vitesse à la bouche de (contre pour le canon original de Becker). En contrepartie, la cadence de tir est réduite ( par minute). Le but de cette version est d'améliorer les performances du canon en tant qu'arme antichar et antiaérienne, ce qui requiert une vitesse à la bouche plus élevée.
Seconde Guerre mondiale Le canon Oerlikon de a été particulièrement utilisé dans les marines de guerre.
Initialement, la Royal Navy n'était pas favorable à ce canon pour la défense aérienne rapprochée. Durant les années 1937-1938, Lord Louis Mountbatten, alors capitaine de vaisseau dans la Royal Navy, a tenté de convaincre le haut-commandement d'évaluer les capacités de ce canon, en vain. La donne changea lorsque l'amiral Roger Backhouse, alors commandant en chef de la Home Fleet, fut nommé First Sea Lord. Au cours de la première moitié de 1939, un contrat pour produits en Suisse a été conclu. Toutefois, en raison de retards, puis de la chute de la France en juin 1940 seulement ont été livrés au Royaume-Uni. Tous les canons Oerlikon importés de Suisse en 1940 ont été montés sur différents affûts pour servir de canons antiaériens terrestres. Quelques semaines avant la chute de la France, Oerlikon approuva la fabrication de ces canons au Royaume-Uni sous licence. La Royal Navy réussit à acheminer clandestinement de Zürich les plans et les documents nécessaires. La production des premiers canons Oerlikon britanniques a commencé à Ruislip, dans la banlieue de Londres à la fin de 1940. Les premiers canons ont été livrés à la Royal Navy en mars ou . Le RAF Regiment utilisa massivement le Oerlikon. Il était le principal armement des squadrons de DCA légère en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Italie et en Europe de l'Ouest jusqu'à l'introduction du canon Bofors 40 mm L/60 de 1943. De nombreux squadrons continuèrent à l'utiliser jusqu'à la fin de la guerre aux côtés du Bofors. Les squadrons opérant en Extrême-Orient étaient équipés exclusivement du .
vignette|Alignement de canons Oerlikon à bord du en février 1945.
Les canons de Oerlikon conçus par Oerlikon furent l'une des armes antiaériennes les plus produites durant la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis en fabriquèrent à eux seuls principalement utilisés au sein de l'US Navy. Lors de son introduction en 1941, ce canon remplaça en partie les mitrailleuses M2 de et resta la principale arme antiaérienne jusqu'à l'introduction du canon Bofors 40 mm en 1943. Lors de la guerre du Pacifique, 32 % des avions japonais abattus entre et furent attribués à cette arme avec un maximum de 48,3 % dans la seconde moitié de l'année 1942. En 1943, le nouveau système de visée Mark 14 améliora considérablement l'efficacité de ces canons. Cependant, ils se révélèrent peu efficaces contre les attaques kamikazes à la fin de la guerre et furent en partie remplacés par les canons de .
La Marine royale canadienne a popularisé l’utilisation du canon contre des cibles de surface, navires ou sous-marins, arme qui s'est avérée très efficace contre les U-Boot et les ponts de navires plus importants. Une poignée de corvettes furent équipées avec l'arme vers la fin de la guerre, mais elle dotait alors plus souvent des frégates et des destroyers.
Le Oerlikon a également servi de base au canon polonais de . Dessiné par des ingénieurs polonais en exil au Royaume-Uni, il devait notamment être à bas coût, au lieu de 250, sans pour autant être moins efficace. Cette arme a été mise en service en 1944 et sera très utilisée jusque dans les années 1950, notamment sur des chars Cromwell et les premiers modèles de char Centurion.
Versions
: à l'origine employait l'obus du canon Becker, puis le plus puissant . FF pour "Flügel Fest" car il devait être monté dans des ailes d'avion. Oerlikon FFL : mécaniquement similaire au FF, mais employait l'obus Oerlikon S : obus plus puissant . Masse : . Cadence : par minute. Oerlikon FFS : basée sur le S. Masse . Cadence de par minute. Oerlikon SS : basée sur le S. Oerlikon calibre /85 KAA
Versions du Royaume-Uni Calibre Mk I, version de base (version Oerlikon ?), en service en 1939 Calibre Mk II, version (UK) développée et produite au Royaume-Uni, en service en 1941
Versions des États-Unis Calibre Mk II, version modifiée produite aux États-Unis, en service en 1941. Livrée également au Royaume-Uni dans le cadre du Lend-Lease et directement sur les navires fournit. Mk III Mk IV, version produite aux États-Unis
La munition utilisée est la même pour les versions britanniques Mk I et II et les versions de l'US Navy Mk II et Mk IV.
