Le Mouvement national-socialiste du Chili (, abrégé en MNSCH ou MNS) est un mouvement politique existant au Chili entre 1932 et 1938. Il est fondé par et et adopte pour idéologie le nazisme.

Parmi ses membres se trouve Miguel Serrano, ambassadeur du Chili en Inde.

Historique

Création et premières années Le parti est fondé le par trois hommes qui se font appeler le : l'avocat , le sociologue et économiste et le général retraité Francisco Javier Diaz. Ils sont influencés par les idées du philosophe Oswald Spengler et par celles d'Adolf Hitler (uniformes, salut fasciste, troupes d'assaut). Ils se dotent de troupes d'assaut , sur le modèle d'autres partis fascistes. Leurs milices sont chargées d'intimider des militants politiques de gauche et les syndicalistes dans la rue.

Ils mettent en place plusieurs publications, comme le journal , la revue et le magazine pour enfants . Elles sont gérées par la société de l’Édition Nazie.

En 1932, il soutient le contre-coup d’État réactionnaire opposé à la mise en place de la république socialiste du Chili.

Rôle politique Les milices du mouvement, dirigées par des chefs à l'idéologie nazie, participent à la vague de violences de rue qui se développe, en parallèle de celles ayant lieu en Europe de l'Ouest.

En 1937, le mouvement apporte son soutien au général Carlos Ibáñez face à Pedro Aguirre Cerda et s'allie avec des partis socialistes ou agraires.

Dans son manifeste publié le , il se revendique comme et affirme être opposé à la . Ses membres n'excluent pas le recours à la violence pour parvenir à leurs objectifs ; ils approuvent même son usage dans le cadre de . Ils se donnent pour objectif officiel de .

Lors des élections parlementaires de 1937, le MNS présente quatre candidats. Trois sont élus : à Santiago, Fernando Guarello Fitz-Henry à Valparaíso et Gustavo Vargas Molinare à Temuco. Ils remportent à l'échelle du pays. En 1938, lors des élections municipales, sont élus. La même année est fondée l', qui présente Ibáñez comme candidat à l'élection présidentielle de 1938.

Coup d’État avorté et répression du mouvement Le , une grande manifestation, la « Marche de la victoire », est organisée par le mouvement national-socialiste. Elle réunit au moins .

Le , le Mouvement national-socialiste organise un coup d’État en s'appuyant sur les milices armées qui le composent et certaines factions d'extrême droite au sein même de l'armée. Les putschistes s'emparent de plusieurs bâtiments importants de la capitale, Santiago : ils prennent en otage le recteur de l'université du Chili, font exploser des transformateurs qui alimentent la ville en électricité. Ils prennent aussi le contrôle des bâtiments de la Sécurité sociale, situés en face de La Moneda, et font une annonce publique à la radio, dans laquelle ils attaquent le président Arturo Alessandri Palma.

Cependant, l'armée reprend la situation en main et utilise notamment l'artillerie pour déloger les putschistes, sont tués dans les combats. Le MNS est marginalisé et ses soutiens conservateurs s'éloignent de lui ; il disparaît presque totalement. Plusieurs des personnes impliquées directement dans le coup d'État de 1973 ont cependant fait leurs armes au sein du MNS, comme le futur président du Parti national Sergio Gnofre Jarpa. Le diplomate Miguel Serrano rejoint l'organisation en 1938, après le coup d’État.

Les sympathisants du parti se scindent en deux branches : l'Avant-garde populaire socialiste de Jorge González von Marées d'un côté, et le Parti national fasciste de l'autre.

Idéologie

Identification au nazisme vignette|250x250px|Jorge González von Marées (au centre) avec des membres de l'Avant-garde populaire socialiste (1940). Son idéologie se fonde sur les doctrines corporatistes du Parti nazi allemand , le fascisme italien et la conception idéologique portalésiste.

Dans ses débuts, le parti se montre germanophile et est fortement influencé par l'idéologie national-socialiste allemande, en mettant l'accent sur l'antisémitisme. La presse du mouvement s'aligne sur l'Allemagne nazie et soutient la politique raciste et antisémite d'Adolf Hitler. Malgré cela, et contrairement au nazisme allemand, l'antisémitisme n'est pas une idéologie dominante dans le discours du MNS. Ces idées racistes et antisémites sont éliminées plus tard par González von Marées. Selon Carlos Keller, le mouvement est à l'origine intéressé par la mise en œuvre du programme original du NSDAP, traduit en espagnol par Francisco Javier Díaz . Le , le journal officiel du parti unique, va jusqu'à faire l'éloge de Díaz, soulignant ses liens personnels et professionnels avec l'Allemagne et son dévouement à l'implantation de l'idéologie nationale-socialiste au Chili. Le MNS établit à l'époque des relations étroites avec l'Allemagne, recevant un soutien financier et en armement de la part du gouvernement allemand.

Opposé au marxisme et au capitalisme transnational, le MNS considère le travail comme une valeur humaine fondamentale. Le parti se définit également comme antilibéral, antiparlementaire, anti-impérialiste et socialiste non marxiste. Il prône la formation d'un État fondé sur le parti unique, l'autoritarisme, l'ordre, la hiérarchie et la justice sociale ainsi que l'union des classes sociales plutôt que la lutte des classes. Le parti défend l'expulsion des communistes et des étrangers du pays. Sur les questions sociétales, telles que les rôles des hommes et des femmes, le MNS défend des positions conservatrices. Par exemple, le mouvement définit le rôle des femmes sur la base de leur rôle biologique d'épouse et de mère. Il compte toutefois un nombre important de femmes parmi ses membres, alors qu'il est dirigé par des hommes.

Selon Sofía Correa, .

Changement de ligne et opposition au nazisme Cependant, en , González prend ses distances avec le fascisme, critique les politiques de l'Allemagne nazie et s'en prend à la fois à la communauté allemande au Chili et aux Chiliens d'origine allemande. En outre, il se retourne contre le national-socialisme, qualifiant sa présence au Chili de . Les membres du mouvement d'origine allemande sont expulsés en raison de leur identification avec le national-socialisme allemand. González estime également que baptiser son mouvement « national-socialiste » était une erreur de sa part, et le parti déclare que ce nom a été choisi pour tenter de capitaliser sur le succès que le national-socialisme connait alors en Europe. Lui qui s'est d'abord déclaré antisémite s'éloigne finalement de cette idéologie. Le NSDAP/AO, l'organisation internationale du Parti nazi allemand, abandonne ses premiers contacts avec le MNS et critique le parti pour son rejet de l'antisémitisme.

Cette prise de distance de González vis-à-vis du fascisme et du national-socialisme conduit en 1939 à la création de l'Avant-garde populaire socialiste (VPS). Malgré ce changement idéologique, certains nazis, comme Miguel Serrano, continuent à soutenir les idées d'Adolf Hitler. Par la suite, les anciens membres du MNS qui continuent à s'identifier au fascisme se regroupent au sein du Parti national fasciste (PNF).

Références

Bibliographie

. .

Catégorie:Parti politique fondé en 1932 Catégorie:Parti politique disparu en 1938 Catégorie:Ancien parti politique au Chili Catégorie:Ancien parti politique nationaliste Catégorie:Parti politique national-socialiste Catégorie:Extrême droite au Chili