Antoinette de Saliès, née Antoinette de Salvan en à Albi et morte le à Saliès, est une écrivaine française.
Biographie
Enfance et famille Antoinette de Salvan naît en à Albi d'une famille de robe. Elle est baptisée le . Sa mère Anne de Teissier est fille d'écuyer et son père Étienne de Salvan est juge. Elle a deux sœurs et un frère.
Elle reçoit une bonne éducation et une dot importante. En , elle épouse Antoine de Fontvieille, seigneur de Saliez, nommé depuis peu viguier d'Albi et est désignée comme « La Viguière d'Alby ».
Carrière littéraire Antoinette Saliès se désigne « la petite muse d'Albi »Nouvelle Pandore.
À la mort de son mari en , sa fortune est mise à mal suite au procès de son mari contre l'évêque d'Albi. Tout en assurant l'éducation de ses trois enfants, elle s'adonne à l'écriture romanesque (roman historique), poétique et épistolaire. Elle explique dans sa correspondance que ce veuvage lui accorde nécessaire pour lui permettre de se consacrer pleinement à l'écriture.
Elle se consacre à la poésie en publiant régulièrement dans le Mercure Galant de à . Elle écrit aussi bien des psaumes en latin, des traductions d'odes du poète grec Anacréon que une élégie en occitan.
En apparaît son roman La Comtesse d'Isembourg chez Claude Barbin à Paris, un éditeur mondain connu. Elle dénonce les violences conjugales subies par une princesse allemande, obligée de quitter son pays pour fuir son époux. En , elle adresse à la revue Mercure galant un « Projet d’une nouvelle secte de philosophes en faveur des dames » précieux, où hommes et femmes pourraient disserter sans les galanteries, les vantardises, les coquetteries et les dévots. Elle prône l'Amitié Tendre de Madeleine de Scudéry où l'amitié prédomine sur les amours.
Elle est reçue en à l'Académie des Ricovrati de Padoue, mais ne va ni en Italie ou ailleurs : elle ne quitte jamais sa provinceLETTRE VI DE MADAME DE SALIEZ A messieurs de l'Académie des Ricourati à Padoue, page XXXVIII.
Elle tient un salon littéraire à Albi. En , elle fonde la Société des chevaliers et chevalières de la Bonne-Foi, société littéraire dont on a encore le premier statut envoyé au Mercure Galant qu'elle a coécrit avec son ami Claude-Charles Guyonnet de Vertron (1645-1715), l'auteur de La Nouvelle Pandore ou les femmes illustres de ce siècle en 1698 :
Elle a l'ambition de créer une « nouvelle secte de philosophes en faveur des dames » et est convaincue de l'égalité des sexes (Lettre V de madame de Saliez à monsieur de Vertron, page 213 de Lettres de Mesdames de Scudéry, de Saliez et Mademoiselle Descartes). Elle écrit par exemple dans le Mercure Galant de : .
Œuvres Paraphrases sur les psaumes de la pénitence Traduction de psaumes latins Traduction de deux odes du poète grec Anacréon Lettres et Poésies Réflexions chrétiennes Deux romans historiques : Les princesses de Bavière : Isabelle et Marguerite
Une élégie pastorale en occitan Des poèmes publiés dans le Mercure Galant de à Page des Mercure Galant en ligne sur Gallica, on peut y chercher le nom de Saliez (numéros postérieurs à 1678). Correspondance et poésies dans la Seconde partie de La Pandore de Charles de Vertron (1806) : Lettre de Saliez sur son projet, pages 111 ; réponse à Vertron 126, 137 ; réponse aux lettres patentes de l'Académie des Ricovrati 143, lettres à Vertron 148, 150, 153, 290, 300 ; sur la nouvelle secte des Filosofes -sic- 312 ; traduction d'un psaume 331, prière pour le Roy 334, lettre à Vertron 462Claude-Charles Guyonnet de Vertron Seconde partie de la Pandore (option de lecture conseillée : image de pages)
Œuvres complètes, édition annotée par Gérard Gouvernet, Paris, Honoré Champion, « Sources classiques », 2004
Postérité Notice dans Dictionnaire de Riballier et Cosson en 1779 Notice dans Dictionnaire de Fortunée Briquet en 1806 Un restaurant d'Albi nommé La viguière d'Alby. La salle des fêtes de Saliès porte son nom. L'école Salvan-de-Saliès
Bibliographie
Grande, Nathalie, Stratégies de romancières de Clélie à La Princesse de Clèves (1654-1678), Paris, Honoré Champion, « Lumière classique » n° 20, 1999, passim. Grande, Nathalie, « Madame de Saliez, une précieuse occitane », dans Garona (revue de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine), n° 16 (), p. 47-62. Maître, Myriam, Les Précieuses, Naissance des femmes de lettres en France au XVIIe siècle, Paris, Honoré Champion, 1999, p. 335-337 et p. 716. Pianori, Renata, « Antoinette de Salvan de Saliès, una femminista avanti lettera », dans Atti e Memorie dell’Academia patavina di Scienze Lettere et Arti già Accademia dei Ricovrati (1982-83), volume 95, parte III, p. 33-63. Stuurman Siep, « Literary Feminism in Seventeenteh Century Southern France, The case of Antoinette de Salvan de Saliez », dans Journal of modern History, n° 71, march 1999, p. 1-27.
Notes et références
Liens externes
Antoinette de Salvan sur le Dictionnaire de Fortunée Briquet Lettres de Mesdames de Scudéry, de Salvan de Saliez et Mademoiselle Descartes Nathalie Grande à propos des Œuvres complètes
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