Selon le manuel (US Ordnance Phamphlet No. 911) 911. Calibre . A.A. Gun de la US Navy datant de les versions des éléments de la pièce étaient les suivantes : . machine gun mechanisms Marks 2 and 4 (mécaniques) . gun barrels Marks 2 , 3, 4, and 4 mod 1 (canons) . sight Marks 2, 4, 4 mod 1, 5 (viseurs) . magazines Marks 2 and 4 (magasins) . shoulder rests Marks 2, 4, 5 and 5 mod 1 (épaulières)
Caractéristiques Caractéristiques du Automatique Gun MK IV américain (Oerlikon S) Calibre : Cadence de tir : (cycle) Masse du projectile : Plafond pratique : Masse : (canon seulement) Longueur de l'arme : Élévation : Rotation : Vitesse initiale :
Utilisateurs
Pays l'ayant acquis avant 1945 Australie Royal Australian Navy Belgique Section belge de la Royal Navy: 20/70 Oerlikon Mk II/IV sur les corvettes et , ainsi que les dragueurs de mines MMS de la . Force navale : 20/70 Mk III Royaume de Bulgarie Marine : Embarcations de débarquement (1941 - 1944), barges capturées par les soviétiques en 1944 Bulgarian Navy, Amphibious ships, MFP type landing self-propelled barges (1941-1944/1944), navypedia.org.. Canada Marine royale canadienne Danemark Marine royale danoise : calibre Mk M/42 LvSa & LvSa2 (de 1945 à 2004), appellation avant 1952: RK L/65 M/42, produits sous licence aux États-Unis Mk M/42 LvSa & LvSa2 (1945-2004), Danish Navy history. États-Unis Fabriqués sous le nom de " Automatique Gun MK IV" US Navy US Marines US Army Espagne France Notamment fabriqués en France sous le nom de "2 cm mitrailleuse C.A. Oerlikon" Forces navales françaises libres : 20/70 Oerlikon Mk II/IV sur les navires suivants : bâtiment hydrographique Amiral Mouchez modernisé en 1941-1942, Classe River (frégate) reçue en 1943 - 1944, sous-marins Rubis et Perle de la classe Saphir modernisés en 1943 - 1944, sous-marins de la classe Argonaute modernisés en 1943 - 1944, sous-marins de la classe Diane modernisés en 1943. Corvettes de la classe La Malouine modernisées en 1945. Marine nationale : Gardes-Côtes : 1945: classe de patrouilleurs légers VP1 : 2 x 20/70 Empire du Japon Fabriqués au Japon : Type 99 Modèle 1 () Type 99 Modèle 2 (Oerlikon FFL), avec obus 20 x 101 RB 2 canons Type 99 arment le Mitsubishi A6M Zéro Grèce Marine de guerre hellénique Italie Canon de calibre Scotti Norvège Marine royale norvégienne : 20/70 Oerlikon Mk II (1939) Nouvelle-Zélande Royal New Zealand Navy Pays-Bas Marine royale néerlandaise Pologne Marine Polonaise: 20/70 Oerlikon Mk II/IV sur d'anciens navires de la Royal Navy Roumanie Marine militaire roumaine Royaume-Uni Fabrication sous licence 20/70 Oerlikon Mk II/IV. Ce canon a équipé une grande partie des navires britanniques Royal Navy : Oerlikon calibre /85 KAA en service British Army : : bateaux marchands armés de 20/70 Oerlikon Mk II/IV Suisse Oerlikon calibre 1938: en tout. en , livrés en . Fin 1939 l'armée suisse en possédait utilisés dans six batteries de DCA 20 (22-27). En 1941 il y avait de DCA légère avec de calibre et . En tout l'armée a possédé Oerlikon de calibre 1938. Canon de DCA 43 /44 de calibre Oerlikon: Année 1943. Calibre : . Portées aéronefs lents (hélico) : . Portées aéronefs rapides : . Cadence de tir : . Tractés par véhicule. Tous retirés du service en 1992. Canon de DCA 54 Oerlikon de calibre , 10 ILa /5TG, GAI-BO1 . Année: 1954. Masse : . Servants : . Calibre : . Portées aéronefs lents (hélico) : . Portées aéronefs rapides : . Portée horizontale : . Cadence de tir : . Chargeurs : chargeur en tambour de ou boîte de . Unité de feu : . Tous retirés du service en 1992. Canon DCA tritube 43 /57 de calibre Oerlikon: masse : Année 1957. Masse : ?. Servants : . Calibre : . Portées aéronefs lents (hélico) : . Portées aéronefs rapides : . Cadence de tir : . Troisième Reich z 36 de calibre Oerlikon AA gun, Mod 1934 canon MG FF : plusieurs versions modifiées du Oerlikon FF fabriquées en grand nombre par Ikaria Werke Berlin. Messerschmitt Bf 109 URSS Armée rouge Marine soviétique : dès 1942 Yougoslavie Marine
Pays l'ayant acquis après 1945 Afrique du sud Marine sud-africaine Allemagne Arabie Saoudite Marine royale saoudienne Argentine Marine argentine Armée de terre argentine : Oerlikon GAI-BO1 de calibre montés sur environ 114 M113 Autriche Marine fluviale autrichienne : 20/90 Oerlikon SPz Mk 66 sur le navire de patrouille fluviale Niederösterreich (1970) Bangladesh Marine bangladaise Chili Marine chilienne Corée du Sud Marine de la République de Corée Republic of Korea, navypedia.org.. Égypte Marine égyptienne Équateur Marine équatorienne Israël
Marine israélienne Inde Marine indienne Iran Marine iranniene IRAN, navypedia.org.. Royaume d'Italie Marine royale : automne 1943 Japon Force maritime d'autodéfense japonaise : : Garde côtière du Japon : en service sur les classes de navires suivantes : Brise-glace , patrouilleurs Tsugaru (PLH Patrol Vessel Large With Helicopter) et (PL Patrol Vessel Large) Koweït Gardes-côtes : sur les patrouilleurs de type Al Shaheed, OPV310 et Subahi Kuwait, navypedia.org.. Maroc Marine royale : patrouilleurs des classes Lazaga (PFM), Osprey 55 (PCC), 58m B-200D (PCC) et OPV-64 (PCC), Landing Craft Tank EDIC Mauritanie Marine mauritanienne Pérou Marine péruvienne Philippines Portugal Marine portugaise : 20/70 Oerlikon Mk II/IV sur d'anciens navires de la Royal Navy Thaïlande Marine royale Taïwan Marine de la République de Chine Turquie Sur le sous-marin Yıldıray de classe Unterseeboot U-A lancé en 1946 Turkish navy, navypedia.org.. Venezuela Marine vénézuélienne
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Articles connexes